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Le
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Amgwesewa'juit /
Premiers
occupants
Ta'n
wejgwa'tegemgeg Lnu'g tet wigultijig /
Depuis toujours les Autochtones ont vécu ici.
Gi's
sa'q ... / Il y a longtemps...
Aucun livre saint connu
de nos jours n'a jamais mentionné la possibilité que des peuples pouvaient
exister ici, et pourtant...
Selon les chercheurs James
Neel et Douglas Wallace de l'université de Buffalo, N.Y. l'arrivée du groupe
initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 22,414 ans et peut être même 29,545
ans.
Selon les chercheurs Sandro Bonallo et Francisco Bolzano l'arrivé du groupe
initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 33,000 à 43,000 ans.
La
plupart des preuves scientifiques suggèrent que l'apparition
des Premières Nations en Amérique du Nord remonte à plus de 20 000 ans.
Vers 18 000 ans avant J-C, des groupes de chasseurs nomades provenant de l'Asie pénètrent dans le territoire en passant de la Sibérie
à l'Alaska, par le détroit de Béring. À ce moment, le niveau de la mer était
très bas, asséchant le détroit qui constitue une plaine d'environ 1 000
kilomètres de largeur, sur laquelle se forment des glaciers, permettant ainsi
le passage entre les deux continents. Vers 8 000 ans av. J.-C.,
ces glaciers reculent, et la voie d'accès est recouverte d'eau. Les Amérindiens
se voient ainsi coupés de leur continent d'origine.
Selon
la
plupart des preuves scientifiques, dans
un premier temps, ces chasseurs sont confinés à l'Alaska et au Yukon par
d'immenses glaciers. Ce n'est qu'à la fonte de ceux-ci que les autochtones
peuvent accéder, vers 13 000 ans av. J.-C., au territoire actuel des
Etats-Unis-D’Amérique. Cinq mille ans plus tard, les Amérindiens touchent
pour la première fois le territoire du Québec actuel. En même temps, de
nouveaux immigrants d'origines asiatiques arrivent dans le nord de l'Amérique.
Ce sont les Inuit. Ces nomades, qui vivent de pêche et de chasse, s'établissent
dans l'extrême Nord. Certaines communautés inuit atteindront, en 1 500
av. J.-C., les environs de la baie d'Hudson et de la baie d'Ungava au Québec.
Les
différentes migrations des peuples autochtones dispersent celles-ci sur le
territoire nord-américain. Les populations développent une culture distincte
qui est adaptée à l'environnement qu'elles habitent. Les outils et les moyens
de transport, comme les traîneaux à chiens, les raquettes et les canots d'écorce,
qu'utilisent les Amérindiens diffèrent également d'un endroit à l'autre
selon les conditions climatiques ambiantes.
(Paragraphe tiré de :
http://66.59.132.92/cyberligne/htmfr//htmfr/F-1_1.htm )
L’arrivée
de la Nation Mi’kmaq remonterait à
10 600 ans.
Lorsque les
Français sont arrivés en Acadie, les territoires des Mi'kmaq
s'étendaient de la Gaspésie au Cap-Breton, en passant par le Maine
(U.S.A.)
et la côte est du Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.
Comme
toutes les autres Nations Autochtones des Amériques, une très grande partie de la
population Mi'kmaq sera décimée par les maladies contagieuses attrapées au
contact des Européens.
Les sociétés
autochtones des «Maritimiens» anciens se composaient de petits groupes
familiaux qui se regroupaient en bandes pendant une partie de leur ronde
annuelle qui les amenait sur la côte. Les mariages se contractaient
vraisemblablement entre membres de bandes voisines entraînant un réseau social
étendu de familles reliées par le sang. L'un des caractères les plus
frappants des «Maritimiens» anciens est la construction de monticules funéraires
complexes. Leurs monticules constituent les plus anciens témoignages à date de
constructions monumentales au Canada.
(Paragraphe tiré de http://www.museedelaguerre.ca/archeo/hnpc/npvol05f.html
)
Vers l'an 1000 de notre époque les Míkmaq
s'unirent en une seule nation pour combattre l'invasion des Kanien'kehá:ka.
Afin de représenter les membres de cette nouvelle union ils créèrent un
gouvernement comparable à un gouvernement fédéral qu'ils nommèrent Míkmawey
Mawiómi.
La
première rencontre avec les Européens n’a pas étonné les Mi’kmaq et n'a
pas changé leur façon de voir le monde. Il existait une légende qui
disait que les êtres spirituels connaissaient un continent de l’autre côté
de l’océan d’où des personnes aux yeux bleus devaient venir et perturber
la vie des Mi’kmaq. Une légende
similaire existait chez les autres Peuples de la même famille linguistique
c'est à dire la famille linguistique
Anishinaabemowin
(Les
linguistes «non-autochtones» utilisent l'expression «famille linguistique
algonquienne»).
Une légende disait qu’une femme avait eu la vision d'une île flottant vers leurs terres. Sur l’île il y avait de grands arbres et des êtres vivants. Cette légende disait que les maqigtulit (grands canoes) se déplaceraient en utilisant d’énormes ailes blanches comme celles d’oiseaux géants. On disait même que les nouveaux venus à la peau claire (wapek) parleraient de divinités inconnues ici, des divinités que même les envahisseurs n'arriveraient pas à décrire de la même façon. Ces nouveaux arrivant détruiraient les Autochtones et les tueraient sans respecter leur honneur. Les Autochtones perdraient leur esprit. Allait ensuite arriver un temps où la Terre Mère deviendrait très malade. Les pluies seraient empoisonnées. Les poissons allaient mourir. Les esprits de chacun retourneraient dans des corps de couleurs différentes, les couleurs de l’arc-en-ciel. Redevenu logiques ces êtres aux couleurs différentes s’uniraient pour redonner la santé à la Terre Mère.
Malgré
qu'elle soit légèrement différente d'un Peuple à l'autre, c’est une légende que l’on retrouve chez Peuples Anishinaabe et ceux de la même famille linguistique
dont les Eyou (Cris), les Anishinaabe (Algonquins), les Waban-Aki (Abénaquis),
les Wolastoqiyik (Malécites), Innu (Montagnais, ), les Mi’kmaq, les Chippewa
(Ojibwe), les Tsitsistas (Cheyenne), etc.
Au
lieu de croire à la légende. les Mi'kmaq ont salué les nouveaux venus, commercé avec eux, et peu à
peu incorporer les nouvelles technologies à leur propre culture.
On
estime qu'à l'arrivée des premiers colons européens, la vallée du St-Laurent
et la région des Grands-Lacs comptent environ 60 000 Autochtones. C'est
principalement avec les Nations Anishinaabemowin et Haudenausaunee que les
arrivants français sont entrés en contact. À cette époque la langue et
le mode de vie distinguent les Nations Anishinaabemowin des Nations
Haudenausaunee; les premiers sont nomades et les seconds, semi-sédentaires.
Il
y aurait actuellement 2 millions d'Amérindiens inscrits aux U.S.A. et 1 million
au Canada.
Megwa'jijik
/ Les Peaux Rouges
Le
Nouveau Monde a été «découvert» par Christophe Colomb en octobre 1492,
pensant qu'il avait trouvé les Indes, il baptisa les indigènes qu'il y
rencontra des «Indiens», ce surnom qu’il venait de leur donner allait
demeurer pour toujours.
Quelques années plus tard, d'autres explorateurs «découvraient» ce
qui est aujourd'hui Terre-Neuve, les territoires nordiques du Québec actuel et
les Be'othuks qui habitaient ces territoires.
Les Be'othuks ont été les premiers Autochtones des Amériques à entrer en
contact avec les Européens, d’abord les explorateurs Vikings, puis les pêcheurs
et baleiniers européens. Ces
Peuples Autochtones avaient l’habitude de couvrir leurs corps, et leurs vêtements
d’une peinture rouge, c'est de là que nous vient le surnom de «Peaux-rouges»,
surnom qui lui aussi a été adopté par les Européens…mais pour désigner
maladroitement tous Premiers Habitants des Amériques.
Aucun
Autochtone ne se couvre de peinture rouge aujourd'hui. Ce
surnom n'a plus sa raison d'être depuis fort longtemps.
«Officiellement»
le dernier des Be'othuk
serait mort à Terre-Neuve en juin 1829. Cependant, des descendants de ces
Be'othuk peuvent très bien y vivrent encore mais assimilés
à d'autres Peuples. Vivant
entre autre de pêche ils ont du se glisser vers les autres côtes lorsqu’ils
ont été chassés par les Européens. Il
est certain que les nouveaux arrivants n’occupaient pas la partie nord de
Terre-Neuve à cette époque. Les
Be'othuk ayant connu une quasi-extinction par les maladies, ses survivants se
sont sûrement joints ou mariés à des membres de d’autres Nations.
On peut aussi dire que les Be'othuk ont pu adopter des mots de d’autres
Nations comme beaucoup d’autres langues autochtones ont pu le faire, ce
qui expliquerait le dialecte très différent des "Mi'kmaq"
habitant
cette région
aujourd'hui.
Chose certaine, l’entente était très bonne entre ces Peuples voisins
puisqu’il est archéologiquement prouvé que les Mi’kmaq et les Wolastoqiyik
(Malécites) étendaient leurs territoires de pêche jusqu'au côtes du
Labrador.
Peut-être verrons-nous un jour une Nation s’affirmer Be'othuk.
Jacques
Cartier décrivait les Be'othuks en ces mots:
« Il
y a des gens à ladite terre, qui sont d'assez belle corpulence, mais ils sont
farouches et sauvages. Ils ont leurs cheveux liés sur leur tête, à la façon
d'une poignée de foin tressé, et un clou passé parmi, ou autre chose; ils y
lient des plumes d'oiseaux. Ils se vêtent de peaux de bêtes, tant hommes que
femmes; mais les femmes sont plus closes et serrées en leurs dites peaux et
ceinturées par la taille. »
(Paragraphe
tiré de http://www.medarus.org/NM/NMPersonnages/NM_10_05_Biog_Others/nm_10_05_jacques_cartier.htm
)
Le
premier hivers de Cartier:
L'hivers de 1534 a été difficile. Les
hommes de Cartier ont été atteint du scorbut, que les Stadaconéens ont guéri.
Au printemps, Cartier les remercie en enlevant leur chef et certains membres de
son groupe.
(Texte tiré de «Une histoire du Québec et
du Canada» publié par la commission scolaire Cri en 2002
)
Ta'n wejgwa'tegemgeg Mi'gmaq tet wigultijig. Depuis toujours les Mi'kmaq
ont vécu ici.
Na nige' ap tlimi, wen wejitoqos Ganata? - Maintenant,
dites-moi qui a découvert le Canada?
Les
Français qui s'installèrent sur les rives du Saint-Laurent ne délogèrent
jamais les populations autochtones. Les Français au Canada, comme dans toute la
Nouvelle-France (Acadie, Louisiane et région des Grands Lacs, c'est-à-dire le
«Pays des Illinois» et le «Pays des Ohio»), furent plutôt exceptionnels
comme Européens dans la façon dont ils s'allièrent avec les Premières
Nations. Contrairement aux Espagnols et aux Portugais qui érigèrent leur
empire sur la conquête, la sujétion et la servitude, contrairement aussi aux
Américains qui massacrèrent les Autochtones pour s'approprier leurs terres,
les Français n'ont jamais agit de cette façon. Au contraire, ils bénéficièrent
de leur collaboration dans la traite des fourrures et, après 1680, reçurent
leur appui militaire.
Les Français ne perçurent jamais les Autochtones comme des partenaires égaux.
de leur côté les Autochtones ne reconnurent jamais la «souveraineté du roi
de France» et conservèrent toujours leur autonomie.
Makumegow' / Territoires
(Texte
tiré de http://www1.gnb.ca/0007/Culture/Heritage/VMC/french/defaultf.asp
)
Lorsque les premiers explorateurs français et anglais sont arrivés sur
notre continent, ils croyaient découvrir un nouveau territoire. Ils ne savaient
pas que le « Nouveau Monde » était en réalité très vieux, et que le peuple
qui y vivait, les Wabanuwok, était là « de temps immémorial » (depuis
presque toujours).
Le « territoire » était un endroit où les animaux et l’esprit des animaux
vivaient de manière distincte et indépendante. Les arbres, les pierres et les
rivières pouvaient posséder des qualités personnelles et il était donc
possible d’établir un lien social avec chacun. Nul ne pouvait posséder ou
vendre un droit de la possession exclusive de ces êtres pas plus qu’il ne
pouvait vendre ou avoir la propriété de sa propre mère!
« Ma terre ne vous appartient pas par droit ou par conquête, ni par cession ou
par achat. » (1721 - 1760)
Wantaqo'ti
/ Paix
L’alliance du 27 mai 1603 lie les Français et les Innu qui se liguent contre
les Haudenausaunee.
En 1614 les Anishinaabe
(Algoumequins / Algonquins), Innu (Montagnais), Mi'kmaq (Micmacs /
Souriquois / Etchemins) Waban-Aki (Abénaquis), Wendat (Hurons) et Wolastoqiyik
(Malécites) formeront une alliance avec les Français. En 1624, un
traité de paix est signé avec toutes ces Nations et avec les Haudenausaunee (Irinakhoiw
/ Iroquois).
Mens'g
maqamigal / Territoires divisés
Sans
l'avis des nations autochtones concernées, le Traité de
Versailles de 1783 établissait la frontière entre les États-Unis d'Amérique
récemment formés et les colonies britanniques en Amérique du Nord depuis
«l'embouchure de la rivière Ste-Croix dans la baie de Fundy» jusqu'au point
situé à l'extrême nord-ouest du lac des Bois, puis en direction plein ouest
jusqu'au fleuve Mississippi et vers l'aval le long de ce cours d'eau.
Le Traité Jay de 1794, en
théorie, n'était pas un traité avec les autochtones, car il avait été
signé entre le gouvernement britannique et les États-Unis. Par contre, il touchait les autochtones du Canada.
Afin de prévenir la guerre avec les États-Unis la Grande-Bretagne négocia une
entente de paix consentant à retirer tous les officiers de la Couronne de leurs
postes au sud des Grands Lacs. En
retour, les Britanniques ont obtenaient la permission pour les autochtones de
traverser librement la frontière Canada-U.S.A.
Le gouvernement U.S.A. considère le traité de Jay comme une entente
qui accorde à ceux qui possèdent le statut d’indien le droit de travailler
et de vivre librement au-delà de la frontière. Le
gouvernement canadien a toujours contesté ce droit.
Sans
l'avis des nations autochtones concernées, en
1908, le Canada et les U.S.A signaient un traité prévoyant une démarcation
détaillée de la frontière de l'Atlantique au Pacifique sur toute sa longueur.
lnuwi't'g
/ Le
nom autochtone
Le nom que se donnent
les Mi’kmaq s’écrit dans notre langue «Mi’kmaq», il s’écrit en
français «Micmac», «Micmaque», «Micmacs» ou «Micmaques» (selon «l'Office Québécois de la
Langue Française») et en anglais «Micmacs»…mais pourquoi se laisser imposer
un nom qui n'est pas le nôtre. On
dit un ou une «Mi’kmaw», des «Mi’kmaq», une Nation «Mi’kmaq».
Dans notre langue la lettre «C» n'existe pas, pas plus que des lettres
inutiles qui ne se prononcent pas comme le «U» dans «micmaque». Il y a
eu sans succès une tentative d'introduire au XIXe siècle le «ch» pour l'une
des deux prononciations de la lettre «J».
Avant
l'arrivée des Européens chaque enfant avait un nom qui lui était propre.
Il n'existait pas de nom de famille avant «l'évangélisation» par les Jésuites.
Dès l'évangélisation, les baptisés adoptaient des prénoms qui ne
correspondaient pas à leur coutumes et qui leur étaient imposés. Ce
n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permet de donner à l'enfant
nouveau né un prénom non chrétien correspondant aux traditions autochtones
tel que «Tepgunset», «Segewa't», etc. L'Église
ayant eu la main sur la loi au Québec jusqu'à la Révolution Tranquille, rares
étaient les actes de naissance sur lesquels figuraient des prénoms
autochtones.
Wenuj / Les Français
(Texte tiré de http://www.tusket.com/nature-f/mi-kmaq1.html
)
Jacques Cartier est venu sur
l'Île de la Grande Tortue y a planter la Croix afin que «soient illuminées
les âmes qui gisent dans les ténèbres».
C'est dans le plus profond respect mutuel qu'en Acadie les grandes nations amérindiennes
et la France avaient tissé des liens d'amitié, de fraternité et d'entraide inégalés
dans tout le continent américain. La déportation et
l'expulsion des Acadiens avec la décimation presque complète des amérindiens
ont malheureusement amputé à jamais cette belle relation. Le peuple acadien en
garde cependant des vestiges dans son langage, ses liens sanguins, son génotype
et sa physionomie. Ce sont en somme quelques unes des caractéristiques
marquantes et distinctives de l'héritage acadien. Les amérindiens ont eux
aussi des vestiges français-acadiens dans leurs langues, leur génotype et leur
physionomie.
Plusieurs Français-Acadiens ont pris refuge chez les amérindiens dès 1607,
lorsque Poutricourt abandonnait Port Royal. Il y eu de nombreuses autres
occasions par après. Ce fut le cas lorsque la colonie de LaHève fut déménagée
à Port Royal peu après l'arrivée de Isaac de Razilly en 1632. Des Français-Acadiens
sont restés chez les Mi'kmaqs.
La belle relation française et amérindienne était
approuvée et appuyée par la royauté de France. Louis XIII (1601-1643) roi
pendant les premiers exploits en Acadie des Latour et d'Aulney déclara que «
les amérindiens (chrétiens) de la Nouvelle France » (Canada, Acadie et une
bonne partie des États-Unis) « seraient considérés désormais citoyens Français...». L'objectif
de cette loi fut d'assurer le respect des amérindiens chez les Français.
Les
Mi’kmaq aidèrent les Acadiens à s’adapter à leur nouveau mode de vie. Ils
les initièrent à leurs méthodes de pêche et de chasse, leur montrèrent
comment fabriquer des vêtements et des canots et isoler leurs maisons contre le
froid. Les Acadiens entretenaient d’assez bonnes relations avec les Mi’kmaq.
Encore aujourd'hui, garder le meilleur lit de la maison pour l'invité Mi'kmaq
est une tradition acadienne exprimant la gratitude.
Aqalasi’ew
- Aklasie'w
/ Les Anglais
À la suite de leur victoire sur les Français
en 1763, les Anglais de la Nouvelle-Angleterre s'installeront en grand nombre
dans la région atlantique. Le gouvernement britannique tentera de faire des Mi'kmaq des agriculteurs et ces tentatives de sédentarisation échoueront.
Malgré tout, les Mi'kmaq deviendront une main-d'oeuvre bon marché dans les
domaines du transport et de la foresterie au détriment de leurs activités
traditionnelles, ce qui entrainera des modifications socio-culturelles
importantes pour leur nation.
Ganata
Inuwi't'g / Les autochtones du Canada
Il
y aurait plus de 2,300 réserves indiennes au Canada. 79% de la population
autochtone du Canada résident à l'extérieur des réserves.
Selon le recensement de 2006 le nombre d'Autochtones au Canada dont le statut
est enregistré est de 1,172,790. Cette
part de population au Canada est donc de 3,8%. Grâce à une augmentation
de population de 45% en 10 ans, les Autochtones sont, pour la première fois,
plus d'un million au Canada et près de la moitié d'entre eux ont moins de 25
ans.
Seulement 40% de la population autochtone vie sur des réserves au Canada alors
que le nombre est de 49% au Québec.
Gepeg
Inuwi't'g / Les autochtones du Québec
Au
Québec vivent 11 Nations Autochtones réparties en 56 communautés.
Il y a aussi 32 communautés Autochtones hors réserves.
Selon
le recensement de 2006 le d'Autochtones au Québec dont le statut est
enregistré est de 108,430. Cette part de population au Québec est donc
de 1,4%. Fait à noter, 22 communautés ont refusé de collaborer au
recensement ou l'ont fait en trop petit nombre.
Les régions Nord-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord regroupent
plus de la moitié des Autochtones du Québec et 40 des 55 communautés.
Plus de 15 000 Indiens sans statut et des Métis résident au Québec. Il
y aurait plus de 71,000 personnes d'ascendance Autochtone au Québec identifiées
par la terminologie «Indien sans statut» ou «hors réserve» ou «Métis».
On retrouve au Québec quarante communautés faisant partie des Premières
Nations, expression qui désigne au terme de la loi les Indiens inscrits et
vivants dans les communautés autochtones. Le groupe Inuit comprend pour sa part
quatorze communautés distinctes. S'ajoutent à ces groupes les communautés métisses
qu'il faut éviter de confondre avec les Indiens non inscrits. Les Métis sont
surtout présents dans l'Ouest du Canada bien qu'on en parle de plus en plus au
Québec en raison de la diversité des réalités des ressortissants des Premières
Nations, de la migration vers les villes, du métissage, ainsi que par l'effet
de la Loi sur les Indiens qui reconnaît désormais les Indiens aussi
bien selon leur lieu de résidence que selon leur ascendance généalogique.
(
Texte tiré de http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Amerindiens
)
Plus de 70 000 Amérindiens, répartis en 11
communautés, vivent actuellement au
Québec. Les exigences du monde moderne les ont contraints à abandonner leur
mode de vie ancestral. Les 11 communautés amérindienne du Québec sont regroupées
en deux familles: celle des Algonquiens et celle des Iroquoiens. La première se
subdivise en deux groupes: celui de la vallée du Saint-Laurent, qui comprend
les Abénaquis, les Algonquins, les Malécites, les Mi'kmaq et les Naskapis,
ainsi que celui des communautés du Nord, qui inclut les Atikamekw, les Cris et les
Innuat (ou Montagnais), [un(e) Inu des Innuat]. Quant à la famille iroquoienne, elle se compose des
Hurons-Wendat et des Mohawks.
Les Autochtones représentent 2,7 % de la population canadienne et 45 % d'entre
eux vivent en milieu urbain. Les jeunes occupent une place importante avec 36,5
% des autochtones qui ont moins de 15 ans et 56,2 % qui ont moins de 25
ans. On estime qu'il devrait y avoir en l'an 2016 quelque 1 093 400
personnes qui s'identifieront comme autochtones au Canada.
La Cour suprême n'a pas encore statué sur l'autonomie gouvernementale des
autochtones mais la «Commission royale sur les peuples autochtones (1997)»
estime que l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, qui
reconnaît les droits ancestraux issus de traités existants, leur assure un
droit ancestral à l'autonomie gouvernementale dans certains domaines de
compétences. La source de l'autonomie gouvernementale des autochtones est
d'abord leur droit à l'autodétermination comme nation en vertu des normes de
droit international. C'est aussi le droit de gérer leurs affaires dans certains
domaines de compétence. Ce droit à l'autodétermination est le droit, pour les
autochtones, de choisir comment ils se géreront à l'intérieur du
Canada.
Plus de 1% de la population actuelle
du Québec est autochtone, ce qui inclut les Amérindiens, les Inuit et les Métis.
Texte tiré de http://www.versuntraite.com/negociations/droits_ancestraux.htm#droit
U.S.A. Inuwi't'g / Les autochtones des U.S.A.
Selon
le US Census Bureau la population autochtone des U.S.A. a enregistré une
augmentation de 105.87%.
Tli'suti
/ Le
langage
La
langue est l’outil principal permettant d’enrichir la culture, de recevoir,
de partager et transmettre le savoir de génération. La clé de l’identité
et de la conservation de la culture d’une personne est sa langue ancestrale.
(Déclaration de: L'
Assemblée des Premières Nations)
Le
«Mi'kmawi'simk» aussi appelé «L'nui'sin»
ou
«langue Mi'kmaw» est une langue propre au «nouveau
monde» et l'une des plus vivantes de la région nord.
Elle
constitue la langue la
plus septentrionale des langues
de
la «famille linguistique anishinaabe»
de
l'Est
(les
linguistes francophones préfèrent «famille linguistique algonquiennes»).
Elle
est parlé au Québec,
au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, dans le
Main (U.S.A.) mais elle est presque éteinte à Terre-Neuve. Elle est
utilisée par plus de 8000 autochtones dans le Maritimes. Il existe trois dialectes.
Celui parlé au Québec s'appelle Listiguj (Restigouche). Elle est l’une des langues autochtones les plus vivantes de la région
nord. C'est
une langue riche et descriptive.
D’origine
millénaire elle
existait
bien avant que les
animaux sauvages du continent
n’aient
entendu une syllabe de français ou d’anglais.
Cette langue
est
liée à d'autres langues autochtones importantes du nord et du sud
comme le beothuk avec le peuple Beothuk (maintenant disparu) de Terre-Neuve, le
Innu (Montagnais), le Wolastoqiyik
et aussi avec certains Autochtones du Labrador.
L'histoire de l'écriture de la langue mi'kmaw remonte au XVIIe siècle
alors qu'un type d'hiéroglyphes a été élaboré par le missionnaire
catholique Chrétien Le Clercq dans le but de favoriser l'apprentissage des prières
et de la doctrine religieuse. Cette écriture, perpétuée par le père Antoine
Maillard, est tombée en désuétude par la suite. Entre temps, vers la fin du XVIIIe siècle, les Mi'kmaq auraient
eux-mêmes établi, sur la base de l'alphabet romain, une orthographe quasi
phonologique pour écrire leur langue.
(Paragraphe
tiré de http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications/pubb133/B133ch5.html
)
Les Mi’kmaq sont de la Confédération
Wabanaki qui regroupait les Penobscots, les Passamaquoddy, les Wabanaki
(Abénaquis) du Maine et les Wolastoqiyik (Malisseet). Les Mi’kmaq
connaissaient les langues de des peuples voisins de la péninsule de Gaspé et de l'ouest des
Maritimes qu’ils utilisaient pour communiquer et commercer. Ils
connaissaient aussi un ou plusieurs dialectes Haudenausaunee.
La «loi de l'assimilation» involontaire canadienne (l'Acte des Sauvages) de 1857 ayant
fait son œuvre, on estime que de moins en moins de membres des
Premières nations utilisent couramment leur langue.
Seulement huit Nations parlent encore leur langue au Québec:
Atikamekw, Haudenausaunee, Mi'kmaq, Naskapis, Cris, Innu, Anishinaabe,
Waban-Aki, et Inuk.
Les langues
Wendat et
Wolastoqiyik ont pour ainsi dire disparu.
Il y a cependant un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation
de la langue Wendat. Seulement 40% des Mi'kmaq
parlent couramment la langue.
Au
Canada 50 langues autochtones sont encore utilisées de nos jours. 47 de celles-ci sont menacées de disparition. 29%
des membres des Premières Nations qui ont répondu au questionnaire du
recensement de 2006 ont déclaré pouvoir parler une langue autochtone
suffisamment bien pour soutenir une conversation. Dans les réserves,
cette proportion s'élève à 51%. C'est l'inuktitut (appelé inuttut au
Ninunatsiavut) qui s'en tire le mieux: 69% des jeunes de 14 ans et moins
affirment le parler suffisamment pour pouvoir soutenir une conversation dans
cette langue.
Il y a environ 150 langues amérindiennes au Canada et aux Etats-Unis, et
quelque 600 à 700 langues en Amérique Centrale et Amérique du Sud.
Les langues autochtones font partie de la majorité des langues dites de «tradition
orale»; ce sont essentiellement des langues parlées. Et si la plupart d'entre
elles peuvent maintenant prendre une forme écrite, cette forme d'expression est
en fait rarement utilisée. Les documents écrits sont rares, et la capacité de
lire et d'écrire ces langues (et la transmission des connaissances nécessaires)
n'est souvent utile qu'en milieu scolaire. Les études réalisées pour la
Commission ont révélé, par exemple, qu'au Québec, [TRADUCTION] «même si
l'enseignement structuré en langue autochtone est de plus en plus répandu et
le nombre de spécialistes des langues (professeurs de langue, interprètes,
technolinguistes, etc.) va croissant, le recours spontané aux idiomes
autochtones dans la vie de tous les jours est plutôt rare.
(Paragraphe
tiré de http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/si58_f.html
)
Dans la pratique, à cause du petit nombre de documents écrits en langue
autochtone, il n'existe en général peu de manuel, de livre du maître ou
d'autre matériel pédagogique en langue autochtone, outils pourtant
indispensables à l'enseignement des langues.
Souriquois
Jacques
Cartier et les Français ne sont pas les premiers êtres humains à avoir mis
les pieds ici, les Autochtones d’ici avaient colonisé le territoire bien
avant eux.
Au début du 16e siècle les Européens, les Basques entre autres, débarquaient
sur l’Île de la Grande Tortue (le continent).
Les Basques ont donc eu des contacts importants avec des peuples
autochtones, notamment avec les Mi’kmaq, les Be'othuks,
les Wolastoqiyik et les Innu.
Ces peuples devaient évidemment trouver un moyen de communiquer pour réaliser
ces échanges commerciaux, possiblement le «pidgin», un vocabulaire assez
restreint facilitant la communication entre peuples ayant des langues différentes.
Il est donc possible que ces peuples ayant eu des contacts, comme c'est
le cas pour les Basques et les Autochtones, aient développé un «pidgin» à
base de basque.
Par mis les surnoms donnés aux Mi’kmaq, notons le nom «Souriquois».
Le mot «souriquois» pourrait être un «pidgin basque-amérindien»
venant du mot basque «zurikoa». Ce mot était utilisé par les Autochtones lors de leurs
contacts avec les Blancs. «Souriquois»
pourrait vouloir être un dérivé du basque qui signifie «celui du Blanc».
Des sources historiques font état d'autres surnoms désignant les
Mi'kmaq, tels que Gaspésiens, Souriquois, Acadiens,
Tarrantins. Selon Silas Rand les Mi'kmaq utilisaient le nom de
Wejebowkwejik au XIX siècle.
lnui'sitwa'tuet
/ Interprète
( Paragraphes tirés de
http://www.pch.gc.ca/special/mdc/dacosta/index_f.cfm )
D'origine africaine,
Mathieu Da Costa gagnait sa vie comme navigateur et interprète. Il a
vraisemblablement fait de nombreux voyages vers le Nouveau Monde à la fin des
années 1500 et au début des années 1600.
Ses services d'interprétation étaient prisés tant par les Français que par
les Hollandais afin de les aider à commercer avec les peuples autochtones.
Mathieu Da Costa parlait probablement le français, le hollandais, le
portugais ainsi que le « pidgin basque ». En fait, ce dialecte était
sans doute la langue de commerce la plus utilisée à l'époque avec les peuples
autochtones.
La tradition européenne de faire appel à des interprètes de race noire
existait déjà depuis plus d'un siècle lorsque Mathieu Da Costa a
entrepris ce métier. Cette tradition a vu le jour au cours de voyages au large
de la côte africaine et s'est poursuivie au moment où les Européens et les
Africains ont franchi les eaux jusqu'aux Amériques. Mathieu Da Costa
a probablement pris la mer à maintes occasions. Il a remonté le fleuve
Saint-Laurent et a longé la côte du territoire qui forme aujourd'hui les
provinces du Canada atlantique. Il a travaillé avec Pierre Dugua de Monts, l'un
des fers de lance de la colonisation française dans les régions de l'Est du
Canada, et avec Samul de Champlain dans les années 1600. Les compétences
d'interprète de Mathieu Da Costa ont contribué à combler le fossé
culturel et linguistique qui existait entre les premiers explorateurs français
et le peuple Micmac.
Gesmi'sit
kespugwaluk / Langue de communication imposée
(Texte tiré de http://www.lagauche.com/Gauche_socialiste/1997-27-01.html
)
Jusqu'à la première guerre mondiale, la langue usuelle des peuples autochtones était leur propre langue historique...
La langue de communication avec les Blancs dépendait de deux facteurs: la langue commune des Blancs de la région (surtout des commerçants) et, ce qui importait encore davantage, la langue des missionnaires (français pour les catholiques et anglais pour les protestants).
A partir du début du 20è siècle, Ottawa impose l'usage de l'anglais comme langue d'enseignement sur les réserves. Dans le sud, les pressions économiques s'ajoutent à cette pression d'acculturation générale en faveur de l'anglicisation. Ainsi au Québec, les nations micmaques et kanien'ke tendent à perdre leur langue propre et à devenir anglophones tout en étant entourées de francophones tandis que la majorité des anishnabe emploie l'anglais comme langue seconde. Dans le Grand Nord où les Inuit, les Cris et les Naskapis restent essentiellemnt sous tutelle fédérale jusqu'au milieu des années 1970 et où il n'y a presque pas de francophones, l'anglais domine comme langue seconde.
En général on peut affirmer que les autochtones reconnus comme Indiens "statués" conformément à la Loi fédérale sur les Indiens sont anglophones ou utilisent l'anglais comme langue seconde (Kanien'ke, Cris, Inuit, Micmacs, Naskapis et la majorité des Anishnabe) tandis que ceux et celles qui n'ont pas signé de traité définitif ou n'ont pas de statut sont francophones ou utilisent le français comme langue seconde (Wendat (Hurons), Innut (Montagnais), Attikamekw, Abénakis, Malécites, et Métis et Indiens sans statut (surtout en Abitibi-Témiscamingue).
Wikuom / L'habitation
Des milliers d'années avant l'arrivée des premiers Européens, les peuples des
Premières Nations avaient développé de riches traditions de construction.
La forme du bâtiment constitue souvent une métaphore du cosmos et, en tant que
telle, est souvent associée à de puissantes valeurs spirituelles qui
permettent de définir l'identité culturelle d'un peuple. Les
constructions expriment de façon intégrale les croyances spirituelles et les
valeurs culturelles des occupants.
Il y avait fondamentalement deux types de wikuom (wigwams) chez le peuple
Mi'kmaq: le plus grand pouvait
abriter de 10 à 24 occupants pendant les mois plus chauds; le modèle de forme
conique pouvait abriter 10 à 12 personnes et était utilisé l’hiver.
L'écorce de bouleau était utilisée pour couvrir les bâches de leurs
wikuom car c'était une matière à la fois étanche et portative. Un
wikuom est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à
déplacer.
On ne frappait pas à la porte (ga'qan
/ kaagun / ka'qn) lorsque le wikwom était fait d'écorce ou de toile, la porte
étant simplement une peau ou une toile. On faisait appel à la personne
à l'intérieur en disant «goe'» (ohé en français), cette personne lui
répondait «pisgoa» ou «piskwae» (entre !) [En
français on dirait «toc-toc»].
Remarque:
Le mot «tipi» ou «tepee» a été répandu grâce aux films de cow boys.
C'est un mot de la nation «Dakota»
(Siou *).
* Le
surnom de «Naduesiu» était donné aux «Dakota» par les Anishinaabe (Algonquins),
il signifie «petits serpents».
Transformé dans la langue des Européens ce mot est devenu «Siou». La
Nation préfère être nommée «Dakota», «Nakota» ou «Lakota» selon
le dialecte. Ce
nom signifie «Alliés».
Ala'latl
/ Le
transport
Avant l'arrivée des Européens le gwitn (canoe) était le seul moyen de
transport utilisé durant la belle saison. Les villages étaient tous situés
près des rivières et des fleuves, il n'y avait donc aucune nécessité de
détruire les forêts pour créer des routes. Les Européens ont d'ailleurs vite
fait de constater que le gwitn avait l'avantage d'être plus rapide que
leurs petites embarcations et beaucoup légers à transporter.
Le taba'gan (toboggan) était utilisé entre autre pour
transporter les carcasses d'animaux l'hivers.
Mijipjewei
/ La nourriture
Possédant un savoir ancestral complexe et
raffiné d’observation et un profond respect de la nature et de
l'environnement, les Autochtones utilisent des espèces végétales agricoles et
médicinales depuis des millénaires.
Plusieurs plantes étaient utilisées ici bien avant l'arrivée des
Européens. Le tournesol et la courge étaient utilisées par tous.
Les Autochtones utilisaient l’huile de tournesol à la cuisson et à
l’assaisonnement. Ils tressaient les épis de maïs pour les faire
sécher et en faire de la farine ou autre aliment. L’épi
mâle de la quenouille étaient consommée comme
un épi de maïs et le cœur blanc de sa tige se mangeait comme légume. Ils fumaient les viandes pour les conserver longtemps.
La viande séchée
était d'ailleurs un petit déjeuner très apprécié des Mi'kmaq. Cette
viande séchée était très utiles lors de longues randonnées de
chasse. La sève d'érable était déjà utilisée par les Autochtones de
l'est bien avant l'arrivée des Européens. Ils en faisaient une boisson
chaude ou l'utilisaient pour faire du sirop et du sucre d'érable. Ils
utilisaient les fines herbes uniquement dans des potions lorsqu'ils étaient
malades. Ils enterraient les aliments pour qu’ils se préservent pendant
l’hiver.
Les
Autochtones utilisaient la
farine de quenouille et fabriquaient du pain, le «lu'sknikn». Le
rhizome de la quenouille donne une farine très blanche et douce. Le
pollen d’un beau jaune foncé fait une farine au goût délicat que les
Autochtones incorporaient dans la confection de leur pain. La pâte
pouvait être collée autour d'un bâton et cuite près du feu. Ce pain
pouvait aussi être cuit sur une pierre ou dans un plat de terre cuite et avoir la forme d'un pain plat.
Aujourd'hui, ce pain est souvent appelé «bannique» (du vieux mot anglais
«bannuc»)
car les premiers colons le comparaient à un pain Écossais
portant ce nom.
Une recette
autochtone très connue aujourd'hui est le «Pag wadjawessi». C'est un plat des amérindiens du centre et de l'est du
Québec. Le «Pag wadjawessi»
a été adopté et «adapté» par les Québécois du Bas-du-Fleuve et du
Saguenay. Ces adaptations sont ce que les Québécois appellent le
«six-pâtes» (ou «tourtière du Lac Saint-Jean») et le «six-pailles».
(Lisez mes propositions de
recettes http://www.astrosante.com/RecettesMikmaqEtloqteg.htm
)
Mi'kmaq mijipjewei
/ Nourriture chez les Mi'kmaq
Les Mi’kmaq étaient semi-nomades se déplaçant entre les villages de pêche
d'été près de la côte aux endroits intérieurs pour la chasse d'hiver.
Certains cultivaient un peu pendant l'été, mais la majeure partie de leur
alimentation estivale se composait toujours des poissons et des fruits de mer. Rien ne se perdait, ils
utilisaient toutes les parties des animaux et des oiseaux qu'ils abattaient,
leurs os, défenses, dents, griffes, plumes, poils, piquants, fourrure et peau
pour fabriquer tout ce dont ils avaient besoin. Des marmites et des assiettes de terre cuite étaient utilisé.
Le Mi'kmaq étaient et sont toujours d'excellents navigateurs de la mer et de grands astronomes.
Le cuivre servait parfois à en faire des aiguilles et des hameçons. Ils
se servaient de Skudakumoochooowte (la voie lactée) et des constellations pour
se guider le long du littoral. La chasse se faisait dès l’automne puisqu’il était plus facile dépister
les orignaux et les cerfs. Les
Mi’kmaq se déplaçant facilement sur la neige profonde à l’aide de
raquettes, traîneaux, et taba’gan. Ils séchaient et fumaient les
viandes et les poissons pour les conserver. L'animal a toujours eu un lien
très étroit avec les Mi'kmaq . C'est l'animal qui offre sa vie au
chasseur, non pas le chasseur qui lui prend la vie. C'est donc pour
honorer l'animal que le chasseur utilisera toutes les parties de l'animal, que
ce soit la chair ou la peau, les os ou les griffes, etc.
D'origine
autochtone, la chasse «à l’appel» a été adoptée par les non
autochtones. Cette
chasse se déroule par temps froid, calme et sans vent. On appelle le mâle en
imitant l’appel de la femelle.
Il ne faut pas bouger et attendre qu'un animal se pointe. La chasse «à
l'affût» aussi est pratiquée, souvent perché dans un arbre sur un «mirador»
pour ne pas que l'animal sente la présence du chasseur.
La «chasse à l'approche» demande une bonne connaissance de l'animal.
On utilise cette technique surtout par temps pluvieux, lorsque la terre
et les feuilles mouillées absorbent le bruit.
La peau de l'anguille servait aussi comme bandage, pour enlever la douleur,
soulager les crampes, rhumatisme, maux de tête et les blessures.
Les vêtements étaient de peaux de mammifères fumées et tannées à l'aide de
cervelles d'animaux et de foies et graisses d'oiseaux, étirées et bien
travaillées. Le fil pour les coudre était de fins filaments de tendons animaux, d'oiseaux et de poissons. Leurs vêtements étaient décorés de
motifs géométriques et de silhouettes d'oiseaux, de bêtes, et d'hommes.
La peau de l'anguille était couramment utilisée. Très résistante et
durable la peau séchée de l'anguille était utilisée dans la fabrication des traîneaux,
mocassins, vêtements, pour attacher la chevelure, pour attacher le harpon au
bâton, etc.
Les
Mi’kmaq teignaient leurs vêtements en utilisant des recettes simples.
Le noir était obtenu en faisant bouillir dans l’eau salée le bois
noirci d’un vieux tronc.
Le rouge était obtenu en faisant bouillir l’écorce de buisson de
marais pour en obtenir le «maldewiadjkal».
Le jaune était obtenu en faisant bouillir des racines jaunes contenant
le «wisankweskal».
Le brun était obtenu en faisant bouillir la mousse cueillie dans les
crevasses de l’écorce d’un érable. Le
vert était obtenu en faisant bouillir le panache d’un orignal, une fois
ramollie il était écrasé et bouilli à nouveau.
C'est après l'arrivé des Français que les Mi'kmaq ont commencé à utiliser
le tissu.
Les chaussures que portaient les Autochtones d'ici étaient beaucoup plus
confortables et surtout plus étanches que les chaussures des Européens qui
étaient plus rigides et moisissaient plus facilement.
Wampum /
La ceinture ornementale
Le
mot «wampum» est un mot raccourci dérivé du mot algonquin «Wampumpeag».
Le mot «wampum» est utilisé depuis l'arrivée des premiers colons
européens.
À la base, le «wampumpeag» désignait une bille, mais par extension,
la signification a été étendue aux colliers, aux ceintures et aux autres
objets réalisés avec des «wampum».
Les Premières Nations du Nord-Est, n'ayant pas de système d'écriture,
recouraient au «wampum» et y incorporaient une symbolique.
Le «wampum» avait
une valeur considérable pour les autochtones de l'Est du Canada.
Comme ornements et comme objets de cérémonie
il était porté en collier ou en ceinture, un objet sacré signifiant événement
important, validant un contrat, un mariage.
Il était utilisé pour expier
un meurtre ou verser une rançon pour des captifs.
Les «wampum» servaient de mémoire collective et le savoir faisait
partie de la tradition orale qui se transmettait de génération en génération.
Règle générale, plus une Nation avait de «wampum», plus elle avait un passé
riche.
Les coquillages faisaient l'objet d'activités commerciales entre les nations.
Ils passaient de main en main et pouvaient ainsi se retrouver jusqu'au centre du
continent nord-américain.
Certaines parties des coquillages, telles les sections nacrées avec des
reflets bleus ou violets, étaient très convoitées pour la fabrication des «wampum».
Une fois polies, les billes étaient enfilées sur des nerfs d'animaux,
sur de fines lanières de cuir de chevreuil ou de filaments végétaux, de façon
à ce que l'agencement des billes et des couleurs et la superposition des lanières
composent un ensemble de symboles faisant référence à un événement ou à un
personnage.
Il était constitué de perles enfilées sur des filaments végétaux ou
animaux provenant du polissage de coquillages du Nord-Est de l’Amérique du
Nord.
Les dessins symbolisaient les quatre points cardinaux, un fleuve, une rivière,
une montagne, une arme, le soleil, une Nation, un bateau, un animal ou des
concepts représentés par des animaux.
Le fond blanc symbolisait la pureté, les trois rangés de perles
blanches entre les deux rangs violets, l'amitié, la paix et le respect.
Le «wampum» à deux rangs parallèles violets sur fond blanc,
symbolisait-il la coexistence pacifique de deux peuples des Premières Nations,
et par la suite entre les Premières Nations et les Européens, chacun avec ses
propres coutumes.
Lorsque porté par le messager, dans un sens le dessin en forme de pipe
symbolisait le calumet de paix, porté dans l’autre sens il symbolisait la
hache de guerre.
L'utilisation des coquillages a rapidement fait place aux billes de verre coloré.
L’histoire nous informe que Jacques Cartier, dans ses récits de
voyages (1534, 1535 et 1541), mentionne qu'il a donné des chapelets de verre en
cadeau aux Amérindiens qu’il a rencontré.
Les puissances européennes ne voulant pas investir dans l'aventure
nord-américaine au départ, ces perles ont peu à peu revêtu le rôle de
monnaie.
À une certaine époque, les perles de verre étaient devenues la monnaie
de référence dans la traite des fourrures et dans le troc entre les Nations.
Les marchands européens acquéraient d'impressionnantes quantités de
fourrures en échange de billes de verre coloré.
Les ceintures de «wampum» à deux rangs ont servi de base à tous les traités
et accords conclus avec les Européens, d'abord, puis avec les Américains.
Avant
la Confédération Canadienne de 1867, certains groupes autochtones indiquaient
leur acceptation de certains Traités en remettant une ceinture «wampum» aux
représentants de la Couronne.
Ce «wampum» précisait les règles de comportement des deux peuples et
était le gage qu'aucun des deux groupes n'imposerait ses lois, ses traditions,
ses coutumes ni sa langue à l'autre, mais qu'ils coexisteraient en paix.
Des Traités signés validaient «légalement» l’entente, le représentant
de la Nation Autochtone signant du symbole représentant sa Nation. Ces
Traités ont toujours force de loi aujourd'hui.
A'sutmaqan
/ Les croyances religieuses
Les Mi'kmaq croyaient en un être tout-puissant, le Créateur
«Nisgam» régnant sur la terre et chez les Mi'maq
et commandant le destin de toute chose, surnaturel et invisible,
commandant le soleil, la lune et les cieux. Ils croyaient qu'il avait
placé le soleil, la terre, la lune, les étoiles, le tonnerre, et d'autres phénomènes
physiques comme médiateurs afin de communiquer avec ses créatures . De ces
derniers, le soleil et la lune étaient considérés en tant que plus puissant.
Les Mi’kmaq croyaient en un être suprême, Klouskap
(Kluskap) mais aussi aux mauvais esprits dont certains pouvaient
emprunter une forme humaine. Selon la croyance Kluskap aurait préparé la terre que
devaient occuper ses peuples. Il aurait ensuite décoché des flèches sur des
bouleaux et des frênes, d'où hommes et femmes seraient sortis pour occuper la
place qui leur revenait parmi les arbres et les cours d'eaux, les animaux et les
plantes ainsi que la multitude d'êtres peuplant ces lieux. C'est Klouskap,
esprit protecteur de la vie, qui aurait créé la muraille d'eau pour protéger
les peuples habitant l'Île de la Grande Tortue contre d'éventuels assaillants
venant de l'est. Ce personnage qui habitait autrefois
les Maritimes et qui vit maintenant au loin est doté de pouvoirs énormes.
Nisgam
est le soleil qui circule et doit son existence à Isoolg. Nisgam
donne la vie, la lumière et la chaleur. Le peuple Mi'kmaq croit que
Nisgam est responsable de la création des être humains sur terre.
Nisgam
seconde Gisoolg. Les
Mi'kmaq et autres autochtones ont un grand respect envers Nisgam et ses
pouvoirs. Nisgam doit son existence à Gisoolg le grand Esprit Créateur.
Ootsitgamoo
a été créé par Gisoolg et a été place au centre du parcours circulaire de
Nisgam, le soleil. Ootsitgamoo est la terre ou la région de la terre sur
laquelle les Mi’kmaq circulent et partagent ses abondantes ressources avec les
animaux et les plantes.
Nisgam a reçu la responsabilité de voir au bien être du monde des Mi'kmaq sur
Ootsitgamoo.
Nisgam fait briller la lumière au-dessus de Oositgamoo tout au long de
la journée alors qu’il parcours le jour.
Klouskap a été le premier à prendre forme à partir des mêmes éléments qui
ont servi à créer le monde du peuple Mi’kmaq.
D’une éclair Gisoolg a créé les animaux, oiseaux et plantes et
ensuite le peuple Mi’kmaq. À
partir du sable l’éclair forma l’image d’un être humain.
Les Mi'kmaq croyaient à d'autres êtres mythiques. Ils croyaient en Ni'kmwesu, un
esprit de la race des «Apje'ji'jg
L'nu»
(petits êtres) qui avait le
pouvoir de transporter une personne à un autre endroit et à un autre moment. Ils
croyaient aussi à Kullo (l'oiseau-esprit) et à Jipijka'maq (le grand serpent
cornu) qui avait le pouvoir de se transformer en serpent pour circuler sous la
terre. L'anguille était considérée comme un être sacré, égal en
importance à leur propre personnes.
Les Mi'kmaq croyaient que toutes
les choses vivantes avait une âme, non seulement les humains. Tous les
humains sont faits de trois éléments de base le corps physique, (mtinin)
l'âme-vie, (mimajuo'qon ou vie) l'âme-libre, se composée de la vie (mijijaqamij)
et les morts (skite'kmuj). L'âme-vie
implique l'activité du coeur,
respiration, circulation du sang, cerveau et les fonctions de moteur. l'âme-libre
existe indépendamment du corps, et formé l'image ombragée foncée de
l'homme lui-même. L'âme libre des morts (skite'kmuj) pourrait voyager à
la terre des morts, mais peut également rester sur terre pour hanter la vie.
Wa'so'q était l'endroit où les âmes des humains et des animaux ont vécu en
harmonie, là où il n'y avait aucune famine.
Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à
«l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait
comme auparavant. Une telle personne aurait de grandes puissances spirituelles.
Les Mi'kmaq croyaient que la réincarnation pouvait avoir lieu lorsque «l'âme-libre»
et «l'âme-vie» revenaient aux restes des
corps (les os). Ils ont donc associé les os à certains tabous. Orignaux,
castor, caribou, os d'ours et de martre étaient traités avec le respect, et ne
pouvaient être brûlé ou donné aux chiens. «Les
cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une
terre sanctifiée».
Les Mi'kmaq croyaient que ces animaux avaient la capacité de communiquer leur
bon ou mauvais traitements à d'autres âmes animales dans Wa'soq. Un
orignal réincarné saurait si ses restes avaient été maltraités dans sa vie
antérieure, et ne s'offrirait plus aux chasseurs Mi'kmaq. Ce qui aurait pu
avoir comme conséquence une pénurie de nourriture pour les Mi'kmaq.
Les Mi'kmaq croyaient que la route au ciel était la voie lactée (skit'kmuju'awti),
la route de l'esprit.
Les
Mi'kmaq croyaient à une certaine forme de vie après la mort. Lorsqu'un
membre du groupe mourrait, on frappait sur les murs de son wikuom jusqu'à
ce que l'esprit sorte. Les villages voisins étaient avisés de la mort de
la personne. On brûlait la demeure de la personne morte. Un
festin suivait les quelques jours de deuil. La famille du défun devait
peindre leur visage en noir et porter le deuil pendant près d'un an.
Les Mikmaq croyaient que les âmes pourraient chasser, se régaler, chantez, et
danser dans la vie après la mort. Ils ne croyaient aucunement à un endroit de
punition éternelle. Puisque d'autres énergies spirituelles existaient
dans les objets animés et inanimés, il était important de montrer le respect
à toute vie et toute chose vivante sur terre. Le Mi'kmaq ne
considéraient pas leur vie supérieurs à d'autre vie, puisqu'ils croyaient que
les humains et les animaux étaient également créés.
Les Mi'kmaq croyaient que certains animaux avaient été placés sur terre pour
la survie pour des humains. Des prières étaient récitées avant de tuer
un animal pendant une chasse. En raison de la croyance de la spiritualité
chez les animaux, les os des animaux morts étaient traités avec un grand
respect. On donnait aux animaux de compagnie, comme des chiens, certaine viande
des animaux, mais jamais on ne donnait les os. C'était une marque de respect
pour l'animal qui avait offert sa vie au chasseur. Les os étaient utilisés ou
enterrés.
Certains individus au sein de
la communauté étaient considérés comme possédant des pouvoirs
extraordinaires, pouvoirs de prévoir des événements ou d'interpréter des rêves.
Les Mi'kmaq les identifiaient sous le nom de shaman. Les Mi'kmaq croyaient
qu'il y avait de bons et de mauvais esprits, et le shaman avait la puissance de
les inviter et d'intervenir auprès d'eux. Membertou était censé
posséder des puissances extraordinaires.
La survie de l'enfant existant était la priorité. Une
femme Mi'kmaw qui devenait enceinte alors qu'elle soignait un enfant en bas âge
pouvait terminer une grossesse inattendue.
Des prières spécifiques étaient récitées en différentes occasions.
Ces prières prenaient la forme de danses et chansons. «Le chant est le
souffle de l'esprit qui consacre l'acte d'exister». Ils y avait des prières
pour marquer les changements de saisons, des prières pour une chasse réussie,
des prières pour le rétablissement d'une personne malade, des prières pour la
paix et le bonheur d'une âme après la mort.
«Avant de parler de choses
sacrées, nous nous préparons nous-même par des offrandes. L'un de nous
remplira son calumet et le tendra à l'autre qui l'allumera et l'offrira au ciel
et à la terre. Ils fumeront ensemble. Alors ils seront prêts à
parler.»
Le jeûne était un aspect important de spiritualité de Mi'kmaq. De
jeunes hommes qui se préparaient à leur première chasse étaient encouragés
à jeûner jusqu'à trois jours. Ce jeûne devait les aider à se préparer
physiquement et mentalement à une chasse réussie.
Les
Mi'kmaq vivaient en communion avec la nature. Pour eux, il y avait des
esprits dans les arbres, des esprits dans les plantes, des esprits dans les
fleurs. Des liens sacrés que la tradition a su conserver jusqu'à
aujourd'hui.
Selon
les croyances Mi'kmaq, l’humanité est l’élément ayant le moins de
pouvoir et le moins d’importance de toute la création. Conséquemment,
l’homme ne peut faire passer ses intérêts avant ceux des autres créatures
de la Terre. Cette vision du monde a dicté les coutumes, les pensées et les
comportements des divers peuples autochtones dont celui de la nation Mi'kmaq
avant la colonisation européenne. Ces règles ont été enseignées d’une génération
à l’autre, permettant aux Autochtones de maintenir une conduite sociable
acceptable.
Selon la croyance Mi'kmaq, un bon
gouvernement était perçu comme une «entente spirituelle», l’égalité était
une ordonnance divine et le bon ordre qui engendrait l’harmonie provenait
d’une source et amenait une sanction toutes deux transcendantes de
l’individu et de la nation. C’était l’œuvre du Créateur.
Chez le peuple Mi’kmaq le chiffre sept avait une signification importante.
Il y avait (et encore aujourd’hui) sept territoires.
La médecine la plus efficace était faite (et encore aujourd’hui) a
partir de racines provenant de sept plantes différentes.
Sept hommes représentant les sept territoires et Conseils s’assoyaient
dans la tante sacrée pour y fumer la pipe et brûler les herbes.
Ils lançaient de l’eau sur sept, quatorze ou vingt et une
pierres (guntew)
chaudes (epteg) pour produire de la vapeur (etligp'taq)
dans le but de se purifier.
C’était une nouvelle naissance. Les
hommes remerciaient le Créateur, le soleil et la terre.
Ils remerciaient la première famille, Kluskap, Nogami, Netaoansom, et Neganagonimgoosisgo.
Au
commencement, le Créateur (Kisulk)
donna la vie
aux Mi'kmaq
et le droit à la liberté (le droit à l'autodétermination). Les
Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur notre Mère la Terre et
profiter des cadeaux de ses eaux et territoires.
En échange les Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre
Mère la Terre. C'était une obligation divine léguée aux peule
Mi'kmaq. Kisulk nous a donné ce droit et cette responsabilité et
aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.
Wenujuadakun
/ L'influence Française
Un
des premiers buts de la colonisation française en Amérique du nord demeurait
l'évangélisation des Amérindiens. Dès 1611, les Jésuites arrivèrent en
Acadie, suivis par les Récollets (1615), les Capucins (1632), les Ursulines
(1639), les Sulpiciens (1657) et les Hospitalières de Saint-Joseph (1659). Dès
1632, les Jésuites concentrèrent leur action sur l'évangélisation de la
Huronie mais les conversions se révélèrent peu nombreuses.
(
http://www.tu-dresden.de/sulcifra/quebec/geschqu/n_france.htm )
En 1624 le père
Joseph Le Caron dit ceci des Autochtones: «... il faut esperer qu'à
mesure que la Colonie se peuplera, nous humaniserons les Barbares; ce qui est
premièrement necessaire, leur esprit s'ouvrira & le bon sens dont ils ont
le fond: on les policera par les loir & les manieres de vivre à la Françoise,
afin de les rendre capables d'entendre raison sur des Mystères si élevez. Car
tout ce qui regarde la vie humaine et civile, sont des Mysteres pour nos
Barbares dans l'état present, & it faudra plus de dépense & plus de
travaux pour les rendre hommes qu'il n'en a fallu pour faire Chrestiens des
Peuples entiers.»
Les
Mi’kmaq ont été les premiers en Amérique du Nord à être «évangélisé».
Mais les missionnaires eurent quelques difficultés. Pour les Mi’kmaq il ne
pouvait exister un Dieu mâle s'il n'était pas accompagné d'un équivalant féminin
ayant une puissance quelconque comme celui de Nogami, la Mère de l'être Suprême
et grand-mère de Glousgap. Les missionnaires n'ont donc eu aucune difficulté
à intégrer le culte à Sainte Anne chez les autochtones de l'est du Canada
actuel. Ste-Anne est d'ailleurs encore fêtée par toutes les Nations de l'est.
Mais est-ce Nogami ou Ste-Anne?
Certaines croyances et coutumes étaient similaires à celle de
plusieurs autres
croyances
religions dans le monde...
- Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à
«l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait
comme auparavant.
- Toutes les choses vivantes ont une âme, non seulement les humains. Tous les
humains sont faits de trois éléments de base le corps physique (mtinin), l'âme-vie
(mimajuo'qon), l'âme-libre (mijijaqamij).
- La réincarnation peut avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie»
revient aux restes des corps (les os).
- Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent,
une terre sanctifiée.
La tradition a su conserver (surtout chez les gens plus âgés) certaines
croyances malgré l’opposition de l’Église…
La création :
Au commencement, le Créateur donna la vie aux Mi'kmaq et le droit à la liberté
(le droit à l'autodétermination). Les Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur
notre Mère la Terre et profiter des cadeaux de ses eaux et territoires. En échange
les Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre Mère la Terre. C'était
une obligation divine léguée aux peule Mi'kmaq. Le Créateur nous a donné ce
droit et cette responsabilité et aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.
Le lien avec la nature :
Puisque d'autres énergies spirituelles existent dans les objets animés et
inanimés, il est important de montrer le respect à toute vie et toute chose
vivante sur terre. Il y a des esprits dans les animaux, dans les arbres, dans
les plantes, dans les fleurs. La vie des humains n’est pas considérée supérieure
à d'autre vie, puisqu'ils les humains et les animaux ont été créés égaux.
Certains animaux ont été placés sur terre pour la survie des humains. Encore
aujourd’hui des prières sont récitées avant de tuer un animal pendant une
chasse. En raison de la croyance de la spiritualité chez les animaux, les os
sont traités avec un grand respect. Par respect pour l'animal qui a offert sa
vie au chasseur, les os sont utilisés ou enterrés. Aujourd’hui on les
utilise surtout pour faire des ornements et bijoux.
Au contact des Européens les Mi'kmaq avaient contracté des maladies pour
lesquelles ils n'avaient aucune défense naturelle.
«Évangélisés» par les missionnaires certains croyaient qu'en acceptant
d'être baptisé et en portant des vêtements de tissus pour prouver qu'ils
étaient baptisés ils allaient ainsi protéger leurs descendance de ces
maladies. Mais ils n'avaient pas réalisé qu'ils allaient devenir encore
plus malade en s'approchant des Européens. Plusieurs moururent.
En
1607, Henri IV permettait à Jean de Biencourt de Poutrincourt de maintenir son
entreprise de colonisation en Acadie, mais à la condition d’y conduire
quelques Jésuites pour l’évangélisation des Autochtones. Ne souhaitant pas
la présence des Jésuites mais désirant conserver la faveur royale il
n’emmenait avec lui qu’un seul prêtre, l’abbé Jesse Fléché (surnommé
le Patriarche par les autochtones).
Au début de juin 1610, moins d’un mois après son arrivée, il
s’empressa de baptiser le chef Mi’kmaq Membertou ainsi que 20 membres de sa
famille. Le
père Jesse Fléché ignorant la langue Mi’kmaq, c’est Charles de Biencourt,
le fils de Poutrincourt, qui, à la demande de son père, se chargeait de catéchiser
les Mi'kmaq.
Plus d’une centaine de Mi’kmaq furent ainsi baptisés en 1610 et 1611. À
l’arrivée des Jésuites Biard et Massé en 1611 les autochtones baptisés
ignoraient encore jusqu’au premier mot des préceptes de la religion. L’évangélisation
était à reprendre. Les Jésuites firent leur profit de cette expérience, ne
baptisant désormais les adultes qu’après une longue probation.
Depuis le baptême du grand chef Membertou par le père Jesse Fleche à
Port-Royal en 1610, les Micmacs entretiennent une relation particulière avec l'Église
Catholique. Cette relation a été définie dans un concordat, ou traité,
conclu entre le Grand conseil et le pape. Les Micmacs ont alors accepté de protéger
les prêtres et les colons catholiques français. En
retour, l'Église catholique a accordé certains pouvoirs religieux à la Nation
micmaque. Puisque l'Église concluait ce genre d'entente uniquement avec des
gouvernements nationaux, le concordat confirmait la souveraineté des Micmacs.
Le catholicisme est donc devenu la religion de la Nation micmaque. (Paragraphe
tiré de http://www.gnb.ca )
Un
concordat était signé au Vatican en 1610. Ce document par mis les mieux
cachés de tous les temps affirmait le droit aux Mi'kmaq de choisir le
catholicisme, la tradition spirituelle Mi'kmaq ou tous les deux. Les
Autochtones étaient baptisés selon des appellations amérindiennes, bien que
des prénoms européens vinrent remplacer graduellement les noms amérindiens.
Pourtant
ce n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permettait que des éléments
autochtones entre dans les églises. Jusqu'à ce moment seul le poisson
avait sa place dans les églises, le clergé ne semblant pas savoir ce que
symbolisait celui-ci. C'est aussi depuis ce temps qu'il est possible de
donner à l'enfant nouveau né un prénom non
chrétien correspondant aux traditions autochtones.
En 1626 Charles de La Tour et ses
hommes doivent suivre les Indiens dans leurs expéditions de chasse pour pouvoir
survivre. Plusieurs épousent des Indiennes, dont lui-même. Celui-ci s'était
d'ailleurs fait tant aimer des Indiens qu'ils l'avaient nommé comme leur chef
suprême
L'arrivée des missionnaires européens,
au début du XVIIe siècle, transformera le mode de vie des Mi'kmaq. Dès 1624,
ce peuple délaissera progressivement ses valeurs spirituelles et culturelles au
profit de la religion et du mode de vie européens.
La plupart des langues autochtones
disposent de très peu de matériel publié. Le
fait de traduire et de publier les «écritures saintes» dans ces langues contribue
à leur survie de la langue, tout en fournissant une base pour de futurs projets
littéraires. Pendant plus de trente ans, Marion
Wilmot, une aînée mi'kmaw, a travaillé à la traduction du Nouveau Testament
dans la langue de son peuple. Elle était aidée d’une douzaine d’autres
membres de la communauté mi'kmaq, ainsi que par Watson et Marilyn Williams de
l’Association Wycliffe pour la traduction de la Bible et aussi par la Société
biblique canadienne. Cette version du Nouveau Testament en mi'kmawi'simk
courant a été publiée par la Société biblique canadienne, en avril 1999,
pour remplacer la version de 1874.
Gjinisgam gusna Nisgam
gusna Elohim gusna Allah na wijei elia'sutman.
Que vous priez le Grand Esprit ou Dieu ou Elohim ou Allah, etc., vous priez le
même Être Suprême.
lnu
Saqamaw - Sagamo / Le
Grand Chef
Devenir Chef était une tâche héréditaire. Le
futur Chef devait posséder certains
qualités pour être admissible tels le
courage, le leadership, la confiance, la
supériorité intellectuelle, etc.
Si le plus vieux fils du Chef n'était pas
qualifié pour ces fonctions, un autre fils prenait la relève. Si
le Chef n'avait pas de fils ou qu'ils n'étaient pas qualifiés pour cette
fonction, la direction changeait de famille.
Les Chefs n'étaient
pas une autorité suprême chez les
Mi'kmaq, contrairement à plusieurs autres
peuples. Sa
principale fonction était de déléguer les territoires de chasse, aider les
anciens et les chefs de familles. Il décidait également des temps de
guerres, mais rarement seul. Il consultait souvent les Chefs des autres
peuples ou tribus extérieures. Il s'occupait de la répartition des
richesses dans son groupe et de ceux qui étaient démunis. Il était une
sorte de guide ou de modèle pour ses semblables.
Le Grand Chef assumait la direction et la protection
de la communauté vivant sur le territoire. L’honneur, et peu davantage, était son meilleur profit.
Les jeunes gens étaient à son service et les hommes mariés lui payaient tribut.
Le Grand Chef Membertou, baptisé Henri le 18 septembre
1611à Annapolis Royal, N.-É., est certainement le Grand Chef le plus connu
de l'histoire Mi'kmaq. Il exhorta les missionnaires à apprendre
la langue mi'kmaq. Il fût le premier Grand Chef Mi'kmaq à à refuser pour lui-même la polygamie, habituelle aux
Grands Chefs. Cependant, lui
et sa famille gardèrent leurs usages païens, au
scandale des Jesuites.
À la fin d’août 1611, Membertou, fût attaqué de dysenterie. Le 16 septembre, Membertou fit son discours d’adieu, après s’être confessé. Il déclara son désir d’être enterré avec ses ancêtres païens. Le père Biard,
Jésuite, s’y opposa, mais lui conféra quand même l’extrême-onction.
Il mourut le dimanche, 18 septembre 1611. On lui fit, le lundi, des funérailles solennelles.
Puion - T'moin / Le guérisseur (Medicine man)
Un
puion était un homme ou une femme qui avait le pouvoir de communiquer avec
le monde occulte.
Il
devenait puoin
par
son père ou sa mère.
Enseigné
par les Anciens son
père ou son grand-père,
sa mère, sa grand-mère,
l'enfant apprenait
la tradition à travers l'étude des plantes
et de la nature
et le respect qu'il devait