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Les Autochtones et les Mi'kmaq
avant et après l'arrivée des Européens
Mi'gmawaq nooskalook
Apaqtugewa'jg aq na

Dernière modification:  29 mars 2008
Gtigi sa'se'wa's'g:  Si'ko'ku's 29  2008  


Traduction français/anglais   >>
French to english  translation  >>
Wenuj / aqalasie'w  kewonkeese  >>


A
mgwesewa'juit   /   Premiers occupants

Ta'n wejgwa'tegemgeg Lnu'g tet wigultijig  /  Depuis toujours les Autochtones ont vécu ici.
Gi's sa'q ...   /   Il y a longtemps... 


Aucun livre saint connu de nos jours n'a jamais mentionné la possibilité que des peuples pouvaient exister ici, et pourtant...  


Selon les chercheurs James Neel et Douglas Wallace de l'université de Buffalo, N.Y. l'arrivée du groupe initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 22,414 ans et peut être même 29,545 ans.

Selon les chercheurs Sandro Bonallo et Francisco Bolzano l'arrivé du groupe initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 33,000 à 43,000 ans.

La plupart des preuves scientifiques suggèrent que l'apparition des Premières Nations en Amérique du Nord remonte à plus de 20 000 ans. Vers 18 000 ans avant J-C, des groupes de chasseurs nomades provenant de l'Asie pénètrent dans le territoire en passant de la Sibérie à l'Alaska, par le détroit de Béring. À ce moment, le niveau de la mer était très bas, asséchant le détroit qui constitue une plaine d'environ 1 000 kilomètres de largeur, sur laquelle se forment des glaciers, permettant ainsi le passage entre les deux continents. Vers 8 000 ans av. J.-C., ces glaciers reculent, et la voie d'accès est recouverte d'eau. Les Amérindiens se voient ainsi coupés de leur continent d'origine.

Selon la plupart des preuves scientifiques, dans un premier temps, ces chasseurs sont confinés à l'Alaska et au Yukon par d'immenses glaciers. Ce n'est qu'à la fonte de ceux-ci que les autochtones peuvent accéder, vers 13 000 ans av. J.-C., au territoire actuel des Etats-Unis-D’Amérique. Cinq mille ans plus tard, les Amérindiens touchent pour la première fois le territoire du Québec actuel. En même temps, de nouveaux immigrants d'origines asiatiques arrivent dans le nord de l'Amérique. Ce sont les Inuit. Ces nomades, qui vivent de pêche et de chasse, s'établissent dans l'extrême Nord. Certaines communautés inuit atteindront, en 1 500 av. J.-C., les environs de la baie d'Hudson et de la baie d'Ungava au Québec.

Les différentes migrations des peuples autochtones dispersent celles-ci sur le territoire nord-américain. Les populations développent une culture distincte qui est adaptée à l'environnement qu'elles habitent. Les outils et les moyens de transport, comme les traîneaux à chiens, les raquettes et les canots d'écorce, qu'utilisent les Amérindiens diffèrent également d'un endroit à l'autre selon les conditions climatiques ambiantes. 
(Paragraphe
tiré de :  http://66.59.132.92/cyberligne/htmfr//htmfr/F-1_1.htm )

L’arrivée de la Nation Mi’kmaq remonterait à 10 600 ans.   Lorsque les Français sont arrivés en Acadie, les territoires des Mi'kmaq s'étendaient de la Gaspésie au Cap-Breton, en passant par le Maine (U.S.A.) et la côte est du Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Comme toutes les autres Nations Autochtones des Amériques, une très grande partie de la population Mi'kmaq sera décimée par les maladies contagieuses attrapées au contact des Européens.

Les sociétés autochtones des «Maritimiens» anciens se composaient de petits groupes familiaux qui se regroupaient en bandes pendant une partie de leur ronde annuelle qui les amenait sur la côte. Les mariages se contractaient vraisemblablement entre membres de bandes voisines entraînant un réseau social étendu de familles reliées par le sang. L'un des caractères les plus frappants des «Maritimiens» anciens est la construction de monticules funéraires complexes. Leurs monticules constituent les plus anciens témoignages à date de constructions monumentales au Canada.
(Paragraphe tiré de http://www.museedelaguerre.ca/archeo/hnpc/npvol05f.html )

Vers l'an 1000 de notre époque les Míkmaq s'unirent en une seule nation pour combattre l'invasion des Kanien'kehá:ka.  Afin de représenter les membres de cette nouvelle union ils créèrent un gouvernement comparable à un gouvernement fédéral qu'ils nommèrent Míkmawey Mawiómi.

La première rencontre avec les Européens n’a pas étonné les Mi’kmaq et n'a pas changé leur façon de voir le monde.  Il existait une légende qui disait que les êtres spirituels connaissaient un continent de l’autre côté de l’océan d’où des personnes aux yeux bleus devaient venir et perturber la vie des Mi’kmaq.  Une légende similaire existait chez les autres Peuples de la même famille linguistique c'est à dire la famille linguistique Anishinaabemowin
(Les linguistes «non-autochtones» utilisent l'expression «famille linguistique algonquienne»).

Une légende disait qu’une femme avait eu la vision d'une île flottant vers leurs terres. Sur l’île il y avait de grands arbres et des êtres vivants. Cette légende disait que les maqigtulit (grands canoes) se déplaceraient en utilisant d’énormes ailes blanches comme celles d’oiseaux géants. On disait même que les nouveaux venus à la peau claire (wapek) parleraient de divinités inconnues ici, des divinités que même les envahisseurs n'arriveraient pas à décrire de la même façon. Ces nouveaux arrivant détruiraient les Autochtones et les tueraient sans respecter leur honneur. Les Autochtones perdraient leur esprit. Allait ensuite arriver un temps où la Terre Mère deviendrait très malade. Les pluies seraient empoisonnées. Les poissons allaient mourir. Les esprits de chacun retourneraient dans des corps de couleurs différentes, les couleurs de l’arc-en-ciel. Redevenu logiques ces êtres aux couleurs différentes s’uniraient pour redonner la santé à la Terre Mère.

Malgré qu'elle soit légèrement différente d'un Peuple à l'autre, c
’est une légende que l’on retrouve chez Peuples Anishinaabe et ceux de la même famille linguistique dont les Eyou (Cris), les Anishinaabe (Algonquins), les Waban-Aki (Abénaquis), les Wolastoqiyik (Malécites), Innu (Montagnais, ), les Mi’kmaq, les Chippewa (Ojibwe), les Tsitsistas (Cheyenne), etc.

Au lieu de croire à la légende. les Mi'kmaq ont salué les nouveaux venus, commercé avec eux, et peu à peu incorporer les nouvelles technologies à leur propre culture.

On estime qu'à l'arrivée des premiers colons européens, la vallée du St-Laurent et la région des Grands-Lacs comptent environ 60 000 Autochtones. C'est principalement avec les Nations Anishinaabemowin et Haudenausaunee que les arrivants français sont entrés en contact.  À cette époque la langue et le mode de vie distinguent les Nations Anishinaabemowin des Nations Haudenausaunee; les  premiers sont nomades et les seconds, semi-sédentaires.

Il y aurait actuellement 2 millions d'Amérindiens inscrits aux U.S.A. et 1 million au Canada.


Megwa'jijik  /  Les Peaux Rouges

Le Nouveau Monde a été «découvert» par Christophe Colomb en octobre 1492, pensant qu'il avait trouvé les Indes, il baptisa les indigènes qu'il y rencontra des «Indiens», ce surnom qu’il venait de leur donner allait demeurer pour toujours.  Quelques années plus tard, d'autres explorateurs «découvraient» ce qui est aujourd'hui Terre-Neuve, les territoires nordiques du Québec actuel et les Be'othuks qui habitaient ces territoires.

Les Be'othuks ont été les premiers Autochtones des Amériques à entrer en contact avec les Européens, d’abord les explorateurs Vikings, puis les pêcheurs et baleiniers européens.  Ces Peuples Autochtones avaient l’habitude de couvrir leurs corps, et leurs vêtements d’une peinture rouge, c'est de là que nous vient le surnom de «Peaux-rouges», surnom qui lui aussi a été adopté par les Européens…mais pour désigner maladroitement tous Premiers Habitants des Amériques.

Aucun Autochtone ne se couvre de peinture rouge aujourd'hui. Ce surnom n'a plus sa raison d'être depuis fort longtemps.

«Officiellement» le dernier des Be'othuk serait mort à Terre-Neuve en juin 1829.  Cependant, des descendants de ces Be'othuk peuvent très bien y vivrent encore mais assimilés à d'autres Peuples.  Vivant entre autre de pêche ils ont du se glisser vers les autres côtes lorsqu’ils ont été chassés par les Européens.  Il est certain que les nouveaux arrivants n’occupaient pas la partie nord de Terre-Neuve à cette époque.  Les Be'othuk ayant connu une quasi-extinction par les maladies, ses survivants se sont sûrement joints ou mariés à des membres de d’autres Nations.  On peut aussi dire que les Be'othuk ont pu adopter des mots de d’autres Nations comme beaucoup d’autres langues autochtones ont pu le faire, ce qui expliquerait le dialecte très différent des "Mi'kmaq" habitant cette région aujourd'hui.  Chose certaine, l’entente était très bonne entre ces Peuples voisins puisqu’il est archéologiquement prouvé que les Mi’kmaq et les Wolastoqiyik (Malécites) étendaient leurs territoires de pêche jusqu'au côtes du Labrador.

Peut-être verrons-nous un jour une Nation s’affirmer Be'othuk.


Jacques Cartier décrivait les Be'othuks en ces mots:
«
Il y a des gens à ladite terre, qui sont d'assez belle corpulence, mais ils sont farouches et sauvages. Ils ont leurs cheveux liés sur leur tête, à la façon d'une poignée de foin tressé, et un clou passé parmi, ou autre chose; ils y lient des plumes d'oiseaux. Ils se vêtent de peaux de bêtes, tant hommes que femmes; mais les femmes sont plus closes et serrées en leurs dites peaux et ceinturées par la taille. »
(Paragraphe tiré de http://www.medarus.org/NM/NMPersonnages/NM_10_05_Biog_Others/nm_10_05_jacques_cartier.htm )   

Le premier hivers de Cartier:
L'hivers de 1534 a été difficile.  Les hommes de Cartier ont été atteint du scorbut, que les Stadaconéens ont guéri.  Au printemps, Cartier les remercie en enlevant leur chef et certains membres de son groupe.
(Texte tiré de «Une histoire du Québec et du Canada» publié par la commission scolaire Cri en 2002
)


Ta'n wejgwa'tegemgeg Mi'gmaq tet wigultijig.  Depuis toujours les Mi'kmaq ont vécu ici.

Na nige' ap tlimi, wen wejitoqos Ganata?   -   Maintenant, dites-moi qui a découvert le Canada?


Les Français qui s'installèrent sur les rives du Saint-Laurent ne délogèrent jamais les populations autochtones. Les Français au Canada, comme dans toute la Nouvelle-France (Acadie, Louisiane et région des Grands Lacs, c'est-à-dire le «Pays des Illinois» et le «Pays des Ohio»), furent plutôt exceptionnels comme Européens dans la façon dont ils s'allièrent avec les Premières Nations.  Contrairement aux Espagnols et aux Portugais qui érigèrent leur empire sur la conquête, la sujétion et la servitude, contrairement aussi aux Américains qui massacrèrent les Autochtones pour s'approprier leurs terres, les Français n'ont jamais agit de cette façon.  Au contraire, ils bénéficièrent de leur collaboration dans la traite des fourrures et, après 1680, reçurent leur appui militaire.

Les Français ne perçurent jamais les Autochtones comme des partenaires égaux.  de leur côté les Autochtones ne reconnurent jamais la «souveraineté du roi de France» et conservèrent toujours leur autonomie.


Makumegow' / Territoires
(Texte tiré de http://www1.gnb.ca/0007/Culture/Heritage/VMC/french/defaultf.asp )

Lorsque les premiers explorateurs français et anglais sont arrivés sur notre continent, ils croyaient découvrir un nouveau territoire. Ils ne savaient pas que le « Nouveau Monde » était en réalité très vieux, et que le peuple qui y vivait, les Wabanuwok, était là « de temps immémorial » (depuis presque toujours).

Le « territoire » était un endroit où les animaux et l’esprit des animaux vivaient de manière distincte et indépendante. Les arbres, les pierres et les rivières pouvaient posséder des qualités personnelles et il était donc possible d’établir un lien social avec chacun. Nul ne pouvait posséder ou vendre un droit de la possession exclusive de ces êtres pas plus qu’il ne pouvait vendre ou avoir la propriété de sa propre mère!

« Ma terre ne vous appartient pas par droit ou par conquête, ni par cession ou par achat. » (1721 - 1760)


Wantaqo'ti  /  Paix

L’alliance du 27 mai 1603 lie les Français et les Innu qui se liguent contre les Haudenausaunee.

En 1614 les Anishinaabe (Algoumequins / Algonquins), Innu (Montagnais), Mi'kmaq (Micmacs / Souriquois / Etchemins) Waban-Aki (Abénaquis), Wendat (Hurons) et Wolastoqiyik (Malécites) formeront une alliance avec les Français.  En 1624, un traité de paix est signé avec toutes ces Nations et avec les Haudenausaunee (Irinakhoiw / Iroquois).


Mens'g maqamigal  /  Territoires divisés

Sans l'avis des nations autochtones concernées, le Traité de Versailles de 1783 établissait la frontière entre les États-Unis d'Amérique récemment formés et les colonies britanniques en Amérique du Nord depuis «l'embouchure de la rivière Ste-Croix dans la baie de Fundy» jusqu'au point situé à l'extrême nord-ouest du lac des Bois, puis en direction plein ouest jusqu'au fleuve Mississippi et vers l'aval le long de ce cours d'eau.

Le Traité Jay de 1794, e
n théorie, n'était pas un traité avec les autochtones, car il avait été signé entre le gouvernement britannique et les États-Unis.  Par contre, il touchait les autochtones du Canada.

Afin de prévenir la guerre avec les États-Unis la Grande-Bretagne négocia une entente de paix consentant à retirer tous les officiers de la Couronne de leurs postes au sud des Grands Lacs.  En retour, les Britanniques ont obtenaient la permission pour les autochtones de traverser librement la frontière Canada-U.S.A.

Le gouvernement U.S.A. considère le traité de Jay comme une entente qui accorde à ceux qui possèdent le statut d’indien le droit de travailler et de vivre librement au-delà de la frontière.  Le gouvernement canadien a toujours contesté ce droit.

Sans l'avis des nations autochtones concernées, en 1908, le Canada et les U.S.A signaient un traité prévoyant une démarcation détaillée de la frontière de l'Atlantique au Pacifique sur toute sa longueur.


lnuwi't'g / Le nom  autochtone

Le nom que se donnent les Mi’kmaq s’écrit dans notre langue «Mi’kmaq», il s’écrit en français «Micmac», «Micmaque», «Micmacs» ou «Micmaques» (selon «l'Office Québécois de la Langue Française») et en anglais «Micmacs»…mais pourquoi se laisser imposer un nom qui n'est pas le nôtre.  On dit un ou une «Mi’kmaw», des «Mi’kmaq», une Nation «Mi’kmaq».  Dans notre langue la lettre «C» n'existe pas, pas plus que des lettres inutiles qui ne se prononcent pas comme le «U» dans «micmaque».  Il y a eu sans succès une tentative d'introduire au XIXe siècle le «ch» pour l'une des deux prononciations de la lettre «J».

Avant l'arrivée des Européens chaque enfant avait un nom qui lui était propre.  Il n'existait pas de nom de famille avant «l'évangélisation» par les Jésuites.  Dès l'évangélisation, les baptisés adoptaient des prénoms qui ne correspondaient pas à leur coutumes et qui leur étaient imposés.  Ce n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permet de donner à l'enfant nouveau né un prénom non chrétien correspondant aux traditions autochtones tel que  «Tepgunset», «Segewa't», etc. L'Église ayant eu la main sur la loi au Québec jusqu'à la Révolution Tranquille, rares étaient les actes de naissance sur lesquels figuraient des prénoms autochtones.


Wenuj / Les Français 
(Texte tiré de http://www.tusket.com/nature-f/mi-kmaq1.html
)

Jacques Cartier est venu sur l'Île de la Grande Tortue y a planter la Croix afin que «soient illuminées les âmes qui gisent dans les ténèbres».

C'est dans le plus profond respect mutuel qu'en Acadie les grandes nations amérindiennes et la France avaient tissé des liens d'amitié, de fraternité et d'entraide inégalés dans tout le continent américain.  La déportation et l'expulsion des Acadiens avec la décimation presque complète des amérindiens ont malheureusement amputé à jamais cette belle relation. Le peuple acadien en garde cependant des vestiges dans son langage, ses liens sanguins, son génotype et sa physionomie. Ce sont en somme quelques unes des caractéristiques marquantes et distinctives de l'héritage acadien. Les amérindiens ont eux aussi des vestiges français-acadiens dans leurs langues, leur génotype et leur physionomie.

Plusieurs Français-Acadiens ont pris refuge chez les amérindiens dès 1607, lorsque Poutricourt abandonnait Port Royal. Il y eu de nombreuses autres occasions par après. Ce fut le cas lorsque la colonie de LaHève fut déménagée à Port Royal peu après l'arrivée de Isaac de Razilly en 1632. Des Français-Acadiens sont restés chez les Mi'kmaqs.


La belle relation française et amérindienne était approuvée et appuyée par la royauté de France. Louis XIII (1601-1643) roi pendant les premiers exploits en Acadie des Latour et d'Aulney déclara que « les amérindiens (chrétiens) de la Nouvelle France » (Canada, Acadie et une bonne partie des États-Unis) « seraient considérés désormais citoyens Français...». L'objectif de cette loi fut d'assurer le respect des amérindiens chez les Français.

Les Mi’kmaq aidèrent les Acadiens à s’adapter à leur nouveau mode de vie. Ils les initièrent à leurs méthodes de pêche et de chasse, leur montrèrent comment fabriquer des vêtements et des canots et isoler leurs maisons contre le froid. Les Acadiens entretenaient d’assez bonnes relations avec les Mi’kmaq.

Encore aujourd'hui, garder le meilleur lit de la maison pour l'invité Mi'kmaq est une tradition acadienne exprimant la gratitude.



Aqalasi’ew  -  Aklasie'w    / Les Anglais

À la suite de leur victoire sur les Français en 1763, les Anglais de la Nouvelle-Angleterre s'installeront en grand nombre dans la région atlantique. Le gouvernement britannique tentera de faire des Mi'kmaq des agriculteurs et ces tentatives de sédentarisation échoueront. Malgré tout, les Mi'kmaq deviendront une main-d'oeuvre bon marché dans les domaines du transport et de la foresterie au détriment de leurs activités traditionnelles, ce qui entrainera des modifications socio-culturelles importantes pour leur nation.


Ganata Inuwi't'g /  Les autochtones du Canada

Il y aurait plus de 2,300 réserves indiennes au Canada.  79% de la population autochtone du Canada résident à l'extérieur des réserves.

Selon le recensement de 2006 le nombre d'Autochtones au Canada dont le statut est enregistré est de 1,172,790. 
Cette part de population au Canada est donc de 3,8%.  Grâce à une augmentation de population de 45% en 10 ans, les Autochtones sont, pour la première fois, plus d'un million au Canada et près de la moitié d'entre eux ont moins de 25 ans.

Seulement 40% de la population autochtone vie sur des réserves au Canada alors que le nombre est de 49% au Québec.


Gepeg Inuwi't'g /  Les autochtones du Québec

Au Québec vivent 11 Nations Autochtones réparties en 56 communautés.
Il y a aussi 32 communautés Autochtones hors réserves.

Selon le recensement de 2006 le d'Autochtones au Québec dont le statut est enregistré est de 108,430.  Cette part de population au Québec est donc de 1,4%.  Fait à noter, 22 communautés ont refusé de collaborer au recensement ou l'ont fait en trop petit nombre. 

Les régions Nord-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord regroupent plus de la moitié des Autochtones du Québec et 40 des 55 communautés.
  
Plus de 15 000 Indiens sans statut et des Métis résident au Québec.  
Il y aurait plus de 71,000 personnes d'ascendance Autochtone au Québec identifiées par la terminologie «Indien sans statut» ou «hors réserve» ou «Métis».


On retrouve au Québec quarante communautés faisant partie des Premières Nations, expression qui désigne au terme de la loi les Indiens inscrits et vivants dans les communautés autochtones. Le groupe Inuit comprend pour sa part quatorze communautés distinctes. S'ajoutent à ces groupes les communautés métisses qu'il faut éviter de confondre avec les Indiens non inscrits. Les Métis sont surtout présents dans l'Ouest du Canada bien qu'on en parle de plus en plus au Québec en raison de la diversité des réalités des ressortissants des Premières Nations, de la migration vers les villes, du métissage, ainsi que par l'effet de la Loi sur les Indiens qui reconnaît désormais les Indiens aussi bien selon leur lieu de résidence que selon leur ascendance généalogique.  (
Texte tiré de http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Amerindiens  )


Plus de 70 000 Amérindiens, répartis en 11 communautés, vivent actuellement au Québec. Les exigences du monde moderne les ont contraints à abandonner leur mode de vie ancestral.  Les 11 communautés amérindienne du Québec sont regroupées en deux familles: celle des Algonquiens et celle des Iroquoiens. La première se subdivise en deux groupes: celui de la vallée du Saint-Laurent, qui comprend les Abénaquis, les Algonquins, les Malécites, les Mi'kmaq et les Naskapis, ainsi que celui des communautés du Nord, qui inclut les Atikamekw, les Cris et les Innuat (ou Montagnais), [un(e) Inu des Innuat]. Quant à la famille iroquoienne, elle se compose des Hurons-Wendat et des Mohawks.

Les Autochtones représentent 2,7 % de la population canadienne et 45 % d'entre eux vivent en milieu urbain. Les jeunes occupent une place importante avec 36,5 % des autochtones qui ont moins de 15 ans et 56,2 % qui ont moins de 25 ans.  On estime qu'il devrait y avoir en l'an 2016 quelque 1 093 400 personnes qui s'identifieront comme autochtones au Canada.

La Cour suprême n'a pas encore statué sur l'autonomie gouvernementale des autochtones mais la «Commission royale sur les peuples autochtones (1997)» estime que l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, qui reconnaît les droits ancestraux issus de traités existants, leur assure un droit ancestral à l'autonomie gouvernementale dans certains domaines de compétences. La source de l'autonomie gouvernementale des autochtones est d'abord leur droit à l'autodétermination comme nation en vertu des normes de droit international. C'est aussi le droit de gérer leurs affaires dans certains domaines de compétence. Ce droit à l'autodétermination est le droit, pour les autochtones, de choisir comment ils se géreront à l'intérieur du Canada. 

Plus de 1% de la population actuelle du Québec est autochtone, ce qui inclut les Amérindiens, les Inuit et les Métis.


Texte tiré de  http://www.versuntraite.com/negociations/droits_ancestraux.htm#droit


U.S.A. Inuwi't'g /  Les autochtones des U.S.A.

Selon le US Census Bureau la population autochtone des U.S.A. a enregistré une augmentation de 105.87%.


Tli'suti / Le langage

La langue est l’outil principal permettant d’enrichir la culture, de recevoir, de partager et transmettre le savoir de génération. La clé de l’identité  et de la conservation de la culture d’une personne est sa langue ancestrale.
(Déclaration de: L' Assemblée des Premières Nations)

Le «Mi'kmawi'simk» aussi appelé «L'nui'sin»
ou «langue Mi'kmaw» est une langue propre au «nouveau monde» et l'une des plus vivantes de la région nord.  Elle constitue la langue la plus septentrionale des langues de la «famille linguistique anishinaabe» de l'Est (les linguistes francophones préfèrent «famille linguistique algonquiennes»).  Elle est parlé au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, dans le Main (U.S.A.) mais elle est presque éteinte à Terre-Neuve. Elle est utilisée par plus de 8000 autochtones dans le Maritimes.  Il existe trois dialectes.  Celui parlé au Québec s'appelle Listiguj (Restigouche).  Elle est l’une des langues autochtones les plus vivantes de la région nord.  C'est une langue riche et descriptive.  D’origine millénaire elle existait bien avant que les animaux sauvages du continent n’aient entendu une syllabe de français ou d’anglais.  Cette langue est liée à d'autres langues autochtones importantes du nord et du sud comme le beothuk avec le peuple Beothuk (maintenant disparu) de Terre-Neuve, le Innu (Montagnais), le Wolastoqiyik et aussi avec certains Autochtones du Labrador.  

L'histoire de l'écriture de la langue mi'kmaw remonte au XVIIe siècle alors qu'un type d'hiéroglyphes a été élaboré par le missionnaire catholique Chrétien Le Clercq dans le but de favoriser l'apprentissage des prières et de la doctrine religieuse. Cette écriture, perpétuée par le père Antoine Maillard, est tombée en désuétude par la suite. Entre temps, vers  la fin du XVIIIe siècle, les Mi'kmaq auraient eux-mêmes établi, sur la base de l'alphabet romain, une orthographe quasi phonologique pour écrire leur langue.
(Paragraphe tiré de http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications/pubb133/B133ch5.html )

Les Mi’kmaq sont de la Confédération Wabanaki qui regroupait les Penobscots, les Passamaquoddy, les Wabanaki 
(Abénaquis) du Maine et les Wolastoqiyik (Malisseet).  Les Mi’kmaq connaissaient les langues de des peuples voisins de la péninsule de Gaspé et de l'ouest des Maritimes qu’ils utilisaient pour communiquer et commercer.  Ils connaissaient aussi un ou plusieurs dialectes Haudenausaunee. 

La «loi de l'assimilation» involontaire canadienne (
l'Acte des Sauvages) de 1857 ayant fait son œuvre, on estime que de moins en moins de membres des Premières nations utilisent couramment leur langue.  

Seulement huit Nations parlent encore leur langue au Québec:
Atikamekw, Haudenausaunee, Mi'kmaq, Naskapis, Cris, Innu, Anishinaabe, Waban-Aki, et Inuk. Les langues
Wendat et Wolastoqiyik ont pour ainsi dire disparu. Il y a cependant un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue Wendat. Seulement 40% des Mi'kmaq parlent couramment la langue.

Au Canada 50 langues autochtones sont encore utilisées de nos jours. 47 de celles-ci sont menacées de disparition. 29% des membres des Premières Nations qui ont répondu au questionnaire du recensement de 2006 ont déclaré pouvoir parler une langue autochtone suffisamment bien pour soutenir une conversation.  Dans les réserves, cette proportion s'élève à 51%.  C'est l'inuktitut (appelé inuttut au Ninunatsiavut) qui s'en tire le mieux: 69% des jeunes de 14 ans et moins affirment le parler suffisamment pour pouvoir soutenir une conversation dans cette langue.

Il y a environ 150 langues amérindiennes au Canada et aux Etats-Unis, et quelque 600 à 700 langues en Amérique Centrale et Amérique du Sud. 

Les langues autochtones font partie de la majorité des langues dites de «tradition orale»; ce sont essentiellement des langues parlées. Et si la plupart d'entre elles peuvent maintenant prendre une forme écrite, cette forme d'expression est en fait rarement utilisée. Les documents écrits sont rares, et la capacité de lire et d'écrire ces langues (et la transmission des connaissances nécessaires) n'est souvent utile qu'en milieu scolaire. Les études réalisées pour la Commission ont révélé, par exemple, qu'au Québec, [TRADUCTION] «même si l'enseignement structuré en langue autochtone est de plus en plus répandu et le nombre de spécialistes des langues (professeurs de langue, interprètes, technolinguistes, etc.) va croissant, le recours spontané aux idiomes autochtones dans la vie de tous les jours est plutôt rare.
(Paragraphe tiré de   http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/si58_f.html )

Dans la pratique, à cause du petit nombre de documents écrits en langue autochtone, il n'existe en général peu de manuel, de livre du maître ou d'autre matériel pédagogique en langue autochtone, outils pourtant indispensables à l'enseignement des langues.


Souriquois

Jacques Cartier et les Français ne sont pas les premiers êtres humains à avoir mis les pieds ici, les Autochtones d’ici avaient colonisé le territoire bien avant eux.  Au début du 16e siècle les Européens, les Basques entre autres, débarquaient sur l’Île de la Grande Tortue (le continent).  Les Basques ont donc eu des contacts importants avec des peuples autochtones, notamment avec les Mi’kmaq, les Be'othuks, les Wolastoqiyik et les Innu.

Ces peuples devaient évidemment trouver un moyen de communiquer pour réaliser ces échanges commerciaux, possiblement le «pidgin», un vocabulaire assez restreint facilitant la communication entre peuples ayant des langues différentes.  Il est donc possible que ces peuples ayant eu des contacts, comme c'est le cas pour les Basques et les Autochtones, aient développé un «pidgin» à base de basque.

Par mis les surnoms donnés aux Mi’kmaq, notons le nom «Souriquois».  Le mot «souriquois» pourrait être un «pidgin basque-amérindien» venant du mot basque «zurikoa».  Ce mot était utilisé par les Autochtones lors de leurs contacts avec les Blancs.  «Souriquois» pourrait vouloir être un dérivé du basque qui signifie «celui du Blanc».

Des sources historiques font état d'autres surnoms désignant les Mi'kmaq, tels que Gaspésiens, Souriquois, Acadiens, 
Tarrantins.  Selon Silas Rand les Mi'kmaq utilisaient le nom de Wejebowkwejik au XIX siècle.



lnui'sitwa'tuet /  Interprète
( Paragraphes tirés de http://www.pch.gc.ca/special/mdc/dacosta/index_f.cfm  )

D'origine africaine, Mathieu Da Costa gagnait sa vie comme navigateur et interprète. Il a vraisemblablement fait de nombreux voyages vers le Nouveau Monde à la fin des années 1500 et au début des années 1600.

Ses services d'interprétation étaient prisés tant par les Français que par les Hollandais afin de les aider à commercer avec les peuples autochtones. Mathieu Da Costa parlait probablement le français, le hollandais, le portugais ainsi que le « pidgin basque ». En fait, ce dialecte était sans doute la langue de commerce la plus utilisée à l'époque avec les peuples autochtones.

La tradition européenne de faire appel à des interprètes de race noire existait déjà depuis plus d'un siècle lorsque Mathieu Da Costa a entrepris ce métier. Cette tradition a vu le jour au cours de voyages au large de la côte africaine et s'est poursuivie au moment où les Européens et les Africains ont franchi les eaux jusqu'aux Amériques. Mathieu Da Costa a probablement pris la mer à maintes occasions. Il a remonté le fleuve Saint-Laurent et a longé la côte du territoire qui forme aujourd'hui les provinces du Canada atlantique. Il a travaillé avec Pierre Dugua de Monts, l'un des fers de lance de la colonisation française dans les régions de l'Est du Canada, et avec Samul de Champlain dans les années 1600. Les compétences d'interprète de Mathieu Da Costa ont contribué à combler le fossé culturel et linguistique qui existait entre les premiers explorateurs français et le peuple Micmac.


Gesmi'sit kespugwaluk / Langue de communication imposée
(Texte tiré de http://www.lagauche.com/Gauche_socialiste/1997-27-01.html )

Jusqu'à la première guerre mondiale, la langue usuelle des peuples autochtones était leur propre langue historique...

La langue de communication avec les Blancs dépendait de deux facteurs: la langue commune des Blancs de la région (surtout des commerçants) et, ce qui importait encore davantage, la langue des missionnaires (français pour les catholiques et anglais pour les protestants).

A partir du début du 20è siècle, Ottawa impose l'usage de l'anglais comme langue d'enseignement sur les réserves. Dans le sud, les pressions économiques s'ajoutent à cette pression d'acculturation générale en faveur de l'anglicisation. Ainsi au Québec, les nations micmaques et kanien'ke tendent à perdre leur langue propre et à devenir anglophones tout en étant entourées de francophones tandis que la majorité des anishnabe emploie l'anglais comme langue seconde. Dans le Grand Nord où les Inuit, les Cris et les Naskapis restent essentiellemnt sous tutelle fédérale jusqu'au milieu des années 1970 et où il n'y a presque pas de francophones, l'anglais domine comme langue seconde.

En général on peut affirmer que les autochtones reconnus comme Indiens "statués" conformément à la Loi fédérale sur les Indiens sont anglophones ou utilisent l'anglais comme langue seconde (Kanien'ke, Cris, Inuit, Micmacs, Naskapis et la majorité des Anishnabe) tandis que ceux et celles qui n'ont pas signé de traité définitif ou n'ont pas de statut sont francophones ou utilisent le français comme langue seconde (Wendat (Hurons), Innut (Montagnais), Attikamekw, Abénakis, Malécites, et Métis et Indiens sans statut (surtout en Abitibi-Témiscamingue).


Wikuom / L'habitation

Des milliers d'années avant l'arrivée des premiers Européens, les peuples des Premières Nations avaient développé de riches traditions de construction.  La forme du bâtiment constitue souvent une métaphore du cosmos et, en tant que telle, est souvent associée à de puissantes valeurs spirituelles qui permettent de définir l'identité culturelle d'un peuple.  Les constructions expriment de façon intégrale les croyances spirituelles et les valeurs culturelles des occupants.

Il y avait fondamentalement deux types de wikuom (wigwams) chez le peuple Mi'kmaq: le plus grand pouvait abriter de 10 à 24 occupants pendant les mois plus chauds; le modèle de forme conique pouvait abriter 10 à 12 personnes et était utilisé l’hiver.  L'écorce de bouleau était utilisée pour couvrir les bâches de leurs wikuom car c'était une matière à la fois étanche et portative. 
Un wikuom est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à déplacer.

On ne frappait pas à la porte (ga'qan / kaagun / ka'qn) lorsque le wikwom était fait d'écorce ou de toile, la porte étant simplement une peau ou une toile.  On faisait appel à la personne à l'intérieur en disant «goe'» (ohé en français), cette personne lui répondait «pisgoa» ou «piskwae» (entre !) [En français on dirait «toc-toc»].

Remarque: Le mot «tipi» ou «tepee» a été répandu grâce aux films de cow boys.  C'est un mot de la nation «Dakota» (Siou *).
*
Le surnom de «Naduesiu» était donné aux «Dakota» par les Anishinaabe (Algonquins), il signifie «petits serpents».  Transformé dans la langue des Européens ce mot est devenu «Siou».  La Nation préfère être nommée «Dakota», «Nakota» ou «Lakota» selon le dialecte.  Ce nom signifie «Alliés».


Ala'latl  /  Le transport

Avant l'arrivée des Européens le gwitn (canoe) était le seul moyen de transport utilisé durant la belle saison. Les villages étaient tous situés près des rivières et des fleuves, il n'y avait donc aucune nécessité de détruire les forêts pour créer des routes. Les Européens ont d'ailleurs vite fait de constater que le gwitn avait l'avantage d'être plus rapide que leurs petites embarcations et beaucoup légers à transporter.

Le taba'gan (toboggan) était utilisé entre autre pour transporter les carcasses d'animaux l'hivers. 


Mijipjewei / La nourriture

Possédant un savoir ancestral complexe et raffiné d’observation et un profond respect de la nature et de l'environnement, les Autochtones utilisent des espèces végétales agricoles et médicinales depuis des millénaires.  

Plusieurs plantes étaient utilisées ici bien avant l'arrivée des Européens.  Le tournesol et la courge étaient utilisées par tous.  Les Autochtones utilisaient l’huile de tournesol à la cuisson et à l’assaisonnement.  Ils tressaient les épis de maïs pour les faire sécher et en faire de la farine ou autre aliment. 
L’épi mâle de la quenouille étaient consommée comme un épi de maïs et le cœur blanc de sa tige se mangeait comme légume.  Ils fumaient les viandes pour les conserver longtemps.  La viande séchée était d'ailleurs un petit déjeuner très apprécié des Mi'kmaq.  Cette viande séchée était très utiles lors de longues  randonnées de chasse.  La sève d'érable était déjà utilisée par les Autochtones de l'est bien avant l'arrivée des Européens.  Ils en faisaient une boisson chaude ou l'utilisaient pour faire du sirop et du sucre d'érable.  Ils utilisaient les fines herbes uniquement dans des potions lorsqu'ils étaient malades. Ils enterraient les aliments pour qu’ils se préservent pendant l’hiver.

Les Autochtones utilisaient la farine de quenouille et fabriquaient du pain, le «lu'sknikn».  Le  rhizome de la quenouille donne une farine très blanche et douce.  Le pollen d’un beau jaune foncé fait une farine au goût délicat que les Autochtones incorporaient dans la confection de leur pain.  La pâte pouvait être collée autour d'un bâton et cuite près du feu.  Ce pain pouvait aussi être cuit sur une pierre ou dans un plat de terre cuite et avoir la forme d'un pain plat.  Aujourd'hui, ce pain est souvent appelé «bannique» (du vieux mot anglais «bannuc») car les premiers colons le comparaient à un pain Écossais portant ce nom. 

Une recette autochtone très connue aujourd'hui est le «Pag wadjawessi».  C'est un plat des amérindiens du centre et de l'est du Québec.  Le «Pag wadjawessi» a été adopté et «adapté» par les Québécois du Bas-du-Fleuve et du Saguenay.  Ces adaptations sont ce que les Québécois appellent le «six-pâtes» (ou «tourtière du Lac Saint-Jean») et le «six-pailles».
(Lisez mes propositions de recettes http://www.astrosante.com/RecettesMikmaqEtloqteg.htm )


Mi'kmaq
mijipjewei / Nourriture chez les Mi'kmaq 

Les Mi’kmaq étaient semi-nomades se déplaçant entre les villages de pêche d'été près de la côte aux endroits intérieurs pour la chasse d'hiver. Certains cultivaient un peu pendant l'été, mais la majeure partie de leur alimentation estivale se composait toujours des poissons et des fruits de mer. Rien ne se perdait, ils utilisaient toutes les parties des animaux et des oiseaux qu'ils abattaient, leurs os, défenses, dents, griffes, plumes, poils, piquants, fourrure et peau pour fabriquer tout ce dont ils avaient besoin.  Des marmites et des assiettes de terre cuite étaient utilisé. 

Le Mi'kmaq étaient et sont toujours d'excellents navigateurs de la mer et de grands astronomes.  Le cuivre servait parfois à en faire des aiguilles et des hameçons.  Ils se servaient de Skudakumoochooowte (la voie lactée) et des constellations pour se guider le long du littoral.  La chasse se faisait dès l’automne puisqu’il était plus facile dépister les orignaux et les cerfs.  Les Mi’kmaq se déplaçant facilement sur la neige profonde à l’aide de raquettes, traîneaux, et taba’gan.  Ils séchaient et fumaient les viandes et les poissons pour les conserver.  L'animal a toujours eu un lien très étroit avec les Mi'kmaq .  C'est l'animal qui offre sa vie au chasseur, non pas le chasseur qui lui prend la vie.  C'est donc pour honorer l'animal que le chasseur utilisera toutes les parties de l'animal, que ce soit la chair ou la peau, les os ou les griffes, etc. 

D'origine autochtone, la chasse «à l’appel» a été adoptée par les non autochtones.  Cette chasse se déroule par temps froid, calme et sans vent. On appelle le mâle en imitant l’appel de la femelle.  Il ne faut pas bouger et attendre qu'un animal se pointe. La chasse «à l'affût» aussi est pratiquée, souvent perché dans un arbre sur un «mirador» pour ne pas que l'animal sente la présence du chasseur.  La «chasse à l'approche» demande une bonne connaissance de l'animal.  On utilise cette technique surtout par temps pluvieux, lorsque la terre et les feuilles mouillées absorbent le bruit.  

L'anguille était et est encore un met très apprécié des Mi'kmaq. 
La peau de l'anguille servait aussi comme bandage, pour enlever la douleur, soulager les crampes, rhumatisme, maux de tête et les blessures.


Aligew / Les vêtements

Les vêtements étaient de peaux de mammifères fumées et tannées à l'aide de cervelles d'animaux et de foies et graisses d'oiseaux, étirées et bien travaillées. Le fil pour les coudre était de fins filaments de tendons anim
aux, d'oiseaux et de poissons.  Leurs vêtements étaient décorés de motifs géométriques et de silhouettes d'oiseaux, de bêtes, et d'hommes.

La peau de l'anguille était couramment utilisée.  Très résistante et durable la peau séchée de l'anguille était utilisée dans la fabrication des traîneaux, mocassins, vêtements, pour attacher la chevelure, pour attacher le harpon au bâton, etc.

Les Mi’kmaq teignaient leurs vêtements en utilisant des recettes simples.  Le noir était obtenu en faisant bouillir dans l’eau salée le bois noirci d’un vieux tronc.  Le rouge était obtenu en faisant bouillir l’écorce de buisson de marais pour en obtenir le «maldewiadjkal».  Le jaune était obtenu en faisant bouillir des racines jaunes contenant le «wisankweskal».  Le brun était obtenu en faisant bouillir la mousse cueillie dans les crevasses de l’écorce d’un érable.  Le vert était obtenu en faisant bouillir le panache d’un orignal, une fois ramollie il était écrasé et bouilli à nouveau.

C'est après l'arrivé des Français que les Mi'kmaq ont commencé à utiliser le tissu.

Les chaussures que portaient les Autochtones d'ici étaient beaucoup plus confortables et surtout plus étanches que les chaussures des Européens qui étaient plus rigides et moisissaient plus facilement.


Wampum  / La ceinture ornementale

Le mot «wampum» est un mot raccourci dérivé du mot algonquin «Wampumpeag».  Le mot «wampum» est utilisé depuis l'arrivée des premiers colons européens.  À la base, le «wampumpeag» désignait une bille, mais par extension, la signification a été étendue aux colliers, aux ceintures et aux autres objets réalisés avec des «wampum».  Les Premières Nations du Nord-Est, n'ayant pas de système d'écriture, recouraient au «wampum» et y incorporaient une symbolique.  Le «wampum» avait une valeur considérable pour les autochtones de l'Est du Canada.  Comme ornements et comme objets de cérémonie il était porté en collier ou en ceinture, un objet sacré signifiant événement important, validant un contrat, un mariage.  Il était utilisé pour expier un meurtre ou verser une rançon pour des captifs.  Les «wampum» servaient de mémoire collective et le savoir faisait partie de la tradition orale qui se transmettait de génération en génération. Règle générale, plus une Nation avait de «wampum», plus elle avait un passé riche.

Les coquillages faisaient l'objet d'activités commerciales entre les nations. Ils passaient de main en main et pouvaient ainsi se retrouver jusqu'au centre du continent nord-américain.  Certaines parties des coquillages, telles les sections nacrées avec des reflets bleus ou violets, étaient très convoitées pour la fabrication des «wampum».  Une fois polies, les billes étaient enfilées sur des nerfs d'animaux, sur de fines lanières de cuir de chevreuil ou de filaments végétaux, de façon à ce que l'agencement des billes et des couleurs et la superposition des lanières composent un ensemble de symboles faisant référence à un événement ou à un personnage.  Il était constitué de perles enfilées sur des filaments végétaux ou animaux provenant du polissage de coquillages du Nord-Est de l’Amérique du Nord.


Les dessins symbolisaient les quatre points cardinaux, un fleuve, une rivière, une montagne, une arme, le soleil, une Nation, un bateau, un animal ou des concepts représentés par des animaux.  Le fond blanc symbolisait la pureté, les trois rangés de perles blanches entre les deux rangs violets, l'amitié, la paix et le respect.  Le «wampum» à deux rangs parallèles violets sur fond blanc, symbolisait-il la coexistence pacifique de deux peuples des Premières Nations, et par la suite entre les Premières Nations et les Européens, chacun avec ses propres coutumes.  Lorsque porté par le messager, dans un sens le dessin en forme de pipe symbolisait le calumet de paix, porté dans l’autre sens il symbolisait la hache de guerre.

L'utilisation des coquillages a rapidement fait place aux billes de verre coloré.  L’histoire nous informe que Jacques Cartier, dans ses récits de voyages (1534, 1535 et 1541), mentionne qu'il a donné des chapelets de verre en cadeau aux Amérindiens qu’il a rencontré.  Les puissances européennes ne voulant pas investir dans l'aventure nord-américaine au départ, ces perles ont peu à peu revêtu le rôle de monnaie.  À une certaine époque, les perles de verre étaient devenues la monnaie de référence dans la traite des fourrures et dans le troc entre les Nations.  Les marchands européens acquéraient d'impressionnantes quantités de fourrures en échange de billes de verre coloré.


Les ceintures de «wampum» à deux rangs ont servi de base à tous les traités et accords conclus avec les Européens, d'abord, puis avec les Américains. 
Avant la Confédération Canadienne de 1867, certains groupes autochtones indiquaient leur acceptation de certains Traités en remettant une ceinture «wampum» aux représentants de la Couronne.  Ce «wampum» précisait les règles de comportement des deux peuples et était le gage qu'aucun des deux groupes n'imposerait ses lois, ses traditions, ses coutumes ni sa langue à l'autre, mais qu'ils coexisteraient en paix.  Des Traités signés validaient «légalement» l’entente, le représentant de la Nation Autochtone signant du symbole représentant sa Nation.  Ces Traités ont toujours force de loi aujourd'hui.


A'sutmaqan / Les croyances religieuses

Les Mi'kmaq croyaient en un être tout-puissant, le Créateur «Nisgam» régnant sur la terre et chez les Mi'maq et  commandant le destin de toute chose, surnaturel et invisible, commandant le soleil, la lune et les cieux.  Ils croyaient qu'il avait placé le soleil, la terre, la lune, les étoiles, le tonnerre, et d'autres phénomènes physiques comme médiateurs afin de communiquer avec ses créatures . De ces derniers, le soleil et la lune étaient considérés en tant que plus puissant.

Les Mi’kmaq croyaient en un être suprême, Klouskap (Kluskap) mais aussi aux mauvais esprits dont certains pouvaient emprunter une forme humaine. Selon la croyance Kluskap aurait préparé la terre que devaient occuper ses peuples. Il aurait ensuite décoché des flèches sur des bouleaux et des frênes, d'où hommes et femmes seraient sortis pour occuper la place qui leur revenait parmi les arbres et les cours d'eaux, les animaux et les plantes ainsi que la multitude d'êtres peuplant ces lieux.  C'est Klouskap, esprit protecteur de la vie, qui aurait créé la muraille d'eau pour protéger les peuples habitant l'Île de la Grande Tortue contre d'éventuels assaillants venant de l'est.  Ce personnage qui habitait autrefois les Maritimes et qui vit maintenant au loin est doté de pouvoirs énormes.  

Nisgam est le soleil qui circule et doit son existence à Isoolg.  Nisgam donne la vie, la lumière et la chaleur.  Le peuple Mi'kmaq croit que Nisgam est responsable de la création des être humains sur terre.  Nisgam seconde Gisoolg. Les Mi'kmaq et autres autochtones ont un grand respect envers Nisgam et ses pouvoirs. Nisgam doit son existence à Gisoolg le grand Esprit Créateur.


Ootsitgamoo a été créé par Gisoolg et a été place au centre du parcours circulaire de Nisgam, le soleil. Ootsitgamoo est la terre ou la région de la terre sur laquelle les Mi’kmaq circulent et partagent ses abondantes ressources avec les animaux et les plantes.  Nisgam a reçu la responsabilité de voir au bien être du monde des Mi'kmaq sur Ootsitgamoo.  Nisgam fait briller la lumière au-dessus de Oositgamoo tout au long de la journée alors qu’il parcours le jour.

Klouskap a été le premier à prendre forme à partir des mêmes éléments qui ont servi à créer le monde du peuple Mi’kmaq.  D’une éclair Gisoolg a créé les animaux, oiseaux et plantes et ensuite le peuple  Mi’kmaq. À partir du sable l’éclair forma l’image d’un être humain.

Les Mi'kmaq croyaient à d'autres êtres mythiques.  Ils croyaient en Ni'kmwesu, un esprit de la race des
«Apje'ji'jg L'nu» (petits êtres) qui avait le pouvoir de transporter une personne à un autre endroit et à un autre moment.  Ils croyaient aussi à Kullo (l'oiseau-esprit) et à Jipijka'maq (le grand serpent cornu) qui avait le pouvoir de se transformer en serpent pour circuler sous la terre.  L'anguille était considérée comme un être sacré, égal en importance à leur propre personnes.

Les Mi'kmaq croyaient que t
outes les choses vivantes avait une âme, non seulement les humains.  Tous les humains sont faits de trois éléments de base le corps physique, (mtinin) l'âme-vie, (mimajuo'qon ou vie) l'âme-libre, se composée de la vie (mijijaqamij) et les morts (skite'kmuj).  L'âme-vie implique l'activité du coeur, respiration, circulation du sang, cerveau et les fonctions de moteur.  l'âme-libre existe indépendamment du corps, et formé l'image ombragée foncée de l'homme lui-même.  L'âme libre des morts (skite'kmuj) pourrait voyager à la terre des morts, mais peut également rester sur terre pour hanter la vie.  Wa'so'q était l'endroit où les âmes des humains et des animaux ont vécu en harmonie, là où il n'y avait aucune famine.

Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à «l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait comme auparavant. Une telle personne aurait de grandes puissances spirituelles.  Les Mi'kmaq croyaient que la réincarnation pouvait avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie» revenaient aux restes des corps (les os). Ils ont donc associé les os à certains tabous.  Orignaux, castor, caribou, os d'ours et de martre étaient traités avec le respect, et ne pouvaient être brûlé ou donné aux chiens.  «Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une terre sanctifiée».  

Les Mi'kmaq croyaient que ces animaux avaient la capacité de communiquer leur bon ou mauvais traitements à d'autres âmes animales dans Wa'soq.  Un orignal réincarné saurait si ses restes avaient été maltraités dans sa vie antérieure, et ne s'offrirait plus aux chasseurs Mi'kmaq. Ce qui aurait pu avoir comme conséquence une pénurie de nourriture pour les  Mi'kmaq.

Les Mi'kmaq croyaient que la route au ciel était la voie lactée (skit'kmuju'awti), la route de l'esprit.

Les Mi'kmaq croyaient à une certaine forme de vie après la mort.  Lorsqu'un membre du groupe mourrait,  on frappait sur les murs de son wikuom jusqu'à ce que l'esprit sorte.  Les villages voisins étaient avisés de la mort de la personne.  On brûlait la demeure de la personne morte.   Un festin suivait les quelques jours de deuil.  La famille du défun devait peindre leur visage en noir et porter le deuil pendant près d'un an.

Les Mikmaq croyaient que les âmes pourraient chasser, se régaler, chantez, et danser dans la vie après la mort. Ils ne croyaient aucunement à un endroit de punition éternelle.  Puisque d'autres énergies spirituelles existaient dans les objets animés et inanimés, il était important de montrer le respect à toute vie et toute chose vivante sur terre.  Le Mi'kmaq ne considéraient pas leur vie supérieurs à d'autre vie, puisqu'ils croyaient que les humains et les animaux étaient également créés.

Les Mi'kmaq croyaient que certains animaux avaient été placés sur terre pour la survie pour des humains.  Des prières étaient récitées avant de tuer un animal pendant une chasse.  En raison de la croyance de la spiritualité chez les animaux, les os des animaux morts étaient traités avec un grand respect. On donnait aux animaux de compagnie, comme des chiens, certaine viande des animaux, mais jamais on ne donnait les os. C'était une marque de respect pour l'animal qui avait offert sa vie au chasseur. Les os étaient utilisés ou enterrés.

Certains individus au sein de la communauté étaient considérés comme possédant des pouvoirs extraordinaires, pouvoirs de prévoir des événements ou d'interpréter des rêves. Les Mi'kmaq les identifiaient sous le nom de shaman.  Les Mi'kmaq croyaient qu'il y avait de bons et de mauvais esprits, et le shaman avait la puissance de les inviter et d'intervenir auprès d'eux.  Membertou était censé posséder des puissances extraordinaires.

La survie de l'enfant existant était la priorité.  Une femme Mi'kmaw qui devenait enceinte alors qu'elle soignait un enfant en bas âge pouvait terminer une grossesse inattendue.

Des prières spécifiques étaient récitées en différentes occasions.  Ces prières prenaient la forme de danses et chansons.  «Le chant est le souffle de l'esprit qui consacre l'acte d'exister».  Ils y avait des prières pour marquer les changements de saisons, des prières pour une chasse réussie, des prières pour le rétablissement d'une personne malade, des prières pour la paix et le bonheur d'une âme après la mort.

«Avant de parler de choses sacrées, nous nous préparons nous-même par des offrandes.  L'un de nous remplira son calumet et le tendra à l'autre qui l'allumera et l'offrira au ciel et à la terre.  Ils fumeront ensemble.  Alors ils seront prêts à parler.»

Le jeûne était un aspect important de spiritualité de Mi'kmaq.  De jeunes hommes qui se préparaient à leur première chasse étaient encouragés à jeûner jusqu'à trois jours. Ce jeûne devait les aider à se préparer physiquement et mentalement à une chasse réussie.

Les Mi'kmaq vivaient en communion avec la nature. Pour eux, il y avait des esprits dans les arbres, des esprits dans les plantes, des esprits dans les fleurs.  Des liens sacrés que la tradition a su conserver jusqu'à aujourd'hui.

Selon les croyances Mi'kmaq, l’humanité est l’élément ayant le moins de pouvoir et le moins d’importance de toute la création. Conséquemment, l’homme ne peut faire passer ses intérêts avant ceux des autres créatures de la Terre. Cette vision du monde a dicté les coutumes, les pensées et les comportements des divers peuples autochtones dont celui de la nation Mi'kmaq avant la colonisation européenne. Ces règles ont été enseignées d’une génération à l’autre, permettant aux Autochtones de maintenir une conduite sociable acceptable.

Selon la croyance Mi'kmaq, un bon gouvernement était perçu comme une «entente spirituelle», l’égalité était une ordonnance divine et le bon ordre qui engendrait l’harmonie provenait d’une source et amenait une sanction toutes deux transcendantes de l’individu et de la nation. C’était l’œuvre du Créateur.


Chez le peuple Mi’kmaq le chiffre sept avait une signification importante.   Il y avait (et encore aujourd’hui) sept territoires.  La médecine la plus efficace était faite (et encore aujourd’hui) a partir de racines provenant de sept plantes différentes.   Sept hommes représentant les sept territoires et Conseils s’assoyaient dans la tante sacrée pour y fumer la pipe et brûler les herbes.   Ils lançaient de l’eau sur sept, quatorze ou vingt et une pierres (
guntew) chaudes (epteg) pour produire de la vapeur (etligp'taq) dans le but de se purifier.  C’était une nouvelle naissance.  Les hommes remerciaient le Créateur, le soleil et la terre.  Ils remerciaient la première famille, Kluskap, Nogami, Netaoansom, et Neganagonimgoosisgo. 

Au commencement, le Créateur (Kisulk) donna la vie aux Mi'kmaq et le droit à la liberté (le droit à l'autodétermination).   Les Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur notre Mère la Terre
et profiter des cadeaux de ses eaux et territoires.  En échange les  Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre Mère la Terre.   C'était une obligation divine léguée aux peule Mi'kmaq.   Kisulk nous a donné ce droit et cette responsabilité et aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.


Wenujuadakun
  / L'influence Française

Un des premiers buts de la colonisation française en Amérique du nord demeurait l'évangélisation des Amérindiens. Dès 1611, les Jésuites arrivèrent en Acadie, suivis par les Récollets (1615), les Capucins (1632), les Ursulines (1639), les Sulpiciens (1657) et les Hospitalières de Saint-Joseph (1659). Dès 1632, les Jésuites concentrèrent leur action sur l'évangélisation de la Huronie mais les conversions se révélèrent peu nombreuses.
( http://www.tu-dresden.de/sulcifra/quebec/geschqu/n_france.htm  )

En 1624 le père Joseph Le Caron dit ceci des Autochtones:  «... il faut esperer qu'à mesure que la Colonie se peuplera, nous humaniserons les Barbares; ce qui est premièrement necessaire, leur esprit s'ouvrira & le bon sens dont ils ont le fond: on les policera par les loir & les manieres de vivre à la Françoise, afin de les rendre capables d'entendre raison sur des Mystères si élevez. Car tout ce qui regarde la vie humaine et civile, sont des Mysteres pour nos Barbares dans l'état present, & it faudra plus de dépense & plus de travaux pour les rendre hommes qu'il n'en a fallu pour faire Chrestiens des Peuples entiers.»


Les Mi’kmaq ont été les premiers en Amérique du Nord à être «évangélisé». Mais les missionnaires eurent quelques difficultés. Pour les Mi’kmaq il ne pouvait exister un Dieu mâle s'il n'était pas accompagné d'un équivalant féminin ayant une puissance quelconque comme celui de Nogami, la Mère de l'être Suprême et grand-mère de Glousgap. Les missionnaires n'ont donc eu aucune difficulté à intégrer le culte à Sainte Anne chez les autochtones de l'est du Canada actuel. Ste-Anne est d'ailleurs encore fêtée par toutes les Nations de l'est. Mais est-ce Nogami ou Ste-Anne?


Certaines croyances et coutumes étaient similaires à celle de
plusieurs autres
croyances religions dans le monde...

- Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à «l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait comme auparavant.
- Toutes les choses vivantes ont une âme, non seulement les humains. Tous les humains sont faits de trois éléments de base le corps physique (mtinin), l'âme-vie (mimajuo'qon), l'âme-libre (mijijaqamij).
- La réincarnation peut avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie» revient aux restes des corps (les os).
- Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une terre sanctifiée.


La tradition a su conserver (surtout chez les gens plus âgés) certaines croyances malgré l’opposition de l’Église…

La création :
Au commencement, le Créateur donna la vie aux Mi'kmaq et le droit à la liberté (le droit à l'autodétermination). Les Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur notre Mère la Terre et profiter des cadeaux de ses eaux et territoires. En échange les Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre Mère la Terre. C'était une obligation divine léguée aux peule Mi'kmaq. Le Créateur nous a donné ce droit et cette responsabilité et aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.

Le lien avec la nature :
Puisque d'autres énergies spirituelles existent dans les objets animés et inanimés, il est important de montrer le respect à toute vie et toute chose vivante sur terre. Il y a des esprits dans les animaux, dans les arbres, dans les plantes, dans les fleurs. La vie des humains n’est pas considérée supérieure à d'autre vie, puisqu'ils les humains et les animaux ont été créés égaux. Certains animaux ont été placés sur terre pour la survie des humains. Encore aujourd’hui des prières sont récitées avant de tuer un animal pendant une chasse. En raison de la croyance de la spiritualité chez les animaux, les os sont traités avec un grand respect. Par respect pour l'animal qui a offert sa vie au chasseur, les os sont utilisés ou enterrés. Aujourd’hui on les utilise surtout pour faire des ornements et bijoux.


Au contact des Européens les Mi'kmaq avaient contracté des maladies pour lesquelles ils n'avaient aucune défense naturelle.   «Évangélisés» par les missionnaires certains croyaient qu'en acceptant d'être baptisé et en portant des vêtements de tissus pour prouver qu'ils étaient baptisés ils allaient ainsi protéger leurs descendance de ces maladies.  Mais ils n'avaient pas réalisé qu'ils allaient devenir encore plus malade en s'approchant des Européens.  Plusieurs moururent.

En 1607, Henri IV permettait à Jean de Biencourt de Poutrincourt de maintenir son entreprise de colonisation en Acadie, mais à la condition d’y conduire quelques Jésuites pour l’évangélisation des Autochtones. Ne souhaitant pas la présence des Jésuites mais désirant conserver la faveur royale il n’emmenait avec lui qu’un seul prêtre, l’abbé Jesse Fléché (surnommé le Patriarche par les autochtones).  Au début de juin 1610, moins d’un mois après son arrivée, il s’empressa de baptiser le chef Mi’kmaq Membertou ainsi que 20 membres de sa famille.  Le père Jesse Fléché ignorant la langue Mi’kmaq, c’est Charles de Biencourt, le fils de Poutrincourt, qui, à la demande de son père, se chargeait de catéchiser les Mi'kmaq.

Plus d’une centaine de Mi’kmaq furent ainsi baptisés en 1610 et 1611. À l’arrivée des Jésuites Biard et Massé en 1611 les autochtones baptisés ignoraient encore jusqu’au premier mot des préceptes de la religion.  L’évangélisation était à reprendre. Les Jésuites firent leur profit de cette expérience, ne baptisant désormais les adultes qu’après une longue probation.


Depuis le baptême du grand chef Membertou par le père Jesse Fleche à Port-Royal en 1610, les Micmacs entretiennent une relation particulière avec l'Église Catholique. Cette relation a été définie dans un concordat, ou traité, conclu entre le Grand conseil et le pape. Les Micmacs ont alors accepté de protéger les prêtres et les colons catholiques français.  En retour, l'Église catholique a accordé certains pouvoirs religieux à la Nation micmaque. Puisque l'Église concluait ce genre d'entente uniquement avec des gouvernements nationaux, le concordat confirmait la souveraineté des Micmacs. Le catholicisme est donc devenu la religion de la Nation micmaque. 
(Paragraphe tiré de http://www.gnb.ca )

Un concordat était signé au Vatican en 1610.  Ce document par mis les mieux cachés de tous les temps affirmait le droit aux Mi'kmaq de choisir le catholicisme, la tradition spirituelle Mi'kmaq ou tous les deux. 
Les Autochtones étaient baptisés selon des appellations amérindiennes, bien que des prénoms européens vinrent remplacer graduellement les noms amérindiens.  Pourtant ce n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permettait que des éléments autochtones entre dans les églises.  Jusqu'à ce moment seul le poisson avait sa place dans les églises, le clergé ne semblant pas savoir ce que symbolisait celui-ci.  C'est aussi depuis ce temps qu'il est possible de donner à l'enfant nouveau né un prénom non chrétien correspondant aux traditions autochtones.  

En 1626 Charles de La Tour et ses hommes doivent suivre les Indiens dans leurs expéditions de chasse pour pouvoir survivre. Plusieurs épousent des Indiennes, dont lui-même. Celui-ci s'était d'ailleurs fait tant aimer des Indiens qu'ils l'avaient nommé comme leur chef suprême


L'arrivée des missionnaires européens, au début du XVIIe siècle, transformera le mode de vie des Mi'kmaq. Dès 1624, ce peuple délaissera progressivement ses valeurs spirituelles et culturelles au profit de la religion et du mode de vie européens.

La plupart des langues autochtones disposent de très peu de matériel publié.  Le fait de traduire et de publier les «écritures saintes» dans ces langues contribue à leur survie de la langue, tout en fournissant une base pour de futurs projets littéraires.  Pendant plus de trente ans, Marion Wilmot, une aînée mi'kmaw, a travaillé à la traduction du Nouveau Testament dans la langue de son peuple. Elle était aidée d’une douzaine d’autres membres de la communauté mi'kmaq, ainsi que par Watson et Marilyn Williams de l’Association Wycliffe pour la traduction de la Bible et aussi par la Société biblique canadienne.  Cette version du Nouveau Testament en mi'kmawi'simk courant a été publiée par la Société biblique canadienne, en avril 1999, pour remplacer la version de 1874.


Gjinisgam gusna Nisgam gusna Elohim gusna Allah na wijei elia'sutman.
Que vous priez le Grand Esprit ou Dieu ou Elohim ou Allah, etc., vous priez le même Être Suprême.  


lnu Saqamaw  -  Sagamo  /  Le Grand Chef

Devenir Chef était une tâche héréditaire.  Le futur Chef devait posséder certains qualités pour être admissible tels le courage, le leadership, la confiance, la supériorité intellectuelle, etc.  Si le plus vieux fils du Chef n'était pas qualifié pour ces fonctions, un autre fils  prenait la relève.  Si le Chef n'avait pas de fils ou qu'ils n'étaient pas qualifiés pour cette fonction, la direction changeait de famille.  

Les
Chefs n'étaient pas une autorité suprême chez les Mi'kmaq, contrairement à  plusieurs autres peuples.  Sa principale fonction était de déléguer les territoires de chasse, aider les anciens et les chefs de familles.  Il décidait également des temps de guerres, mais rarement seul.  Il consultait souvent les Chefs des autres peuples ou tribus extérieures.  Il s'occupait de la répartition des richesses dans son groupe et de ceux qui étaient démunis.  Il était une sorte de guide ou de modèle pour ses semblables.

Le Grand Chef assumait la direction et la protection de la communauté vivant sur le territoire.  L’honneur, et peu davantage, était son meilleur profit.  Les jeunes gens étaient à son service et les hommes mariés lui payaient tribut.  

Le Grand Chef Membertou, baptisé Henri le 18 septembre 1611à Annapolis Royal, N.-É., est certainement le Grand Chef le plus connu de l'histoire Mi'kmaq.  Il exhorta les missionnaires à apprendre la langue mi'kmaq. Il fût le premier Grand Chef Mi'kmaq à à refuser pour lui-même la polygamie, habituelle aux Grands Chefs. 
Cependant, lui et sa famille gardèrent leurs usages païens, au  scandale des Jesuites.

À la fin d’août 1611, Membertou, fût attaqué de dysenterie.  Le 16 septembre, Membertou fit son discours d’adieu, après s’être confessé. Il déclara son désir d’être enterré avec ses ancêtres païens. Le père Biard, Jésuite, s’y opposa, mais lui conféra quand même l’extrême-onction.  Il mourut le dimanche, 18 septembre 1611.  On lui fit, le lundi, des funérailles solennelles.


Puion   -   T'moin  /  Le guérisseur (Medicine man)

Un puion était un homme ou une femme qui avait le pouvoir de communiquer avec le monde occulte.

Il devenait puoin  par son père ou sa mère.  Enseigné par les Anciens son père ou son grand-père, sa mère, sa grand-mère, l'enfant apprenait la tradition à travers l'étude des plantes et de la nature et le respect qu'il devait