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Pow Wow

Míkmawísimk  | E'pit | Ganata tplutaqann | Inuwi't'g A'tugwaqann | Elmimtukumik msut' tan Tasukmiksultijik |
| lnuwi't'g Igtigl | Alasudumakuna' tetpeagawa | NessutmasewulEtloqteg | Gtantegewinu'gEtlitoq |
| Gegina'matimgewei egitmu's'p | Saqamawitt me'go'pjig teluet |


Traduction français/anglais   >>
French to english  translation  >>
Nnug / aqalasie'w  kewonkeese  >>


 

Amgwesewa'juit   /   Premiers occupants

Ta'n wejgwa'tegemgeg Lnu'g tet wigultijig  /  Depuis toujours les Indiens ont vécu ici.
Gi's sa'q ...   /   Il y a longtemps... 


Aucun livre saint connu de nos jours n'a jamais mentionné la possibilité que des peuples pouvaient exister ici, et pourtant...  


Selon les chercheurs James Neel et Douglas Wallace de l'université de Buffalo, N.Y. l'arrivée du groupe initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 22,414 ans et peut être même 29,545 ans.

Selon les chercheurs Sandro Bonallo et Francisco Bolzano l'arrivé du groupe initial d'Autochtone aurait eu lieu il y a 33,000 à 43,000 ans.

La plupart des preuves scientifiques suggèrent que l'apparition des Premières Nations en Amérique du Nord remonte à plus de 20 000 ans. Vers 18 000 ans avant J-C, des groupes de chasseurs nomades provenant de l'Asie pénètrent dans le territoire en passant de la Sibérie à l'Alaska, par le détroit de Béring. À ce moment, le niveau de la mer était très bas, asséchant le détroit qui constitue une plaine d'environ 1 000 kilomètres de largeur, sur laquelle se forment des glaciers, permettant ainsi le passage entre les deux continents. Vers 8 000 ans av. J.-C., ces glaciers reculent, et la voie d'accès est recouverte d'eau. Les Amérindiens se voient ainsi coupés de leur continent d'origine.

Selon la plupart des preuves scientifiques, dans un premier temps, ces chasseurs sont confinés à l'Alaska et au Yukon par d'immenses glaciers. Ce n'est qu'à la fonte de ceux-ci que les autochtones peuvent accéder, vers 13 000 ans av. J.-C., au territoire actuel des Etats-Unis-D’Amérique. Cinq mille ans plus tard, les Amérindiens touchent pour la première fois le territoire du Québec actuel. En même temps, de nouveaux immigrants d'origines asiatiques arrivent dans le nord de l'Amérique. Ce sont les Inuit. Ces nomades, qui vivent de pêche et de chasse, s'établissent dans l'extrême Nord. Certaines communautés inuit atteindront, en 1 500 av. J.-C., les environs de la baie d'Hudson et de la baie d'Ungava au Québec.

Les différentes migrations des peuples autochtones dispersent celles-ci sur le territoire nord-américain. Les populations développent une culture distincte qui est adaptée à l'environnement qu'elles habitent. Les outils et les moyens de transport, comme les traîneaux à chiens, les raquettes et les canots d'écorce, qu'utilisent les Amérindiens diffèrent également d'un endroit à l'autre selon les conditions climatiques ambiantes. 
(Paragraphe tiré de :  http://66.59.132.92/cyberligne/htmfr//htmfr/F-1_1.htm )

L’arrivée de la Nation Mi’kmaq remonterait à 10 600 ans.   Lorsque les Français sont arrivés en Acadie, les territoires des Mi'kmaq s'étendaient de la Gaspésie au Cap-Breton, en passant par le Maine (U.S.A.) et la côte est du Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Comme toutes les autres Nations Autochtones des Amériques, une très grande partie de la population Mi'kmaq sera décimée par les maladies contagieuses attrapées au contact des Européens.

Les sociétés autochtones des «Maritimiens» anciens se composaient de petits groupes familiaux qui se regroupaient en bandes pendant une partie de leur ronde annuelle qui les amenait sur la côte. Les mariages se contractaient vraisemblablement entre membres de bandes voisines entraînant un réseau social étendu de familles reliées par le sang. L'un des caractères les plus frappants des «Maritimiens» anciens est la construction de monticules funéraires complexes. Leurs monticules constituent les plus anciens témoignages à date de constructions monumentales au Canada.
(Paragraphe tiré de http://www.museedelaguerre.ca/archeo/hnpc/npvol05f.html )

Vers l'an 1000 de notre époque les Míkmaq s'unirent en une seule nation pour combattre l'invasion des Kanien'kehá:ka.  Afin de représenter les membres de cette nouvelle union ils créèrent un gouvernement comparable à un gouvernement fédéral qu'ils nommèrent Míkmawey Mawiómi.

La première rencontre avec les Européens n’a pas étonné les Mi’kmaq et n'a pas changé leur façon de voir le monde.  Il existait une légende qui disait que les êtres spirituels connaissaient un continent de l’autre côté de l’océan d’où des personnes aux yeux bleus devaient venir et perturber la vie des Mi’kmaq.  Une légende similaire existait chez les autres Peuples de la même famille linguistique c'est à dire la famille linguistique
Anishinaabemowin
(Les linguistes «non-autochtones» utilisent l'expression «famille linguistique algonquienne»).

Une légende disait qu’une femme avait eu la vision d'une île flottant vers leurs terres. Sur l’île il y avait de grands arbres et des êtres vivants. Cette légende disait que les maqigtulit (grands canoes) se déplaceraient en utilisant d’énormes ailes blanches comme celles d’oiseaux géants. On disait même que les nouveaux venus à la peau claire (wapek) parleraient de divinités inconnues ici, des divinités que même les envahisseurs n'arriveraient pas à décrire de la même façon. Ces nouveaux arrivant détruiraient les Autochtones et les tueraient sans respecter leur honneur. Les Autochtones perdraient leur esprit. Allait ensuite arriver un temps où la Terre Mère deviendrait très malade. Les pluies seraient empoisonnées. Les poissons allaient mourir. Les esprits de chacun retourneraient dans des corps de couleurs différentes, les couleurs de l’arc-en-ciel. Redevenu logiques ces êtres aux couleurs différentes s’uniraient pour redonner la santé à la Terre Mère.

Malgré qu'elle soit légèrement différente d'un Peuple à l'autre, c
’est une légende que l’on retrouve chez Peuples Anishinaabe et ceux de la même famille linguistique dont les Eyou (Cris), les Anishinaabe (Algonquins), les Waban-Aki (Abénaquis), les Wolastoqiyik (Malécites), Innu (Montagnais, ), les Mi’kmaq, les Chippewa (Ojibwe), les Tsitsistas (Cheyenne), etc.

Au lieu de croire à la légende. les Mi'kmaq ont salué les nouveaux venus, commercé avec eux, et peu à peu incorporer les nouvelles technologies à leur propre culture.

On estime qu'à l'arrivée des premiers colons européens, la vallée du St-Laurent et la région des Grands-Lacs comptent environ 60 000 habitants. C'est principalement avec les Nations Anishinaabemowin et Haudenausaunee que les arrivants français sont entrés en contact.  À cette époque la langue et le mode de vie distinguent les Nations Anishinaabemowin des Nations Haudenausaunee; les  premiers sont nomades et les seconds, semi-sédentaires.


Paléoindiens
(Texte tiré de http://www.ahcn.ca/Histoire/Baie/Chap1.htm  )
 
L'est du Canada est habité par une population humaine depuis plus de 10 000 ans. Avant l’arrivée des Micmacs, cette région, dans la période paléoindienne de sa préhistoire, était fréquentée par une population appelée Paléo-Indiens par les chercheurs.  La région de Néguac fut sans aucun doute occupée, sinon visitée, par ces hommes et ces femmes de la préhistoire puisque des fouilles archéologiques récentes ont mis à jour de nombreux sites de campements préhistoriques. Quelques-uns de ces sites furent découverts sur les rives des rivières Tracadie, Pokemouche et Tabusintac, ainsi que sur les berges de la lagune de Burnt Church.

La rivière Miramichi et ses tributaires présentaient un réseau fluvial fort apprécié par cette population paléoindienne qui vivait surtout de pêche et de chasse au phoque et autres mammifères marins.  Les fouilles effectuées dans la région de Miramichi démontrent qu’au moins 90 % de leur régime alimentaire reposait sur l’exploitation des ressources marines.

Ces Paléoindiens ont été surnommes les "Red Paint" à cause de nombreux artefacts portant la trace d'ocre rouge trouvés dans les sites de leurs anciens campements. La présence de cette argile, manifeste surtout dans les tombes, laisse supposée que les Paléolndiens pratiquaient des rites funéraires assez élaborés.

 Le village amérindien de Burnt Church, voisin de Néguac, avait la réputation au début du siècle, d'être le plus ancien au Nouveau-Brunswick.  Cependant, des fouilles archéologiques dirigées par David Burley et Patricia Allen aux sites Oxbow et Augustine Mound (tous deux sites historiques nationaux) dans le nord-ouest de la Miramichi attribuent maintenant ce titre au village micmac de Red Bank, réserve amérindienne située à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Newcastle. Ces recherches témoignent d'une occupation continue du territoire depuis plus de 3 000 ans. L'Augustine Mound, élévation ayant un diamètre d'environ onze mètres, demeure toujours un mystère puisque ce genre de tombes ne se retrouve nulle part ailleurs aux Maritimes et s'apparente à la culture Adena de la vallée de l'Ohio. Le conseil de bande de Red Bank veut faire de ces sites un lieu d'interprétation de la culture et de l'histoire des Micmacs.

Le territoire actuel du village de Néguac fut probablement exploité par des familles paléoindiennes en fonction de ses richesses naturelles. Les Micmacs en feront autant.


Ta'n wejgwa'tegemgeg Mi'gmaq tet wigultijig.  Depuis toujours les Mi'kmaq ont vécu ici.

Na nige' ap tlimi, wen wejitoqos Ganata?   -   Maintenant, dites-moi qui a découvert le Canada?


Megwa'jijik  /  Les «Peaux Rouges»

Le Nouveau Monde a été «découvert» par Christophe Colomb en octobre 1492, pensant qu'il avait trouvé les Indes, il baptisa les indigènes qu'il y rencontra des «Indiens», ce surnom qu’il venait de leur donner allait demeurer pour toujours.  Quelques années plus tard, d'autres explorateurs «découvraient» ce qui est aujourd'hui Terre-Neuve, les territoires nordiques du Québec actuel et les Be'othuks qui habitaient ces territoires.

Les Be'othuks ont été les premiers Autochtones des Amériques à entrer en contact avec les Européens, d’abord les explorateurs Vikings, puis les pêcheurs et baleiniers européens.  Ces Peuples Autochtones avaient l’habitude de couvrir leurs corps, et leurs vêtements d’une peinture rouge, c'est de là que nous vient le surnom de «Peaux-rouges», surnom qui lui aussi a été adopté par les Européens…mais pour désigner maladroitement tous Premiers Habitants des Amériques.

Aucun Autochtone ne se couvre de peinture rouge aujourd'hui. Ce surnom n'a plus sa raison d'être depuis fort longtemps.

«Officiellement» le dernier des Be'othuk serait mort à Terre-Neuve en juin 1829.  Cependant, des descendants de ces Be'othuk peuvent très bien y vivrent encore mais assimilés à d'autres Peuples.  Vivant entre autre de pêche ils ont du se glisser vers les autres côtes lorsqu’ils ont été chassés par les Européens.  Il est certain que les nouveaux arrivants n’occupaient pas la partie nord de Terre-Neuve à cette époque.  Les Be'othuk ayant connu une quasi-extinction par les maladies, ses survivants se sont sûrement joints ou mariés à des membres de d’autres Nations.  On peut aussi dire que les Be'othuk ont pu adopter des mots de d’autres Nations comme beaucoup d’autres langues autochtones ont pu le faire, ce qui expliquerait le dialecte très différent des "Mi'kmaq" habitant cette région aujourd'hui.  Chose certaine, l’entente était très bonne entre ces Peuples voisins puisqu’il est archéologiquement prouvé que les Mi’kmaq et les Wolastoqiyik (Malécites) étendaient leurs territoires de pêche jusqu'au côtes du Labrador.


Peut-être verrons-nous un jour une Nation s’affirmer Be'othuk.


Jacques Cartier décrivait les Be'othuks en ces mots:
« Il y a des gens à ladite terre, qui sont d'assez belle corpulence, mais ils sont farouches et sauvages. Ils ont leurs cheveux liés sur leur tête, à la façon d'une poignée de foin tressé, et un clou passé parmi, ou autre chose; ils y lient des plumes d'oiseaux. Ils se vêtent de peaux de bêtes, tant hommes que femmes; mais les femmes sont plus closes et serrées en leurs dites peaux et ceinturées par la taille. »

(Paragraphe tiré de http://www.medarus.org/NM/NMPersonnages/NM_10_05_Biog_Others/nm_10_05_jacques_cartier.htm )   

Le premier hivers de Cartier:
L'hivers de 1534 a été difficile.  Les hommes de Cartier ont été atteint du scorbut, que les Stadaconéens ont guéri.  Au printemps, Cartier les remercie en enlevant leur chef et certains membres de son groupe.
(Texte tiré de «Une histoire du Québec et du Canada» publié par la commission scolaire Cri en 2002 )

Makumegow' / Territoires
(Texte tiré de http://www1.gnb.ca/0007/Culture/Heritage/VMC/french/defaultf.asp )

Lorsque les premiers explorateurs français et anglais sont arrivés sur notre continent, ils croyaient découvrir un nouveau territoire. Ils ne savaient pas que le « Nouveau Monde » était en réalité très vieux, et que le peuple qui y vivait, les Wabanuwok, était là « de temps immémorial » (depuis presque toujours).

Le « territoire » était un endroit où les animaux et l’esprit des animaux vivaient de manière distincte et indépendante. Les arbres, les pierres et les rivières pouvaient posséder des qualités personnelles et il était donc possible d’établir un lien social avec chacun. Nul ne pouvait posséder ou vendre un droit de la possession exclusive de ces êtres pas plus qu’il ne pouvait vendre ou avoir la propriété de sa propre mère!

« Ma terre ne vous appartient pas par droit ou par conquête, ni par cession ou par achat. » (1721 - 1760)


Les Français qui s'installèrent sur les rives du Saint-Laurent ne délogèrent jamais les populations autochtones. Les Français au Canada, comme dans toute la Nouvelle-France (Acadie, Louisiane et région des Grands Lacs, c'est-à-dire le «Pays des Illinois» et le «Pays des Ohio»), furent plutôt exceptionnels comme Européens dans la façon dont ils s'allièrent avec les Premières Nations.  Contrairement aux Espagnols et aux Portugais qui érigèrent leur empire sur la conquête, la sujétion et la servitude, contrairement aussi aux Américains qui massacrèrent les Autochtones pour s'approprier leurs terres, les Français n'ont jamais agit de cette façon.  Au contraire, ils bénéficièrent de leur collaboration dans la traite des fourrures et, après 1680, reçurent leur appui militaire.

Les Français ne perçurent jamais les Autochtones comme des partenaires égaux.  De leur côté les Indiens ne reconnurent jamais la «souveraineté du roi de France» et conservèrent toujours leur autonomie.


Wantaqo'ti  /  Paix

L’alliance du 27 mai 1603 lie les Français et les Innu qui se liguent contre les Haudenausaunee.

En 1614 les Anishinaabe (Algoumequins / Algonquins), Innu (Montagnais), Mi'kmaq (Micmacs / Souriquois / Etchemins) Waban-Aki (Abénaquis), Wendat (Hurons) et Wolastoqiyik (Malécites) formeront une alliance avec les Français.  En 1624, un traité de paix est signé avec toutes ces Nations et avec les Haudenausaunee (Irinakhoiw / Iroquois).


Mens'g maqamigal  /  Territoires divisés

Avant l'arrivée des envahisseurs européens le territoire Mi'kmaq couvrait celui de Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Écosse et l'île du Cap-Breton, le nord du Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Edward, les Îles-de-la-Madeleine et la péninsule de Gaspé. Les Micmacs partageaient aussi les territoires dees États du New-Hampshire et du Maine avec la Confédération des Waban-Aki.   Ces territoires n'ont cependant jamais été cédés.

Sans l'avis des nations autochtones concernées, le Traité de Versailles de 1783 établissait la frontière entre les États-Unis d'Amérique récemment formés et les colonies britanniques en Amérique du Nord depuis «l'embouchure de la rivière Ste-Croix dans la baie de Fundy» jusqu'au point situé à l'extrême nord-ouest du lac des Bois, puis en direction plein ouest jusqu'au fleuve Mississippi et vers l'aval le long de ce cours d'eau.

Le Traité Jay de 1794, en théorie, n'était pas un traité avec les autochtones, car il avait été signé entre le gouvernement britannique et les États-Unis.  Par contre, il touchait les autochtones du Canada.

Afin de prévenir la guerre avec les États-Unis la Grande-Bretagne négocia une entente de paix consentant à retirer tous les officiers de la Couronne de leurs postes au sud des Grands Lacs.  En retour, les Britanniques ont obtenaient la permission pour les autochtones de traverser librement la frontière Canada-U.S.A.

Le gouvernement U.S.A. considère le traité de Jay comme une entente qui accorde à ceux qui possèdent le statut d’indien le droit de travailler et de vivre librement au-delà de la frontière.  Le gouvernement canadien a toujours contesté ce droit.

Sans l'avis des nations autochtones concernées, e
n 1908, le Canada et les U.S.A signaient un traité prévoyant une démarcation détaillée de la frontière de l'Atlantique au Pacifique sur toute sa longueur.



Maw glu'lg goqwei Lnueiei gepmite'tmg
Nommez les Membres des Premières Nations de façon respectueuse


Gi's sa'q ...   /   Il y a longtemps... 

À l'arrivé des Européens les Mi'kmaq étaient robustes et grands, avaient des traits grossiers, une grosse oassature, le teint foncé, un nez appali 
aux narines plutôt larges, de petits yeux foncés en amande peu distants l'un de l'autre, une épaisse chevelure droite.  Certains portaient 
la barbe comme le bien connu Grand Chef Mawpilu (Membertou) qui vécu de 1510 à 1611. 


Indien, Autochtone, Amérindiens ?

Tout comme les Canadiens préfèrent s'appeler Canadiens, les Français préfèrent s'appeler Français, les Québécois préfèrent s'appeler Québécois, etc., tous préfèrent d'abord et avant tout se désigner par les noms correspondant à ceux de leur Nations.

Les termes «Indien» et «Amérindien» n'ont pas été créé par les Indiens ou les Métis mais plutôt par d'autres.  Le terme «Indien» est cependant accepté par les membres des Premières Nations.  Le terme «Amérindien» l'est aussi.

Au Canada le terme «Autochtone» existe pour désigner dans son ensemble les Indiens, les Métis, les Inuit et les Nunavimmiut au terme de la loi les Indiens inscrits et faisant parti de communautés autochtones.

Suite à l'adoption de la loi en 1920 les Indiens, Métis et
Nunavimmiut sont devenu Canadiens par la force des choses.  Les Indiens, Métis, Inuit et Nunavimmiut ont cependant conserver le statut des Nations auxquelles ils appartiennent.  La même chose s'est produite aux U.S.A. en 1924.  Le but de ces gouvernements était en tout premier lieu d'affirmer la souveraineté de chacun de ces pays sur les territoires du nord.

L'Autochtonie ou les Autochtonies n'existeraient que si les trois Amériques ne formait qu'un seul pays et serait gouverné par ceux à qui appartiennent ces territoires.  Un pays se nommant Autochtonie n'existant pas, le terme «autochtone» n'est donc pas juste mais il est accepté par plusieurs.

Sans être un ou des pays, l'Autochtonie ou les Autochtonies pourraient exister si partout dans le monde les gens s'unissaient pour demander à l'Organisation des  Nations-Unis (ONU) d'adopter ce nom pour le continent englobant les trois Amériques (Amérique du Nord, Amérique Centrale, Amérique du Sud).  Ceci pourrait très bien se faire dans l'esprit de la «Déclaration des droits des Peuples Autochtones» adoptée par la majorité des pays faisant parti de l'Organisation des Nations Unies.
 

Le terme «native» est de plus en plus utilisé en français en Europe alors qu'il ne l'est certainement pas chez les Peuples des Premières Nations sauf chez ceux qui utilisent l'anglais, entre autre lorsqu'ils s'adressent à des non-Indiens ou des touristes.  Rappelons-nous que ce sont aussi les Européens «découvreurs du nouveau monde» qui ont transformé les noms de plusieurs Nations du Canada et des U.S.A. (Peaux Rouges, Sauvages, Huron, Iroquois, Montagnais, Sioux, Esquimaux, etc). Ils ont aussi changé les noms de toutes les régions du continent.

«Premiers Peuples» et «Population Autochtone» et «Autochtones» sont des noms «collectifs» décrivant les premiers habitants du Canada et leurs descendants. 
Le mot «autochtone» sans majuscule est un adjectif.

Une «tribu» est un groupe d’Autochtones qui partagent une langue et une culture.  Bien qu’aux U.S.A. le terme «tribe» soit d’usage fréquent, au Canada seulement certaines régions et certains groupes, comme la tribu Kainahs (Gens-du-Sang) en Alberta, ont choisi de l’utiliser.  Les Kainahs, forment une des trois tribus qui composent la Nation Kainai (Pieds-Noirs).


Il est d'usage d'utiliser la majuscule pour désigner les
Peuples des Premières Nations (Indiens, Métis, Inuit) comme on le fait pour tous les autres peuples.  

L'expression «Premières Nations» a trait à un groupe culturel autochtone.


Lnusigntuatl aq Lnuwi't'g / Nom et prénom autochtone

Le nom que se donnent les Mi’kmaq s’écrit dans notre langue «Mi’kmaq», il s’écrit en français «Micmac», «Micmaque», «Micmacs», Migmaq», «Mi'gmaq» ou «Micmaques» (selon «l'Office Québécois de la Langue Française») et en anglais «Micmacs»…mais pourquoi se laisser imposer un nom qui n'est pas le nôtre.  On dit un ou une «Mi’kmaw», des «Mi’kmaq», une Nation «Mi’kmaq».  Dans notre langue la lettre «C» n'existe pas, pas plus que des lettres inutiles qui ne se prononcent pas comme le «U» dans «micmaque».  Il y a eu sans succès une tentative d'introduire au XIXe siècle le «ch» pour l'une des deux prononciations de la lettre «J».

Avant l'arrivée des Européens chaque enfant avait un nom qui lui était propre.  Il n'existait pas de nom de famille avant «l'évangélisation» par les Jésuites.  Dès l'évangélisation, les baptisés adoptaient des prénoms qui ne correspondaient pas à leur coutumes et qui leur étaient imposés.  Ce n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permet de donner à l'enfant nouveau né un prénom non chrétien correspondant aux traditions autochtones tel que  «Tepgunset», «Segewa't», etc. 


Au début de la colonie les registres des missions de Québec, Montréal, Tadoussac, etc., indiquent ques les Indiens étaient baptisés selon des appellations amérindiennes tout en leur imposant un prénom «chrétien».  Les prénoms européens vinrent remplacer graduellement les prénoms indiens.  L'Église ayant eu la main sur la loi au Québec jusqu'à la Révolution Tranquille des années 70, rares étaient les actes de naissance sur lesquels figuraient des prénoms indiens. 

Un Membre de Premières Nations épousant une personne allochtone portait habituellement un des noms ou le surnom sous lequel ils étaient connus par la famille et les amis.  La plupart du temps les prêtres donnaient à une femme des Premières Nations le prénom de Marie à son baptême.  Le nom de famille (nom de fille) utilisé sur les documents de baptême et de mariage était souvent le nom de la région, de la rivière ou du lac d'où elle venait.

De nombreux Membres des Premières Nations ont été baptisés dans la religion catholique et ont reçu des noms français au baptême.  Ces noms sont souvent utilisés dans les documents et dans autres occasions.


Wenuj / Les Français 
(Texte tiré de http://www.tusket.com/nature-f/mi-kmaq1.html
)

Jacques Cartier est venu sur l'Île de la Grande Tortue y a planter la Croix afin que «soient illuminées les âmes qui gisent dans les ténèbres».

C'est dans le plus profond respect mutuel qu'en Acadie les grandes nations amérindiennes et la France avaient tissé des liens d'amitié, de fraternité et d'entraide inégalés dans tout le continent américain.  La déportation et l'expulsion des Acadiens avec la décimation presque complète des amérindiens ont malheureusement amputé à jamais cette belle relation. Le peuple acadien en garde cependant des vestiges dans son langage, ses liens sanguins, son génotype et sa physionomie. Ce sont en somme quelques unes des caractéristiques marquantes et distinctives de l'héritage acadien. Les amérindiens ont eux aussi des vestiges français-acadiens dans leurs langues, leur génotype et leur physionomie.

Plusieurs Français-Acadiens ont pris refuge chez les amérindiens dès 1607, lorsque Poutricourt abandonnait Port Royal. Il y eu de nombreuses autres occasions par après. Ce fut le cas lorsque la colonie de LaHève fut déménagée à Port Royal peu après l'arrivée de Isaac de Razilly en 1632. Des Français-Acadiens sont restés chez les Mi'kmaqs.

La belle relation française et amérindienne était approuvée et appuyée par la royauté de France. Louis XIII (1601-1643) roi pendant les premiers exploits en Acadie des Latour et d'Aulney déclara que « les amérindiens (chrétiens) de la Nouvelle France » (Canada, Acadie et une bonne partie des États-Unis) « seraient considérés désormais citoyens Français...». L'objectif de cette loi fut d'assurer le respect des amérindiens chez les Français.

Les Mi’kmaq aidèrent les Acadiens à s’adapter à leur nouveau mode de vie. Ils les initièrent à leurs méthodes de pêche et de chasse, leur montrèrent comment fabriquer des vêtements et des canots et isoler leurs maisons contre le froid. Les Acadiens entretenaient d’assez bonnes relations avec les Mi’kmaq.

Encore aujourd'hui, garder le meilleur lit de la maison pour l'invité Mi'kmaq est une tradition acadienne exprimant la gratitude.



Aqalasi’ew  -  Aklasie'w    / Les Anglais

À la suite de leur victoire sur les Français en 1763, les Anglais de la Nouvelle-Angleterre s'installeront en grand nombre dans la région atlantique. Le gouvernement britannique tentera de faire des Mi'kmaq des agriculteurs et ces tentatives de sédentarisation échoueront. Malgré tout, les Mi'kmaq deviendront une main-d'oeuvre bon marché dans les domaines du transport et de la foresterie au détriment de leurs activités traditionnelles, ce qui entrainera des modifications socio-culturelles importantes pour leur nation.


Tli'suti / Le langage

La langue est l’outil principal permettant d’enrichir la culture, de recevoir, de partager et transmettre le savoir de génération. La clé de l’identité  et de la conservation de la culture d’une personne est sa langue ancestrale.
(Déclaration de: L' Assemblée des Premières Nations)

Le «Mi'kmawi'simk» aussi appelé «L'nui'sin»
ou «langue Mi'kmaw» est une langue propre au «nouveau monde» et l'une des plus vivantes de la région nord.  Elle
constitue la langue la plus septentrionale des langues de la «famille linguistique anishinaabe» de l'Est (les linguistes francophones préfèrent «famille linguistique algonquiennes»).  Elle est parlé au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, dans le Main (U.S.A.) mais elle est presque éteinte à Terre-Neuve. Elle est utilisée par plus de 8000 autochtones dans le Maritimes.  Il existe trois dialectes.  Celui parlé au Québec s'appelle Listiguj (Restigouche).  Elle est l’une des langues autochtones les plus vivantes de la région nord.  C'est une langue riche et descriptive.  D’origine millénaire elle existait bien avant que les animaux sauvages du continent n’aient entendu une syllabe de français ou d’anglais.  Cette langue est liée à d'autres langues autochtones importantes du nord et du sud comme le beothuk avec le peuple Beothuk (maintenant disparu) de Terre-Neuve, le Innu (Montagnais), le Wolastoqiyik et aussi avec certains Autochtones du Labrador.  

L'histoire de l'écriture de la langue mi'kmaw remonte au XVIIe siècle alors qu'un type d'hiéroglyphes a été élaboré par le missionnaire catholique Chrétien Le Clercq dans le but de favoriser l'apprentissage des prières et de la doctrine religieuse. Cette écriture, perpétuée par le père Antoine Maillard, est tombée en désuétude par la suite. Entre temps, vers  la fin du XVIIIe siècle, les Mi'kmaq auraient eux-mêmes établi, sur la base de l'alphabet romain, une orthographe quasi phonologique pour écrire leur langue. 
(Paragraphe tiré de http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications/pubb133/B133ch5.html )

Les Mi’kmaq sont de la Confédération Wabanaki qui regroupait les Penobscots, les Passamaquoddy, les Wabanaki 
(Abénaquis) du Maine et les Wolastoqiyik (Malisseet).  Les Mi’kmaq connaissaient les langues de des peuples voisins de la péninsule de Gaspé et de l'ouest des Maritimes qu’ils utilisaient pour communiquer et commercer.  Ils connaissaient aussi un ou plusieurs dialectes Haudenausaunee. 

La «loi de l'assimilation» involontaire canadienne (l'Acte des Sauvages) de 1857 ayant fait son œuvre, on estime que de moins en moins de membres des Premières nations utilisent couramment leur langue.  

Seulement huit Nations parlent encore leur langue au Québec:
Atikamekw, Haudenausaunee, Mi'kmaq, Naskapis, Cris, Innu, Anishinaabe, Waban-Aki, et Inuk. Les langues
Wendat et Wolastoqiyik ont pour ainsi dire disparu. Il y a cependant un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue Wendat. Seulement 40% des Mi'kmaq parlent couramment la langue.

Au Canada 50 langues autochtones sont encore utilisées de nos jours. 47 de celles-ci sont menacées de disparition. 29% des membres des Premières Nations qui ont répondu au questionnaire du recensement de 2006 ont déclaré pouvoir parler une langue autochtone suffisamment bien pour soutenir une conversation.  Dans les réserves, cette proportion s'élève à 51%.  C'est l'inuktitut (appelé inuttut au Ninunatsiavut) qui s'en tire le mieux: 69% des jeunes de 14 ans et moins affirment le parler suffisamment pour pouvoir soutenir une conversation dans cette langue.

Il y a environ 150 langues amérindiennes au Canada et aux Etats-Unis, et quelque 600 à 700 langues en Amérique Centrale et Amérique du Sud. 

Les langues autochtones font partie de la majorité des langues dites de «tradition orale»; ce sont essentiellement des langues parlées. Et si la plupart d'entre elles peuvent maintenant prendre une forme écrite, cette forme d'expression est en fait rarement utilisée. Les documents écrits sont rares, et la capacité de lire et d'écrire ces langues (et la transmission des connaissances nécessaires) n'est souvent utile qu'en milieu scolaire. Les études réalisées pour la Commission ont révélé, par exemple, qu'au Québec, [TRADUCTION] «même si l'enseignement structuré en langue autochtone est de plus en plus répandu et le nombre de spécialistes des langues (professeurs de langue, interprètes, technolinguistes, etc.) va croissant, le recours spontané aux idiomes autochtones dans la vie de tous les jours est plutôt rare. 
(Paragraphe tiré de   http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/si58_f.html )

Dans la pratique, à cause du petit nombre de documents écrits en langue autochtone, il n'existe en général peu de manuel, de livre du maître ou d'autre matériel pédagogique en langue autochtone, outils pourtant indispensables à l'enseignement des langues.


Souriquois

Jacques Cartier et les Français ne sont pas les premiers êtres humains à avoir mis les pieds ici, les Autochtones d’ici avaient colonisé le territoire bien avant eux.  Au début du 16e siècle les Européens, les Basques entre autres, débarquaient sur l’Île de la Grande Tortue (le continent).  Les Basques ont donc eu des contacts importants avec des peuples autochtones, notamment avec les Mi’kmaq, les Be'othuks, les Wolastoqiyik et les Innu.

Ces peuples devaient évidemment trouver un moyen de communiquer pour réaliser ces échanges commerciaux, possiblement le «pidgin», un vocabulaire assez restreint facilitant la communication entre peuples ayant des langues différentes.  Il est donc possible que ces peuples ayant eu des contacts, comme c'est le cas pour les Basques et les Autochtones, aient développé un «pidgin» à base de basque.

Par mis les surnoms donnés aux Mi’kmaq, notons le nom «Souriquois».  Le mot «souriquois» pourrait être un «pidgin basque-amérindien» venant du mot basque «zurikoa».  Ce mot était utilisé par les Autochtones lors de leurs contacts avec les Blancs.  «Souriquois» pourrait vouloir être un dérivé du basque qui signifie «celui du Blanc».

Des sources historiques font état d'autres surnoms désignant les Mi'kmaq, tels que Gaspésiens, Souriquois, Acadiens, Tarrantins (Tarrateen).  Selon Silas Rand les Mi'kmaq utilisaient le nom de Wejebowkwejik au XIX siècle.

Les Mi'kmaq avaient d'autres surnoms:  les Wolastoqiyik les surnommaient «Matueswiskitchinuuk» (Indiens porc-épic), les Beothuk les surnommaient «Shonack« (Mauvais Indiens), les Anglais les surnommaient «Tarrateen», surnom aussi donné aux membres des Nations Waban-Aki de l'est (Nations des loups) et de l'ouest (Sokoki), ce qui semait souvent la confusion.

Les Mi'kmaq ont des ressemblances certaines avec les Wolastoqiyik (Passamaquoddy 
/ Malecite).du Nouveau-Brunswick et les Waban-Aki (Wâbuna'kide) de la Nouvelle-Angleterre parce que leur langue a des caractéristiques communes avec celles des CrisBeothuk.  D'ailleurs, beaucoup croient que les Mi'kmaq  auraient immigré du nord.  Leur langue a des caractéristiques communes avec celles des CrisBeothuk et c'est pourquoi ces derniers les surnommaient «Shonack» qui signifie «mauvais Indiens». 


La Confédération Abénaqui

La confédération Abénaquis était formée de plusieurs Nations:  Kanibesinnoaks (Norridgewock, Patsuikets et Sokoki, Sokouakiaks); Nurhantsuaks (Norridgewock); Pentagoets (Penobscot); Etemankiake (Etchimin / Mi'kmaq); Ouarastegouiaks (Malecite).

Le surnom «Abnaki» était donné sans restriction aux Indiens du «Kennebec» (Québec).  Toutes ces Nations étaient de la même famille linguistique, la principale différence étant entre les «Etchimin» (Mi'kmaq) et les autres Nations du groupe.  Les Etchimin formaient aussi un sous-groupe en sette même Cofédération, qui était composée des Passamaquoddy
(Wolastoqiyiket  / Malecite).  Du point de vue langage les Waban-Aki sont plus près des Anishinabeg (des régions du centre).  Du point de vue croyances, ils sont plus près des Mi'kmaq.



lnui'sitwa'tuet /  Interprète
( Paragraphes tirés de http://www.pch.gc.ca/special/mdc/dacosta/index_f.cfm  )

D'origine africaine, Mathieu Da Costa gagnait sa vie comme navigateur et interprète. Il a vraisemblablement fait de nombreux voyages vers le Nouveau Monde à la fin des années 1500 et au début des années 1600.

Ses services d'interprétation étaient prisés tant par les Français que par les Hollandais afin de les aider à commercer avec les peuples autochtones. Mathieu Da Costa parlait probablement le français, le hollandais, le portugais ainsi que le « pidgin basque ». En fait, ce dialecte était sans doute la langue de commerce la plus utilisée à l'époque avec les peuples autochtones.

La tradition européenne de faire appel à des interprètes de race noire existait déjà depuis plus d'un siècle lorsque Mathieu Da Costa a entrepris ce métier. Cette tradition a vu le jour au cours de voyages au large de la côte africaine et s'est poursuivie au moment où les Européens et les Africains ont franchi les eaux jusqu'aux Amériques. Mathieu Da Costa a probablement pris la mer à maintes occasions. Il a remonté le fleuve Saint-Laurent et a longé la côte du territoire qui forme aujourd'hui les provinces du Canada atlantique. Il a travaillé avec Pierre Dugua de Monts, l'un des fers de lance de la colonisation française dans les régions de l'Est du Canada, et avec Samul de Champlain dans les années 1600. Les compétences d'interprète de Mathieu Da Costa ont contribué à combler le fossé culturel et linguistique qui existait entre les premiers explorateurs français et le peuple Micmac.


Gesmi'sit kespugwaluk / Langue de communication imposée
(Texte tiré de http://www.lagauche.com/Gauche_socialiste/1997-27-01.html )

Jusqu'à la première guerre mondiale, la langue usuelle des peuples autochtones était leur propre langue historique...

La langue de communication avec les Blancs dépendait de deux facteurs: la langue commune des Blancs de la région (surtout des commerçants) et, ce qui importait encore davantage, la langue des missionnaires (français pour les catholiques et anglais pour les protestants).

A partir du début du 20è siècle, Ottawa impose l'usage de l'anglais comme langue d'enseignement sur les réserves. Dans le sud, les pressions économiques s'ajoutent à cette pression d'acculturation générale en faveur de l'anglicisation. Ainsi au Québec, les nations micmaques et kanien'ke tendent à perdre leur langue propre et à devenir anglophones tout en étant entourées de francophones tandis que la majorité des anishnabe emploie l'anglais comme langue seconde. Dans le Grand Nord où les Inuit, les Cris et les Naskapis restent essentiellemnt sous tutelle fédérale jusqu'au milieu des années 1970 et où il n'y a presque pas de francophones, l'anglais domine comme langue seconde.

En général on peut affirmer que les autochtones reconnus comme Indiens "statués" conformément à la Loi fédérale sur les Indiens sont anglophones ou utilisent l'anglais comme langue seconde (Kanien'ke, Cris, Inuit, Micmacs, Naskapis et la majorité des Anishnabe) tandis que ceux et celles qui n'ont pas signé de traité définitif ou n'ont pas de statut sont francophones ou utilisent le français comme langue seconde (Wendat (Hurons), Innut (Montagnais), Attikamekw, Abénakis, Malécites, et Métis et Indiens sans statut (surtout en Abitibi-Témiscamingue).


Wikuom / L'habitation

Des milliers d'années avant l'arrivée des premiers Européens, les peuples des Premières Nations avaient développé de riches traditions de construction.  La forme du bâtiment constitue souvent une métaphore du cosmos et, en tant que telle, est souvent associée à de puissantes valeurs spirituelles qui permettent de définir l'identité culturelle d'un peuple.  Les constructions expriment de façon intégrale les croyances spirituelles et les valeurs culturelles des occupants.

Il y avait fondamentalement deux types de wikuom (wigwams) chez le peuple Mi'kmaq: le plus grand pouvait abriter de 10 à 24 occupants pendant les mois plus chauds; le modèle de forme conique pouvait abriter 10 à 12 personnes et était utilisé l’hiver.  L'écorce de bouleau était utilisée pour couvrir les bâches de leurs wikuom car c'était une matière à la fois étanche et portative. 
Un wikuom est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à déplacer.

On ne frappait pas à la porte (ga'qan / kaagun / ka'qn) lorsque le wikwom était fait d'écorce ou de toile, la porte étant simplement une peau ou une toile.  On faisait appel à la personne à l'intérieur en disant «goe'» (ohé en français), cette personne lui répondait «pisgoa» ou «piskwae» (entre !) [En français on dirait «toc-toc»].

Remarque: Le mot «tipi» ou «tepee» a été répandu grâce aux films de cow boys.  C'est un mot de la nation «Dakota» (Siou *).
*
Le surnom de «Naduesiu» était donné aux «Dakota» par les Anishinaabe (Algonquins), il signifie «petits serpents».  Transformé dans la langue des Européens ce mot est devenu «Siou».  La Nation préfère être nommée «Dakota», «Nakota» ou «Lakota» selon le dialecte.  Ce nom signifie «Alliés».


Ala'latl  /  Le transport

Avant l'arrivée des Européens le gwitn (canoe) était le seul moyen de transport utilisé durant la belle saison. Les villages étaient tous situés près des rivières et des fleuves, il n'y avait donc aucune nécessité de détruire les forêts pour créer des routes. Les Européens ont d'ailleurs vite fait de constater que le gwitn avait l'avantage d'être plus rapide que leurs petites embarcations et beaucoup légers à transporter.

Le taba'gan (toboggan) était utilisé entre autre pour transporter les carcasses d'animaux l'hivers. 


Mijipjewei / La nourriture

Possédant un savoir ancestral complexe et raffiné d’observation et un profond respect de la nature et de l'environnement, les Indiens utilisent des espèces végétales agricoles et médicinales depuis des millénaires.  

Plusieurs plantes étaient utilisées ici bien avant l'arrivée des Européens.  Le tournesol et la courge étaient utilisées par tous.  Les Autochtones utilisaient l’huile de tournesol à la cuisson et à l’assaisonnement.  Ils tressaient les épis de maïs pour les faire sécher et en faire de la farine ou autre aliment. 
L’épi mâle de la quenouille étaient consommée comme un épi de maïs et le cœur blanc de sa tige se mangeait comme légume.  Ils fumaient les viandes pour les conserver longtemps.  La viande séchée était d'ailleurs un petit déjeuner très apprécié des Mi'kmaq.  Cette viande séchée était très utiles lors de longues  randonnées de chasse.  La sève d'érable était déjà utilisée par les Autochtones de l'est bien avant l'arrivée des Européens.  Ils en faisaient une boisson chaude ou l'utilisaient pour faire du sirop et du sucre d'érable.  Ils utilisaient les fines herbes uniquement dans des potions lorsqu'ils étaient malades. Ils enterraient les aliments pour qu’ils se préservent pendant l’hiver.

Les Autochtones utilisaient la farine de quenouille et fabriquaient du pain, le «lu'sknikn».  Le  rhizome de la quenouille donne une farine très blanche et douce.  Le pollen d’un beau jaune foncé fait une farine au goût délicat que les Autochtones incorporaient dans la confection de leur pain.  La pâte pouvait être collée autour d'un bâton et cuite près du feu.  Ce pain pouvait aussi être cuit sur une pierre ou dans un plat de terre cuite et avoir la forme d'un pain plat.  Aujourd'hui, ce pain est souvent appelé «bannique» (du vieux mot anglais «bannuc») car les premiers colons le comparaient à un pain Écossais portant ce nom. 

Une recette autochtone très connue aujourd'hui est le «Pag wadjawessi».  C'est un plat des amérindiens du centre et de l'est du Québec.  Le «Pag wadjawessi» a été adopté et «adapté» par les Québécois du Bas-du-Fleuve et du Saguenay.  Ces adaptations sont ce que les Québécois appellent le «six-pâtes» (ou «tourtière du Lac Saint-Jean») et le «six-pailles».
(Lisez mes propositions de recettes http://www.astrosante.com/RecettesMikmaqEtloqteg.html )


Mi'kmaq
mijipjewei / Nourriture chez les Mi'kmaq 

Les Mi’kmaq étaient semi-nomades se déplaçant entre les villages de pêche d'été près de la côte aux endroits intérieurs pour la chasse d'hiver. Certains cultivaient un peu pendant l'été, mais la majeure partie de leur alimentation estivale se composait toujours des poissons et des fruits de mer. Rien ne se perdait, ils utilisaient toutes les parties des animaux et des oiseaux qu'ils abattaient, leurs os, défenses, dents, griffes, plumes, poils, piquants, fourrure et peau pour fabriquer tout ce dont ils avaient besoin.  Des marmites et des assiettes de terre cuite étaient utilisé. 

Le Mi'kmaq étaient et sont toujours d'excellents navigateurs de la mer et de grands astronomes.  Le cuivre servait parfois à en faire des aiguilles et des hameçons.  Ils se servaient de Skudakumoochooowte (la voie lactée) et des constellations pour se guider le long du littoral.  La chasse se faisait dès l’automne puisqu’il était plus facile dépister les orignaux et les cerfs.  Les Mi’kmaq se déplaçant facilement sur la neige profonde à l’aide de raquettes, traîneaux, et taba’gan.  Ils séchaient et fumaient les viandes et les poissons pour les conserver.  L'animal a toujours eu un lien très étroit avec les Mi'kmaq .  C'est l'animal qui offre sa vie au chasseur, non pas le chasseur qui lui prend la vie.  C'est donc pour honorer l'animal que le chasseur utilisera toutes les parties de l'animal, que ce soit la chair ou la peau, les os ou les griffes, etc. 

D'origine autochtone, la chasse «à l’appel» a été adoptée par les non autochtones.  Cette chasse se déroule par temps froid, calme et sans vent. On appelle le mâle en imitant l’appel de la femelle.  Il ne faut pas bouger et attendre qu'un animal se pointe. La chasse «à l'affût» aussi est pratiquée, souvent perché dans un arbre sur un «mirador» pour ne pas que l'animal sente la présence du chasseur.  La «chasse à l'approche» demande une bonne connaissance de l'animal.  On utilise cette technique surtout par temps pluvieux, lorsque la terre et les feuilles mouillées absorbent le bruit.

L'anguille était et est encore un met très apprécié des Mi'kmaq. 
La peau de l'anguille servait aussi comme bandage, pour enlever la douleur, soulager les crampes, rhumatisme, maux de tête et les blessures.


Aligew  /  Les vêtements

Les vêtements étaient de peaux de mammifères fumées et tannées à l'aide de cervelles d'animaux et de foies et graisses d'oiseaux, étirées et bien travaillées. Le fil pour les coudre était de fins filaments de tendons animaux, d'oiseaux et de poissons.  Leurs vêtements étaient décorés de motifs géométriques et de silhouettes d'oiseaux, de bêtes, et d'hommes.

La peau de l'anguille était couramment utilisée.  Très résistante et durable la peau séchée de l'anguille était utilisée dans la fabrication des traîneaux, mocassins, vêtements, pour attacher la chevelure, pour attacher le harpon au bâton, etc.

Les Mi’kmaq teignaient leurs vêtements en utilisant des recettes simples.  Le noir était obtenu en faisant bouillir dans l’eau salée le bois noirci d’un vieux tronc.  Le rouge était obtenu en faisant bouillir l’écorce de buisson de marais pour en obtenir le «maldewiadjkal».  Le jaune était obtenu en faisant bouillir des racines jaunes contenant le «wisankweskal».  Le brun était obtenu en faisant bouillir la mousse cueillie dans les crevasses de l’écorce d’un érable.  Le vert était obtenu en faisant bouillir le panache d’un orignal, une fois ramollie il était écrasé et bouilli à nouveau.

C'est après l'arrivé des Français que les Mi'kmaq ont commencé à utiliser le tissu.

Les chaussures que portaient les Autochtones d'ici étaient beaucoup plus confortables et surtout plus étanches que les chaussures des Européens qui étaient plus rigides et moisissaient plus facilement.


Wampum  / La ceinture ornementale

Le mot «wampum» est un mot raccourci dérivé du mot algonquin «Wampumpeag».  Le mot «wampum» est utilisé depuis l'arrivée des premiers colons européens.  À la base, le «wampumpeag» désignait une bille, mais par extension, la signification a été étendue aux colliers, aux ceintures et aux autres objets réalisés avec des «wampum».  Les Premières Nations du Nord-Est, n'ayant pas de système d'écriture, recouraient au «wampum» et y incorporaient une symbolique.  Le «wampum» avait une valeur considérable pour les autochtones de l'Est du Canada.  Comme ornements et comme objets de cérémonie il était porté en collier ou en ceinture, un objet sacré signifiant événement important, validant un contrat, un mariage.  Il était utilisé pour expier un meurtre ou verser une rançon pour des captifs.  Les «wampum» servaient de mémoire collective et le savoir faisait partie de la tradition orale qui se transmettait de génération en génération. Règle générale, plus une Nation avait de «wampum», plus elle avait un passé riche.

Les coquillages faisaient l'objet d'activités commerciales entre les nations. Ils passaient de main en main et pouvaient ainsi se retrouver jusqu'au centre du continent nord-américain.  Certaines parties des coquillages, telles les sections nacrées avec des reflets bleus ou violets, étaient très convoitées pour la fabrication des «wampum».  Une fois polies, les billes étaient enfilées sur des nerfs d'animaux, sur de fines lanières de cuir de chevreuil ou de filaments végétaux, de façon à ce que l'agencement des billes et des couleurs et la superposition des lanières composent un ensemble de symboles faisant référence à un événement ou à un personnage.  Il était constitué de perles enfilées sur des filaments végétaux ou animaux provenant du polissage de coquillages du Nord-Est de l’Amérique du Nord.

Les dessins symbolisaient les quatre points cardinaux, un fleuve, une rivière, une montagne, une arme, le soleil, une Nation, un bateau, un animal ou des concepts représentés par des animaux.  Le fond blanc symbolisait la pureté, les trois rangés de perles blanches entre les deux rangs violets, l'amitié, la paix et le respect.  Le «wampum» à deux rangs parallèles violets sur fond blanc, symbolisait-il la coexistence pacifique de deux peuples des Premières Nations, et par la suite entre les Premières Nations et les Européens, chacun avec ses propres coutumes.  Lorsque porté par le messager, dans un sens le dessin en forme de pipe symbolisait le calumet de paix, porté dans l’autre sens il symbolisait la hache de guerre.

L'utilisation des coquillages a rapidement fait place aux billes de verre coloré.  L’histoire nous informe que Jacques Cartier, dans ses récits de voyages (1534, 1535 et 1541), mentionne qu'il a donné des chapelets de verre en cadeau aux Amérindiens qu’il a rencontré.  Les puissances européennes ne voulant pas investir dans l'aventure nord-américaine au départ, ces perles ont peu à peu revêtu le rôle de monnaie.  À une certaine époque, les perles de verre étaient devenues la monnaie de référence dans la traite des fourrures et dans le troc entre les Nations.  Les marchands européens acquéraient d'impressionnantes quantités de fourrures en échange de billes de verre coloré.

Les ceintures de «wampum» à deux rangs ont servi de base à tous les traités et accords conclus avec les Européens, d'abord, puis avec les Américains. 
Avant la Confédération Canadienne de 1867, certains groupes autochtones indiquaient leur acceptation de certains Traités en remettant une ceinture «wampum» aux représentants de la Couronne.  Ce «wampum» précisait les règles de comportement des deux peuples et était le gage qu'aucun des deux groupes n'imposerait ses lois, ses traditions, ses coutumes ni sa langue à l'autre, mais qu'ils coexisteraient en paix.  Des Traités signés validaient «légalement» l’entente, le représentant de la Nation Autochtone signant du symbole représentant sa Nation.  Ces Traités ont toujours force de loi aujourd'hui.


A'sutmaqan / Spiritualité

Les Mi'kmaq croyaient en un être tout-puissant, le Créateur «Nisgam» régnant sur la terre et chez les Mi'maq et  commandant le destin de toute chose, surnaturel et invisible, commandant le soleil, la lune et les cieux.  Ils croyaient qu'il avait placé le soleil, la terre, la lune, les étoiles, le tonnerre, et d'autres phénomènes physiques comme médiateurs afin de communiquer avec ses créatures . De ces derniers, le soleil et la lune étaient considérés en tant que plus puissant.

Les Mi’kmaq croyaient en un être suprême, Klouskap (Kluskap) mais aussi aux mauvais esprits dont certains pouvaient emprunter une forme humaine. Selon la croyance Kluskap aurait préparé la terre que devaient occuper ses peuples. Il aurait ensuite décoché des flèches sur des bouleaux et des frênes, d'où hommes et femmes seraient sortis pour occuper la place qui leur revenait parmi les arbres et les cours d'eaux, les animaux et les plantes ainsi que la multitude d'êtres peuplant ces lieux.  C'est Klouskap, esprit protecteur de la vie, qui aurait créé la muraille d'eau pour protéger les peuples habitant l'Île de la Grande Tortue contre d'éventuels assaillants venant de l'est.  Ce personnage qui habitait autrefois les Maritimes et qui vit maintenant au loin est doté de pouvoirs énormes.  

Nisgam est le soleil qui circule et doit son existence à Isoolg.  Nisgam donne la vie, la lumière et la chaleur.  Le peuple Mi'kmaq croit que Nisgam est responsable de la création des être humains sur terre.  Nisgam seconde Gisoolg. Les Mi'kmaq et autres autochtones ont un grand respect envers Nisgam et ses pouvoirs. Nisgam doit son existence à Gisoolg le grand Esprit Créateur.


Ootsitgamoo a été créé par Gisoolg et a été place au centre du parcours circulaire de Nisgam, le soleil. Ootsitgamoo est la terre ou la région de la terre sur laquelle les Mi’kmaq circulent et partagent ses abondantes ressources avec les animaux et les plantes.  Nisgam a reçu la responsabilité de voir au bien être du monde des Mi'kmaq sur Ootsitgamoo.  Nisgam fait briller la lumière au-dessus de Oositgamoo tout au long de la journée alors qu’il parcours le jour.

Klouskap a été le premier à prendre forme à partir des mêmes éléments qui ont servi à créer le monde du peuple Mi’kmaq.  D’une éclair Gisoolg a créé les animaux, oiseaux et plantes et ensuite le peuple  Mi’kmaq. À partir du sable l’éclair forma l’image d’un être humain.

Les Mi'kmaq croyaient à d'autres êtres mythiques.  Ils croyaient en Ni'kmwesu, un esprit de la race des
«Apje'ji'jg L'nu» (petits êtres) qui avait le pouvoir de transporter une personne à un autre endroit et à un autre moment.  Ils croyaient aussi à Kullo (l'oiseau-esprit) et à Jipijka'maq (le grand serpent cornu) qui avait le pouvoir de se transformer en serpent pour circuler sous la terre.  L'anguille était considérée comme un être sacré, égal en importance à leur propre personnes.

Les Mi'kmaq croyaient que t
outes les choses vivantes avait une âme, non seulement les humains.  Tous les humains sont faits de trois éléments de base le corps physique, (mtinin) l'âme-vie, (mimajuo'qon ou vie) l'âme-libre, se composée de la vie (mijijaqamij) et les morts (skite'kmuj).  L'âme-vie implique l'activité du coeur, respiration, circulation du sang, cerveau et les fonctions de moteur.  l'âme-libre existe indépendamment du corps, et formé l'image ombragée foncée de l'homme lui-même.  L'âme libre des morts (skite'kmuj) pourrait voyager à la terre des morts, mais peut également rester sur terre pour hanter la vie.  Wa'so'q était l'endroit où les âmes des humains et des animaux ont vécu en harmonie, là où il n'y avait aucune famine.

Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à «l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait comme auparavant. Une telle personne aurait de grandes puissances spirituelles.  Les Mi'kmaq croyaient que la réincarnation pouvait avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie» revenaient aux restes des corps (les os). Ils ont donc associé les os à certains tabous.  Orignaux, castor, caribou, os d'ours et de martre étaient traités avec le respect, et ne pouvaient être brûlé ou donné aux chiens.  «Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une terre sanctifiée».  
outes les choses vivantes avait une âme, non seulement les humains.  Tous les humains sont faits de trois éléments de base le corps physique, (mtinin) l'âme-vie, (mimajuo'qon ou vie) l'âme-libre, se composée de la vie (mijijaqamij) et les morts (skite'kmuj).  L'âme-vie implique l'activité du coeur, respiration, circulation du sang, cerveau et les fonctions de moteur.  l'âme-libre existe indépendamment du corps, et formé l'image ombragée foncée de l'homme lui-même.  L'âme libre des morts (skite'kmuj) pourrait voyager à la terre des morts, mais peut également rester sur terre pour hanter la vie.  Wa'so'q était l'endroit où les âmes des humains et des animaux ont vécu en harmonie, là où il n'y avait aucune famine.

Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à «l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait comme auparavant. Une telle personne aurait de grandes puissances spirituelles.  Les Mi'kmaq croyaient que la réincarnation pouvait avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie» revenaient aux restes des corps (les os). Ils ont donc associé les os à certains tabous.  Orignaux, castor, caribou, os d'ours et de martre étaient traités avec le respect, et ne pouvaient être brûlé ou donné aux chiens.  «Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une terre sanctifiée».  

Les Mi'kmaq croyaient que ces animaux avaient la capacité de communiquer leur bon ou mauvais traitements à d'autres âmes animales dans Wa'soq.  Un orignal réincarné saurait si ses restes avaient été maltraités dans sa vie antérieure, et ne s'offrirait plus aux chasseurs Mi'kmaq. Ce qui aurait pu avoir comme conséquence une pénurie de nourriture pour les  Mi'kmaq.

Les Mi'kmaq croyaient que la route au ciel était la voie lactée (skit'kmuju'awti), la route de l'esprit.

Les Mi'kmaq croyaient à une certaine forme de vie après la mort.  Lorsqu'un membre du groupe mourrait,  on frappait sur les murs de son wikuom jusqu'à ce que l'esprit sorte.  Les villages voisins étaient avisés de la mort de la personne.  On brûlait la demeure de la personne morte.   Un festin suivait les quelques jours de deuil.  La famille du défun devait peindre leur visage en noir et porter le deuil pendant près d'un an.


Les Mikmaq croyaient que les âmes pourraient chasser, se régaler, chantez, et danser dans la vie après la mort. Ils ne croyaient aucunement à un endroit de punition éternelle.  Puisque d'autres énergies spirituelles existaient dans les objets animés et inanimés, il était important de montrer le respect à toute vie et toute chose vivante sur terre.  Le Mi'kmaq ne considéraient pas leur vie supérieurs à d'autre vie, puisqu'ils croyaient que les humains et les animaux étaient également créés.

Les Mi'kmaq croyaient que certains animaux avaient été placés sur terre pour la survie pour des humains.  Des prières étaient récitées avant de tuer un animal pendant une chasse.  En raison de la croyance de la spiritualité chez les animaux, les os des animaux morts étaient traités avec un grand respect. On donnait aux animaux de compagnie, comme des chiens, certaine viande des animaux, mais jamais on ne donnait les os. C'était une marque de respect pour l'animal qui avait offert sa vie au chasseur. Les os étaient utilisés ou enterrés.

Certains individus au sein de la communauté étaient considérés comme possédant des pouvoirs extraordinaires, pouvoirs de prévoir des événements ou d'interpréter des rêves. Les Mi'kmaq les identifiaient sous le nom de shaman.  Les Mi'kmaq croyaient qu'il y avait de bons et de mauvais esprits, et le shaman avait la puissance de les inviter et d'intervenir auprès d'eux.  Membertou était censé posséder des puissances extraordinaires.

La survie de l'enfant existant était la priorité.  Une femme Mi'kmaw qui devenait enceinte alors qu'elle soignait un enfant en bas âge pouvait terminer une grossesse inattendue.

Des prières spécifiques étaient récitées en différentes occasions.  Ces prières prenaient la forme de danses et chansons.  «Le chant est le souffle de l'esprit qui consacre l'acte d'exister».  Ils y avait des prières pour marquer les changements de saisons, des prières pour une chasse réussie, des prières pour le rétablissement d'une personne malade, des prières pour la paix et le bonheur d'une âme après la mort.

«Avant de parler de choses sacrées, nous nous préparons nous-même par des offrandes.  L'un de nous remplira son calumet et le tendra à l'autre qui l'allumera et l'offrira au ciel et à la terre.  Ils fumeront ensemble.  Alors ils seront prêts à parler.»

Le jeûne était un aspect important de spiritualité de Mi'kmaq.  De jeunes hommes qui se préparaient à leur première chasse étaient encouragés à jeûner jusqu'à trois jours. Ce jeûne devait les aider à se préparer physiquement et mentalement à une chasse réussie.

Les Mi'kmaq vivaient en communion avec la nature. Pour eux, il y avait des esprits dans les arbres, des esprits dans les plantes, des esprits dans les fleurs.  Des liens sacrés que la tradition a su conserver jusqu'à aujourd'hui.

Selon les croyances Mi'kmaq, l’humanité est l’élément ayant le moins de pouvoir et le moins d’importance de toute la création. Conséquemment, l’homme ne peut faire passer ses intérêts avant ceux des autres créatures de la Terre. Cette vision du monde a dicté les coutumes, les pensées et les comportements des divers peuples autochtones dont celui de la nation Mi'kmaq avant la colonisation européenne. Ces règles ont été enseignées d’une génération à l’autre, permettant aux Autochtones de maintenir une conduite sociable acceptable.

Selon la croyance Mi'kmaq, un bon gouvernement était perçu comme une «entente spirituelle», l’égalité était une ordonnance divine et le bon ordre qui engendrait l’harmonie provenait d’une source et amenait une sanction toutes deux transcendantes de l’individu et de la nation. C’était l’œuvre du Créateur.


Chez le peuple Mi’kmaq le chiffre sept avait une signification importante.   Il y avait (et encore aujourd’hui) sept territoires.  La médecine la plus efficace était faite (et encore aujourd’hui) a partir de racines provenant de sept plantes différentes.   Sept hommes représentant les sept territoires et Conseils s’assoyaient dans la tante sacrée pour y fumer la pipe et brûler les herbes.   Ils lançaient de l’eau sur sept, quatorze ou vingt et une pierres (guntew)
chaudes (epteg) pour produire de la vapeur (etligp'taq) dans le but de se purifier.  C’était une nouvelle naissance.  Les hommes remerciaient le Créateur, le soleil et la terre.  Ils remerciaient la première famille, Kluskap, Nogami, Netaoansom, et Neganagonimgoosisgo. 

Au commencement, le Créateur (Kisulk) donna la vie aux Mi'kmaq et le droit à la liberté (le droit à l'autodétermination).   Les Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur notre Mère la Terre
et profiter des cadeaux de ses eaux et territoires.  En échange les  Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre Mère la Terre.   C'était une obligation divine léguée aux peule Mi'kmaq.   Kisulk nous a donné ce droit et cette responsabilité et aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.


A'sutmaqan / Spiritualité
(Texte tiré de http://www.aboutourland.com )

La spiritualité n’était pas à l’écart de la manière Mi’gmaq de voir le monde. C’était plutôt au cœur de la façon Mi’gmaq de voir le monde et ce sur quoi tout le reste reposait et était entretenu. La spiritualité était la base des enseignements Mi’gmaq, et de la relation avec toute la création.

On croyait que toute vie était faite de corps, d’âme et d’esprits bienveillants qui guidaient les gens vers le bon chemin.

Contrairement aux croyances des colonisateurs, le peuple Mi’gmaq avait une culture complexe et organisée basée sur la spiritualité et la connexion à la terre. Ceci s’exprime non seulement dans notre connaissance traditionnelle, mais aussi dans la littérature historique dont l’objectif était de présenter la culture Mi’gmaq comme étant désorganisée et superstitieuse. 

Lorsque les écrits des Européens sont examinés avec les enseignements Mi’gmaq, ils montrent que la spiritualité était intégrale à la culture Mi’gmaq. La spiritualité définissait les rôles et les responsabilités et montrait l’importance de la vie communautaire et du respect, le respect de la terre, des autres, des ancêtres et de toutes les créatures.

Un partie essentielle du maintient de la paix et de l’harmonie chez les Mi’gmaq se faisait par  les cérémonies. Les cérémonies étaient utilisées non seulement pour enseigner la bonne manière de faire, mais aussi pour guider les interactions au sein des communautés Mi’gmaq et avec les communautés de l’extérieur.

Prenez, par exemple, la cérémonie du calumet. La cérémonie du calumet était pratiquée au début et à la fin des événements importants. On croyait que la cérémonie du calumet mettait les participants dans un bon état positif.

La cérémonie du calumet représentait une invitation à toute la création à voir l’événement. Elle demandait aux esprits qui aident et aux ancêtres de participer et d’offrir conseils.

Parmi les autres cérémonies, on retrouvait l’offre de cadeaux, le jeûne et des cérémonies de levée du soleil. Plusieurs de ces cérémonies enseignaient que toutes les choses ont un esprit, et que toutes les choses sont importantes. Par exemple, la cérémonie était très importante au moment de prendre des médicaments (ou d’autres contributions) de la Terre mère.

Selon la façon Mi’gmaq de voir le monde, on croit que chaque personne vient au monde avec un don unique. Alors, on croit que certaines personnes sont nées avec le don d’un « gros cœur. » Ce don est important, parce qu’il se rapporte à l’apprentissage. On montre aux personnes qui viennent au monde avec ce don d’importants éléments culturels afin qu’ils puissent enseigner aux générations à venir. Aussi, les personnes au « gros cœur » devenaient souvent les leaders des familles et/ou de clans.

Comme vous le voyez, la spiritualité était essentielle et reliée à tous les rôles et responsabilités dans une communauté Mi’gmaq, non seulement dans la vie personnelle d’un être, mais aussi dans toute la communauté. Les cérémonies spirituelles étaient non seulement des outils d’enseignement, mais étaient aussi reliées à toutes les actions et décisions importantes.


Ms't Gisiatl /
La création
(Texte de Stephen Augustine tiré de:  http://www.fourdirectionsteachings.com/fr/transcripts/mikmaq.html#9 )

Dans le récit de la création du peuple micmac, Glooscap fut la première personne créée, la tête couchée dans la direction du soleil levant, les pieds dans la direction du coucher de soleil et les bras en croix, l’un tendu vers le Sud, l’autre le Nord. C’est ainsi que Glooscap fut créé sur la surface de la Terre, son corps pointant dans les quatre directions. Il fut créé à même tous les éléments de la Terre : la poussière et les feuilles, les plantes, la pierre et le bois. Tout fut rassemblé pour créer Glooscap sur la surface de la Terre. Mais tout n’a pas commencé par Glooscap. Il apparut durant les sept étapes de la création, représentées par les sept directions sacrées. La première étape de la création apporta le Donneur de vie. Dans la compréhension micmaque du 
monde, le ciel ou la direction du haut symbolise la première étape de la création.
Grand-Père Soleil est la deuxième étape de la création. Le soleil, ou la direction du centre, symbolise l’être. Notre mère, la Terre est la troisième étape de la création. La direction sous nos pieds la représente. Glooscap couché la tête à l’Est alors qu’il prend forme représente la quatrième étape de la création. À cette direction sont associés l’autorité et les oiseaux. Grand-Mère dans le Sud représente la cinquième étape de la création. Elle symbolise la sagesse et la connaissance, ainsi que la vie animale. Le jeune homme – le Neveu – et l’Ouest représentent la sixième étape de la création. Ils symbolisent la jeunesse, la vision, la force, les poissons et la vie marine. La Mère dans le Nord représente la septième étape de la création. Elle symbolise la compréhension, l’amour et les plantes. Voilà les sept directions sacrées qui représentent les sept étapes de la création.


La première étape de la création – Le Donneur de vie

Le Donneur de vie est la première action. Il est le mystère de la création qui existe tout autour, se présente sous forme de grands cercles et commande notre admiration. Nous l’apercevons dans les fleurs et les feuilles qui sortent au printemps pour s’épanouir sous le soleil, le vent et la pluie de l’été; dans le soleil qui gagne en puissance au fil des jours et l’eau qui se met à fuir; dans les plantes qui perdent leur vitalité à l’automne, meurent et viennent offrir leurs nutriments aux racines et à la terre pour créer de nouveau – la vie donnant la vie. Pris dans leur ensemble pour ne former qu’un, toute cette splendeur, ces cycles de vie et de mort contiennent le mystère de l’existence et font partie des merveilles de la création qui nous entoure.


La deuxième étape de la création – Grand-Père-Soleil

La deuxième étape de la création est le soleil que nous appelons Nisgam, ou grand-père. Grand-Père Soleil nous donne les ombres. Lorsque nous disons « ombre » en micmac, nous faisons référence aux esprits de nos ancêtres. Les ombres que Grand-Père Soleil nous offre sont les esprits de nos ancêtres.


La troisième étape de la création – Notre Mère la Terre

La troisième étape de la création, sous nos pieds, est notre mère, la Terre, que nous foulons et qui contient les esprits de nos ancêtres. Dans notre langue, la terre se nomme Oosgit et le dessus du tambour, s’applique aussi à la terre qui recouvre la surface de la Terre, la matière sur laquelle nous marchons et que nous partageons avec tous les êtres vivants. C’est pourquoi nous appelons notre mère, la Terre. Et quand je dis qu’elle est notre mère, j’utilise le mot Oogitjinoo. Ainsi, lorsque nous parlons du tambour, nous parlons de notre mère, la Terre. Lorsque nous entendons battre le tambour, nous entendons battre le cœur de notre mère, la Terre.


La quatrième étape de la création – Glooscap à l’EST

À la quatrième étape de la création, un éclair frappa la Terre et, sur sa surface, créa une personne à même les éléments – la poussière, les feuilles, les plumes, les os, la pierre et le bois. C’est ainsi qu’à la quatrième étape de la création apparut Glooscap, la tête couchée dans la direction du soleil levant, à l’Est, les pieds dans la direction du coucher de soleil et les bras en croix, l’un tendu vers le Sud, l’autre le Nord. Glooscap fut heureux d’avoir reçu la visite de l’aigle, et le regarda s’éloigner dans le ciel. Lorsqu’il prit son envol, l’oiseau laissa une plume flotter derrière lui dans l’air. Avant qu’elle ne touche le sol, Glooscap l’attrapa et leva les yeux au ciel. La plume d’aigle à la main, il se sentait très puissant. Depuis ce jour, la plume de l’aigle est un symbole de puissance liant notre peuple au Donneur de vie, à Grand-Père Soleil et à notre mère, la Terre.


La cinquième étape de la création  – Grand-Mère

Glooscap se mit à voyager et aperçut une veille femme assise sur une roche. Il s’approcha et lui demanda : « Qui êtes-vous? D’où venez-vous? » La veille femme le regarda et dit : « Tu ne me reconnais pas? Je suis ta grand-mère. Je dois mon existence à cette roche sur le sol. Grand-Mère enseigna donc le feu à Glooscap et sa relation avec notre survie. Ils vécurent ensemble et Grand-Mère lui transmis son savoir. Elle confectionna leurs vêtements et fabriqua leurs outils avec l’animal qu’avait rapporté Glooscap, et lui montra tout ce qu’il devait savoir sur la survie.


La sixième étape de la création - Le Neveu

Glooscap fut heureux que son neveu soit venu sur la Terre partager sa vie et offrir sa force et sa vision -- parce que les jeunes voient au-delà de nous; ils voient l'avenir et nous servent de guide afin que nous puissions partager notre survie avec les générations futures. Ayant compris cela, Glooscap et son neveu retournernèrent auprès de Grand-Mère. Et parce que le neveu devait son existence à l'océan, Glooscap fit appel aux poissons. Nous avons besoin de vous pour survivre. Il s'excusa d'avoir pris la vie et l'ombre des poissons. Et il s'excusa auprès de notre mère, la Terre, d'avoir pris de ses éléments pour assurer sa propre subsistance et celle de Grand-Mère et de son neveu. Grand-Mère prépara un festin de poisson pour célébrer l'arrivée du jeune homme, le neveu de Glooscap. Ils mangèrent et partagèrent leur vie, et Grand-Mère continua à leur apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur le monde et les moyens de survie sur la terre.


La septième étape de la création - La Mère

Un jour, Glooscap était seul près du feu qu'il venait d'alimenter. Une femme apparut et vint s'asseoir à ses côtés. Il la regarda et répondit : «Qui es-tu? Tôt ce matin, j'étais une feuille qui se détacha de son arbre et tomba par terre. La rosée se forma sur la feuille et là, avec l'aide du Donneur de vie, de Grand-Père Soleil et de notre mère, la Terre, je reçus le corps d'une jeune femme. J'apporte les couleurs du monde : le bleu du ciel, le jaune du soleil, le vert de l'herbe, des arbres et des feuilles, le rouge de la terre, le noir de la nuit et le blanc de la neige. Et j'apporte la compréhension et l'amour, pour que mes enfants apprennent à prendre soin les uns des autres, à compter les uns sur les autres et à s'aimer les uns les autres. Glooscap fut heureux qu'elle soit venue lui apprendre comment aimer, comprendre et partager, lui enseigner que nous comptons tous les uns sur les autres pour survivre.


Les origines de la Nation et des Clans Micmacs

Un jour, l’aigle revint rendre visite à Glooscap. Il expliqua à Glooscap que sa Grand-Mère et lui devaient quitter ce monde pour se rendre à l’Ouest et au Nord. Ils devaient traverser dans le monde spirituel et y rester jusqu’à ce que le peuple micmac soit menacé d’extinction et ait besoin de leur aide.

L’aigle dit également à Glooscap que sa mère et son neveu devaient prendre soin du Feu du Grand-Esprit. Il ajouta : « De ce feu jaillira une étincelle qui, en frappant le sol, fera naître une femme. Une autre étincelle jaillira et une autre femme sera créée, et puis une autre, jusqu’à ce qu’il y ait sept femmes. Puis, d’autres étincelles jailliront au fil du temps et sept hommes seront créés. Ensemble, ces sept hommes et sept femmes formeront sept familles. » Le peuple micmac est l’une des sept familles issues des étincelles.

L’aigle expliqua à Glooscap qu’après un certain temps, une fois que les sept familles auront appris les enseignements, ils quitteront la région du grand feu et se disperseront. Le peuple micmac se retrouva dans les Maritimes. Et afin de ne pas oublier la signification et le sens des sept étapes de la création, nous nous sommes séparés en sept clans, ou maouiomis. Pendant des milliers d’années, les chefs traditionnels de ces maouiomis ont conservé le savoir et l’histoire de ces sept territoires, ces sept Chibouktous, ou Feux sacrés.

Rituel Micmac du souvenir de la Création

Donc, une fois sept hivers passés, les sept clans revinrent avec leurs sept feux raviver le feu original, qui représente les quatre premières étapes de la création – pour honorer le Donneur de vie, Grand-Père Soleil, notre mère, la Terre, et Glooscap, et pour se rappeler l’éclair et les étincelles qui leur avaient donné la vie et avaient créé le Feu du Grand-Esprit. Les sept clans placèrent sept pierres dans le feu pour représenter les sept premières étapes de la création, et sept pierres supplémentaires pour les sept familles originales issues de la première étincelle. Ils y placèrent sept autres pierres pour les clans de chacune de ces sept familles. Ensuite, ils rassemblèrent leurs remèdes, leurs plantes médicinales, leurs racines et leurs feuilles, et sept pierres de plus pour représenter les sept grands remèdes que ces familles apportaient. En tout, ils avaient jeté 28 pierres au feu.

Notre suerie est formée de sept jeunes arbres recourbés et sa porte est orientée vers l’Est. Les sept chefs héréditaires pénètrent dans la hutte, le ventre de notre mère, la Terre, et demandent au peuple de couvrir la hutte de sept peaux d’animal. Et les chefs demandent ensuite que soient apportées les sept premières pierres, qui représentent la Grand-Mère. Nous fermons alors la porte puis versons de l’eau sur ces pierres pour nous rappeler comment Grand-Mère fut créée à même la pierre quand la rosée s’y forma et fut chauffée par Grand-Père Soleil – comment elle est née de l’union de la lumière et de la chaleur – le feu et l’eau convergeant sur la pierre. La vapeur purifie nos corps et notre sueur retournerne à notre mère, nous liant à la création, à nos ombres. Les portes s’ouvrent alors et nous chantons nos chants et partageons le calumet et le foin d’odeur. Puis nous demandons une fois, deux fois, trois fois que soient apportées sept autres pierres, et faisons offrande à chacun des points cardinaux et à tout ce qu’ils nous ont donné : les enseignements de la Grand-Mère et des aînés, le neveu et nos mères. Et lorsque la porte s’ouvre, tout le monde fait le tour du cercle et ressort, comme des enfants qui entrent dans le monde.C’est ainsi que nous rendons honneur aux sept étapes de la création et aux sept directions sacrées dans nos cérémonies : celles de la suerie, du foin d’odeur qui honore le neveu, de l’offrande du tabac qui rappelle la création de la Mère à partir d’une feuille et du calumet qui symbolise les enseignements de la Grand-Mère et de la Mère en joignant ensemble la pierre et la plante, le fourneau de pipe en pierre et le tuyau en bois.

La fumée du foin d’odeur et du calumet transporte les mots et les prières de tous ceux que nous invitons dans notre cercle de cérémonie. Nous offrons cette fumée et ces prières aux sept directions. Nous levons les yeux au ciel pour remercier le Donneur de vie de nous avoir donné la vie. Nous nous tournons vers l’intérieur pour remercier Grand-Père Soleil de nous avoir donné notre ombre. Nous nous tournons vers notre mère, la Terre, et la remercions d’avoir donné d’elle-même pour nous créer. Nous nous tournons vers l’Est pour remercier Glooscap de son autorité et pour nous rappeler l’aigle et l’oiseau. Nous nous tournons vers le Sud, vers Grand-Mère, née de la pierre, et nous nous rappelons ses dons de la sagesse et les animaux. Nous nous rappelons le neveu, qui est allé vers l’Ouest – avec en lui le don de la force et le regard des ancêtres tourné vers l’avenir – et apporta le poisson. Nous nous tournons vers le Nord, où la Mère est née de la feuille d’un arbre, symbole des plantes, des couleurs et des enseignements de l’amour et des façons de prendre soin les uns des autres.


Ms't Gisiatl / La création
(Texte tiré de:  http://www.aboutourland.com )

Dans l’histoire de la création, le soleil est créé en premier. Par la suite, nous voyons la description de la naissance de Kluskap. Il est formé de la terre sèche. Un éclair frappe cette terre sèche et elle devient verte. Cette terre verte donne naissance aux animaux, qui à leur tour donnent vie à Kluskap.

Ensuite, le Créateur envoie Nukumi, la grand-mère qui les guide et qui enseigne à Kluskap. Grand-mère a été créée à partir de la pierre et a le don de la connaissance. Sa première leçon est de dire à Kluskap de demander à ses frères et sœurs (les animaux) la permission de les chasser pour survivre.

Le prochain membre de la famille de Kluskap à arriver est son neveu, Netawansum. Netawansum apporte des cadeaux et des enseignements à Kluskap sur le monde sous-marin.

Ensuite est venue la mère de Kluskap, Nikanakanimqusiwsq. Elle a apporté des enseignements sur le cycle de la vie. Elle a aussi apporté l’amour et la couleur au monde. Elle a partagé avec Kluskap des enseignements sur la terre, et des connaissances pour conserver la paix et l’harmonie dans le monde.

Les enseignements de la première famille ont guidé le peuple Mi’gmaq. Des générations de Mi’gmaq ont appris à vivre en harmonie avec le monde qui les entoure. Ils ont appris le respect du monde naturel, à chasser et à pêcher en respectant les animaux. Ils ont appris à cueillir les médecines naturelles, et les cérémonies appropriées.

La connaissance était transmise aux générations par les coutumes, les cérémonies, les histoires, les chansons, les leçons et l’expérience. 


Gwatejg a'sutmaqan  / Spritualité des Haudenausaunee
(Texte tiré de «Religion chez les Iroquois»  http://www.seminaire-sherbrooke.qc.ca/hist/hist4/Enrichi/iroq.htm )

Les Iroquois croyaient qu'avant la création de l'humanité, le monde n'était qu'une vaste mer habitée par des créatures marines et des oiseaux aquatiques. Ils se représentaient le ciel comme un énorme dôme. Des gens habitaient au sommet du dôme. Un arbre, dont les fleurs fournissaient la lumière pour ces gens, y croissait en plein centre. Mais le chef de cette population tomba malade. Les Iroquois croyaient que la maladie était causée par un souhait non réalisé. Les habitants du monde céleste essayaient de deviner le souhait de l'âme de leur chef. Il fut déterminé que le grand Arbre de Lumière devait être déraciné. Cela fut fait, et le chef se coucha à côté du trou ainsi créé et regarda la mer tout en bas. Il appela sa femme à son côté. En fait, il y avait eu un conflit entre eux, et il la soupçonnait d'infidélité. Il la poussa dans le trou, et elle tomba en direction de la mer primitive.

En bas, les animaux aquatiques regardèrent vers le ciel et la virent qui tombait vers eux. Des oies s'envolèrent, aile contre aile, et l'attrapèrent dans sa chute. En dessous, les animaux se demandaient qui aurait la force nécessaire pour soutenir la femme, et il fut décidé de faire appel à la tortue. Les oies déposèrent donc la femme sur le dos de la tortue, tandis que les animaux plongeaient vers le fond pour ramener de la boue et former le sol sur le dos de la tortue. Mais tous remontèrent sans vie à la surface. Cependant, quand on examina les pattes du rat musqué, on y trouva des mottes de terre, que l'on plaça sur le dos de la tortue. Cette boue s'étendit rapidement, jusqu'à atteindre la taille d'un continent.

La Femme du Ciel était enceinte quand son mari l'avait poussée dans le trou, et elle vint à donner naissance à une fille. Celle-ci grandit et devint femme, mais elle ne suivit pas les instructions de sa mère et fut fécondée par le Vent d'Ouest (dans d'autres versions de ce mythe, la grossesse est causée par l'eau ou par un visiteur qui dépose des flèches à côté du lit de la fille). La grossesse fut difficile. La jeune femme se rendit compte qu'elle portait des jumeaux quand elle les entendit se disputer dans son ventre. Un des jumeaux souhaitait naître de la façon normale, mais l'autre trouvait plus simple de sortir par l'aisselle de leur mère. Le premier avait beau dire que cela tuerait leur mère, l'autre était déterminé à naître de cette façon. La femme alla voir sa mère et lui expliqua qu'elle allait mourir en couches et lui donna des instructions pour son enterrement.

Les frères jumeaux sortirent du sein de leur mère de la façon qu'ils avaient prévue, et le plus jeune (qu'on appela Silex ou Mauvais Esprit) tua sa mère en sortant par son côté. Quand la Femme du Ciel les trouva, de même que le corps de sa fille, elle demanda qui l'avait tuée. Le plus jeune des jumeaux pointa en direction de son frère, et la grand-mère jeta celui-ci dans les broussailles. L'aîné (appelé Jeune Arbre ou Bon Esprit) en sortit toutefois indemne et retourna à la maison de sa grand-mère et de son frère, qui formèrent une alliance contre lui.

La mère des jumeaux fut ensevelie selon ses instructions. De son corps poussèrent les trois plantes si importantes dans la vie des Iroquois. La courge sortit de ses pieds, le haricot de ses mains et de ses doigts, le maïs de sa poitrine. Et le tabac, qui a toujours eu une importance religieuse chez les Iroquois, poussa de sa tête.

Les jumeaux devinrent adultes, et chacun s'attela à la tâche de créer le monde tel que nous le connaissons. Le Bon Esprit, que les Iroquois vénèrent également comme le Créateur, fit l'homme et la femme, et toutes les choses qui aident les humains. Le Mauvais Esprit, jaloux de son frère, fit les choses qui nuisent à l'humanité. Chaque frère essaya de contrecarrer le travail de l'autre, mais aucun ne put détruire ce qui avait été créé par l'autre. Les plantes créées pour l'humanité, le Mauvais Esprit les fit plus petites, moins riches et plus difficiles à transformer. Le Bon Esprit réduisit la taille des moustiques, qui étaient des géants capables de tuer, pour en faire les petites créatures qui harcèlent l'humanité d'aujourd'hui.

Il devint évident que les jumeaux auraient à se battre l'un contre l'autre. Chacun demanda à l'autre ce qu'il craignait le plus. Le Bon Esprit mentit et dit que c'étaient les quenouilles; le Mauvais Esprit dit la vérité et avoua que c'était le bois de cerf (le Mauvais Esprit était également appelé Silex, et le bois de cerf est un excellent outil pour fabriquer des outils en pierre). Les deux frères se battirent et, dans leur lutte, soulevèrent des montagnes et creusèrent des vallées. Les quenouilles du Mauvais Esprit s'avérèrent inefficaces, mais son frère lui infligea de bons coups avec ses armes en bois de cerf. Le Mauvais Esprit fut défait et jeté dans une fosse; le Bon Esprit retourna au Monde du Ciel.


Wenujuadakun  / L'influence Française

Un des premiers buts de la colonisation française en Amérique du nord demeurait l'évangélisation des Amérindiens. Dès 1611, les Jésuites arrivèrent en Acadie, suivis par les Récollets (1615), les Capucins (1632), les Ursulines (1639), les Sulpiciens (1657) et les Hospitalières de Saint-Joseph (1659). Dès 1632, les Jésuites concentrèrent leur action sur l'évangélisation de la Huronie mais les conversions se révélèrent peu nombreuses.
( http://www.tu-dresden.de/sulcifra/quebec/geschqu/n_france.htm  )


En 1624 le père Joseph Le Caron dit ceci des Indiens:  «... il faut esperer qu'à mesure que la Colonie se peuplera, nous humaniserons les Barbares; ce qui est premièrement necessaire, leur esprit s'ouvrira & le bon sens dont ils ont le fond: on les policera par les loir & les manieres de vivre à la Françoise, afin de les rendre capables d'entendre raison sur des Mystères si élevez. Car tout ce qui regarde la vie humaine et civile, sont des Mysteres pour nos Barbares dans l'état present, & it faudra plus de dépense & plus de travaux pour les rendre hommes qu'il n'en a fallu pour faire Chrestiens des Peuples entiers.»

Les Mi’kmaq ont été les premiers en Amérique du Nord à être «évangélisé». Mais les missionnaires eurent quelques difficultés. Pour les Mi’kmaq il ne pouvait exister un Dieu mâle s'il n'était pas accompagné d'un équivalant féminin ayant une puissance quelconque comme celui de Nogami, la Mère de l'être Suprême et grand-mère de Glousgap. Les missionnaires n'ont donc eu aucune difficulté à intégrer le culte à Sainte Anne chez les autochtones de l'est du Canada actuel. Ste-Anne est d'ailleurs encore fêtée par toutes les Nations de l'est. Mais est-ce Nogami ou Ste-Anne?

L' imposition de la religion fut cependant une forme de génocide culturel.  On imposa aux Indiens soit la religion catholique, soit la religion protestante. Les obligeant à renier leurs croyances ancestrales et leurs coutumes.  Dans les écoles catholiques ou protestantes on obligea les enfants à être «instruit» selon les concepts religieux des Européens, à porter des vêtements de «civilisés», à avoir les cheveux court.  On leur interdisa de parler leur langue.
Ce n'est que depuis les années 70 que la religion Catholique permet l'utilisation de prénoms autres que chrétiens.



Certaines croyances et coutumes étaient similaires à celle de
plusieurs autres
croyances religions dans le monde...

- Les Mi'kmaq croyaient que si «l'âme-libre» revenait au corps pour unir à «l'âme-vie», la résurrection pourrait se produire et la vie continuerait comme auparavant.
- Toutes les choses vivantes ont une âme, non seulement les humains. Tous les humains sont faits de trois éléments de base le corps physique (mtinin), l'âme-vie (mimajuo'qon), l'âme-libre (mijijaqamij).
- La réincarnation peut avoir lieu lorsque «l'âme-libre» et «l'âme-vie» revient aux restes des corps (les os).
- Les cendres de nos ancêtres sont sacrées et l'emplacement où ils reposent, une terre sanctifiée.


La tradition a su conserver (surtout chez les gens plus âgés) certaines croyances malgré l’opposition de l’Église…

La création :
Au commencement, le Créateur donna la vie aux Mi'kmaq et le droit à la liberté (le droit à l'autodétermination). Les Mi'kmaq ont été destinés à vivre sur notre Mère la Terre et profiter des cadeaux de ses eaux et territoires. En échange les Mi'kmaq ont eu le devoir de protéger et préserver notre Mère la Terre. C'était une obligation divine léguée aux peule Mi'kmaq. Le Créateur nous a donné ce droit et cette responsabilité et aucun gouvernement ne peut nous l'enlever.

Le lien avec la nature :
Puisque d'autres énergies spirituelles existent dans les objets animés et inanimés, il est important de montrer le respect à toute vie et toute chose vivante sur terre. Il y a des esprits dans les animaux, dans les arbres, dans les plantes, dans les fleurs. La vie des humains n’est pas considérée supérieure à d'autre vie, puisqu'ils les humains et les animaux ont été créés égaux. Certains animaux ont été placés sur terre pour la survie des humains. Encore aujourd’hui des prières sont récitées avant de tuer un animal pendant une chasse. En raison de la croyance de la spiritualité chez les animaux, les os sont traités avec un grand respect. Par respect pour l'animal qui a offert sa vie au chasseur, les os sont utilisés ou enterrés. Aujourd’hui on les utilise surtout pour faire des ornements et bijoux.


Au contact des Européens les Mi'kmaq avaient contracté des maladies pour lesquelles ils n'avaient aucune défense naturelle.   «Évangélisés» par les missionnaires certains croyaient qu'en acceptant d'être baptisé et en portant des vêtements de tissus pour prouver qu'ils étaient baptisés ils allaient ainsi protéger leurs descendance de ces maladies.  Mais ils n'avaient pas réalisé qu'ils allaient devenir encore plus malade en s'approchant des Européens.  Plusieurs moururent.

En 1607, Henri IV permettait à Jean de Biencourt de Poutrincourt de maintenir son entreprise de colonisation en Acadie, mais à la condition d’y conduire quelques Jésuites pour l’évangélisation des Autochtones. Ne souhaitant pas la présence des Jésuites mais désirant conserver la faveur royale il n’emmenait avec lui qu’un seul prêtre, l’abbé Jesse Fléché (surnommé le Patriarche par les autochtones).  Au début de juin 1610, moins d’un mois après son arrivée, il s’empressa de baptiser le chef Mi’kmaq Membertou ainsi que 20 membres de sa famille.  Le père Jesse Fléché ignorant la langue Mi’kmaq, c’est Charles de Biencourt, le fils de Poutrincourt, qui, à la demande de son père, se chargeait de catéchiser les Mi'kmaq.

Plus d’une centaine de Mi’kmaq furent ainsi baptisés en 1610 et 1611. À l’arrivée des Jésuites Biard et Massé en 1611 les autochtones baptisés ignoraient encore jusqu’au premier mot des préceptes de la religion.  L’évangélisation était à reprendre. Les Jésuites firent leur profit de cette expérience, ne baptisant désormais les adultes qu’après une longue probation.

Depuis le baptême du grand chef Membertou par le père Jesse Fleche à Port-Royal en 1610, les Micmacs entretiennent une relation particulière avec l'Église Catholique. Cette relation a été définie dans un concordat, ou traité, conclu entre le Grand conseil et le pape. Les Micmacs ont alors accepté de protéger les prêtres et les colons catholiques français.  En retour, l'Église catholique a accordé certains pouvoirs religieux à la Nation micmaque. Puisque l'Église concluait ce genre d'entente uniquement avec des gouvernements nationaux, le concordat confirmait la souveraineté des Micmacs. Le catholicisme est donc devenu la religion de la Nation micmaque.  
(Paragraphe tiré de http://www.gnb.ca )

Un concordat était signé au Vatican en 1610.  Ce document par mis les mieux cachés de tous les temps affirmait le droit aux Mi'kmaq de choisir le catholicisme, la tradition spirituelle Mi'kmaq ou tous les deux.  Les Autochtones étaient baptisés selon des appellations amérindiennes, bien que des prénoms européens vinrent remplacer graduellement les noms amérindiens.  Pourtant ce n'est que vers 1970 que l'Église Catholique permettait que des éléments autochtones entre dans les églises.  Jusqu'à ce moment seul le poisson avait sa place dans les églises, le clergé ne semblant pas savoir ce que symbolisait celui-ci.  C'est aussi depuis ce temps qu'il est possible de donner à l'enfant nouveau né un prénom non chrétien correspondant aux traditions autochtones.  

En 1626 Charles de La Tour et ses hommes doivent suivre les Indiens dans leurs expéditions de chasse pour pouvoir survivre. Plusieurs épousent des Indiennes, dont lui-même. Celui-ci s'était d'ailleurs fait tant aimer des Indiens qu'ils l'avaient nommé comme leur chef suprême


L'arrivée des missionnaires européens, au début du XVIIe siècle, transformera le mode de vie des Mi'kmaq. Dès 1624, ce peuple délaissera progressivement ses valeurs spirituelles et culturelles au profit de la religion et du mode de vie européens.

La plupart des langues autochtones disposent de très peu de matériel publié.  Le fait de traduire et de publier les «écritures saintes» dans ces langues contribue à leur survie de la langue, tout en fournissant une base pour de futurs projets littéraires.  Pendant plus de trente ans, Marion Wilmot, une aînée mi'kmaw, a travaillé à la traduction du Nouveau Testament dans la langue de son peuple. Elle était aidée d’une douzaine d’autres membres de la communauté mi'kmaq, ainsi que par Watson et Marilyn Williams de l’Association Wycliffe pour la traduction de la Bible et aussi par la Société biblique canadienne.  Cette version du Nouveau Testament en mi'kmawi'simk courant a été publiée par la Société biblique canadienne, en avril 1999, pour remplacer la version de 1874.


Gjinisgam gusna Nisgam gusna Elohim gusna Allah na wijei elia'sutman.
Que vous priez le Grand Esprit ou Dieu ou Elohim ou Allah, etc., vous priez le même Être Suprême.  


Wenuj amsala'sit  /  Erreur Française

En 1608 Champlain voyait les Indiens «vivant comme beste brutes» mais il était convaincu qu'après l'arrivé des missionnaires ils seraient «reduits bons Chrestiens si on habitoit leur terre».
(C. H. Laverdière, ed., Œuvres de Champlain (Quebec, 1870), t. iii, p. 163.)

En 1668 Louis XIV donna ordre à l'Intendant Bouteroue «employer toute l'authorité temporelle pour attirer les dits sauvages parmy les français, ce qui se peut faire par les mariages et par l'éducation de leurs enfans», les missionnaires «enant les sauvages convertis dans leur forme de vie ordinaire.»
(Le Journal des Jésuites (Québec, 1871), pp. 281, 312; Archivum Romanum Societatis Iesu (Rome), Gallia 109, fol. 3, "Pierre de Sesmaisons : Raisons qui peuvent Induire Sa Sainteté à permettre aux Français ... d'épouser des filles Sauvages..."")

En 1685  le Gouverneur Denonville déclarait au ministre:
«L'on a creu bien longtemps que l'aproche des sauvages de nos habitations estoit un bien tres considérable pour accoutumer ces peuples a vivre comme nous et a sinstruire de nre. relligion, je m'aperçoy Monseigneur q. tout le contraire en est arivé car au lieu de les acoutumer a nos Loys, je vous asseure qu'ils nous communiquent fort tout ce qu'ils ont de plus mechant, et ne prennent eux mesmes q'ce qu'il y a de mauvais et de vitieux en Nous.»
(P.A.C., Series C11A, Denonville to Minister, November 13, 1685, Vol. VII, pp. 46-47.)

En 1686 Mère Marie de l'Incarnation demandait à Louis XIV's de redoubler les efforts pour assimiler les Autochtones:
«Si Sa Majesté le veut, nous sommes prêtes de le faire par l'obéissance que nous lui devons, et surtout parce que nous sommes toutes disposées à faire ce qui sera à la plus grande gloire de Dieu. C'est pourtant une chose très difficile, pour ne pas dire impossible, de les franciser ou civiliser. Nous en avons l'expérience plus que tout autre, et nous avons remarqué que de cent de celles qui ont passé par nos mains à peine en avons nous civilisé une. Nous y trouvons de la docilité et de l'esprit, mais lorse qu'on y pense le moins, elles montent par dessus notre clôture et s'en vont courir dans les bois avec leurs parents, où elles trouvent plus de plaisir que dans tous les agréments de nos maisons françaises».


lnu Saqamaw  -  Sagamo  /  Le Grand Chef

Devenir Chef était une tâche héréditaire.  Le futur Chef devait posséder certains qualités pour être admissible tels le courage, le leadership, la confiance, la supériorité intellectuelle, etc.  Si le plus vieux fils du Chef n'était pas qualifié pour ces fonctions, un autre fils  prenait la relève.  Si le Chef n'avait pas de fils ou qu'ils n'étaient pas qualifiés pour cette fonction, la direction changeait de famille.  

Les Chefs n'étaient pas une autorité suprême chez les Mi'kmaq, contrairement à  plusieurs autres peuples.  Sa principale fonction était de déléguer les territoires de chasse, aider les anciens et les chefs de familles.  Il décidait également des temps de guerres, mais rarement seul.  Il consultait souvent les Chefs des autres peuples ou tribus extérieures.  Il s'occupait de la répartition des richesses dans son groupe et de ceux qui étaient démunis.  Il était une sorte de guide ou de modèle pour ses semblables.

Le Grand Chef assumait la direction et la protection de la communauté vivant sur le territoire.  L’honneur, et peu davantage, était son meilleur profit.  Les jeunes gens étaient à son service et les hommes mariés lui payaient tribut.  

Le Grand Chef Mawpilu (Membertou), baptisé Henri le 18 septembre 1611 à Annapolis Royal, N.-É., est certainement le Grand Chef le plus connu de l'histoire Mi'kmaq.  Il exhorta les missionnaires à apprendre la langue mi'kmaq. Il fût le premier Grand Chef Mi'kmaq à à refuser pour lui-même la polygamie, habituelle aux Grands Chefs. 
Cependant, lui et sa famille gardèrent leurs usages païens, au  scandale des Jesuites.

À la fin d’août 1611, Membertou, fût attaqué de dysenterie.  Le 16 septembre,
Mawpilu (Membertou) fit son discours d’adieu, après s’être confessé. Il déclara son désir d’être enterré avec ses ancêtres païens. Le père Biard, Jésuite, s’y opposa, mais lui conféra quand même l’extrême-onction.  Il mourut le dimanche, 18 septembre 1611.  On lui fit, le lundi, des funérailles solennelles.

Les Français disaient du Grand Chef Mawpilu (Membertou) : « C’a esté, écrit le père Biard, le plus grand, renommé et redouté sauvage qui ayt esté de memoire d’homme : de riche taille, et plus hault et membru que n’est l’ordinaire des autres, barbu comme un françoys, estant ainsy que quasi pas un des autres [sinon les sagamos] n’a du poil au menton ; discret et grave, ressentant bien son homme de commandement ».


Timbre émis en 2007.  
Concepteur:  Réjean Myette de la maison montréalaise Fugazi.

Bien qu'on en ait fait plusieurs descriptions écrites au fil des ans, aucun portrait du 
Chef Mawpilu n'a été réalisé de son vivant. 


Puion   -   T'moin  -  Autmoin  /  Le guérisseur (Medicine man /shaman)

Un puion était un homme ou une femme qui avait le pouvoir de communiquer avec le monde occulte.

Il devenait puoin  par son père ou sa mère.  Enseigné par les Anciens son père ou son grand-père, sa mère, sa grand-mère, l'enfant apprenait la tradition à travers l'étude des plantes et de la nature et le respect qu'il devait porter à toute chose vivante ou ayant rapport avec la vie. Il développait en lui l'instinct, l'essence du puoin.

Il pouvait aussi devenir puoin en commençant comme apprenti. Le futur puoin était choisi en fonction de ces capacités d'apprendre et de sa rapidité à comprendre. Il devait avoir un désir sincère de connaître les choses et de les appréhender. C'est lors de sa première quête de vision que le futur puoin prenait conscience de ses qualités et découvrait si, oui ou non, il avait l'étoffe d'un guérisseur.

Les puoins transportaient habituellement un sac de guérisseur contenant des os, des cailloux, des figurines sculptées et d'autres objets sacrés qui les aidaient à se servir de leurs pouvoirs extraordinaires. 

À l'aide de médicaments et de cérémonies, ils pouvaient guérir un malade ou réparer les torts causés par d'autres personnes possédant des pouvoirs semblables. Appelé auprès des malades, il soufflait sur eux pour éloigner le démon, dansait et se prononçait sur le rétablissement ou la mort prochaine du patient.  Contre présents, il prophétisait sur l’issue de la chasse ou de la guerre.

Ils étaient en mesure de repérer le gibier et le poisson, de prédire la météo et de savoir ce que d'autres personnes influentes faisaient.  

Les gens de la communauté respectaient les puoins  et les kinaps/ginaps et leur donnaient des cadeaux pour les remercier de leur aide.

Encore aujourd'hui, certains croient toujours au pouvoir du sac de médecine.  On peut porter un sac de médecine lorsqu'on désire demander la protection des esprits.  Le contenu est prescrit par un ancien.  Il peut contenir les quatre plantes sacrées qui sont le cèdre, le tabac, la sauge et le foin d'odeur.   Il peut contenir d'autres plantes sauvages, du raisin d’ours séché, des copeaux, des champignons de saule jaune, etc.  Il peut contenir des parties d'animaux, comme des os ou des testicules de castors séchés.  Le contenu en sera brûlé pour évoquer les esprits.  Seul le détenteur ou un Ancien peut toucher le sac de médecine sinon son contenu en serait profané.  Le malade peut désirer brûler du tabac, du foin d'odeur ou d'autres herbes sacrées pour aider à sa guérison.

Le contact des Européens amena des maladies encore jamais connues sur le continent et qui ne pouvaient être soulagées par les herbes médicinales autochtones.  Plusieurs autochtones périrent. 
 

Petite vérole: 1631, 1633 et 1639
Épidémie d'origine inconnue: 1646
Influenza: 1647
Petite vérole: 1649
Diphtérie: 1659
Petite vérole: 1670
Influenza: 1675
Petite vérole: 1677 et 1679
Petite vérole et rougeole: 1687
Petite vérole: 1691, 1729, 1733, 1755 et 1758.


Gsnugowaqann  aq  aji wle' waqnn  / Les maladies et les bonnes conditions

Au début de XXième siècle peu d'Autochtones souffraient de diabète au Canada.  Aujourd'hui, il y a de trois à six fois plus de cas de diabète chez les Autochtones qu'il peut y en avoir dans la population non autochtone. 

Le résultat des effets conjugués de l'abandon des modes de vie traditionnels, de la diminution de la consommation d'aliments traditionnels et l'accès limité à des soins de santé et à des services de soutien adéquats ont un impact important sur la santé des Autochtones du Canada.  Il en résulte des taux élevés d'obésité, de diabète, d'hypertension, de maladies cardio-vasculaires, de dépression et de caries dentaires.


Pourcentage des gens atteint de diabète chez les Premières Nations:
15 à 19 ans: < 1%
20 à 24 ans: < 2%
25 à 29 ans: < 3%
30 à 39 ans: < 5%
40 à 49 ans: < 10%
50 à 64 ans: < 18%
+ 65 ans : < 23%  


Pourcentage des gens atteint de diabète chez les non Autochtones au Canada:
15 à 39 ans: > 1%
40 à 49 ans: < 2%
50 à 64 ans: < 5%
+ 65 ans : < 11% 



Kniskamijinaqik gina'masuti / Enseignements des Anciens

De l'autre côté du sentier des esprits, en des temps anciens, le Créateur «Gisu'lg» (Kisulk) prit une décision.  Il créa d'abord le soleil, Niskam, qui devait traverser la voie lactée (Skïtékmujeouti) pour éclairer la terre. Surgit un éclair qui créa Sitqamúk, la terre, et dont est aussi issu Kluskap qui a été créé avec de la terre sèche. Kluskap s'étendit sur Sitqamúk, la tête, les pieds et les mains orientés vers les quatre points cardinaux. Kluskap allait devenir un maître puissant, un kinap et un puoin, aux dons et aux alliés nombreux. 

Surgit un autre éclair qui donna la lumière du feu en même temps que naissaient les animaux, la végétation et les oiseaux. Ces autres formes de vie donnèrent graduellement à Kluskap une allure humaine. Kluskap s'éleva au-dessus de la terre et remercia Kisúlk en honorant les six directions: le soleil, la terre, puis l'Est, le Sud, l'Ouest et le Nord. Les habiletés inhérentes à la forme humaine représentaient la septième direction. 

Kluskap demanda au Créateur
«Gisu'lg» (Kisulk) comment il devrait vivre et, en guise de réponse, «Gisu'lg» (Kisulk) lui envoya Nukumi, grand-mère de Kluskap, pour le guider dans sa vie. Créée à partir d'une roche qui fut transformée pour prendre le corps d'une vieille femme grâce au pouvoir de Niskam, le soleil, Nukumi était une ancienne dont les connaissances et la sagesse furent intégrées à la langue micmaque. 

Nukumi enseigna à Kluskap à faire appel à apistanéwj, la martre, pour qu'elle demande aux bons génies la permission que l'homme se nourrisse d'autres formes de vie. La martre revint avec leur accord, ainsi qu'avec des rites et des chants. Kluskap et sa grand-mère remercièrent Kisúlk, le soleil, la terre et les quatre autres directions, puis festoyèrent. Au moment où ils se demandaient comment ils devraient vivre, Kluskap rencontra Netawansum, son neveu, à qui Kisúlk avait donné une forme humaine dans les flots de l'océan qui déferlaient sur les rives et restaient accrochés au foin d'odeur. Netawansum comprenait la vie et la force du royaume sous-marin et il apporta à Kluskap des cadeaux de ce royaume, y compris la capacité de voir au loin. Kluskap et sa grand-mère le remercièrent et se régalèrent de noix tombées des arbres. 

Enfin, ils rencontrèrent la mère de Kluskap, Níkanaptekewísqw — une femme dont le pouvoir résidait dans la capacité de parler des cycles de la vie ou de l'avenir. Elle était née d'une feuille d'arbre, issue du pouvoir et de la force de Niskam, le soleil, et avait pris forme humaine pour apporter l'amour, la sagesse et toutes les couleurs. Elle apportait avec elle la force et la sagesse de la terre et connaissait les moyens pour vivre en harmonie avec les forces de la nature. 


Ils vécurent ensemble longtemps, mais, un jour, Kluskap dit à sa mère et à son neveu que sa grand-mère Nukumi et lui partaient pour le Nord. Kluskap laissa des instructions à sa mère, lui disant que le feu du grand conseil allait laisser échapper sept étincelles qui retomberaient sur le sol, chacune sous la forme d'un homme. Sept autres étincelles allaient retomber de l'autre côté, et de celles-ci naîtraient sept femmes. Ensemble, ces hommes et ces femmes formeraient sept groupes, ou familles, et ces sept familles se disperseraient dans sept directions pour se rediviser ensuite en sept groupes différents. 

Comme les éclairs d'où la terre et Kluskap étaient nés, les étincelles contenaient de nombreux cadeaux. Elles donnèrent vie à l'homme et, dans chaque forme humaine, la perspective de la continuité. Comme Kluskap avant eux, lorsque tous ces gens se réveillèrent nus et perdus, ils demandèrent à Kluskap comment ils devraient vivre. Kluskap leur enseigna les leçons qu'il avait apprises, d'où son nom, celui qui vous parle, ou le maître-créateur.»  


Source:
Cet extrait s'inspire d'une histoire tirée des antiques enseignements des anciens. La légende en question a été reproduite par Kep'tin Stephen Augustine de Big Cove (Nouveau-Brunswick). 


Tplutaqan / La loi, la justice 

Chez les
Autochtones, l’organisation et la réglementation des forces pour le maintien de l’ordre relevaient directement des coutumes et des traditions. Le Créateur était la source des coutumes qui, par leur nature spirituelle et leur résistance à la temporalité tout au long de l’histoire, représentaient le projet sacré du Créateur pour la survie de la nation.

Chez les Autochtones, la notion de justice a un tout autre sens que dans la société dominante européenne. Aux yeux des Premières Nations, le terme «justice» implique le rétablissement de la paix et de l’équilibre dans la collectivité en réconciliant le contrevenant avec sa propre conscience ainsi qu’avec la victime et sa famille.

La «justice» renvoie à un ordre naturel des choses dans lequel tout et tous sont en relation. Chaque action reflète l’harmonie naturelle de la collectivité et du monde. La justice transcende la pensée; elle doit être une expérience vécue. En ce sens, elle doit émaner d’une expérience intérieure, et non pas d’un état d’ordre interventionniste imposé de l’extérieur et distinct de la réalité des individus.

Dans la tradition des collectivités autochtones, la justice relève du quotidien et d’expériences communes découlant en partie des apprentissages, des valeurs et des traditions constituant le peuple. En somme, la justice fait partie de l’étoffe autochtone; elle se traduit par un sentiment de responsabilité envers tous les autres membres de la collectivité ainsi qu’à l’égard de toutes les forces et créatures essentielles à la vie humaine.

Les peuples autochtones préféraient appliquer une éthique sans interférence qui préconise la réconciliation et la restitution plutôt que le jugement catégorique. Bien que certaines cultures autochtones anciennes aient eu recours à l’expulsion de contrevenants, elles appliquaient toutefois les principes de réconciliation et d’expiation si l’accusé était réadmis dans la collectivité.  En fait, comme les relations interpersonnelles constituaient un des principes fondamentaux de la justice autochtone, tout jugement était soigneusement pesé quant aux répercussions éventuelles sur l’ensemble de la collectivité.  La notion de culpabilité n’était que secondaire par rapport à l’importance de réparer la faute commise et de rétablir l’équilibre au sein du groupe.

À cette époque, la notion du «groupe-parent» avait un rôle fondamental.  Chez les peuples Micmacs, des systèmes clairement définis avaient été mis en place; le droit et le gouvernement consensuel avaient pour fondement le principe de la famille.  Dans chaque district, un conseil de famille local formait l’unité fondamentale du gouvernement, et les familles élargies ou les clans constituaient la base du système judiciaire.  L’ordre, ou le gouvernement des peuples des Premières Nations, reposait sur une théorie collective de bonne conduite et de responsabilités communes; la loi autochtone présentait une souplesse inhérente, et reflétait la perception d’un monde éternel constamment redéfini par des renouvellements et réajustements continuels.  Chez les Micmacs, le comportement de l’individu s’adaptait à la culture collective, poussé par une profonde considération envers les valeurs communes de la collectivité et les opinions familiales ainsi que l’honneur et le respect qui en découlent.  Étroitement lié à l’ordre individuel, l’ordre social émanait d’une forme de parentalisme, de l’éducation et de la maîtrise personnelle.   Le principe d’égalité édictait les rapports entre les familles et les individus, l’agressivité n’était pas reconnue parmi les valeurs culturelles, et aucune institution coercitive, quelle qu’elle soit, n’existait encore.  À l’instar d’autres cultures autochtones, les Micmacs n’admettaient le caractère exécutoire que des obligations ayant fait l’objet d’un consentement, de manière à ne pas rompre l’harmonie de l’ordre naturel.  Ce modus operandi, au même titre que d’autres systèmes autochtones, s’avérait plus efficace pour maintenir l’harmonie et l’équilibre au sein de la collectivité que l’application d’une justice abstraite.  Ainsi, les notions d’innocence et de culpabilité n’avaient pas leur place dans les systèmes judiciaires autochtones, lesquels étaient plutôt fondés sur le principe de l’harmonie de la collectivité. 


Tplutaqan  /  Justice
(Texte tiré de http://www.aboutourland.com  )

Dans les communautés Mi’gmaq, il y a plusieurs principes de justice, des principes reliés et tirés de concepts tels l’honneur, le partage, les relations, le pardon, la paix et l’harmonie. Ces idées de justice sont tirées, dans bien des cas, des enseignements de la première famille.

La justice Mi’gmaq était basée sur une approche spirituelle équilibrée. L’objectif était d’établir et de préserver des relations saines et de l’harmonie au sein des communautés.

Le système de justice était basé sur la famille. Les questions d’injustice étaient normalement réglées par le chef de la famille. En tant que membre d’un groupe familial, chaque personne avait des responsabilités envers leur famille, leur communauté et leur nation. Souvent, des problèmes entre familles ou amis pouvaient être réglés rapidement, sans faire grand bruit.

Quant aux problèmes plus graves et répandus, on faisait appel aux Aînés et aux chefs pour le système de justice. On avait l’idée que tout le monde était connecté, alors en faisant du mal aux autres, on se faisait mal et on faisait du mal à la communauté

Si on trouvait qu’une personne avait volé, et que le besoin avait poussé cette personne à voler, alors la famille élargie était critiquée parce qu’elle ne s’était pas bien occupée de cette personne. Dans ces cas, la personne qui avait volé n’était pas punie. Les crimes étaient rares, parce qu’on devait s’occuper de tout le monde. De plus, les personnes ne voulaient pas attirer la honte de la criminalité sur eux, ni sur leur familles.

Toute la communauté avait la responsabilité de conserver la paix et l’équilibre. Dans cette optique, tant le délinquant que la victime avait un rôle dans le processus judiciaire.


Droit coutumier
(Texte tiré de  http://www.ainc-inac.gc.ca/pr/pub/matr/acl_f.html )

Le droit coutumier micmac était un ordre normatif subtil et complexe, dans lequel le mouvement constituait la norme universelle et où il n'existait pas de système nominatif de droit positif. Codifier cet ordre subtil reviendrait à le modifier. Dans la perspective micmac, immobiliser les compréhensions sous forme de règles contrevenait aux processus conçus pour équilibrer la souplesse inhérente de leur conception du monde. Nul n'élaborait ni ne formulait les rituels et les solutions coutumiers. Les « règles » étaient des solutions locales enracinées dans l'expérience et les compréhensions consensuelles. Les lois coutumières constituaient des lignes directrices implicites tirées d'exemples ou de modèles tacites de comportements fondés sur les forces spirituelles, semblables à l'instinct dans le monde animal et tout aussi naturelles que la gravité aux yeux de la science moderne. Ces lignes directrices se traduisaient dans les traditions et les rituels oraux, et le partage des difficultés et des joies de la vie. Le droit coutumier micmac produisait une matrice de processus offrant des lignes directrices d'ordre général, et non précisément détaillés. Mais ses normes n'étaient ni universelles, ni objectives, ni appliquées par des institutions d'origine humaine. Il incombait à la famille de lancer le processus coutumier, tandis que la réparation était une fonction du clan. 


Kestegude / L'esclavage

À l'arrivée des Espagnols en Amérique, le Pape Alexandre VI BORGIA attribue une dispense aux Espagnols.  En Nouvelle-France, l'esclavage n'est légalisée que vers 1689 par un édit de Louis XIV, et solidifiée en Nouvelle France par une ordonnance de l'Intendant Raudeau.  Le fait qu'il soit très difficile de faire travailler la terre par les esclaves Autochtones, encourage les habitants de la Nouvelle-France à posséder quelques esclaves noirs.  Les deux groupes d'esclaves mis ensemble représentent un vingtième de la population entière de la Nouvelle France au moment de la Conquête.

L'esclavage fût pratiqué au Canada français pendant près de 200 ans, tant sous la domination française qu'à la suite de la Conquête.  La période la plus active d'esclavagiste fût entre 1690 et la fin du 18e siècle. À un certain moment 52% des esclaves étaient des femmes. 
Les premiers esclaves provenaient des Nations Autochtones.  Plusieurs étaient enlevés de leurs parents avant même d'atteindre la puberté.  85% des propriétaires d'esclaves Autochtones étaient francophones, et possédaient 79% de cette catégorie d'esclaves.  Le fait qu'il soit très difficile de faire travailler la terre par les esclaves Autochtones, encourage les habitants de la Nouvelle-France à posséder quelques esclaves noirs.  Les deux groupes d'esclaves mis ensemble représentent un vingtième de la population entière de la Nouvelle France au moment de la Conquête.  Ces propriétaires étaient des membres de l'État, des membres des communautés religieuses, des membres du clergé, des officiers, des marchands ou de simple habitants.  La première famille de Nouvelle-France à avoir des esclaves était la famille Couillard-Hébert. L'Hôpital-Général de Montréal a reçu en cadeau une Amérindienne de 11 ans; Marguerite d'Youville (canonisée par l'Eglise Catholique en 1990) possédait des esclaves.  L'évêque Saint-Vallier possédait un esclave amérindien; le curé Louis Payet possédait deux Noirs et un Amérindien; Pierre-Paul- François Delagarde possédait un Amérindien; le chevalier de Lavérendrye a donné un esclave Amérindien aux Jésuites; et Jacques Lafontaine de Belcour était propriétaire d'une Amérindienne.  L'Église Catholique ne s'est jamais prononcée contre l'esclavage à cette époque.  Les religieux n'avaient pas plus de conscience que les autres habitants de la Nouvelle-France, puisque le livre sacré de la secte catholique (Bible) approuvait l'esclavage.

Il eut 2692 esclaves Amérindiens (les préférés des francophones) et 1400 Noirs (préférés des anglophones) appartenant à environ 1400 «maîtres».  On compte 31 unions entre Français et esclaves amérindiens.  Plusieurs Québécois d'aujourd'hui ont donc des esclaves dans leur arbre généalogique!


G'pnno'leweiei tplutaqan  /  Droit sociaux des Autochtones (Indiens, Indiens non statués, Métis, Inuit)

Les Peuples Autochtones formaient des groupements sociaux dotés de leurs propres systèmes de gouvernement bien avant leurs premiers contacts avec les Européens.  Les femmes Autochtones étaient égales aux hommes.  Elle avaient un très grand pouvoir de décision.  Elles avaient entre autre le pouvoir d'élire le chef de la bande et possédaient même un droit de véto.  Au nom du Peuple, les femmes avaient le rôle de préserver la terre pour les familles et les clans.  Historiquement et traditionnellement les femmes des Premières Nations ont eu des rôles sociaux, politiques et culturels importants.     
Contrairement, les femmes des colons n'avaient aucun droit de possession ou de participation aux élections.  Depuis la loi Canadienne de 1874 les femmes Autochtones étaient exclues du pouvoir politique à l’intérieur de leurs communautés : les conseils de bande devait être élus par les seuls mâles majeurs du groupe et les femmes n’avaient plus aucune voix officielle.  Le système des «Conseils de Bande» était imposé par la Loi sur les Indiens et ne reflétait pas la coutume ancestrale.  La civilisation occidentale avait fait perdre aux femmes leurs anciens droits et les avait placées comme toutes les autres femmes du pays sous la tutelle des hommes.
  
En cas de conflit, les décisions sérieuses au sein du Conseil du Peuple devaient obligatoirement impliquer tout le peuple, dont les femmes.  La décision devait prendre en considération les besoins des générations à venir.  La guerre était l’ultime recours.  Les conflits entre nations étaient résolus par la diplomatie et le consensus.  En cas de guerre, les femme et les enfants de l'ennemi étaient respectés.

Chez plusieurs Nations, la coutume voulait que les femmes confectionne les mocassins que porteraient les hommes allant en guerre. Si les femmes ne voulaient pas la guerre, elles ne faisaient pas de mocassins.


Constitution des États-Unis d'Amérique et Charte des Nations Unis

Par l'intermédiaire du Grand Chef Deganawida, dit le Pacificateur, la «Grande Loi de la Paix» aurait été donnée aux Haudneausaunee par le Créateur lui-même.  Les Mohawk, Seneca, Onandaga, Cayuga, Oneida, et par la suite les Tuscarora ont été joints par un accord à suivre «la Grande Loi» et à former une des premières confédérations des siècles derniers, la Confédération Haudneausaunee (Confédération des Cinq Nations).  La «Grande Loi» a depuis servi d'inspiration à beaucoup de politiciens dans le monde entier.  Plusieurs des principes de la grande loi se retrouve dans la constitution des Etats-Unis d'Amérique et aussi celle des Nations Unis.  Les Etats-Unis d'Amérique réclamèrent « l'inspiration divine» tandis que la constitution était « empruntée» à la vraie version inspirée de la «Grande Loi de la Paix» Haudneausaunee.  Aujourd'hui, le Sénat des États-Unis d'Amérique actuel reconnaît que la «Grande Loi de Paix» servi de modèle lors de l’élaboration de la Constitution des États-Unis d'Amérique (U.S.S. Con. Res. 76,2 Dec. 1987).


Weladega nenasunega    /  Droit de vote

L’Acte constitutionnel de 1791 accordait la qualité d’électeur à certains propriétaires et locataires, sans distinction de sexe.  Ce droit n'était cependant pas accordé aux Autochtones, femmes ou hommes.  C’est ainsi que certaines femmes du Bas-Canada qui avaient les qualités requises interprétèrent cet loi constitutionnel comme une autorisation pour voter. Elles étaient les seules dans l’Empire britannique à se prévaloir de ce droit.  Cependant, l’histoire se chargera de ramener les femmes à leurs activités domestiques.  En 1849, une loi corrigeait cette «irrégularité» et interdisait formellement aux femmes de voter.

Le Code civil adopté en 1866 affirmait l’incapacité juridique des femmes non mariées.  En 1874 le droit de vote s'élargissait pour inclure les sujets mâles Britanniques d'au moins 21 ans ainsi qu'aux Autochtones mâles ayant perdu leur statut.  Les Autochtones mâles du Canada avaient le droit de voter dès la Confédération, à condition de renoncer à leurs droits issus de traités et à leur statut d’Indien.   Les Inuits étaient inclus, mais aucune mesure n’existait pour les admettre au suffrage.  En 1900, l'Acte des élections fédérales établissait les règles visant à déterminer qui avai le droit de voter aux élections fédérales.  Elle imposait les mêmes exigences pour les élections fédérales que pour les élections provinciales, ce qui signifiait que les minorités qui n'avait pas le droit de voter aux élections provinciales étaient automatiquement exclues des élections fédérales.  Plus de la moitié des Canadiens, y compris les minorités visibles, les Autochtones et les femmes, n'avait pas de droits démocratiques.  En 1916, le Manitoba devenait la première province à adopter une loi qui accordait aux femmes non Autochtones le droit de vote aux élections provinciales. Le droit de vote était accordé aux femmes non Autochtones au fédéral en 1919. Cette obtention faisait suite à la Loi des élections en temps de guerre de 1917. Cette loi permettait aux femmes de voter à la place d’un autre individu en service militaire et parti au loin si elles avaient un quelconque lien de parenté avec celui-ci.  En 1917 les femmes obtenaient le droit de vote en Ontario.  En 1924, le suffrage  ne l'accordait qu'aux anciens combattants Autochtones de la Première Guerre mondiale, y compris ceux qui vivaient dans les réserves indiennes.  En 1938, la Loi des élections fédérales maintenait la race comme «motif d'exclusion du droit de vote à l'échelon fédéral».  En 1940, les Québécoises non Autochtones pouvaient désormais voter et se faire élire.  Le gouvernement Canadien accordait le droit de vote aux Inuits en 1948, les Inuits qui ne possédaient pas de traité ni de réserve et étaient déjà considérés comme des «citoyens Canadiens».  Mais les Indiens qui désirent voter devaient toujours renoncer à leur droit aux exemptions fiscales.  En 1951, le droit de vote pour élire le «Conseil de Bande» était «accordé» par le fédéral aux femmes Autochtones.  Les Indiens inscrits, contrairement à tous les autres autochtones du Canada, ont été des non-citoyens et des pupilles du gouvernement jusqu'en 1960.  En 1960, la loi Canadienne accordait le droit de vote Autochtones, femmes et hommes, sans les obliger à renoncer à leurs droits issus de traités.  Ce n'est qu'en 1964 que la loi mettait fin à l’incapacité juridique des femmes mariées.  Dans les neuf années qui suivirent l'obtention du droit de vote par les Manitobaines, le gouvernement fédéral et la plupart des provinces adoptèrent des lois donnant le droit de vote aux femmes (1916-1925).  Au Québec, il fallut attendre jusqu'en 1940.  Depuis l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, le suffrage universel est protégé au Canada par la loi constitutionnelle.


Malie'wuti / Le mariage

Le mariage était une institution simple, sans formalité rigoureuse.  Les jeunes Mi'kmaq choisissaient la plus part du temps un époux ou une épouse dans un autre village.  Lorsque le jeune homme désirait une épouse, il rendait des services au père de la jeune femme pendant deux ans.  Un père acceptait de donner la main de sa fille à un jeune homme qui pouvait prouver être capable de nourrir et faire vivre sa fille et ses futurs petits-enfants; il devrait prouver au père qu'il était bon chasseur.  Une fois que le père avait accepté, la jeune fille suivait son nouveau mari dans les bois pour chasser.  De retour un banquet les attendait. Il pouvait y avoir des mariages arrangés par les parents. Il y avait des échanges de cadeaux.  Dans l'esprit autochtone ce geste ne signifiait nullement un achat mais correspondait à un cadeau dont la valeur ne pouvait que flatter l'amour propre de la jeune promise. 

Il n'y avait pas de mots dans le langage mi'kmaw pour «époux» et «épouse», ou le «sexe». À moins que deux personnes consentent à s'allier, chacune était libre de jouir de son corps comme elle l'entendait. Une fois que les partenaires et leurs familles avaient consenti à une union, la fidélité était exigée au nom de l'autodiscipline.  Après l'union toutefois, les deux partenaires étaient libres de se séparer en tout temps. Les familles réglaient tout problème pouvant survenir.
 
(Paragraphe tiré de  http://www.ainc-inac.gc.ca/pr/pub/matr/acl_f.html )

Le principal objectif de l'union de deux personnes chez les Micmacs était la multiplication de l'espèce.  Si le couple était stérile, l'époux pouvait se séparer de sa femme pour tenter d'épouser une femme fertile.  La polygamie était permise chez les Mi'kmaq, et la femme qui devenait mère la première pouvait gouverner les autres femmes de son mari. 

Avant l’occupation par les Européens il était fréquent pour un homme d’avoir plus d’une femme.  Il arrivait qu’un homme ayant trop d’épouses en donne une à un ami.  La femme était très attachée à son mari.  Si la mort de son mari devait être vengée la veuve ne mangeait plus de viande jusqu’à ce qu’elle ait obtenu vengeance.  Une veuve ne se remariait pas.  Elle couvrait sa figure de couleur noire.  L’homme était particulièrement possessif.  Si l’une de ses épouses devait être fautive elle était alors chassée ou risquait d’être tuée par celui-ci. 

Les espoirs et les efforts pour assimiler les Indiens furent grands de la part des Français qui tentèrent une politique d'assimilation des Autochtones au moyen du mariage, sans succès. Vers 1680, Versailles prévoira même des frais de 3000 livres, divisés en dots de 50 livres, pour chaque Indienne qui épousera un Français. Dans les faits, les mariages se faisaient «à la façon du pays», c'est-à-dire sans mariage formel. En 1735, les autorités coloniales édictèrent un décret exigeant le consentement du gouverneur pour tous les mariages mixtes.

Les Européens s’intéressaient aux femmes des Premières nations non seulement comme partenaires sexuelles mais aussi en raison de leurs habiletés de survie. Une telle femme, en raison des possibilités que lui offrait sa propre société, aidait beaucoup son nouvel époux. On l’appréciait comme interprète, négociatrice, commerçante, chasseuse et guide, et elle s’y connaissait en production d’aliments et de vêtements.
(Paragraphe tiré de http://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/swc-cfc/from_fur_trade-f/pdf/200404_0662363779_f.pdf  )


Mijua'ji'j / Enfant
Segewei / Enfant illégitime


Lorsque les contractions commençaient l'épouse laissait le Wigwam et entrait à une certaine distance dans la forêt
avec une sage-femme jusqu'à la naissance du bébé ( mijua'ji'j ) .  Un fois l'accouchement (ugs'tqamuip) terminé la femme donnait en guise de remerciements le couteau avec lequel le cordon ombilical avait été coupé, c'est l'unique récompense que recevait la sage-femme. Pour fortifier sa peau contre la rigueur du froid de l'hiver et du soleil de l'été le mijua'ji'j était lavé dans l'eau froide.  La première nourriture qu'il recevait était toujours de l'huile de poissons ou de la graisse fondue d'un animal. Ce n'est qu'une fois qu'il avait avalé ce gras qu'il pouvait boire le lait de sa mère.  Un paquet de mousse de tourbe était placé sur ses fesses pour éviter qu'il ne souille les peaux de renards, de cygne ou d'oies sauvages qui servaient à l'habiller. 

La communauté Mi’kmaq était de nature patriarcale.  Pendant des siècles les enfants mâles étaient toujours nommés d’après le non du père.  Le nom du premier fils avait une terminaison qui le distinguait de celui de son père, la terminaison du nom du deuxième fils avait aussi une terminaison différente, et ainsi de suite.  Par exemple, le nom du premier pouvait se terminer par «ji» comme dans le nom «Membertou» pour le père et «Membertouji» pour le fils.  À la mort du père le premier fils prenait le nom du père, etc.

L’enfant était élevé pendant deux ou trois ans durant lesquels la mère évitait la grossesse ou avortait.   Porter un enfant «illégitime»
(segewei) n’était pas mal vu, et était même considéré comme un signe de fertilité.

Dès son plus jeune âge la petite fille assistait sa mère dans l'occupation traditionnelle des femmes, telle la préparation de la nourriture et la cuisson du pain.  Le garçon était  placé sous l'autorité directe de son père qui le préparait à assumer un rôle viril.  Il participait aux diverse activités des hommes telle que la chasse et la pêche, puis était ensuite introduit chez les anciens pour parfaire son éducation. 

Dans la tradition mi'kmaw, les jeunes filles recevaient leur première coiffe lorsqu'elles avaient leurs premières menstruations et devenaient femmes. C'était un événement important dans la vie d'une femme. La coiffe était généralement confectionnée par la mère, la grand-mère de la jeune fille ou une autre parente d'un certain âge. Les femmes tenaient énormément à leur coiffe et, jusqu'au XXe siècle, elles la portaient tous les jours, pendant le reste de leur vie. Lorsque la laine et le lin d'Europe commencèrent à remplacer le cuir pour les vêtements, ces coiffes furent faites en lainage, habituellement rouge ou noir. Elles étaient décorées de rubans et de perles et quelquefois de plumes d'autruche noires achetées chez une modiste. 
( Paragraphe tiré de  http://museum.gov.ns.ca/imagesns/petroglyphs/P_peakedcaps_fr.html )

Plusieurs cérémonies marquaient la vie de l’homme Mi’kmaq depuis sa naissance.  Il y avait la cérémonie pour la première dent, la cérémonie pour ses premiers pas, la cérémonie pour sa première chasse.  Lorsqu’un adolescent tuait une grosse proie pour la première fois, il était dès lors considéré comme un homme.  



M
esgilg na wetagutijig  /  Système de famille élargie
(Texte tiré de http://www.aboutourland.com  )

Tout le monde était connecté et les membres de la communauté s’appuyaient l’un sur l’autre pour survivre. Cette notion dépassait la communauté pour atteindre la nature. On considérait que c’était important de prendre soin des animaux et de la médecine.

Cette relation avec toutes les créatures constitue le système de famille élargie et gouverne les relations traditionnelles Mi’gmaq. Voilà pourquoi il est important que les Mi’gmaq se respectent et respectent la nature. Ce respect est exprimé par plusieurs cérémonies.

Cette idée de famille élargie joue également un rôle dans les relations avec les non-Mi’gmaq. Il était important d’établir des ententes sacrées avec les autres peuples avec d’être interconnectés avec eux.


G'mtgiminu / Nos territoires
(Tiré de  http://www.collectionscanada.gc.ca/patrimoine-autochtone/020016-3008-f.html  )

Durant la période de la Nouvelle-France, datant approximativement de 1608 à 1760, les responsables du gouvernement n'ont pas négocié d'actes de cession territoriaux avec les peuples autochtones. En raison du modèle de colonisation le long du fleuve Saint-Laurent et de l'économie basée sur la traite des fourrures, les colons français n'avaient pas besoin des terres et des ressources naturelles des Premières nations pour la colonisation ou le développement. En grande partie, les intérêts coloniaux des Français coexistaient bien avec les droits inhérents de leurs alliés des Premières nations. Les terres des Missions, où les peuples autochtones pouvaient être instruits et convertis au christianisme, avaient été données aux ordres religieux par le roi de France.

L'Acadie (la Nouvelle-Écosse et le Nouveau Brunswick modernes) est passée aux mains des Anglais en 1713, par le Traité d'Utrecht. Au cours des décennies suivantes du XVIIIe siècle, la Couronne britannique a négocié des traités de paix et d'amitié avec la Confédération Wabanaki de la région de l'Atlantique . La signature de ces traités et le renouvellement des relations se sont généralement produits après des périodes de guerre impériales ou locales .

En décembre 1725, un traité de paix a été signé à Boston entre les représentants de la Couronne des colonies du Massachusetts, du New Hampshire et de la Nouvelle-Écosse  et les chefs des Penobscotts, des Abénaquis de l'est, des Malécites et des Mi'kmaqs. Selon les « articles de soumission et d'entente », les signataires autochtones ont accepté les modalités suivantes : reconnaître la compétence et le Dominion de la Couronne britannique; ne pas maltraiter les colons ou s'interposer au commerce; payer un dédommagement s'ils commettent un vol; appréhender les déserteurs britanniques; se remettre aux tribunaux britanniques pour la résolution des conflits et finalement, libérer tous les prisonniers. Le traité de 1725 a ensuite été ratifié par les Mi'kmaqs à divers endroits en Nouvelle-Écosse dans les années 1726, 1727 et 1728. Des promesses réciproques de la Couronne reconnaissaient les droits des Autochtones à la pêche, à la chasse et aux cultures. Les modalités de ces traités ont été renouvelées en 1749 à Chebouctou (Halifax) et à un autre endroit le long de la rivière Saint-Jean.

En novembre 1752, le gouverneur Peregrine Thomas Hopson a négocié un traité plus élaboré avec les Mi'kmaqs à Halifax. Les Mi'kmaqs étaient représentés par Jean-Baptiste Cope. Les signataires autochtones ont renouvelé les promesses des anciens traités. En échange, le gouverneur Hopson a promis de construire un poste de traite gouvernemental à Shubenacadie afin d'encourager le commerce avec les Mi'kmaqs. Une autre disposition stipulait qu'on donnerait du pain, de la farine et d'autres provisions aux signataires selon la taille des familles, deux fois par année. Des cadeaux annuels de tabac, de fusils et de poudre ont été promis pour préserver la paix et renouveler le traité.

En 1760 et 1761, les Malécites et les Passamaquoddys ont confirmé et renouvelé les traités de paix et d'amitié de 1725, 1726 et 1749. C'est à Halifax, en septembre 1779, que s'est déroulée la dernière grande négociation de traités. À ce moment, les Mi'kmaqs, de Cap Tourmente à la baie des Chaleurs, ont ratifié les modalités des anciens traités jusqu'à celui de 1725. Aucun de ces traités ne donnait de droits aux terres et aux ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard aux Autochtones qui les ont ratifiés.

Aujourd'hui, les dispositions de certains traités de paix et d'amitié sont contestées devant la Cour suprême du Canada. Toutefois c'est le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien qui négocie les ententes qui touchent les droits ancestraux non éteints.


Malie'wuti Lnu aq wapék  / Les mariages Indiens/non-Indiens 
 
Les Français ont amené relativement peu de leurs femmes en Amérique du Nord durant les premières années, ainsi l'inter mariage entre le Français et le Mi’kmaq est devenu chose commune.  La plus part des Mi’kmaq d’aujourd’hui dont les noms de famille sont français sont les descendants de ceux-ci.

Dès le XVIIe siècle Les dirigeants français de l’Acadie et de la Nouvelle-France encouragent ces mariages mixtes bénis par l’Église dans l'espoir de convertir les Autochtones et d'accroître la population de la Nouvelle-France.

Au début de la colonie, dans l'Est du Canada, le métissage biologique n'engendre pas de population socioculturelle distincte.  En dépit de leur nombre, il est difficile d'identifier les gens d'ascendance mixte dans les premiers registres de la Nouvelle-France puisqu'ils sont élevés comme des autochtones dans leur famille maternelle, ou ils prennent des noms français et sont enregistrés comme Français.


Au moins 45 unions interethniques "à l'indienne" ont été célébrées entre Européens et Sauvagesses en Acadie entre 1604 et 1650, plus précisément dans les régions de Pentagouët (Maine), Cap de Sable (Nouvelle-Écosse), Port-Royal (Nouvelle-Écosse) et Rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick).

De 1621-1765, environ 78 couples sont formés d’un Indien et d’une femme européenne, 45 couples sont formés d’une Indienne et d’un homme européen.

Dans les registres des missions du Québec, comme Tadoussac ou Oka, les Indiens conservent les appellations amérindiennes.  En Acadie, ils ont la plupart du temps des noms européens.

De 1600 à 1800, les actes de baptêmes, mariages ou sépultures peuvent comprendre seulement le prénom chrétien ou bien le prénom chrétien et le nom amérindien. Même si le nom amérindien n'est pas héréditaire, il est conservé par une personne au long de sa vie.

Vers 1800, les actes amérindiens commencent à inclure des noms de famille.

L'adoption d'Indiens par des blancs ne laissera aucune trace dans les registres.  Aucune indication que l'enfant est adopté n'est indiqué dans les registres québécois avant les années 1930, sauf quelques exceptions. 


lnuwi't'g toqmimajijig   Assimilation à la culture autochtone
(tiré de http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/premiers_peuples/colonisation_europ&language=fr&updatemenu=true )

L'un des cas les plus célèbres d'assimilation à la culture autochtone concerne le baron Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin, un soldat français, qui vécut chez les Micmacs du Maine. Il épousa Pidianske (de son nom français: Marie-Malthilde), la fille du chef micmac Madokawando. Il adopta à ce point la culture des Amérindiens qu'il parla la langue et devint lui-même chef de tribu. Il semble bien que ces relations entre les Français et les Amérindiens aient été approuvées par la France qui considérait les «Amérindiens chrétiens» comme des «citoyens français». Il y eut beaucoup de métissages entre Français et Amérindiens en Acadie, contrairement à la vallée du Saint-Laurent. De fait, des Micmacs devinrent catholiques et portèrent des prénoms français, notamment plusieurs chefs de tribu et chefs de bande. Soulignons que les prêtres et missionnaires catholiques ont exercé une grande influence à la fois sur les Acadiens et les Amérindiens. Mais les pasteurs protestants firent de même auprès d'autres Amérindiens avec le résultat que certains autochtones furent francisés, alors que d'autres furent anglicisés et anglicanisés. Mais les Micmacs et les Malécites durent progressivement se réfugier vers l'intérieur des terres, les colons français et anglais s'étant accaparé les zones côtières.



Lnuwi't'g  /  Autochtones (Indiens, Indiens non statués, Métis, Inuit)
Canada 
(Texte tiré de http://ericcardinal.com/documents/fiches/1_Les_autochtones.pdf )

Les Indiens
Le terme Indien décrit collectivement tous les peuples indigènes au Canada, à l’exception des Métis et des Inuit. Les Indiens sont au nombre des trois peuples reconnus par la Loi constitutionnelle de 1982 : les Indiens, les Inuit et les Métis. De plus, trois catégories s’appliquent à l’expression Indiens au Canada : les Indiens inscrits, les Indiens non inscrits et les Indiens visés par un traité. Certaines personnes peuvent faire partie de plus d’une catégorie.

Les Indiens inscrits 
Un Indien inscrit est une personne dont le nom apparaît au Registre des Indiens. Le Registre des Indiens est le document officiel identifiant tous les Indiens inscrits au Canada. La Loi sur les Indiens définit les exigences servant à déterminer qui sont les Indiens inscrits.

Les Indiens non inscrits 
Un Indien non inscrit est une personne indienne qui n’est pas inscrite à ce titre en vertu de la Loi sur les Indiens. Cela peut s’expliquer parce que la personne n’a jamais présenté de demande d’inscription. Cela peut aussi être attribuable au fait qu’elle ne soit pas admissible à s’inscrire aux termes de la Loi sur les Indiens, même si elle est descendante de personnes qui sont ou ont été inscrites, ou encore admissibles à s’inscrire en vertu de cette loi.

Les Inuit
Les Inuit sont les Autochtones qui vivent dans l’Arctique canadien. Ils habitent surtout au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Labrador et dans le Nord du Québec. Le mot Inuit signifie « peuple » en inuktitut, la langue des Inuit.

Les Métis
Le mot Métis est un mot français qui signifie « dont le père et la mère sont de races différentes ». La constitution canadienne reconnaît les Métis comme l’un des trois groupes autochtones. Du point de vue historique, le terme Métis s’appliquait, dans les Prairies, aux enfants nés de femmes cries et de commerçants de fourrures français; dans le Nord, ce terme faisait référence aux enfants nés de femmes dénées et de commerçants anglais ou écossais. Aujourd’hui, le mot Métis est largement utilisé pour désigner les gens qui ont à la fois des ancêtres européens et des ancêtres des Premières nations. Ces personnes se considèrent elles-mêmes comme Métis, se distinguant ainsi des membres des Premières nations, des Inuit et des non-Autochtones. De nombreux Canadiens ont des ancêtres autochtones et des ancêtres non autochtones, mais tous ne se désignent pas comme Métis. Il convient de signaler que les organisations métisses au Canada ont établi leurs propres critères pour déterminer qui a droit au titre de Métis.


Autochtones (Indiens, Indiens non statués, Métis, Inuit) en milieu urbain  
(Texte tiré de http://www.psc-cfp.gc.ca/plcy-pltq/eead-eeed/dg-gd/aaa-bg-dr-fra.htm  )
Ce terme fait principalement référence aux Inuits, aux Métis et aux membres des Premières nations qui habitent actuellement dans les régions urbaines. Selon les données du Recensement de 2006, les Autochtones hors réserve constituent le segment de la société canadienne qui connaît la plus forte croissance. En 2006, 56 % des Autochtones vivaient en milieu urbain, par rapport à 50 % en 1996. Les villes ayant les plus importantes populations autochtones étaient Winnipeg (68 380), Edmonton (52 100), Vancouver (40 310), Toronto (26 575), Calgary (26 575), Saskatoon (21 535) et Regina (17 105). 


Gepeg Lnuwi't'g /  Les Indiens du Québec

Selon le recensement de 2006 le d'Autochtones au Québec dont le statut est enregistré est de 108,430.  Cette part de population au Québec est donc de 1,4%.  Fait à noter, 22 communautés ont refusé de collaborer au recensement ou l'ont fait en trop petit nombre. 

Les régions Nord-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord regroupent plus de la moitié des Autochtones du Québec et 40 des 56 communautés.
  
Plus de 15 000 Indiens sans statut et des Métis résident au Québec.  Il y aurait plus de 71,000 personnes d'ascendance Autochtone au Québec identifiées par la terminologie «Indien sans statut» ou «hors réserve» ou «Métis».


On retrouve au Québec quarante communautés faisant partie des Premières Nations, expression qui désigne au terme de la loi les Indiens inscrits et vivants dans les communautés autochtones. Le groupe Inuit comprend pour sa part quatorze communautés distinctes. S'ajoutent à ces groupes les communautés métisses qu'il faut éviter de confondre avec les Indiens non inscrits. Les Métis sont surtout présents dans l'Ouest du Canada bien qu'on en parle de plus en plus au Québec en raison de la diversité des réalités des ressortissants des Premières Nations, de la migration vers les villes, du métissage, ainsi que par l'effet de la Loi sur les Indiens qui reconnaît désormais les Indiens aussi bien selon leur lieu de résidence que selon leur ascendance généalogique. 
( Texte tiré de http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Amerindiens  )

Plus de 70 000 Amérindiens, répartis en 11 communautés, vivent actuellement au Québec. Les exigences du monde moderne les ont contraints à abandonner leur mode de vie ancestral.  Les 11 communautés amérindienne du Québec sont regroupées en deux familles: celle des Algonquiens et celle des Iroquoiens. La première se subdivise en deux groupes: celui de la vallée du Saint-Laurent, qui comprend les Abénaquis, les Algonquins, les Malécites, les Mi'kmaq et les Naskapis, ainsi que celui des communautés du Nord, qui inclut les Atikamekw, les Cris et les Innuat (ou Montagnais), [un(e) Inu des Innuat]. Quant à la famille iroquoienne, elle se compose des Hurons-Wendat et des Mohawks.

Les régions Nord-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord regroupent plus de la moitié des Autochtones du Québec et 40 des 55 communautés.
Seulement huit Nations parlent encore leur langue: Atikamekw, Haudenausaunee, Mi'kmaq, Naskapis, Cris, Innu, Anishinaabe, Waban-Aki, et Inuk.
Les langues
Wendat et Wolastoqiyik ont pour ainsi dire disparu.  Il y a cependant un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue Wendat.

Plus de 15 000 Indiens sans statut et des Métis résident au Québec.  Il y aurait plus de 71,000 personnes d'ascendance Autochtone au Québec 
identifiées par la terminologie «Indien sans statut» ou «hors réserve» ou «Métis».


La Cour suprême n'a pas encore statué sur l'autonomie gouvernementale des «Autochtones» mais la «Commission royale sur les peuples autochtones (1997)» estime que l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, qui reconnaît les droits ancestraux issus de traités existants, leur assure un droit ancestral à l'autonomie gouvernementale dans certains domaines de compétences. La source de l'autonomie gouvernementale des autochtones est d'abord leur droit à l'autodétermination comme nation en vertu des normes de droit international. C'est aussi le droit de gérer leurs affaires dans certains domaines de compétence. Ce droit à l'autodétermination est le droit, pour les autochtones, de choisir comment ils se géreront à l'intérieur du Canada. 

Plus de 1% de la population actuelle du Québec est «autochtone», ce qui inclut les Amérindiens, les Inuit et les Métis.


Apaqt Lnuwi'tg, Me'tis aq Inuit  /  Les Indiens, Indiens non statués, Métis et Inuit des Maritimes

Près de 6% de la population autochtone du Canada vit sur des territoires Atlantiques.   
Près de 75% des Indiens de l'Atlentique vivent hors réserves. 
Près de 15,000 Métis vivent hors réserves sur des territoires Atlantiques.
Près de 90% des Inuit de l'Atlentique vivent à Terre-Neuve-Labrador.


Lnuwi't'g Ktaqmkuk /  Les Indiens de Terre-Neuve (People of the land across the water) 
(Texte tiré de http://www.heritage.nf.ca/patrimoine/aboriginal/micmac_f.html )

Historiens et archéologues ne s'entendent pas sur l'époque où les premiers Mi'kmaq (aussi appelés Micmacs) sont arrivés à Terre-Neuve. La tradition orale de ce peuple donne à croire qu'il y avait des Mi'kmaq à Terre-Neuve avant les premiers contacts avec l'Europe. Certains faits historiques confirment qu'il y avait des Mi'kmaq sur l'île dès le XVIe siècle, et les chroniques du XVIIe siècle y font des allusions de plus en plus fréquentes.


Aux XVIe et XVIIe siècles, les Mi'kmaq occupaient ce qu'un historien a appelé un « domaine insulaire » dans le golfe du Saint-Laurent. Habiles commerçants, ils avaient su tirer parti des petits voiliers de modèle européen, appelés chaloupes, pour organiser un réseau de traite qui s'étendait du détroit de Belle-Isle, entre Terre-Neuve et le Labrador, jusqu'à la côte du Massachusetts. Ils jouaient le rôle d'intermédiaires dans la traite des fourrures contre des produits européens.

Durant la période coloniale, les Mi'kmaq auront toujours été alliés aux Français. Aussi, après la défaite de ces derniers en 1763, les autorités de Terre-Neuve feront-elles preuve de méfiance à l'endroit des Mi'kmaq de Terre-Neuve.

À cette époque, les Mi'kmaq avaient déjà élaboré des techniques originales pour chasser le caribou et piéger les bêtes à fourrure, qu'ils troquaient contre diverses commodités comme les fusils, les bouilloires et les couteaux.

Au XIXe siècle, les Mi'kmaq de Terre-Neuve ont souvent servi de guides. Ainsi, ce sont eux qui ont mené l'explorateur William Cormack au coeur inexploré de Terre-Neuve dans ses expéditions de 1822 et de 1829 à la recherche des Béothuks. Tout au long du XIXe siècle, les quelque 150 Mi'kmaq de Terre-Neuve ont gagné leur vie comme guides, trappeurs, facteurs et vanniers.

La vie des Mi'kmaq de Terre-Neuve a été bouleversée par la construction de la ligne de chemin de fer à travers l'île, terminée en 1898. Le train a en effet ouvert l'intérieur de l'île à une ruée de chasseurs : dès 1930, le caribou était au bord de l'extinction. Le déclin mondial du prix de la fourrure associé à la grande crise économique des années 1930 a entraîné la fin du mode de vie traditionnel. En 1945, il ne restait plus de trappeurs à temps plein à Conne River (Miawpukek), le plus grand village Mi'kmaq de l'île; la coupe saisonnière du bois, mal rémunérée, était presque devenue la seule source d'argent comptant pour les gens. La chasse, la pêche et la cueillette des fruits sauvages demeuraient des éléments essentiels des vies de la majorité des familles.

Bien qu'ils se soient convertis de longue date au Catholicisme, de nombreux Mi'kmaq ont conservé leurs anciennes croyances. Et si leur langue a perdu beaucoup de terrain au XXe siècle, les gens de Conne River déploient depuis quelques années de vaillants efforts pour la faire revivre.

En 1972, la population de Conne River élisait son propre conseil de bande. La Federation of Newfoundland Indians a ensuite été créée en 1973, pour revendiquer la reconnaissance des Mi'kmaq de Terre-Neuve par les instances fédérales. En 1984, le Gouvernement fédéral reconnaissait aux Mi'kmaq de Conne River le statut d'Indiens en vertu de la Loi sur les Indiens; puis, en 1987, Conne River a été reconnue comme réserve indienne de plein droit.

Même s'il leur reste encore à faire reconnaître leurs revendications territoriales par les autorités fédérales et provinciales, les Mi'kmaq de Conne River sont devenus un modèle d'entrepreneuriat indigène : ils administrent, entre autres, un programme d'aquaculture prospère, des chalets de chasse et de pêche, et une exploitation forestière. Pour promouvoir et soutenir la culture mi'kmaq, le Conseil de bande Miawpukek commandite divers événements et programmes culturels, dont plusieurs peuvent être consultés sur le site Web de Miawpukek.


Lnuwi't'g  /  Indiens, Inuit) U.S.A.

Approximativement un pourcent des gens habitant les Etats-Unis peuvent être considéré Amérindiens. Quelques «tribes» distribuent leurs propres passeports et leurs propres permis de conduire. En plus des gens a appelé naguère « Indiens, » les Amérindiens de terme incluent aussi les Hawaïens et Inuit et Inuit de l'Alaska.

Chaque «tribe» détermine qui en est membre, et une personne peut appartenir à plusieurs «tribes». 
En général, les «tribes» utilisent le système de proportion de sang autochtone ou le système de descendance, ou une combinaison des deux, pour octroyer le statut de membre.  Les «tribes» peuvent aussi imposer des critères de domiciliation ou autres pour toutes les personnes qui souhaitent devenir membres.  Dans le cadre du système de proportion de sang autochtone, un candidat au statut de membre doit prouver qu'il a hérité d'un certain pourcentage de sang « amérindien » de la tribu à laquelle il souhaite appartenir.  Le système de descendance n'établit pas un degré minimal de proportion de sang autochtone. Mais les candidats intéressés doivent prouver qu'ils descendent directement d'un membre d'une «tribe» à une période donnée.


lnue'gati  /  Membres des Premières Nations  -  Miluisig  / Ils ont des appellations différentes
( Texte tiré de http://www.tbs-sct.gc.ca/report/govrev/04/cp-rc5_f.asp )


Selon le contexte, divers termes et expressions sont utilisés pour désigner les Peuples Autochtones.

Le terme Autochtone est l'appellation la plus courante pour désigner l'ensemble de la population autochtone au Canada.

D'un point de vue constitutionnel, soit en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982, les Peuples Autochtones du Canada englobent les Indiens, les Inuits et les Métis.

Les Indiens, que l'on appelle habituellement les Premières nations, constituent le groupe autochtone le plus important au Canada, comptant plus de 600 000 personnes (sur une population autochtone globale de près d'un million). Une «Première nation » désigne en général une bande indienne. Les Premières nations sont présentes partout au Canada, et elles parlent une langue et respectent des valeurs culturelles très diverses. Par exemple, les Premières nations représentent onze familles linguistiques (qui comptent entre 53 et 70 langues) au Canada. (Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, vol. 3, 1997)

Les Inuits vivent dans les régions arctiques et subarctiques du Canada, au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le Nord du Labrador et du Québec. On compte environ 45 000 Inuits canadiens, et leurs similitudes sont nombreuses sur les plans de la langue et des valeurs culturelles.

Les Métis constituent un groupe culturel distinct qui se compose de personnes d'ascendance mixte, qui possèdent des ancêtres européens et autochtones. Lors du Recensement de 2001, 292 000 personnes se sont déclarées Métis.

Certains termes ont une incidence juridique spécifique : un Indien inscrit est une personne qui est inscrite au sens de la Loi sur les Indiens; un Indien non inscrit est une personne indienne qui n'est pas inscrite au sens de la Loi sur les Indiens.


Gneg wetagutultieg  /  D'origine autochtone

Dans le passé plusieurs autochtones ont perdu leur droit d'appartenance suite à leur «émancipation» involontaire et injuste.  Certaines femmes l'ont perdu simplement en épousant des non-autochtones.  Plusieurs de ces descendants se sont tellement bien assimilé qu'il arrive d'entendre «ma mère était une indienne...» ou «ma grand-mère était une indienne...».  Le fait d'avoir un nom francophone ou anglophone contribue souvent à semer le doute.  Si la mère ou le père est autochtone il est toujours possible de faire reconnaître son propre statut en communiquant avec la réserve d'origine ou le Ministère des Affaires Autochtones du Canada.  S'il s'agit de la grand-mère, il arrive que l'origine autochtone ait été cachée depuis longtemps, certains ont renié leurs racines Autochtones par besoin ou par honte. 

Un Membre de Premières Nations épousant une personne allochtone portait habituellement un des noms ou le surnom sous lequel ils étaient connus par la famille et les amis.  Ce nom pouvait changer plusieurs fois pendant la durée de sa vie.  Aussi, de nombreux Membres des Premières Nations ont été baptisés dans la religion catholique et ont reçu des noms français au baptême.  Ces noms sont souvent utilisés dans les documents et dans autres occasions.  Nous retrouvons aujourd'hui des noms autochtones comme Arseneau, Aucoin, Belliveau, Béliveau, Blanchard, Blondin, Bouchard, Bourg, Briard, Couture, Gaudreau, Briard, Gaudet, Lambert, Landry, LeBlanc, LeJeune, Mélançon, Pelchat, Thériot, Tremblay, Tardif, etc. Plusieurs descendants de ces familles ont un peu ou beaucoup de sang Autochtone dans les veines. Les Français ont amené relativement peu de leurs femmes en Amérique du Nord durant les premières années, ainsi l'inter mariage entre le Français et les Mi'kmaq et autres Nations était devenu chose commune. Le fait d'avoir un nom francophone ou anglophone contribue souvent à semer le doute mais il faut se rappeler que les autochtones n’avaient pas de nom de famille ou de prénom chrétien avant «l'évangélisation» par les Jésuites. La plus part des Mi’kmaq d’aujourd’hui dont les noms de famille sont français sont les descendants de ceux-ci, qu’ils soient en réserves ou non. Certains ont renié leurs souche autochtone par choix ou par honte.  Certains ont toujours gardé leur statut autochtone d’autres l’ont perdu à cause de la «L’Acte des Sauvages» de 1876 ou de la loi de 1881 qui reconnaissait seulement la lignée paternelle. Beaucoup de ceux et celles ayant suffisamment de sang Autochtone ont récupéré leur statut depuis que la loi de 1985 (Loi C-31) a permis à beaucoup d'Autochtones qui avaient été dépossédés de leur statut de le recouvrer. 


Trois éléments majeurs qualifient les Autochtones
(Indiens, Indiens non statués, Métis, Inuit):

- Antécédence
-
Spécificité culturelle
-
Auto-identification comme Indien, Métis ou Inuit


Gase'wit  /  Admissibilité

L’article 35 de la partie II de la Loi constitutionnelle de 1982 utilise le terme «Peuples autochtones» pour désigner collectivement les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants.

Le gouvernement du Canada est le premier responsable des manières complexes de « définir » les personnes amérindiennes (Indiens, Métis, Inuit) avec l’intention première d’en réduire le nombre. 
Afin de limiter la transmission du statut, le gouvernement exige que les requérants fournissent le numéro de bande de leurs parents ou grand-parents.  Si une personne démontre que ses aïeux étaient couverts par la Loi de 1868, sans qu’ils aient pour autant demandé le statut d’Indien, cela fait d’elle une Indienne.  D'ailleurs, la plupart des bandes n'admettent dans leur communauté que les gens qui peuvent prouver que leur parent ou grand-parent étaient listé dans le recensement de cette période.


G
egnu'tmuatl gase'wit  /  
Les Preuves à l'ascendance
( Texte tiré de http://www.ainc-inac.gc.ca )

Les preuves de l’ascendance sont faites par des recherches généalogiques sérieuses approuvées par une Nation, et parfois, le témoignage des parents vivants qui sont déjà les membres inscrits de cette Nation.  Seront accepté comme preuves des copies originales ou certifiées des actes de naissance officiels, des certificats de décès et les certificats de mariage qui tracent votre ascendance directe d'un ancêtre.  Souvent cette preuve peut être insuffisante en raison des inter-mariages avec des Allochtones, le degré de sang autochtone (quantum) mélangé à d'autre abaissant ce pourcentage.  Pour cette raison, un certain pourcentage de sang autochtone est exigé pour permettre l’admissibilité.  Le statut sera alors approuvée par la Nation et par le gouvernement fédéral et un certificat de statut «Autochtone» sera émis.

Au cours des années, de nombreuses règles ont été établies pour déterminer l’admissibilité à l’inscription.  D’importantes modifications ont été apportées à la Loi sur les Indiens en 1985 lorsque le Parlement a adopté le projet de loi C-31.  Ces changements visaient à éliminer certaines dispositions de la loi antérieure, qui étaient discriminatoires.  De plus, ils ont permis aux Premières Nations de décider de l’appartenance à leurs effectifs.


Normalement, une personne est admissible à l’inscription si :

- elle était admissible avant que la loi ne soit modifiée en 1985;
- elle a perdu son statut d’Indien par suite d’un mariage avec un non-Indien;
- elle a perdu son statut d’Indien parce que son père n’était pas un Indien;
- elle a perdu son statut d’Indien parce qu’elle ou ses parents ont présenté une demande pour renoncer à l’inscription 
    et à l’appartenance à une Première Nation au moyen d’un processus appelé « émancipation »;
- ou ses deux parents sont admissibles à l’inscription, quelle que soit la raison. 
- ou elle peut être admissible à l’inscription si un seul de ses parents est admissible (dans certaines conditions).

 
Habituellement, la personne doit prouver l’ascendance d'un ancêtre listé dans les registres Canadiens ou Américains datant au plus tard de 1800.  Ces inscriptions ont souvent été faites lorsqu’une Nation a obtenu une réserve ou lorsque cette réserve a dû être déplacée ou lorsque la constitution de la Nation a été adoptée.

La première exigence pour être inscrit dans le Registre des Indiens est de fournir une preuve de descendance de personnes que le gouvernement fédéral a reconnues comme membres d’une bande indienne au Canada. Cependant, d’autres dispositions de la Loi sur les Indiens peuvent aussi contribuer à déterminer si une personne possède le statut d’Indien inscrit.


Ilsutaqann  /  Contestations

Il est possible de contester le retrait ou l’inscription d’un nom au Registre des Indiens. Les contestations doivent être soumises au registraire par écrit, dans les trois ans suivant la date de la décision du registraire. Celui-ci étudie alors la contestation, de même que le dossier original et tout autre document supplémentaire pour déterminer si la première décision est justifiée. Une fois que le registraire a pris une décision au sujet de la contestation, la personne concernée en est avisée. Si cette dernière n’est pas d’accord avec la décision du registraire, elle peut alors s’adresser aux tribunaux pour régler la question.  (Paragraphe tiré de: http://www.ainc-inac.gc.ca/br/is/tir-fra.asp )

Les articles de la Loi sur les Indiens se rapportant à la définition d'Indien ainsi qu'à son inscription au registre prévoient un mécanisme de contestation des suppressions et ajouts de noms effectués à la liste des membres. Les deux documents que contiennent normalement ces dossiers sont un formulaire de contestation touchant l'inscription d'un membre (rempli par les chefs de bande) et un questionnaire sur le contestataire. Le premier de ces deux documents identifie la personne (nom, bande, numéro de billet) et présente le motif de la contestation : omission, inclusion, ajout ou suppression du nom de la personne concernée dans les listes. Le deuxième fournit de l'information plus détaillée sur la personne (nom, date et lieu de naissance, statut civil, statut d'Indien, nom et statut du conjoint, nom et date de naissance des enfants, détails concernant les parents ainsi que les grands-parents maternels et paternels). Des notes d'accompagnement se trouvent habituellement dans ces dossiers; on y retrouve aussi parfois de la correspondance relative à la paternité des enfants.  (Paragraphe tiré de: http://www.lac-bac.gc.ca/genealogie/022-607.002.01.01.19-f.html#f )


Les tests ADN et les Haplogroupes

Des tests de ADN peuvent indiquer qu’une personne a ou non un certain bagage génétique autochtone.  Ces tests de ADN ne peuvent cependant pas au Canada être utilisé comme preuve d'appartenanceLe demandeur doit répondre à des exigences d'inscription dans l'une ou l'autre des Nations.  Les conditions pour l'inscription sont uniques et déterminées selon la constitution de chaque Nation.  De plus, même si ce n'est pas spécifié dans la Loi sur les Indiens, le gouvernement exige que l'individu fasse parti d'une communauté autochtone et que cette communauté pratique des coutumes ancestrales. 

L’homme et la femme ont chacun 23 paires de chromosomes. Chez l’individu male la 23ième paire est constituée de Chromosomes X et de Chromosomes Y alors que l’individu de sexe féminin a deux Chromosomes X.  Le Chromosome Y transmet les informations ancestrales concernant la lignée paternelle.  Les Chromosomes Y diffusent l'information génétique de père en fils. L’ADNmt est transmise d'une mère à ses enfants, fille ou fils. Cependant seulement les femmes transmettent l’ADNmt.  Le Chromosome Y (comme le mtDNA Haplogroups) contient certaines traces de Haplogroupes Q, P et F qui sont spécifiques aux mâles d’ascendance Autochtone de l’Amérique du Nord.

Il y a deux façons de déterminer si vous avez une ascendance autochtones en utilisant les tests ADN.  La première méthode est en mesurant votre ADN mitochondrial (ADNmt) et la deuxième méthode est en mesurant votre ADN des Chromosomes Y.

Afin que le test des Chromosomes X soit positif, vous devez avoir une ligne maternelle ininterrompue (mère-à-mère-à-mère).  Ceci ne signifie pas que votre mère, grand-mère et grand-grand-mère doivent être Autochtones à 100%, ils doivent seulement avoir du sang autochtone.

La plupart des Autochtones peuvent être classifiées dans l'un de ces cinq Haplogroupes:  Groupes A, B, C, D ou X.  Ces Haplogroupes représentent des populations autochtones de lieux géographiques différents.  Par exemple :

- Le
Haplogroupe A se retrouve plus souvent dans régions arctiques/sub-arctiques de l'Amérique du Nord ; il est presque inexistant parmi les Peuples n’appartenant pas à la famille linguistique Athapaskan dans les secteurs du sud-ouest.
- Le
Haplogroupe B se retrouve plus souvent dans la région du sud-ouest de l'Amérique du Nord.
- Le Haplogroupe C se retrouve plus souvent dans les régions orientales de l'Amérique du Nord.
- Le
Haplogroupe D se retrouve plus souvent chez les Peuples de l’ouest du continent nord-américain.

- Le
Haplogroupe X se retrouve plus souvent chez les Peuples de la famille linguistique parlants d'Algonquian dans les régions centrales ainsi que dans les régions du nord des Grands Lacs.

Ces Haplogroupes se retrouvent très rarement chez des populations autres qu’autochtones. 
 


Suel kedla'wa'  L'nu  'mtenin  / Caractéristiques physiques actuelles chez plusieurs :
  
Hautes pommettes
Yeux légèrement en amande.  Grosses paupières lourdes chez les enfants.
Pigmentation sur la rétine.
Grandes dents avant.
Pointe de Carrabelli inexistante sur la première maxillaire.
Grands lobes d’oreille.
Auriculaire (petit doigt) tordu ou rosé.
Sternum inversé.
Deuxième orteil plus longue que la grosse orteil.
Métatarse extérieur plus large.  
Teint foncé ou grande facilité à bronzer 



lnue'gati'l  / Les réserves et terres réservées

Une réserve amérindienne est un territoire délimité en vertu d'une loi fédérale et dont l'usage et le profit sont réservés à une bande amérindienne. La Loi des Indiens en vertu de laquelle les réserves sont créées a été adoptée par le Parlement du Canada en 1876.  En 1993, au Québec, il y avait 58 établissements autochtones dont 16 communautés Inuit.
À partir de 1950, plusieurs nouvelles réserves s'ajoutent aux 24 déjà existantes au Québec.

Les Amérindiens du Québec habitent des réserves, des établissements ou des terres conventionnées. Toutefois, même s’ils sont inscrits comme membres d’une bande, ils n’habitent pas tous dans une communauté. Au Québec, près de 65 496 AmérindiensVivent soit dans une réserve, soit dans un établissement ou sur des terres conventionnées, alors qu’environ • 70 % d’entre eux habitent hors de ces territoires. Pour leur part, les Inuits, qui comptent 9 400 personnes, vivent en majorité dans les villages nordiques situés le long de la baie d’Ungava, du détroit et de la baie d’Hudson.
Les réserves sont des terres mises de côté pour l’usage et le bénéfice des Amérindiens, alors que les établissements sont des parcelles de terres sur lesquelles vivent des bandes amérindiennes, bien que ces terres n’aient jamais été, officiellement, mises à part pour leur usage. Le gouvernement fédéral administre les territoires des réserves. Chez les Inuits, le régime territorial est différent en ce sens qu’il relève entièrement du Québec.  Les conventions du Nord accordent aux Cris, aux Inuits et aux Naskapis des droits particuliers sur de vastes territoires classés par  catégories afin d’en faciliter l’administration et de déterminer les droits des usagers. Les terres de catégorie I sont à l’usage exclusif des Autochtones, tandis que les terres de catégories II et III sont des terres publiques sur lesquelles ils détiennent certains droits.  Au Québec, les terres réservées totalisent 14 786,5 km et les terres conventionnées de la catégorie I représente 95 % de cette superficie. Les réserves et les établissements n’occupent que 5 % de ce total, bien qu’ils regroupent 70 % de la population autochtone vivant sur les terres réservées.

La première réserve amérindienne canadienne est établie en 1637 à Sillery près de Québec dans le but de rassembler de force les Amérindiens «vagabonds» dans un endroit «convenable» afin de les convertir.  La réserve est accordée sous forme de seigneurie aux Amérindiens chrétiens, sous la supervision des Jésuites. 
  Plus tard, des réserves sont mises de côté par traité et diverses formes de concessions de la Couronne dans les colonies britanniques des Maritimes, du Bas-Canada et du Haut-Canada. Après la Confédération, les réserves sont instituées soit en vertu de traités numérotés, soit par des ententes spéciales avec des bandes individuelles. 
(Paragraphe tiré de http://www.canadianencyclopedia.ca )

Les Mik'maq et autres peuples autochtones de l'Île de la Grande Tortue ont vu leur terres fondues au sein d'États comme si ces peuples autochtones n'existaient pas.  Ces gouvernements ont alors créé des réserves indiennes fédérales conçue dans la perspective de la disparition de leurs distinctions culturelles.

Les autochtones de l'Île de la Grande Tortue (des Amériques) tiennent à leurs réserves comme à la prunelle de leurs yeux. Il existe entre eux et la nature, entre les communautés et le sol qu'elles foulent sous leurs pieds, des relations sentimentales, affectives, religieuses, d'une profondeur qui n'existe chez nul autre peuple au monde.   Ils sont parmi les guerriers les plus valeureux que le monde ait connus et aucun peuple peut-être n’a autant combattu pour sa liberté. Pendant quatre siècles, d’un océan à l’autre, victimes d’une injustice permanente, ils ont défendu leur sol, leur vie, leur traditions et leur langues. 

Les «réserves indiennes» sont des parcelles de terres situées sur le territoire ancestral des communautés qui les habitent.  Elles sont réservées pour l’usage et le bénéfice exclusifs des Indiens; un conseil de bande peut y adopter des résolutions pour en contrôler l’usage mais ces réserves sont sous compétence fédérale.
 

Près de  52 000 autochtones inscrits du Québec sur 72 000 résident sur des réserves indiennes, des établissements ou des terres conventionnées. Toutefois, même s'ils sont inscrits comme membres d’une «bande», ils n’habitent pas tous dans ces types d’agglomérations. Plusieurs résident vivent en milieu urbain à l’extérieur de ces agglomérations.

Plus de 15 000 Indiens et Métis sans statut (non inscrits) résidant au Québec sont répartis dans diverses agglomérations tant urbaines que rurales. Plusieurs n’ont pas d’organisation politique, comme un conseil de bande ou un conseil municipal, pour prendre en charge les services habituellement liés à l’administration d’une communauté.


Naspit Lnue'gati  / Appartenance à une bande

Un Indien appartient à une bande lorsqu’il est un membre reconnu d’une bande et que son nom figure sur la liste approuvée de la bande.  Une bande peut établir qui a droit à l’appartenance à la bande.  Le fait d’être un Indien inscrit n’est pas nécessairement synonyme d’être membre de celle-ci. Les Indiens inscrits qui ne sont pas membres d’une bande figurent sur la liste générale.


Mens'g maqamigal /  Territoires divisés

Sans l'avis des nations autochtones concernées, le Traité de Versailles de 1783 établissait la frontière entre les États-Unis d'Amérique récemment formés et les colonies britanniques en Amérique du Nord depuis «l'embouchure de la rivière Ste-Croix dans la baie de Fundy» jusqu'au point situé à l'extrême nord-ouest du lac des Bois, puis en direction plein ouest jusqu'au fleuve Mississippi et vers l'aval le long de ce cours d'eau.

Le Traité Jay de 1794, en théorie, n'était pas un traité avec les autochtones, car il avait été signé entre le gouvernement britannique et les États-Unis.  Par contre, il touchait les autochtones du Canada.

Afin de prévenir la guerre avec les États-Unis la Grande-Bretagne négocia une entente de paix consentant à retirer tous les officiers de la Couronne de leurs postes au sud des Grands Lacs.  En retour, les Britanniques ont obtenaient la permission pour les autochtones de traverser librement la frontière Canada-U.S.A.

Le gouvernement U.S.A. considère le traité de Jay comme une entente qui accorde à ceux qui possèdent le statut d’indien le droit de travailler et de vivre librement au-delà de la frontière.  Le gouvernement canadien a toujours contesté ce droit.

Sans l'avis des nations autochtones concernées, e
n 1908, le Canada et les U.S.A signaient un traité prévoyant une démarcation détaillée de la frontière de l'Atlantique au Pacifique sur toute sa longueur.


Nm'tginen me'mnaq ejiglignmuetueg gis na naqtmueg  /  Nos n'avons jamais laissé ou cédé nos territoires. 

Emittugwalatl Mi'gma'gi  -  Awitkatulti'k   /  Visitez Mi'gma'gi  -  Les Territoires de l'amitié


Les territoires Mi’kmaq sont formés de sept
saqamawtis (districts) comprenant chacun plusieurs wiqamaws (clans) dirigés par un saqamaw (chef), un sa'ya (guide spirituel) et un keptin (chef de guerre) En 1860 la nation Mi’kmaq a annexe un autre territoire, Taqamkuk, totalisant huit districts. 
Le huit saqamawtis sont représenté au conseil de Sante' Mawi'omi (Confédération des Nations Mi'kmaq) par les saqamaws et les keptins.


8 Sakamowit (8 Territoires):

1. Kespek (Gespegiag) qui signifie «Les derniers territoires». 
Ces territoires comprennent Gloucester, Northumberland, et Restigouche Counties du Nouveau-Brunswick, Maine (U.S.A) et Massachusetts (U.S.A.) et de la péninsule de Gaspésie au Québec.

2. Siknikt (Sigenitog) qui signifie  «Terres de drainage».
Ces territoires comprennent Cumberland County, la Nouvelle-Écosse incluant Albert, Kent, Queens, Saint-Jean, et Westmoreland Counties du Nouveau-Brunswick .

3. Epelwik (Epeggoitg) signifie «Étendue sur l’eau».
Ces territoires comprennent  Piwktuk (Pigtog) «lieu des explosions gazeuses».  Ces territoires sont ceux nommés Île-Du-Prince-Édouard.


4. Kespukwitk (Gespogoitg) signifie «Fin des terres».
Annapolis, Digby, Quenns, Shelburne, et Yarmouth Counties de Nouvelle-Écosse.

5. Sipekne'katik/ Segepenegatig / Ssegubunakadik  signifiant «là où poussent les arachides (pommes de terre indiennes)».
Colchester, Hants, Lunenburg, et Kings Counties de Nouvelle-Écosse.

6. Eskikewa'kik (Esgigiag)  «Terres des peaux étendues».
Halifax et Guysborough Counties de Nouvelle-Écosse.

7. Wunama'kik (Onamagig) «Terres des brûmes».
Ces territoire sont ceux couvrant l'Ile-du-Cape-Breton

8. Taqamkuk (Tagamgoog) - Ces territoires sont ceux couvrant le sud de Terre-Neuve ainsi que les Îles Saint-Pierre et Miquelon.  Les Îles Saint-Pierre et Miquelon auraient été fréquentées pendant plus de 8000 ans par plusieurs peuples d'Amérique du Nord, dont les Mi'kmaq, les Beothuks et les Inuits (Paléo Eskimo).


«Les territoires ancestraux sont des terres sacrées, elles sont la poussière et le sang de nos ancêtres.  
Aussi longtemps que le soleil se lèvera et que le fleuve coulera vers la mer, notre attachement à notre terre natale restera fort. 
Notre terre ne périra pas, même dans les flammes d'un feu.  Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera, la terre donnera vie aux hommes et aux animaux.» (auteur inconnu)  

Ntulankeyutmonen Nkihtaqmikon
(Nous préservons les territoires ancestraux)





Le drapeau des Nations Mi'kmaq  /  Mi'gmewei mtawegn  /  Mi'kma'ki mtawegn:

Le blanc représente la purete de la création;
La croix rouge représente l'être humain et identifie les quatre directions;
Le soleil représente les forces du jour; 
La lune représente les forces de la nuit; 
Ensemble le soleil et la lune représente le Créateur.


D'appartenance Mi'kmaq  /
Mi'gmewa'jg:
 
Il y a plus de 25,000 Mi'kmaq statués vivant dans les réserves du Canada et des U.S.A, 
et il y a près de 25,000 Mi'kmaq sans status vivant hors réserves.


Kanata Utplu'takun /  Le statut au Canada

Les Autochtones et les terres réservées à ceux-ci sont actuellement régie par le gouvernement fédéral canadien.  Il s'agit d'une caractéristique découlant de la proclamation royale de 1763, où la Couronne britannique affirmait sa responsabilité de protection à l'égard des Nations Autochtones. Au point de départ le statut d'Indien  était un statut «temporaire» dont l'objectif ultime était l'assimilation complète.  Par la suite «l'Acte des Sauvages» devait faciliter cette transaction car elle avait pour objectif ultime l'affranchissement, c'est-à-dire la perte du statut par «émancipation».  La plupart des citoyens allochtones ont été maintenu ignorants de ces particularités rétrogrades de la loi (Il est dans le jeu des politiciens de tenir les citoyens dans l'ignorance).  Ces non-autochtones y voyait un statut spécial conférant plusieurs privilèges qu'ils n'avaient pas eux-même, et contribuait à créer une jalousie, voir même une haine pour certains, et qui perdure encore aujourd'hui chez plusieurs.

L’obligation de tenir une conférence constitutionnelle sur les droits des Premières Nations fait partie de la Loi constitutionnelle de 1982.  Les Peuples autochtones ont le droit de participer directement à la révision de la constitution et aux autres processus décisionnels susceptibles de toucher leurs droits. Lorsque le statut, les droits ou les territoires des Peuples autochtones sont directement touchés, tout changement au cadre politique et constitutionnel canadien nécessite le consentement libre et éclairé des Peuples concernés.  


Me'tis  /  Métis

L'article 35 de la Loi constitutionnelle canadienne de 1982 identifia les Métis comme un groupe autochtone, on octroya au peuple Métis des droits distincts et une protection constitutionnelle. 

Le 19 septembre 2003 la Cour suprême du Canada confirme que les Métis forment un Peuple autochtone distinct avec des droits constitutionnels. 
 

Il suffit de plus que de la preuve d’un lien généalogique à une communauté historique Métis pour joindre un organisme Métis.  La Cour identifia trois facteurs principaux par lesquels on peut identifier les détenteurs de droits comme Métis : identification personnelle, des liens ancestraux à une communauté historique Métis et l’acceptation de la communauté.



U.S.A. Utplu'takun /  Le statut aux U.S.A.

De 1778 à 1871, le gouvernement fédéral U.S.A. essaya de résoudre son rapport avec les divers peuples indigènes en négociant des traités.  Dans chacun des centaines de traités qui ont été négociés au nom du président et ratifiés par le Sénat, les accords étaient formels entre deux nations souveraines.  Les indigènes étaient des citoyens de leur nation, vivant dans les limites des U.S.A.

Jusqu'au Indian Citizenship Act de 1924, les Indiens possédaient un statut particulier en vertu de la loi fédérale.  Certains avaient cependant déjà acquis la citoyenneté en épousant les hommes blancs.  D'autres avaient obtenu la citoyenneté U.S.A par le service militaire, par la réception des attributions ou par des traités spéciaux ou des statuts spéciaux.  Plusieurs n'étaient toujours pas des citoyens, empêchées par les processus ordinaires de la naturalisation pourtant  accordés aux étrangers.  Le2 juin 1924 le Congrès accordait le et citoyenneté à tous les autochtones nés aux U.S.A.


The Indian Citizenship Act of 1924:

"BE IT ENACTED by the Senate and house of Representatives of the United States of America in Congress assembled, That all non citizen Indians born within the territorial limits of the United States be, and they are hereby, declared to be citizens of the United States: Provided That the granting of such citizenship shall not in any manner impair or otherwise affect the right of any Indian to tribal or other property. (Approved June 2, 1924)" 


L'nu agase'wit  /  Registres des Indiens

Le Registre des Indiens regroupe tous les répertoires existants de personnes reconnues par le gouvernement fédéral comme membres d’une bande indienne.  Il sert de répertoire central des personnes inscrites comme Indiens en vertu de la Loi sur les Indiens.

Dès 1850, les agents du gouvernement de l’Amérique du Nord britannique a commencé à tenir des registres en vue d’identifier les Indiens et les bandes auxquelles ils appartenaient.

À partir de 1871, les agents indiens faisaient des recensements généraux pour chacune des bandes de leur territoire et les fournissaient au ministère des Affaires indiennes pour des fins de statistiques.  Les résultats étaient inclus dans les rapports annuels du Ministère. À partir de 1917, ces recensements généraux avaient lieu tous les cinq ans.

En 1939, on consignait non seulement le nom, mais aussi le sexe, l'âge, l'état civil et le numéro de membre de chaque Indien.  Ces données étaient conservées au bureau local.

D
ès 1951, le gouvernement fédéral mettait sur pied le premier registre national contenant le nom de toutes les personnes connues ayant le droit de détenir le titre d'Indien inscrit en vertu de la Loi sur les Indiens.



Agase'wultieg / Nous sommes enregistré

Au Canada une carte de statut est émise par AINC - INAC (Affaires Indiennes et du Nord Canada - Indian and Northern Affairs Canada).  Le certificat de statut d’Indien, plus communément appelé «carte de statut», est une pièce d’identité qu’Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) délivre au titulaire pour confirmer qu’il est inscrit à titre d’Indien en vertu de la Loi sur les Indiens.

Les personnes de tous âges inscrites à titre d’Indien en vertu de la Loi sur les Indiens peuvent volontairement* demander leur certificat de statut au
ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canada (AINC)
Ces cartes sont numérotées
(10 chiffres) et comportent une photo du titulaire, ainsi que son nom et son numéro de registre ou de bande.

* En réalité le terme «peuvent volontairement» signifie «doivent obligatoirement s'ils veulent être reconnu et pouvoir bénéficier de leurs droits».
Un Indien qui choisi de ne pas être enregistré (comme peu l'être un animal de compagnie) ne bénéficie pas des prévilèges que peuvent avoir ses frères et soeurs enregistrés et donc statués.  La loi du gouvernement du Canada dit clairement « Les personnes de tous âges inscrites à titre d’Indien en vertu de la Loi sur les Indiens peuvent volontairement demander leur certificat de statut au ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canada (AINC)». 
Aussi, l
a loi constitutionnelle de 1982 stiplule qu'une Première Nation a «le droit de déterminer ses propres conditions de citoyenneté, c'est un droit ancestral et issu de traités existant au sens du paragraphe 35(1) de la Loi constitutionnelle de 1982.»


2009  -  Nouveau certificat sécurisé de statut d’Indien: 

Le nouveau certificat sécurisé de statut d’Indien est né d’une initiative conjointe de l’Assemblée des Premières Nations (APN), du secteur des Services fonciers et fiduciaires d’AINC et d’un projet connexe avec les Premières nations du Traité no 7.  L’objectif est d’augmenter les caractéristiques de sécurité de la carte de statut afin de réduire ou d’éliminer les problèmes de vol d’identité et de fraude.  Deux versions sont disponibles: la version «courante» et la version «passage frontalier».

La nouvelle carte de statut sécurisée présente plusieurs améliorations sur le plan de la sécurité qui réduisent considérablement le risque de modification ou de reproduction non autorisée.  Elle contribue ainsi à garantir l’intégrité continue des programmes et des services en les protégeant contre la fraude et le vol d’identité.

Un renouvellement à tous les cinq ans du certificat sécurisé de statut d’Indien sera nécessaire pour se conformer aux normes internationales (OACI) car les coordonnées personnelles du titulaire changent et que sa photo doit être mise à jour.  La date de renouvellement du certificat de statut dépendra de la date de naissance du titulaire. Pour les personnes âgées de 16 ans et plus, le certificat de statut sécurisée sera renouvelable aux cinq ans, au plus tard à la date de naissance du titulaire. Pour les personnes âgées de 15 ans et moins, le certificat sécurisée sera renouvelable aux trois ans, au plus tard à la date de naissance du titulaire.

Nouvelles caractéristiques du CSSI :
- éléments graphiques spécialisés;
- caractéristiques de sécurité améliorées;
-
numéro sans frais pour vérifier la validité de la carte.



Ganata Inuwi't'g /  Les Indiens du Canada
Mawgitg  /  Recensement


Composition ethique de la population autochtone
du Canada selon le recensement de 1991

Provinces et Territoires

Indiens inscrits

Inuit

Métis

Autres ayant au moins 
une ascendance autochtone

T-N

1075

2615 300 9270
Î-P-É

510

10

30

1370

N-É

7,675

80

185

14215

N-B

4,685

55

115

8355

QC

36,150

6,780

7,140

89,430

Ont

70,425

530

3,785

172,160

Man

62,635

240

15,960

38,605

Sask

56,710

55

12,780

28,120

Alb

54,220

450

18,005

77,175

C-B

77,705

240

4,245

90,285

Yuk

4,145

30

95

2,200

T-N-O

9,865

18,370

1,875

5,355

         






Résultats du recensement de 2006
Tirés de http://www12.statcan.ca/francais/census06/release/index.cfm


Il y aurait plus de 2,300 réserves indiennes au Canada.  54% de la population autochtone du Canada résident à l'extérieur des réserves.

Selon le recensement de 2006 le nombre d'Autochtones au Canada dont le statut est enregistré est de 1,172,790.  Cette part de population au Canada est donc de 3,8%.  
Grâce à une augmentation de population de 45% en 10 ans, les Autochtones sont, pour la première fois, plus d'un million au Canada et près de la moitié d'entre eux ont moins de 25 ans.

Seulement 40% de la population autochtone vie sur des réserves au Canada alors que le nombre est de 49% au Québec.

En 2006, la population ayant une identité autochtone s'élevait à 1,172,725 personnes, dont 53% sont des Indiens inscrits, 30% des Métis, 11% des Indiens non inscrits et 4% des Inuit.  
Depuis 1996, la population autochtone s'est accrue de 47%.



Les trois quarts des Inuits vivent dans l'Inuit Nunaat qui s'étend du Labrador aux Territoires du Nord-Ouest

Selon le recensement, un peu plus des trois quarts des Inuits au Canada (78 %), soit quelque 40 000 personnes, vivent dans l'une des quatre régions qui forment l'Inuit Nunaat. C'est l'expression inuktitut qui signifie la « patrie inuite », une région qui s'étend du Labrador aux Territoires du Nord-Ouest (voir l'encadré intitulé Inuit Nunaat). Cette patrie est formée de quatre régions: 

Le territoire du Nunavut : Le Recensement de 2006 a permis de dénombrer 24 635 Inuits dans cette région, qui se caractérise à la fois par la masse terrestre la plus grande et la population inuite la plus importante. Ces personnes représentent près de la moitié (49 %) de l'ensemble de la population inuite au Canada. La population inuite du Nunavut a crû de 20 % entre 1996et 2006.

Nunavik : Cette région du Nord québécois regroupe 9 565 Inuits, soit 19 % de l'ensemble de la population inuite. Le Nunavik affiche le taux de croissance le plus élevé de la population inuite, 25 % depuis 1996.

Région inuvialuite : Cette région des Territoires du Nord-Ouest compte une population de 3 115 Inuits, représentant 6 % de tous les Inuits au pays. La région inuvialuite est la seule à avoir accusé une baisse de la population (-3 %) depuis 1996.

Nunatsiavut :
 La population inuite de cette région du nord du Labrador s'élève à 2 160 personnes, soit 4 % des Inuits. Elle a affiché un taux de croissance de 3 % depuis 1996.

Les Inuits forment la majorité de la population dans chacune des quatre régions. Ils représentent 90 % de la population au Nunavik, 89 % au Nunatsiavut, 84 % au Nunavut et 55 % dans la région inuvialuite.


Bien que la plupart des Inuits habitent dans l'Inuit Nunaat, une proportion de plus en plus importante d'entre eux vivent dans d'autres régions du Canada et notamment dans les centres urbains du sud. En 2006, 22 % des Inuits vivaient hors de l'Inuit Nunaat, en hausse par rapport aux 17 % dénombrés en 1996.

Le Recensement de 2006 a dénombré 8 395 Inuits dans les centres urbains hors de l'Inuit Nunaat, soit une hausse d'environ 60 % par rapport aux 5 235 Inuits recensés en 1996. En 2006, ces citadins représentaient 17 % de l'ensemble de la population inuite, en hausse par rapport au pourcentage observé une décennie plus tôt (13 %). En outre, 5 % des Inuits vivaient dans des régions rurales hors de l'Inuit Nunaat.

En 2006, les villes hors de l'Inuit Nunaat qui comptaient les populations inuites les plus importantes étaient Ottawa ‑ Gatineau (725 Inuits), Yellowknife (640), Edmonton (590), Montréal (570) et Winnipeg (355).




Population Métisse


Les nouvelles données du Recensement de 2006 montrent que la population métisse  est en plein essor, son taux de croissance ayant surpassé celui des autres groupes autochtones ainsi que celui de la population non autochtone au cours de la dernière décennie.

Parmi les 1 172 790 personnes qui se sont identifiées comme Autochtones lors du Recensement de 2006, 389 785 ont déclaré être des Métis. Cette population a presque doublé (un accroissement de 91 %) depuis 1996.

Ce taux de croissance est plus de 11 fois supérieur à celui enregistré par la population non autochtone (8 %) au cours de la même période. À titre de comparaison, la population des Premières nations a augmenté de 29 % depuis 1996 et celle des Inuits, de 26 %.

Bien que les Métis ne représentent que 1 % de l'ensemble de la population du Canada, leur poids démographique est plus important dans l'Ouest du pays. En 2006, 9 % de l'ensemble de la population des Territoires du Nord-Ouest ont déclaré être des Métis; viennent ensuite les populations métisses du Manitoba (6 %), de la Saskatchewan (5 %) et de l'Alberta et du territoire du Yukon (3 % chacun).

Les Métis formaient 34 % de l'ensemble de la population en 2006, en hausse par rapport à 1996 (26 %). La croissance de la population métisse s'explique tant par des facteurs démographiques, comme un taux de fécondité élevé relativement à celui de la population non autochtone, que par des facteurs non démographiques, comme la propension accrue à s'identifier comme Métis.

De 1996 à 2006, des jalons politiques et juridiques marquants ont pu inciter les Métis à faire valoir leur identité. Les Métis ont pu bénéficier d'une reconnaissance notable dans le rapport final de la Commission royale sur les peuples autochtones (1996). Au cours des dernières années, les Métis ont obtenu gain de cause dans plusieurs affaires importantes portées devant les tribunaux, lesquelles ont renforcé leurs droits de chasse.


Près de neuf Métis sur 10 vivent dans les provinces de l'Ouest et en Ontario

Neuf personnes s'étant identifiées comme Métis sur 10 (environ 87 %) vivent dans les provinces de l'Ouest et en Ontario. Le recensement a permis d'en dénombrer 85 500 (22 %) en Alberta, 73 605 (19 %) en Ontario, 71 805 (18 %) au Manitoba, 59 445 (15 %) en Colombie-Britannique et 48 115 (12 %) en Saskatchewan.

En outre, 27 980 Métis (7 % de l'ensemble de la population métisse) ont été dénombrés au Québec. Les Métis sont peu nombreux dans les autres provinces et territoires. On estime à 18 805 (5 %) le nombre de Métis vivant dans les provinces de l'Atlantique, ceux-ci se répartissant ainsi : 7 680 en Nouvelle-Écosse, 6 470 à Terre-Neuve-et-Labrador, 4 270 au Nouveau-Brunswick et 385 à l'Île-du-Prince-Édouard.

Seulement 1 % des Métis vivent dans les territoires. Ces 4 515 Métis se répartissent comme suit : 3 580 dans les Territoires du Nord-Ouest, 805 dans le territoire du Yukon et 130 au Nunavut.

Environ les quatre cinquièmes (80 %) de la croissance de la population des Métis au cours de la dernière décennie sont le fait des quatre provinces qui comptent les effectifs métis les plus importants : l'Alberta, l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique.




Hausse marquée de la population des Premières Nations


Les nouvelles données du Recensement de 2006 montrent que la population des Indiens de l'Amérique du Nord a connu une croissance rapide au cours de la dernière décennie.

Environ 698 025 personnes se sont identifiées comme Indiens de l'Amérique du Nord , désignés par le terme « membres des Premières nations » dans le présent rapport. Elles représentent 60 % des 1 172 790 personnes qui ont déclaré être Autochtones au recensement, et 2,2 % de l'ensemble de la population du Canada.

La population des Premières nations a augmenté de 29 % entre 1996 et 2006, soit 3,5 fois plus rapidement que la population non autochtone (8 %).

Cette population englobe 615 Premières nations et 10 familles distinctes de langues des Premières nations au Canada. Certains membres des Premières nations sont des Indiens inscrits aux termes de la Loi sur les Indiens et d'autres, non (voir l'encadré intitulé Loi sur les Indiens et projet de loi C-31).

La majorité des membres des Premières nations ont le statut d'Indiens, c'est-à-dire qu'ils sont inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens. Le recensement a permis de dénombrer 564 870 personnes ayant déclaré être des Indiens inscrits, ce qui représente 81 % de l'ensemble de la population des Première nations. Environ 133 155 membres des Premières nations ne sont pas inscrits aux termes de la Loi sur les Indiens.

Entre 1996 et 2006, la population non inscrite des Premières nations a augmenté de 53 %, soit plus de deux fois le taux de croissance de la population inscrite (24 %). Cette progression pourrait être partiellement attribuable aux dispositions de la Loi sur les Indiens régissant la transmission du statut d'Indiens inscrits aux enfants.



La majorité des membres des Premières nations vivent en Ontario et dans les provinces de l'Ouest.


Ensemble, l'Ontario et les provinces de l'Ouest regroupent quelque 577 300 membres des Premières nations, soit les quatre cinquièmes (83 %) de l'ensemble de cette population.

Environ 158 395 d'entre eux (23 %) vivent en Ontario, 129 580 (19 %), en Colombie-Britannique, 100 645 (14 %), au Manitoba, 97 275 (14 %), en Alberta, et 91 400 (13 %), en Saskatchewan.

Malgré les populations importantes recensées en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, les membres des Premières nations représentent tout au plus 3 % de la population de chacune de ces provinces. En revanche, les Premières nations forment les trois dixièmes de la population des Territoires du Nord-Ouest, les deux dixièmes de celle du territoire du Yukon et le dixième environ de la population en Saskatchewan et au Manitoba.

En 2006, Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) reconnaissait 615 collectivités des Premières nations au Canada. La Colombie-Britannique en comptait 198, soit environ le tiers des Premières nations, et l'Ontario, 126. Ensemble, ces deux provinces regroupent un peu plus de la moitié (53 %) de toutes les collectivités des Premières nations vivant au Canada.
En outre, 39 % des collectivités des Premières nations se trouvent dans cinq juridictions, soit en Saskatchewan (70), au Manitoba (63), en Alberta (44), au Québec (39) et dans les Territoires du Nord-Ouest (26). On en dénombre moins de 20 dans chacune des autres provinces et dans le territoire du Yukon, et aucune au Nunavut.


Tmawei / Le tabac sauvage

Le tabac (de Virginie) que nous connaissons aujourd’hui ne poussait pas partout en Amérique du Nord.  Le tabac utilisé au Canada et au Québec était du tabac qui pousse encore à l’état sauvage au Québec et qui n’a rien à voir avec le tabac originaire de Virginie.  La plante utilisé (tabac des indiens) était une plante annuelle et parfois bisannuelle, originaire du Canada, du Nord-Est des U.S.A. 

Pour leurs cérémonies de purification les Mi’kmaq et autres Peuples de cette partie du continent utilisaient ce qu’ils appelaient le «tabac des indiens» une plante annuelle ou parfois bisannuelle.  Cette plante poussait de la Nouvelle Écosse actuelle jusqu'au sud-ouest de l'Ontario actuel.  Elle y pousse encore.  On lui donne plusieurs noms, même scientifiques : lobelia inflata, lobélie enflée, lobélie brûlante, herbe à l'asthme, asthma Weed, iIndian tobacco, pukeweed, vomitwort.

Chez les «Mi’kmaq on utilisait le «tabac des indiens» entre autre pour la cérémonie du «kinnikinnik».  Ce tabac était mélangé à de l’écorce d’aulne et de saule et des feuilles de feuilles de raisins d’ours (bear berry leaves).  Cette plante était aussi fumée.  Fumé, l'utilisation individuelle était rare. Il servait comme tout comme aujourd'hui (chez certains) à communiquer avec les esprits (comme l’encens qui monte vers le ciel). Lorsque cela se fait «selon le protocole cérémonial», ce geste devient sacré.  Le tabac fait ouvrir la porte, au nom de notre Créateur, et toute chose devient spirituelle. Le sage prend alors ce tabac et l'offre au feu ou le retourne à la Terre notre Mère au nom du Cercle sacré. On le mélange à la sauge lors de purifications (non pas pour le fumer). On l’offre à la terre après la chasse.

La médecine actuelle (non traditionnelle ) lui attribue certaines qualités.  On la dit relaxante et euphorisante. Elle régularise le système nerveux et soulage les voies respiratoires.  En usage externe le tabac est aussi une plante curative, il est antifongique et sert pour certains troubles de la peau. Il est aussi vermifuge.

Le Créateur a dit «Lorsque tu voudras me parler, tu feras une offrande de cette plante de tabac».

Gis e'wmn tmawei ugjit a'sutman (On peut utiliser le tabac pour la prière)


Wejusuadu abankudoowa / L'impôt sur les revenus
(Texte tiré de http://www.ainc-inac.gc.ca/pr/info/info113_f.html )

De façon générale, les Autochtones au Canada sont assujettis au paiement de l'impôt au même titre que d'autres habitants du Canada, sauf dans les cas où s'applique l'exemption fiscale énoncée à l'article 87 de la Loi sur les Indiens. L'article 87 stipule en effet que « les biens meubles d'un Indien ou d'une bande situés sur une réserve » sont exempts d'impôt. Les Métis et les Inuit n'ont pas droit à une telle exonération.

La Loi sur les Indiens empêche les gouvernements non autochtones de taxer les biens des Indiens inscrits qui se trouvent dans les réserves. Cependant, l'article 83 de la Loi sur les Indiens confère aux Premières nations le pouvoir d'imposer des taxes foncières sur des intérêts dans des terres de réserve. Ces règlements relatifs à l'impôt foncier doivent être révisés par la Commission consultative sur la fiscalité indienne et être soumis pour approbation au ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Les modalités en matière d'impôt peuvent varier, car certaines revendications d'autonomie gouvernementale et revendications foncières peuvent conférer aux Premières nations des pouvoirs d'imposition accrus ou peuvent avoir une incidence sur leur traitement fiscal. Certaines Premières nations ont négocié des pouvoirs d'imposition avec le ministère des Finances et perçoivent une taxe sur la vente de certains produits.

Le salaire touché par un Indien inscrit travaillant dans une réserve est exempt d'impôt. Les tribunaux ont déterminé que des facteurs de rattachement, tels que les lieux de travail et de résidence de l'employé et de l'employeur, doivent être pris en compte pour déterminer si le revenu sera exempté d'impôt.

La taxe sur les produits et services ou la taxe de vente harmonisée ne s'appliquent généralement pas aux achats qu'effectuent les Indiens inscrits lorsqu'il s'agit de produits achetés dans les réserves ou livrés dans une réserve par le vendeur ou par un agent du vendeur.


Wejusuadu tepawtig ta'n tepaqan  /  Faire le plein sans taxes:

Afin d'être exampté des taxes les gouvernements exigent que les factures d’achats d’essence doivent indiquer « le nom de l’Indien et son numéro du certificat de statut d’Indien (numéro à 10 chiffres).
Un Indien qui a choisi de ne pas être enregistré (comme peu l'être un animal de compagnie) ne bénéficie pas de ce prévilège.  La loi du gouvernement du Canada dit clairement «
Les personnes de tous âges inscrites à titre d’Indien en vertu de la Loi sur les Indiens peuvent volontairement demander leur carte de statut au ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canada (AINC)». 


Inuit, Nunavimmiut, Inuvialuit

Les Inuit et Inuvialuit sont devenu canadiens en 1920 et n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1960.  Les villages des Inuit et Inuvialuit ont le statut de municipalités et non pas de réserves comme c'est le cas chez les Indiens.  Ils sont assujettis aux lois sur la taxation et sur la fiscalité comme tout autre résident du Canada. 

Les Inuit et Inuvialuit occupent de vastes territoires dans l'Arctique canadien. Les Inuvialuit vivent principalement au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon.  Les
Nunavimmiut vivent dans le nord du Labrador et du Québec. 


Nunavuk

Les Nunavimmiut (Inuit du Nunavuk) étaient un peuple nomade jusqu'aux années 50.  Ils ont depuis adopté un mode de vie sédentaire, se partageant 14 villages de 150 à 1 800 habitants situés le long de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava.  

Les premières écoles ont été établies dans les années 50.  La langue et la culture inuites sont enseignées à l’élémentaire et au secondaire.

Les Nunavimmiut du Nunatsiavut (Inuit du Labrador) possèdent 15,800 kilomètres carré de territoire et leur propre gouvernement selon l'entente du 27 mai 2004.


Nunavut et Territoires du Nord-Ouest

Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut sont des territoire fédéral du Canada depuis 1870.  Les Territoires du Nord-Ouest ont été créés après que le gouvernement canadien eût racheté les concessions de la Terre de Rupert et des Territoire du Nord-Ouest à la Compagnie de la baie d'Hudson.

Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest ne formaient qu'un seul territoire jusqu'à la formation du Nunavut en 1999. 
Il se divise en trois régions: au nord Qikiqtaaluk, au sud Kivalliq et à l'ouest Kitikmeot.  Il comprend sept des douze principales îles du Canada, plus toutes les îles de la baie d'Hudson et de la baie James (sauf quelques îlots côtiers). 

Les Inuits du Nunavut parlent principalement l’inuktitut et l’inuinnaqtun alors que les Inuits des Territoires du Nord-Ouest utilisent le chipewyam, le cri, le dogrib, le gwich'in, l'inuktitut et le slavey.



Yukon

En 1870 le gouvernement canadien rachete les concessions de la Terre de Rupert et des Territoire du Nord-Ouest dont fait parti le Yukon.
En 1992, un accord était signé entre le gouvernement fédéral et quatorze Premières nations du Yukon au sujet de revendications territoriales.


Pow-Wowigtug   -   Pow Wow  /  Célébration

Un Pow Wow, pour nous est un moment de célebration, guérison et de spiritualité.
Lnuwi't'g Pow-Wowigtug teluegeg mawiejig, nesatega aq a'sutmaqan.



Plusieurs cérémonies marquaient des moments précis de l'année.  Le rituel « Apukajit » (Feeding of Granf Father) avait lieu le 31 janvier pour remercier les Esprits d'avoir permit de survivre la plus difficile des saisons.  L''Équinoxe du  printemps, le jour de la Nouvelle Lune était un jour de repos et de célébrations appelé «Gtigi na'gwegwumg»
(Dernier Jour de l'An).  Cette fête est encore célébrée de nos jours le 20 ou 21 mars (calendrier Gregorien).

Des danses et des chants accompagnaient chacune des célébrations. 
Des Powow sont encore célébré de nos jours, le plus important étant celui du solstice d'été.  Ils ont pour but d'inviter les Peuples voisins à socialiser.   Des Powow sont encore célébré de nos jours, le plus important étant celui du solstice d'été.  Ils ont pour but d'inviter les Peuples voisins à socialiser.

Certaines règles s'appliquent aux cérémonies traditionnelles: 

Par respect, on ne doit jamais photographier des cérémonies traditionnelles. Il est permit de photographier les participants seulement si on en a la permission…mais jamais lors de la cérémonie. Les photographies sont permises durant le Powow mais toujours et seulement avec la permission de la personne photographiée.

Il y a toujours une cérémonie d’ouverture et une cérémonie de clôture. Durant celle-ci il y a certaines règles que les invités d’un Powow doivent respecter, par égard aux aînés, aux danseurs, aux organisateurs, aux invités de marque et aux invités en général. Ces règles font parti de la tradition.

- Pour les chants qui honorent les aînés, les organisateurs et les danseurs, on doit se lever et garder le silence, ceci même si vous ne connaissez pas les personnes honorées.
- Nous devons écouter le maître de cérémonie et ses invités de marque même s’ils ne parlent pas notre langue, la traduction se fait souvent par la suite en français et en anglais. I arrive souvent que que les invités de marque sont de Nations différentes et de langues différentes. 
- Si on nous invite à danser, il ne faut surtout pas refuser, un refus sera considéré comme un manque de respect.
- Si un morceau tombe du costume d’apparat, on ne doit pas le ramasser, ce serait un signe d’impolitesse. On peut lui montrer la pièce sans la prendre.
- On peut participer aux chants des joueurs de «tambours d’eau» mais seuls ceux qui ont été choisi pour jouer du «tambour d’eau» peuvent le faire. Dans toutes les Nations un vocable tels que « a – é – ya – o » est utilisé pour le chant des Powow. Ce vocable est toujours composé de voyelles, ce qui donne la possibilité à tous de se joindre aux chanteurs sans même connaître la langue.
- Les coutumes étant différentes, il faut être respectueux de la nature même des coutumes de chacune des Nations.


Tplutaqann  /  Interdiction légale

La Danse du Soleil était une cérémonie pratiquée par plusieurs Peuples d'Amérique du Nord dont les Arapaho, Arikara, Assiniboine, Cheyenne, Crow, Gros Ventre, Hidutsa, Lakota, Cri des plaines, Ojibway, Sarasi, Omaha, Ponca, Ute, Shoshone, Kiowa et Blackfoot.  Le gouvernement fédéral canadien l' interdit par une loi en 1880 croyant qu'il s'agissait d'une danse servant à adorer le soleil.  Le gouvernement des U.S.A. fit de même en 1904.  Cette cérémonie sacrée est désormais à nouveau légale et pratiquée aux Canada et aux U.S.A. 


L’nu’k Na’kwekmuew  Journée Nationale des Autochtones

Le 21 juin est la «Journée Nationale des Autochtones», appelé  «L’nu’k Na’kwekmuew»  en langue mi’kmaw.  Autrefois cet événement correspondait aux «fêtes de la lumière», le jour du solstice d’été, le plus long jour de l’année.  Les différentes Nations rendaient alors grâce au Créateur pour cette journée unique.  Cette journée particulière célèbre aujourd’hui les cultures des Indiens, Inuits et Métis inscrits et non inscrits du Canada.  Le gouvernement fédéral en a fait une fête nationale en 1986 sans toutefois en faire une journée fériée.


Telui't'g  /  Toponymes 

À la fin du XVIe siècle, les Haudenausaunee* se retirent de la vallée du Saint-Laurent . Les Mi'kmaq des Maritimes, qui y venaient déjà depuis longtemps se firent alors plus présents dans la vallée. Ce sont donc d'abord des toponymes de la langue Mi'kmaq qui seront adoptés par les Français à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe.  Encore aujourd'hui, on utilise plusieurs de ces noms, mais leur prononciation dans les langues européennes leur a parfois fait perdre leur sonorité musicale originale.  
* Le mot «Iroquois» vient du mot «Irinakhoiw».  Ce mot est une insulte, un surnom donné par l'ennemi, signifiant «langues de serpents».  Les Français transformèrent la prononciation du mot pour le prononcer «Iroquois».  


Le Canada, les provinces et de nombreuses villes, rivières et montagnes portent des noms venant des Peuples Autochtones, en voici une courte liste:

Abitibi: 
de la langue Cri signifiant «là où les eaux se divisent» ou «séparation des eaux».
Aishihik Lake, Aishihik River: Aishihik sigifie «queue pendante» en langue Tutchone (du sud). 
Amqui: 
de la langue Anishinaabe signifiant «camarade d'homme» ou «beau-frère d'homme».
Anticosti:
de la langue Mi'kmaq «Natigosteg» signifiant «terre avancée».
Antigonish:  du mot nalegitkoonechk de la langue Mi'kmaq signifiant «là où les branordues».
Aklavik:  de la langue Uummarmiutun signifiant «là où il y a des ours» 
Akwesasne (Akwesashronon): de la langue Haudenausaunee, du mot Akwesashronon.
Arthabaska:  du mot «ayabaskaw» de la langue Cri signifiant «là où il y a des roseaux».
Assemetquagan:  de la langue Mi'kmaq signifiant «étentdue d'eau après une courbe».
Assiniboine: de la langue Assiniboine « mini» et «tobow» signifiant «lac des Prairies».
Aulavik National Park:  Aulavik vient du mot Inuvialuktun signifiant «là où on circule».
Aukpaque: 
de la langue Mi'kmaq signifiant «là ou la marée arrête de monter».
Auyuittuq:  de la langue Inuvialuktun signifiant «là où le sol ne fond jamais».
Canada:  de la langue Wendat «kanata» signifiant «peuplement» ou «village» ou «groupe de maisons».

Baddeck: de la langue Mi'kmaq «petekook» signifiant «l'endroit qui se trouve sur le chemin du retour».
Cayaniant: de la langue Cri signifiant «le lac porc-épic».
Caraquet:  de la langue Mi'kmaq «Kalaket» signifiant «rencontre de deux rivières».

Causapscal:  de la langue Mi’kmaq «Goeso’psiag» qui signifie «eau aux cailloux» ou «pierre qui brille au fond de l’eau».
Caughnawaga: de la langue Haudenausaunee signifiant «au rapide».
Chibougameau:  de la langue Cri signifiant «un endroit où le cours d'eau rétrécit».
Chicoutimi: de la langue Innu «shkoutimeou» signifiant «la fin des eaux profondes».
Chilliwack:  de la langue Ch.ihl-KWAY-uhk du peuple du même nom, signifiant «remonter» ou «retourner».
Cobscook:  de la langue Mi'kmaq signifiant «aux chutes».
Coquilam:  de la langue Salish «Kawayquitlam» signifiant «petit saumon rouge».
Escuminac:  de la langue Mi'kmaq signifiant «poste d'observation».
Escasoni:  du mot Mi'kmaq We'kwistoqnik signifiant «Là où il y a de nombreux sapins».
Etobicoke: de la langue Ojibway «wah-do-be-kaung» signifiant «l'endroit où poussent les aulnes».
Fort Chipewyan:  de la langue Chipewyan signifiant «peaux à pointes».
Gaspé: de la langue Mi'kmaq «Gespeg» signifiant «fin» ou «extrémité» «fin des territoires».
Grands Rapids: de la langue Cri «misepawistik» signifiant «rapides agités».
Hirmilik:  de la langue Inuinnaqtun signifiant «place des glaciers».
Hochelaga:  de la langue Haudenausaunee «osheaga» signifiant «lac de castors»
Inuvik:  de la langue Inuvialuktun signifiant «la place de l'homme».
Ivvavik National Park:  du mot «ivavik» signifiant «lieu de naissance» en langue Innuvialuktut.
Kamloops: de la langue Shushwap «kahm-o-loops» signifiant «là où se rencontrent les eaux».
Kamouraska: de la langue Mi'kmaq signifiant «étendue de foin, joncs au bord de l'eau». «ahan» signifiant «bord de l'eau», «ayashaw» signifiant «jonc».
Kanogami: de la langue Cri signifiant «le lac long».
Kapuskasing: de la langue Cri signifiant «là où la rivière fait un détour» ou «embranchement» ou «courbe de la rivière».
Kedgwick:  de la langue Mi'kmaq signifiant «courants incommodes».
Kénogami:  de la langue Innu signifiant «lac long» ou «lac profond».
Kluane Lake:  du mot «Łù'àn» signifiant «gros poisson» en la langue Tutchone (du sud).

Kouchibouguac: de la langue Mi'kmaq «rivière aux longues vagues».
Listuguj / Listuhji / Listugj : de la langue Mi'kmaq «lustagooch» signifiant «rivière à cinq branches» ou «rivière qui se divise comme la main».  
Mactaquac: de la langue Mi'kmaq signifiant «là où la rivière est rouge».
Madawaska: du mot «madoueskak» en langue Wolastoqiyik désignant la «terre des porc-épics».  Ce mot vient de «matawa» signifiant «jonction» et «ashka» signifiant «eau,vagues».
Magog:  de la langue Waban-Aki signifiant «vaste étendue d'eau» ou «grand lac».
Manicouagan: de la langue Cris signifiant «vase à boire» ou «verre» ou «tasse».
Manitoba: de la langue Cri « maniot-wapow» signifiant «le détroit du Grand Esprit».
Manitoulin Island:  Manitoulin provient du mot Mnidoo en langue Nishnaabe Ojibway signifie «esprit».
Maniwaki:  de la langue Anishinaabe signifiant «terre de Marie» provenant de «M
ani» signifiant «Marie» et «aki» signifiant «terre».
Maskinongé:  de la langue Attikamek signifiant «poisson difforme» désignant le gros brochet.
Matane:  de la langue Anishinaabe signifiant «épaves» ou « débris de navire».
Matapédia:  de la langue Mi’kmaq «matamajaw» signifiant «lieu de rencontre des rivières» ou «jonction de rivières» «mata» signifiant «jonction«, «pegiag» signifiant «rivière».
Meductic:  du mot Wolastoqiyik «Medoctic» signifiant «la fin».
Mégantic:  de la langue Waban-Aki «namesokanjik» signifiant «là où sont les poissons» ou «là où se tiennent les poissons».
Memphremagog: du mot mamhlawbagak de la langue Waban-Aki signifiant «belle grande étendue d'eau».
Miguasha: de la langue Mi'kmaq «megoasag» signifiant «rocher, falaise rouge».
Miramichi: de la langue Inu signifiant «territoires Mi'kmaq».
Missisquoi:  de la langue Cri signifiant «grosses femmes».
Mississauga: de la langue Mississaugas «michi» ou «missi» signifiant «plusieurs» et «saki» signifiant «sortie», «une rivière dotée de plusieurs décharges».
Musquodobit: de la langue Mi'kmaq «mooskudoboogwek» signifiant «s'éclaboussant en écume» ou «s'élargissant soudain après une entrée étroite à son embouchure».

Matane: des mots «mata» signifiant «jonction» et «pegiag» signifiant «rivière» en langue Mi'kmaq.
Mastigouche:  du mot «mistikush» signifiant «le bois est petit» en langue Attikamek.
Nashwaak River:  de la langue Wolastoqiyik signifiant «courrant peu rapide». 
Natashouan:  de la langue Innu signifiant «aller chasser l'ours».
Nipissing:  mot de la langue Anishinaabe signifaint «petite étendue d'eau».  

Nominingue:  de la langue Cri signifiant «celui qui est oint, graissé».
Nunatsiavut:  de la langue Inuktitut signifiant «notre beau territoire».
Nunavut: de la langue Inuktitut «Nunavut» signifiant «notre terre».
Oka:  de la langue Anishinaabe signifiant «poisson doré».
Oromocto: de la langue Wolastoqiyik «welamooktook» signifiant «bonne rivière».
Ontario:  de la langue Wendat «onitariio» signifiant «lac magnifique», ou «kanadario» signifiant «eaux scintillantes» ou «eaux splendides».
Oshawa: de la langue Seneca de la Nation du même nom, signifiant «croisée d'un cours d'eau» ou «lieu de portage».
Ottawa: de la langue Anishinaabe «adawe» signifiant «troquer» ou «commercer».
Patapedia: du mot «patapegiag» signifiant «courant fort» en langue Mi'kmaq.
Pangnirtung: de la langue en Inuktitut signifiant «l'endroit du caribou mâle».
Péribonca:  de la langue Anishinaabe signifiant «rivière creusant dans le sable».
Piékouagami:  de la langue Innu signifiant «lac peu profond» 

Pohénégamook:  mot de la langue Wolastoqiyik signifiant «lieu de repos».
Pugwash:  du mot pagweak de la langue Mi'kmaq signifiant «eau profonde».
Qu'appelle:  de la langue Cri «kab-tep-was» signifiant «la rivière qui appelle».
Québec: de la langue Mi'kmaq «Gepe'g» signifiant «détroit».
Quispamsis: de la langue Mi'kmaq signifiant «petit lac».
Qutsiniqpaaq National Park:  Qutsiniqpaaq en langue Inuinnaqtun signifie «toît du monde».
Quttiniqpaaq: de la langue Iuktitut signifiant «toît du monde».
Restigouche:  de la langue Mi'kmaq «Listugujg» qui signifie «rivière qui se divise comme une main» ou «rivière divine».
Rimouski: de la langue Mi'kmaq signifiant «terre des orignaux» et du mot Wolastoqiyik signifiant «retraite des chiens».
Saguay: de la langue Anishinaabe signifiant «embouchure».
Saguenay:  de la langue Innu signifiant «embouchure» ou «sortie». 
Saskatchewan:  de la langue Cri «kisiskatchewani sipi» signifiant «rivière au débit rapide».
Saskatoon: de la langue Cri «misāskwatōmin» désignant une baie rouge comestible du même nom.
Shawinigan:  du mot «ashawenikam» de la langue Cri signifiant «portage anguleux» ou «portage sur la crête».
Shubenacadie: de la langue Mi'kmaq «segubunakadik» ou «segubunakade» signifiant «là où abondent les arachides (pommes de terre indiennes)».
Sirmilik National Park:  de la langue Inuktitut signifiant «place des glaciers».
Tadoussac:
de la langue Mi'kmaq «Giatosog» signifiant «entre les rochers».

Tagish Lake: du nom de la Nation Tagish Kwan.
Tatamagouche:  du mot takumegooch de la langue mi'kmaq signifiant «là où les eaux se rencontrent».
Témiscamingue:  de la langue Anishinaabe, mot signifiant «dans l'eau profonde»
Temiscouata:  de la langue  Wolastoqiyik «Timiscouata» qui signifie  «eau profonde partout» ou «lac profond partout».
Teslin Lake, Teslin River:  Teslin vient du nom que porte la Nation Lingít (Tlingit) de l'Alaska.  Lingít signifie «peuple».
Tlingit Deisleen: Deisleen signifie «longue rivière tortueuse». 
The Pas: de la langue Cri «opa» signifiant « un lieu étroit » ou du mot «opaskweow» signifiant «un lieu étroit encaissé entre de
Torngat Mountains: du mot «tuumgat» en langue Inuktitut.
Toronto: de la langue Wendat signifiant «un endroit de rencontre» ou «un endroit d'échanges».
Tuktoyaktuk: de la langue Inuit «tuktu» signifiant «caribou» et du mot «yaktuk» signifiant «ressemble» ou «le renne qui ressemble au caribou».
Tuktut Nogait National Park: tuktut nurrait de la langue Inuvialuktun signifie «jeunes caribous».
Ungava:  de la langue Inuit signifiant «le plus loin».
Ukkusiksalik National Park:  mot des langues Inuktitut, Inuinnaqtun et Natsilil et Kivallik signifiant «place où il y a des chaudrons pour la cuisson».
Wetaskiwin:  de la langue Cri «wi-ta-ski-oo cha-ka-tin-ow» signifiant «endroit de paix» ou «colline de la paix» ou «hautes falaises».
Whycocomagh:  de la langue Mi'kmaq signifiant «tête des eaux». 
Winnipeg: de la langue Cri «win-nipi» signifiant «eau sale» ou «eau glauque».
Wolastook: de la langue Wolastoqiyik signifiant «bonne et belle rivière».
Yamachiche: de la langue Cri signifiant «boue au large» ou «boue au fond de l'eau».  Les Waban-Aki nommaient ce lieu Wombomkanhik (sable blanc).
Yukon: de la langue Inuktitut «loyYu-kun-ah» signifiant «grand fleuve».


Upsugatp' / Le scalp

Alors qu'en Europe, en Asie et en Afrique on coupait la tête des meurtriers ou des ennemis en utilisant la guillotine ou en utilisant une arme tranchante quelconque, il en était de même dans les Amériques. Il était coutume de couper la tête de l'ennemi.  On l'amenait au campement en guise de trophé.  On pouvait aussi la mettre à un poteau au limite du territoire pour effrayer l'ennemi. 
Le scalp (cheveux et barbe) était cependant plus pratique lorsqu'il s'agissait de plusieurs ennemis.  Dans certains Nations les guerriers pouvaient aussi arracher le coeur ou le cerveau de l'ennemi puisqu'il était considéré comme la vie même, l'esprit de la personne, l'honneur.

Les premiers Européens arrivant sur le continent ont constaté que les peuples qu’ils côtoyaient, tels que les Hurons-Wendat et les Haudenausaunee, scalpaient leurs ennemis.  Lors de raids, d’attaques de campement par les Indiens de la côte est, les témoignages font état de prises de scalp systématiques ou presque.

Cette pratique se poursuit dans le temps et est étendue sur le continent.  Lors des guerres entre les Français et les Anglais en Amérique du Nord certains peuples autochtones se sont alliés à un groupe et certains autres à leurs opposants.  C'est pour des raisons «pratiques» que les Français et les Anglais ont chacun de leur côté demandé à leurs guerriers de ne rapporter en guise de preuves que les chevelures des ennemis qu'ils abattaient.  - Le mot «scalps»  venaient  d'être  inventé  par  les  Européens - L’homme du clergé aussi considérait que de rapporter les scalps Amérindiens, incluant ceux de femmes et enfants, comme un bon présage.

Les Indiens ont par la suite abandonné la coupe de la tête et repris l'usage du scalp «à l'Européen» à leur compte puisque cet usage était plus pratique.  Aussi, ils on prit l'habitude de se raser une partie du crâne en temps de conflits pour éviter d'être scalpé par l'ennemi.

Les Anglais en firent autant:

En
1744 le «Scalp Proclamation» du gouverneur Edward Cornwallis garanti la somme de cent livres à toute personne (non-indienne) qui tuera un Indien mâle de plus de douze ans, le cuir chevelu servant de preuve, cent cinq livres pour tout mâle retenu captif, cinquante livres pour des femmes et pour des enfants de moins de douze ans tués dans le combat, et cinquante-cinq livres s’ils sont retenus captifs.


Noojeeboolwa' awegasit  /  Les films de cowboys 

Les films de «cowboys et indiens» ne reflètent pas la réalité. La plupart des cowboys aux États Unis d'Amérique du XIX ième étaient des jeunes hommes âgés d'environ 15 ans.  Ils étaient en majorité de race  autochtone ou de race noire.  Les rares cowboys de race blanche menaient généralement le groupe et étaient souvent les seuls à posséder une arme qu'ils n'utilisaient que lorsqu'il n'y avait pas d'autre solution. ...parce que le bruit d'une seule arme aurait pu suffire à disperser un troupeau tout entier car ces bestiaux étaient d'une race très nerveuse.


Wa'jedoo  mila'soodeel  / Découverte de trésors archéologiques  
( Chronique de www.Radio-Canada.ca) 

Plusieurs centaines de pointes de flèche et de harpon ainsi que divers outils, dont certains remonteraient à 8000 ans, ont été mis au jour dans une rivière de la Nouvelle-Écosse.

Cette découverte a été faite l'été dernier près du parc national Kejimkujik. Les autorités ont gardé le silence jusqu'à tout récemment, le temps de mettre l'ensemble de ces pièces à l'abri.

Ce trésor a été découvert sur les bords de la rivière Mersey, plus précisément sur les sites de barrages hydroélectriques temporairement asséchés.

Les archéologues ont recensé 109 nouveaux sites de peuplement ou de campement de la nation micmaque remontant jusqu'à 8000 ans. Les objets sont si nombreux et d'une telle qualité que les chercheurs étaient fascinés. Par exemple, les scientifiques ont recueilli une pointe de harpon dont la finesse fait oublier qu'elle remonte à environ 4000 ans.

Selon l'historien amérindien Daniel Paul, cette découverte prouve une fois pour toutes qu'à l'arrivée des Européens, ses ancêtres jouissaient déjà depuis des millénaires d'une civilisation ingénieuse et organisée. Il a indiqué que les archéologues ont eu de la chance, car, a-t-il précisé, les Britanniques détruisaient systématiquement toute trace de la civilisation amérindienne, même les sépultures.

L'emplacement de chaque fragment a été relevé avec précisé par un système de positionnement par satellite. Le tout est maintenant précieusement conservé à l'abri des pillards.


Atukwokunn / Légendes

Certaines légendes et certaines histoires sont racontées à des moments précis de l'année et à des occasions particulières. C'est aussi une façon utilisée par les Anciens pour transmettent leur savoir aux nouvelles générations.


Tels'tmai ...  /  On m'a dit que ...



Epegwitg etlitoq  /  Création de Epegwitg (Terre-Neuve)

Lors de la création de l’Île de la Grande Tortue, le Créateur constata qu'il avait encore beaucoup de matériel qu’il n’avait pas encore utilisé comme des rochers, des marais et des plantes.  Il décida alors de le déposer dans la mer au nord-est et former un territoire qu’il nomma Wee-soc-kadao.


Sunow atukwokun 
/  Légende du sirop d'érable
( tirée de http://www.enbeauce.com/detail-actualite.asp?ID=8335  )

La grand-mère de Nokomis aurait été la première à percer des trous dans des troncs d'érable pour en faire couler la sève d'érable. Le sirop étant prêt à manger sur-le-champ, il devenait trop facile pour les hommes de le recueillir et ils développeraient ainsi leur paresse. Donc, la solution était de les obliger à passer des nuits entières afin de surveiller la cuisson du sirop. Cependant, craignant que sa grand-mère oublie de prendre les mesures nécessaires pour combattre la paresse des hommes, le jeune Nokomis grimpa un soir tout en haut d'un érable à l'aide d'un vaisseau rempli d'eau et versa le contenu à l'intérieur de l'arbre, changea alors le sirop d'érable en sève d'érable. Depuis ce temps, au lieu d'un sirop épais, l'érable possède en lui une eau que l'on doit faire bouillir plusieurs heures afin d'en tirer un liquide épais et sucré. 


Les Mi'kmaq qui ont épousé des Étoiles
( Texte tiré de  http://www.civilization.ca/aborig/storytel/mi'k1fra.html )

E'e
, au matin, lorsque les hommes sont sortis chasser, ces deux femmes s'enfoncent plus profondément dans la forêt et laissent le campement derrière elles.  Elles sont joyeuses, ces deux femmes. Ce sont des Skusi'skwaq, des Femmes Belettes, et elles ont la peau très blanche, comme la fourrure de toute Personne Belette l'hiver. Et ces deux Skusi'skwaq sont sœurs. Sœur aînée a du Pouvoir. Elle s'enfonce avec l'autre loin dans la forêt, et elle y construit un abri. Sœur cadette fait un petit feu.

Il fait maintenant nuit. Le soleil est parti sous la terre, et ces deux sœurs, ces deux Belettes, sont couchées et regardent les étoiles. Sœur aînée dit à Sœur cadette : «Ce sont des Personnes dans le Monde céleste. Regarde leurs yeux, qui luisent là-haut.»  Sœur cadette demande :«Quelle Étoile voudrais-tu comme mari, étendue à ton côté au matin? Une aux grands yeux, ou une aux petits yeux?» Sœur aînée répond : «Je choisis celle-là, là-bas, la plus brillante, la plus radieuse.» Sœur cadette rétorque : «Oh, celle-là. Celle-là est laide.  Bon, fait Sœur aînée. Laquelle choisirais-tu, toi?
Cette petite étoile, là, la petite rouge.»  Et ces deux Femmes Belettes s'endorment alors, tournées vers l'est, où leurs deux étoiles chassent dans la nuit.  

C'est maintenant le matin. Sœur cadette s'étire sous ses fourrures; elle se réveille. Son pied heurte quelque chose.
«Fais attention, s'écrie une petite voix glapissante. Tu as renversé le plat d'écorce de nepi'jekwati, le remède pour mes yeux.» Sœur cadette se redresse. Qui a parlé? À son côté se trouve un petit vieillard au visage ridé et aux yeux rougis. C'est la petite Personne Étoile rouge. Elle l'a fait venir pour être son mari en parlant dans la nuit. Elle a fait venir l'Étoile aux Yeux rougis. 

Maintenant Sœur aînée commence à s'éveiller. Elle bouge un peu sous ses couvertures. «Attention, femme!» fait une voix d'homme. C'est une voix forte et profonde. «Tu as renversé le plat d'écorce contenant mon sikwan, mon ocre rouge.» Sœur aînée se retourne et se redresse. À son côté, un homme est couché, un homme grand, un homme fort. Il a le visage peint à l'ocre rouge. C'est son Mari Étoile, qu'elle a fait venir en parlant dans la nuit. Elle a fait venir l'Étoile aux Yeux brillants. Ces deux Femmes Belettes se sont donc à nouveau fait attraper, et elles doivent être les épouses d'Étoiles.  «Je n'ai rien à te donner à manger, dit Sœur aînée.  Nous ne mangerons pas tant que nous ne serons pas rentrés de la chasse, réplique son mari. Vous pouvez ramasser du bois et entretenir le feu, et vous préparer à notre retour. Mais il y a une chose que vous ne devez pas faire.  E'e, fait le mari de Sœur cadette, l'Étoile aux Yeux rougis. Il y a une chose que vous ne devez pas faire. Vous ne devez pas déplacer cette pierre plate qui se trouve devant le wigwam. Vous ne devez pas la déplacer, vous ne devez pas la soulever.  Très bien, dit Sœur aînée. Nous vous préparerons un repas à votre retour.»

Plusieurs jours passent. Les Femmes Belettes sortent à la recherche des sipeknk, les pénacs, les pommes de terre sauvages. Elles les déterrent, elles vont les cuire. Et Sœur cadette parle à nouveau.  «Je me demande ce qu'il y a sous cette pierre plate?  Ne touche pas à cette pierre plate», dit Sœur aînée.  Mais Sœur cadette ne cesse d'en parler, et bientôt, jacassant jacassant, elle s'en approche, et bientôt, jacassant jacassant, elle y met les mains, et puis elle la soulève.  Elle soulève la pierre et regarde dessous.  «Qu'est-ce qu'il y a?» demande Sœur aînée.  Sœur cadette pousse un cri.  «Où sommes-nous? hurle Sœur cadette. Où sommes-nous, ma Sœur aînée?»  Sœur aînée l'écarte et regarde sous la pierre, elle regarde pour voir ce qui fait crier de la sorte sa petite Sœur Belette. Et elle voit : elles sont dans le Monde-au-dessus-du-ciel. Elles se tiennent sur le ciel. La pierre bouche un trou dans le ciel, et par ce trou on peut voir, loin, loin, loin en bas, la terre, la forêt, le petit abri qu'elle a construit la nuit où, toutes deux étendues, elles parlaient ensemble des yeux des étoiles.  Sœur aînée fond en larmes. Sœur cadette fond en larmes. Ces deux Femmes Belettes pleurent jusqu'à ce que leurs yeux en rougissent. Loin dans la forêt du Monde-au-dessus-du-ciel, les Maris Étoiles sont en train de chasser. Et ils commencent à se douter de quelque chose, à trouver que quelque chose ne tourne pas rond. Ils commencent à sentir que leurs femmes pleurent. «Il vaudrait mieux que nous rentrions», dit le Mari Étoile aux Yeux brillants. «Elles doivent avoir soulevé la pierre, dit l'Étoile aux Yeux rougis. Écoute-les pleurer.»
              
Il fait presque nuit lorsque ces Personnes Étoiles sortent de la forêt. Leurs Épouses Belettes essaient de faire la cuisine, essaient de prétendre qu'il ne s'est rien passé.  Mais les Personnes Étoiles ont du Pouvoir, et elles savent.  «Qu'est-ce qui vous a inquiétées aujourd'hui? demandent-ils à leurs femmes. Pourquoi avez-vous pleuré?  Tout va bien, répond Sœur cadette. Nous n'avons pas pleuré.  Ah, fait le mari de Sœur aînée. Je pense que vous avez regardé par le trou dans le ciel. Je pense que vous avez soulevé la pierre et regardé d'en haut votre monde. Et je pense que vous vous sentez seules et voulez y retourner.»  Sœur aînée lève le regard vers son Mari Étoile. Elle n'arrive pas à parler. Elle le regarde et des larmes se mettent à couler de ses yeux.  «Très bien, lui dit-il. Vous pouvez retourner dans le monde terrestre.»  La vieille Étoile aux Yeux rougis leur dit : «Ce soir, Femmes Belettes, vous devez dormir l'une à côté de l'autre. Vous devez garder vos couvertures de fourrure par-dessus vos têtes. Et au matin, quand le soleil sortira de dessous la terre, vous devez rester tout à fait immobiles. N'enlevez pas les couvertures sur vos têtes, n'ouvrez pas les yeux. D'abord, vous entendrez la mésange crier. Gardez les yeux fermés. Ensuite vous entendrez Apalpaqmej, Écureuil roux, vous l'entendrez chanter. N'ouvrez pas les yeux. Longtemps après, vous entendrez Atu'tuej, Suisse. Il chantera, et ensuite vous pourrez ouvrir les yeux.  Si vous faites ainsi, dit le grand Mari Étoile, vous vous retrouverez dans votre abri, l'endroit où vous étiez couchées la nuit où vous nous avez invités à venir pour être vos maris.».

Alors ces deux Femmes Belettes se couchent côte à côte et se couvrent la tête de couvertures. La nuit passe, et au matin elles entendent la mésange. Sœur cadette, toujours impatiente, veut se lever d'un bond, mais Sœur aînée la force à rester immobile. «Attends! Attends que nous ayons entendu Atu'tuej», dit-elle.  Au bout d'un long moment, elles entendent chanter. Qu'est-ce que c'est? C'est Apalpaqmej, Écureuil roux. Et cette Sœur cadette, l'imprudente, cette Femme Belette idiote, saute sur ses pieds en entendant le bruit et rejette les couvertures. Et puis elle commence à pousser un cri perçant.  «Où sommes-nous, ma Sœur aînée?»  Sœur aînée soupire et ouvre les yeux. Le soleil est apparu de dessous la terre, et ces Femmes Belettes sont de retour dans leur monde, mais elles ont ouvert les yeux trop tôt en descendant, et elles se trouvent maintenant coincées au sommet d'un grand, grand pin, un kuow. Cet arbre n'a pas de branches, sauf quelques-unes tout en haut, et les deux femmes ne peuvent descendre.


La légende
de la muraille d'eau 
(Texte tiré de http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=38 )

C'est Klouskap, esprit protecteur de la vie, qui fit la muraille d'eau pour nous protéger contre d'éventuels assaillants venant de l'est. Voyons qu'au début l'Esprit étendait sa présence sur toutes les eaux et sur la Grande Tortue (continent). De jour comme de nuit, il n'y avait qu'une clarté fournissant une indifférente lumière diffuse, morne et épaisse. La mer tourmentait les plages de ses vagues monstrueuses. L'Esprit considérait les mouvements qu'il avait induits dans la matière. Sous les sables se résumait une volonté de vie aux formes indécises. L'eau se mouvait sous les sables et le vent modelait la surface. La pluie et le feu se torsadaient en colonnes fulgurantes. L'Esprit se retirait et une volonté émergeait des sables. L'éclair frappa le sable et Klouskap naquit.

Klouskap, la volonté du Grand Esprit enfoui sous la plage de la mer, sort son visage à grand peine des sables. Il entend les éléments. Avec effort, la conscience de cette prime nature s'éveille et elle exhorte l'Esprit de lui permettre de se lever. L'eau qui tombe nourrit déjà des formes primaires, là comme lui. Le feu frappe encore et lui donne finalement la capacité d'être mobile, visible ou invisible, dans un corps ou un élément. Il se dresse au dessus des sables. De tout côté, il ne voit que des formes imprécises. Il entreprend alors la grande marche sur le dos de la Tortue (continent) qui l'amène là où elle entre sous les glaces. Il va ensuite jusqu'où sa queue plonge sous l'eau. Enfin, il revient.

Donne-moi la raison de mon existence, demande-t-il à l'Esprit. L'Esprit répondit : Je ferai des êtres qui se meuvront dans les eaux, qui se déplaceront sur terre et d'autres qui voleront. Tu te devras de les protéger et de te faire le gardien des habitants de l'eau, de la terre et de l'air. Tu auras autorité sur les éléments mais la vie restera libre des ses mouvement. Et c'est ainsi que Klouskap est devenu notre protecteur à tous et agit sur la pierre, l'air et les eaux et nous supporte dans le besoin. Mais peu à peu la Grande tortue s'enfonçait sous l'onde de la mer. Ceux qui marchent debout entreprirent alors une très longue pérégrination vers l'est. Et nous avons vécu un très long chemin d'accession aux connaissances. Notre terre restait à découvrir.

Partout où nous allions, les terres et leurs eaux étaient déjà occupées par un autre groupe qui allait debout. Alors, nous devions les contourner et chercher asile ailleurs. Tant de fois nous fûmes rejetés, nous les Malécites. De la plaine à la mer et de la mer vers les bois. Jusqu'en dernier, en un temps où tous ceux venus vers la mer de l'Est depuis l'ouest parlaient encore une seule et même langue, nous dûmes apprendre de nouvelles terres, de nouvelles eaux; de nouvelles réalités. Certains savoirs devenaient moins utiles et certains autres prenaient de l'importance. Nous devions aussi faire face aux aléas. Déjà, dans nos déplacements, celui qui devait transporter les semences du maïs les avait perdues. Nous apprîmes ainsi à rire de la bêtise humaine due au manque d'intelligence appliquée. À la fin, il ne nous est plus resté qu'à remonter vers l'ouest avec nos habiletés acquises sur un si long parcours et avec notre capacité à défier la misère.

Plus qu'une seule voie s'ouvrait devant nous. Nous avons ainsi remonté le cours d'eau généreux (fleuve Saint-Jean) jusqu'au pays des porcs-épics ( le Madeweska). Rendus en ce pays encore libre où nous avaient repoussés nos cousins Mi'kmaq de la grande eau, Klouskap reconnut le courage du peuple qui avait si longuement appris. Il décida d'intervenir. Vous avez assez souffert, dit-il. Et il prit la forme d'un immense castor et de sa large queue plate, il creusa une longue portion due lit du fleuve Saint-Jean, en battit le fond, redressa ses abords en hautes murailles menant vers le mur de pierre où là il fit descendre les murailles d'eau. Et il ajouta : Nulle créature se déplaçant debout ne viendra de l'Est pour vous importuner.

Il est vrai que les attaques vinrent de l'ouest, tel dans l'histoire de Malobiannah. Cette légende de la création des Grands-Saults n'a pas été entendue par ceux et celles qui ont conçu le site touristique.  Lisez-la (ou entendez-la) et ajoutez à votre site touristique cette vigoureuse légende qui est la nôtre. D'autres que moi pourront vous la raconter. Elle est encore vivante.
(Texte de Raymond Cyr - Ki-twoghk,  AAQ, Mamlawbagak, Communauté 081 de Sherbrooke)


Gloqowejl atukwokun / La légende d’une étoile filante

Il y a maintenant très longtemps il y avait deux soeurs qui aimaient observer les étoiles. Tard en soirée elles observaient les étoiles.  Un jour elle s’égarèrent alors qu’elles marchaient dans la forêt.  Deux étoiles lumineuses apparurent sous des formes animales, la jeune soeur vit un aigle et l'autre un faucon, ces oiseaux les prirent et les emportèrent avec elles jusque dans le ciel.

Loin de leur peuple et se sentant très seules, elles ont prié Klouskap de les aider à retourner chez elles. Klouskap leur dit «si je le fais, vous ne devez pas regarder en arrière». Mais la plus jeune des sœurs qui ne pouvait y résister regarda derrière pour s’assurer que sa soeur plus âgée la suivait. Elle fut immédiatement transformée en flammes.

Vous pouvez la voir aujourd'hui. Recherchez une étoile filante, c'est la plus jeune soeur essayant toujours de revenir à son village dans les anciennes terres de Klouskap.


Atukwokun gjigapa'n / Légende de la Baie de Fundy

Un jour où Glooscap déambulait en canot au-dessus de Passamaquoddy e’g, il vit un troupeau loups pourchasser un cerf et un orignal courant vers la baie.  Il les appela, «revenez !». Mais, ils ignorèrent son appel cars ils étaient pourchassés par des loups.  Ils sautèrent quand même.  Les loups bientôt suivirent.  Glooscap savait que l'eau était trop froide pour eux.  Pour leur épargner une mort certaine Glooscap les transforma en pierre. 

Des baleines de la baie avaient fait des Mi’kmaq leurs esclaves. À un moment donné, certains d’entre eux tentèrent de s’échapper. Ils réussirent à se rendre jusqu’à la plage, mais ils y furent rattrapés par les baleines, qui les transformèrent en pierres.  On peut encore voir leurs visages encastrés dans la pierre rouge aujourd’hui.  Ces baleines géantes attirèrent la colère de Glooscap, qui irrité créa les hautes marées de la Baie de Fundy que nous connaissons aujourd’hui.


Igtigl
atukwokun gjigapa'n / Autre légende de la Baie de Fundy

Glooscap, le Grand Créateur, voulu prendre un bain.  Pour y parvenir, il commanda à Castor de construire une digue à travers la baie afin d’emprisonner les eaux de la haute mer, lui permettant ainsi de s’y baigner.  Castor exécuta sa demande, mais le résultat fâcha la Baleine.

La Baleine demanda pourquoi elle ne pouvait plus y nager librement.  Glooscap, qui ne voulu pas fâcher Baleine, demanda au Castor de briser la digue.  La Baleine, trop impatiente, commença à la briser avec sa grande queue.  L’impatience de la Baleine fit que les vagues se mirent à aller et venir avec une telle force que le phénomène se produit encore aujourd’hui.


La légende Anishinabe des «7 Feux»

Sept prophètes sont venus à Anishinabe à un moment où le peuple vivait une vie paisible sur la côte du nord-est de l'Amérique du nord.  Ces prophètes ont laissé le peuple avec sept prophéties annonçant le futur. Chaque prophétie correspondait à un moment du futur.  Ces enseignements des sept prophètes portent le nom des sept Feux

Le premier prophète a dit au peuple, «dans la période du premier Feu, la nation d'Anishinabe montera vers le haut et suivra la coquille
sacrée de la loge de Midewiwin. Le Midewiwin (vie faisant une avec la nature) sera un point de rassemblement pour le peuple et ses traditions seront la source de beaucoup de force.  Le Megis sacré (chef spirituel) montrera la façon de se rendre à la terre choisie de l'Anishinabe. Vous devez rechercher une île ayant la forme d’une tortue (L’Île de la Grande Tortue = le continent), elle est liée à la purification de la terre.  Vous trouverez une telle île au début et à la fin de votre voyage. Il y aura sept endroits d'arrêt le long de votre parcours. Vous saurez que la terre choisie a été atteinte quand vous serez rendu à une terre où la nourriture se développe sur l'eau.  Si vous y restez vous périrez».

Le deuxième prophète dit au peuple, «vous reconnaîtrez le deuxième Feu parce que la Nation sera campée près d’une surface d’eau ayant une grande superficie.  À ce moment la direction de la Coquille Sacrée sera perdue.  La force du Midewiwin diminuera.  Un garçon naîtra pour indiquer la voie de retour aux traditions.  Il montrera au Peuple d'Anishinabe la seule façon de progresser vers le futur».

Le troisième prophète a dit au peuple, «dans le troisième Feu, le Peuple d'Anishinabe trouvera le chemin vers la terre choisie, une terre dans l'ouest auquel ils doivent déplacer leurs familles. Ce sera la terre où la nourriture se développe sur l'eau».


(Traités)
L’autre prophète dit, «prenez garde si les nouveau venus à la peau pâle viennent en portant le visage de
la mort. Vous devez faire attention parce que le visage de la confrérie et le visage de la mort se ressemblent beaucoup. S'ils viennent portant une arme, prenez garde.  S'ils viennent dans la souffrance, ils vous tromperont.  Leurs coeurs peuvent être remplis d'avarice pour la richesse de cette terre. S'ils sont en effet vos frères, laissez-les le prouver.  Ne le faites pas en confiance totale.  Vous saurez que le visage qu'ils portent est un de la mort si dans le cours du fleuve les poissons n’ont plus à manger que du poison.  Vous les saurez par toutes ces choses».

(Les maladies - le christianisme)
Le cinquième prophète dit, «dans la période du cinquième Feu là viendra une période de grande lutte qui enlèvera les vies à l'avertissement de ce Feu viendra parmi le Peuple un qui croira à la promesse de grands joie et de salut. Si le peuple adopte cette nouvelle tradition et abandonne les vieux enseignements, alors la lutte du cinquième Feu sera avec eux pour plusieurs générations (le christianisme).  Cette promesse qui viendra s'avérera être fausse. Tous ceux qui accepteront cette promesse causeront la destruction à venir du Peuple».


(Perte des traditions et des valeurs.  Internats.  Maladies)
Le prophète du sixième Feu a dit, «dans la période du sixième Feu il sera évident que la promesse du
cinquième Feu était fausse.  Ceux trompés par cette promesse laisseront leurs enfants loin des enseignements des aînés ; les petits-fils et les petite-filles se retourneront contre les aînés.  De cette façon, les aînés perdront leur raison de vivre, ils perdront leur but dans la vie. Les aînés perdront leurs rôles de conseillers et chefs et ne seront plus considérés utile dans la société.  Une nouvelle maladie viendra parmi le peuple et brisera la vie de beaucoup de gens.  On renversera le cours de la vie. Le chemin de la vie deviendra le chemin de la tristesse».


On a dit que le septième prophète qui est venu au peuple il y a bien longtemps était différent des autres prophètes.  Il était jeune et avait une étrange lueur dans ses yeux.  Il a dit, «dans la période du septième Feu, des nouvelles personnes émergeront.  Ils retraceront leur passé pour trouver ce qui a été délaissé.  Ils demanderont aux aînés de les guider sur leur voyage.  Mais plusieurs des aînés se seront endormi.  Ils se réveilleront à ce moment et n’auront rien à offrir.  Certains des aînés seront silencieux et craintifs.  D’autres demeureront silencieux car personne ne leur demandera quoi que ce soit.

Si le Peuple reste fort dans ses recherches, le tambour d’eau de Midewiwin aura encore son message. Il sera donné un choix entre deux routes. S'ils choisissent la bonne alors le septième Feu allumera le huitième et dernier Feu, un Feu éternel de paix, amour, confrérie et fraternité.  S’il choisit la mauvaise route, la destruction reviendra à eux et causera beaucoup de douleur et de mort sur toute la terre.


 Lnu'g Melaboogooemk'  (Déclaration des Premières Nations)
( Texte tiré de  http://www.afn.ca )


Nous, les premiers peuples sur ces terres, savons que le Créateur nous a mis ici.

Le Créateur nous a donné des lois qui gouvernent toutes nos relations afin que nous vivions
 en harmonie avec la nature et les hommes.

Les lois du Créateur définissent nos droits et nos responsabilités.

Le Créateur nous a donné nos croyances spirituelles, nos langues,
 nos cultures et une place sur la Terre mère qui contient tout ce qu'il nous faut pour satisfaire à nos besoins.

Nous avons conservé notre liberté, nos langues et nos traditions depuis des temps immémoriaux.

Nous continuons à exercer les droits, à prendre les responsabilités et à respecter les obligations que nous a donnés le Créateur relativement aux terres où nous avons été mis.

Le Créateur nous a donné le droit de nous gouverner nous-mêmes et le droit à l'autodétermination.

Les droits et les responsabilités qui nous ont été donnés par le Créateur ne peuvent
 être modifiés ni nous être enlevés par aucune autre nation.


L'núk Nákwekmuew  /  Fête Nationale de la Solidarité Autochtone

Je crois qu’il serait plus que temps que le gouvernement du Canada déclare la «Fête Nationale de la Solidarité Autochtone» du 21 juin (L'núk Nákwekmuew) comme étant une fête nationale au même titre que les autres Fêtes célébrées au Canada.  Cette fête autochtone n’est rien d’autre qu’une fête sur papier pour la plupart des Canadiens et Québécois…qui sont peu nombreux à savoir qu'elle existe.  Je suis d’avis qu’il faudrait s’unir pour proposer au premier ministre Canadien monsieur Harper,
à monsieur Chuck Strahl «ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits» ainsi qu'à tous les ministres et députés du gouvernement d'Ottawa que cette fête soit adoptée comme étant un congé férié à travers tout le Canada.

Pour joindre l'honorable Chuck Strahl ministre des Affaires indiennes... ou autre ministre de votre choix:  
http://www.parl.gc.ca/information/about/people/house/mpscur.asp?Language=F


lnue'gati tewa'latl  /  Communautés hors réserves


Québec refuse de se mêler des chicanes entre groupes autochtones
(  texte tiré de http://www.matin.qc.ca/imprimer.php?article=20060803162602  )
_
Le gouvernement du Québec refuse de se mêler des chicanes entre deux associations d'autochtones qui prétendent parler au nom des autochtones vivant hors réserves.

Le torchon brûle entre l'Alliance autochtone du Québec et la nouvelle Confédération des peuples autochtones du Québec, créée à la suite d'un schisme avec la première.

L'Alliance juge que la Confédération n'est qu'un "groupuscule" de dissidents, qui ne représentent qu'eux-mêmes, et elle souhaite que le gouvernement de Jean Charest adopte la même attitude.

Sauf que le ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, préfère ne pas se mêler des querelles intestines entre associations, jugeant que ce n'est pas au gouvernement à se prononcer sur la représentativité de tel ou tel organisme.

Des représentants du gouvernement ont déjà rencontré les leaders de la Confédération, qui vont de plus pouvoir s'entretenir avec le ministre la semaine prochaine, même si cela ne fait pas l'affaire de l'Alliance.

"Ce n'est pas à nous de décider s'ils sont représentatifs ou non", a déclaré jeudi la directrice de cabinet du ministre Kelly, Elizabeth Mackay, lors d'un entretien téléphonique.

L'Alliance autochtone, qui dit représenter 26 000 autochtones vivant hors réserves, est inquiète de la tournure des événements.

Elle prétend qu'elle est et doit demeurer aux yeux de Québec la "seule voix" des autochtones vivant en milieu urbain, a fait valoir le porte-parole de l'Alliance, Armand MacKenzie, jeudi, en conférence de presse, en présence de plusieurs leaders autochtones venus l'appuyer.

La semaine dernière, à Gatineau, quelque 350 autochtones hors réserve provenant d'un peu partout au Québec ont tenu un siège devant les édifices du gouvernement fédéral, à Gatineau, dans le but de faire reconnaître leurs droits.

L'événement était parrainé par la Confédération des peuples autochtones du Québec et sa grande chef Solange Sansoucy. Celle-ci juge que l'Alliance est devenue au fil des ans "une coquille vide".

"C'est un groupuscule de dissidents qui est en fait très peu connecté avec la réalité des autochtones vivant en milieu urbain", réplique Armand Mackenzie.

"L'Alliance autochtone est la seule entité représentative des autochtones vivant hors réserves et qui a une crédibilité", a renchéri le grand chef provincial, Carl Dubé, qui dirige l'organisme créé en 1970.

Pourtant, prenant acte de la création de la Confédération, Québec entend demander à l'Alliance des comptes quant à son mandat et à l'importance de son membership.

"Nous dénonçons la Confédération des peuples autochtones", a ajouté de son côté le chef national du Congrès des peuples autochtones hors réserves, Patrick Brazeau, en donnant un appui inconditionnel à l'Alliance. Il déplore que la manifestation de la semaine dernière à Gatineau "donne un mauvais nom aux autochtones".

Les leaders présents à la conférence de presse s'en sont pris au grand chef national de la nouvelle Confédération des peuples autochtones, Guillaume Carle, en tentant de le discréditer.

Les agissements de M. Carle, du temps où il faisait partie de l'Alliance et du Congrès des peuples autochtones, "ont presque amené à sa suspension" du conseil d'administration, a fait valoir M. Brazeau.

La querelle a pris de telles proportions que chacune des deux organisations a entrepris des recours juridiques contre l'autre.

Chez les autochtones, on observe une tendance croissante qui consiste à quitter les réserves pour s'établir en ville.




Pape'wit  Sa'n Pol  II  ag  Pape'wit  Penwa  XVI
( Le Pape Jean-Paul II  et le Pape Benoît XVI )


Pape'wit  Sa'n Pol  II
(Jean-Paul II)


Canada - 10 septembre 1984

À Sainte-Anne-de-Beaupré près de Québec,
 des membres de plusieurs Nations 
Autochtones tels que des Waban-Aki, 
des Wendat, des Mi'kmaq, des Montagnais
 et des Attikamekw assistent à la 
messe donnée par le pape
 à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré.


Le pape affirme alors que les Autochtones ont 
 le droit « de décider par eux-mêmes ».


15 septembre 1984

Dans son allocution aux Nations Autochtones 
de l'Ontario, le pape déclare que reconnaître 
les cultures amérindiennes sert à 
préserver les vraies valeurs.


Septembre 1987

 Le pape se rend finalement à Fort Simpson,
 dans les Territoires du Nord-Ouest. 
Jean-Paul II tient alors sa promesse 
de visiter les Autochtones, qu'il n'avait 
pas pu rencontrer lors de son voyage 
de 1984.  C'est avec joie que des 
autochtones de plusieurs Nations 
l'accueillent lors de cette nouvelle visite.




Pape'wit  Penwa  XVI
(Pape Benoît XVI)


13 mai - 23 mai
2007 

Le pape Benoît XVI
a reconnu mercredi que la colonisation
de l'Amérique et l'évangélisation de 
ses habitants se sont accompagnées
 de "souffrances" et "d'injustices",
en évoquant son récent voyage au 

Brésil
à l'occasion de son 
audience générale hebdomadaire.

"On ne peut ignorer les ombres" 
qui ont accompagné la colonisation 
et l'évangélisation de l'Amérique latine,
 ni "oublier les souffrances et
les injustices infligées par le 
colonisateur aux peuples indigènes, 
dont les droits humains
 
fondamentaux ont été piétinés", 

a déclaré le pape.

Le 13 mai, devant les évêques d'Amérique
latine réunis à Aparecida (Brésil),
 Benoît XVI avait déclaré que l'évangélisation
des Indiens d'Amérique "n'a comporté 
à aucun moment une aliénation
des cultures précolombiennes et n'a pas
 imposé une culture étrangère".

Le "Christ était le sauveur que les 
indigènes désiraient silencieusement",
 avait-il ajouté.

Benoît XVI n'avait pas évoqué les 
conditions de l'évangélisation, au contraire 
de son prédécesseur Jean Paul II 
qui en 1992 à Saint-Domingue avait 
demandé pardon auprès des populations
indigènes pour les violences
commises par les chrétiens dans la
conquête de l'Amérique.


Les déclarations de Benoît XVI avaient 
provoqué  
un tollé en Amérique latine 
parmi les représentants des peuples
 autochtones. Le président du
 Venezuela, Hugo Chavez, avait demandé
au pape de présenter des excuses.

Mercredi, Benoît XVI a déclaré que les
"crimes injustifiables" de la colonisation
avaient été condamnés en leur temps
par des missionnaires tel Bartolomée de
 las Casas. Il a aussi souligné
 
"l'oeuvre merveilleuse" accomplie 
"avec la grâce de Dieu" 
par les évangélisateurs en Amérique 
latine et l'intégration "des riches traditions 
précolombiennes" dans la religion 
chrétienne dans le sous-continent.
( Texte tiré de  
http://fr.news.yahoo.com/
23052007/202/le-pape-reconnait-les-
ombres-de-la-colonisation-de-l.html
)


 



Jigs'tg ... /  Écoutez ...

La chanson «
Wendat Nuelewi» en langue Mi'kmaq que vous entendez* est exécutée par Eskasoni Trio  
Éditions Eskasoni Elder's Committee. Copyright © 2001
«Iesous Ahatonnia» («Noël Huron» en français) a été composée par le Père Jean de Bréboeuf vers 1641.
La musique originale est celle d'une chanson du XVIe appelée «Une Jeune Pucelle».
Traductrice Wendat/Mi'kmaq:  Mildred Milliea (Première Nation de Elsipogtog, Rexton, N.B.)

(*L'utilisation de Internet Explorer est nécessaire pour l'écoute)


Mi'gmewei Uktabegeakun weje Eskasoni Trio  
Ewi'gigeg Eskasoni Elder's Committee. Copyright © 2001
«Iesous Ahatonnia» (
Wendat  Nuelewi gtapegiaqan) tels'tmai weakegwodumuk weje (*) 
Paduleas Jean de Bréboeuf wen gisiatl ula iktook 1641
Nujekewonskeese Wendat/Mi'maq:  Mildred Milliea

(*Jigs'tg Internet Explorer ewegetoq gtapegiaqan)


Wendat  Nuelewi gtapegiaqan 

Traduction libre en langue française /  Wenjunujekewonskeese :  Sa'n Béliveau

Na kesikewiku'sitek jipji'jk majita'titek
C’était à la Lune du Chef alors que les oiseaux s’étaient déjà envolés

Kji-Niskam petkimasnika ansale'wilitka
Le Grand Esprit envoya des anges

Kloqoejuitpa'q, Netuklijik nutua'tiji.
Un soir étoilé les chasseurs entendirent

Se'sus eleke'wit, Se'sus pekisink, ewlite'lmin
Jésus votre roi est né, Jésus vote roi est né, In-ex-cel-sis-gloria

Ula nqanikuomk etli we'ju'ss mijua'ji'j
Dans une demeure d’écorce le tendre Enfant a été trouvé

Tel-klu'sit euli tetpoqa'tasit apli'kmujuey
Un vêtement fait de peaux de lièvre enveloppait sa beauté

L'nu'k netuklijik nutua'tiji ansale'wiliji.
Mais lorsque les braves chasseurs arrivèrent près de l’ange une chanson se fit entendre haut et fort

Se'sus eleke'wit, Se'sus pekisink, eulite'lmin
Jésus votre roi est né,  Jésus est né, In-ex-cel-sis-gloria

O' mijua'ji'jk nipuktukewe'k, O' Niskam wunijink
Ô enfant de la forêt sauvage, Ô enfant du Créateur

Maqmikek aq Wa'so'q tley ula mijua'ji'j
Le Saint Enfant des cieux et de la terre

Pekisink kiskuk wjit kilow, pekisitoq wantaqo'ti.
Est venu aujourd’hui vous apporter la paix

Se'sus eleke'wit, Se'sus pekisink, eulite'lmin
Jésus le roi est né,  Jésus est venu,  In-ex-cel-sis-gloria.





«Iesous Ahatonnia»


 

La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens des Amériques 
remonte à 1641alors qu'une chanson était composée pour raconter la naissance de Jésus.
Composé par le père Jean de Bréboeuf vers 1641, la chanson  était
adaptée  
aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l'Enfant Jésus était 
emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une 
cabane d'écorce et non dans une étable; les bergers étaient remplacés par des chasseurs. 



Les paroles Wendat de la chanson «Noël Huron»
composés par le père Bréboeuf

(Traduction libre en français: JC Sa'n Béliveau)

Guide de prononciation Wendat...

« 8 » = le son « w » avant une voyelle
« u » = le son « ou » avant une consonne
« i » = « prononciation « i »
« a » = comme le son « ah »
« th » = « T » suivi d'une « aspiration »
« an » = comme dans « ah »
Les accents ne se prononcent généralement pas à la seconde et dernière syllabe

Estennia,on de tson8e Ies8s ahatonnia
eh-sten-nyah-yon deh tson-weh ee-sus a-ha-ton-nyah
(Courage, vous humains, Jésus est né)

Onn'a8ate8a d'oki n'on,8andask8aentak
on-nah-wah-teh-wah do-kee non-ywah-ndah-skwa-en-tak
(Regardez, le mauvais esprit qui vous faisait du mal s'est envolé)

Ennonchien sk8atrihotat n'on,8andi,onrachatha
en-non-shyen skwah-tree-hotat non-ywa-ndee-yon-rah-shah-thah
(Ne l'écoutez pas, il a des mauvaises influences sur votre esprit) 

Iesus ahatonnia
(Jésus est né)

A,oki onkinnhache eronhia,eronnon
ayo-kee on-kee-nhah-sheh eh-ron-hya-yeh-ron-non
(Il y a des esprits qui viennent avec un message pour vous, les esprits du ciel)

iontonk ontatiande ndio sen tsatonnharonnion
yon-tonk on-tah-tya-ndeh ndyo sen tsah-ton-nha-ron-nyon
(Ils viennent pour dire «soyez plus haut que la vie»

8arie onna8ak8eton ndio sen tsatonnharonnion
wah-ree on-nah-wah-kweh-ton ndyo sen tsah ton-nha-ron-nyon
(Marie vient d'accoucher le dieu. Réjouissez-vous)

Ies8s ahatonnia
(Jésus est né)

Achink ontahonrask8a d'hatirih8annens
a-shien-k on-tah-hon-rah-skwah dhah-tee-ree-hwan-nens
(Trois sont parti à cet endroit, trois Aînés)

Tichion ha,onniondetha onh8a achia ahatren
tee-shyon ha-yon-nyon-deh-tha on-hwah a-shya ah-hah-tren
(Une étoile qui vient d'apparaître à l'horizon les guide à cet endroit)

Ondaiete hahahak8a tichion ha,onniondetha
on-dee teh-hah-hah-hah-kwah tee-shyon ha-yon-nyon-deh-tha
(Il va prendre le chemin, celui qui nous guide là)

Ies8s ahatonnia
(Jésus est né)

Tho ichien stahation tethotondi Ies8s
thoh ee-shyen stah-hah-tyon teh-tho-ton-ndee ee-sus
(Comme ils arrivaient là où Jésus est né)

ahoatatende tichion stan chi teha8ennion
ah-ho-a-tah-ten-nde tyee-shyon stan shee teh-hah-wen-nyon
(L'étoile allait s'arrêter dans le ciel, il n'était pas loin de là)

Aha,onatorenten iatonk atsion sken
a-hah-yon-ah-to-ren-ten yah-tonk ah-tsyon sken
(Ayant trouvé quelqu'un pour eux, il dit «Venez ici»)

Ies8s ahatonnia
(Jésus est né)

Onne ontahation chiahona,en Ies8s
on-nen on-tah-hah-tyon shyah-hon-ah-yen ee-sus
(Regardez, Ils sont arrivés et ils ont vu Jésus)

Ahatichiennonniannon kahachia handia,on
ah-hah-tee-shyen-non-nyan-non kah-hah-shyah hah-ndyah-yon
Ils ont appelé le nom de dieu plusieurs fois en disant «Dépêchez-vous, sa nature est bonne»)

Te honannonronk8annnion ihontonk oerisen
teh-hon-an-non-ron-kwan-nyon ee-hon-tonk o-eh-ree-sen
(Ils le flattèrent sa chevelure en disant «Dépêchez-vous»)

Iesus ahatonnia
(Jésus est né)

Te hek8atatennonten ahek8achiendaen
teh-heh-kwah-tah-ten-non-ten ah-heh-kwah-shyen-ndah-en

(Nous prierons en son nom)

Te hek8annonronk8annion de son,8entenrande
teh-heh-kwan-non-ron-kwan-nyon deh son-ywen-ten-ran-ndeh
(«Adorons-le autant qu'il nous aime)

8to,eti sk8annonh8e ichierhe akennonhonstha u-to-yeh-tee
skwan-non-hweh ee-shyeh-rheh ah-keh-non-hon-sthah
(Il est providentiel que tu nous aime et dit «Je dois les adopter»)

Ies8s ahatonnia
(Jésus est né)

 


Les paroles originales françaises du père Bréboeuf
«Noël Huron»

Chretiens, prenez courage,
Jesus Sauveur est ne!
Du malin les ouvrages
A jamais sont ruines.
Quand il chante merveille,
A ces troublants appas
Ne pretez plus l'oreille:

Jesus est ne: In excelsis gloria!

Oyez cette nouvelle,
Dont un ange est porteur!
Oyez! ames fideles,
Et dilatez vos coeurs.
La Vierge dans l'etable
Entoure de ses bras
L'Enfant-Dieu adorable.

Jesus est ne: In excelsis gloria!

Voici que trois Rois Mages,
Perdus en Orient,
Dechiffrent ce message
Ecrit au firmament:
L'Astre nouveau les hante.
Ils la suivront la-bas,
Cette etoile marchante:

Jesus est ne: In excelsis gloria!

Jesus leur met en tete
Que l'Etoile en la nuit
Qui jamais ne s'arrete
Les conduira vers Lui.
Dans la nuit radieuse
En route ils sont deja,
Ils vont l'ame joyeuse.

Jesus est ne: In excelsis gloria!


Pour l'Enfant qui repose
Dans in petit berceau,
Humblement ils deposent
Hommages et cadeaux.
Comme eux, l'ame ravie,
Chretiens, suivons ses pas,
Son amour nous convie.

Jesus est ne: In excelsis gloria!



Wenuj'gati  /  Nationalité Française


Les Autochtones (Indiens, Métis et Inuit) ne sont devenu des Canadiens qu'en 1920.  Avant cette année là ils avaient le statut de leur communautés et plusieurs avaient aussi de droit la cityenneté française ... et l'ont encore!   

1628 - Dans le but de rassurer les candidats français désireux de venir s'établir dans la colonie, le Conseil d'État, présidé par le cardinal de Richelieu (Armand du Plessis, cardinal, duc de), célèbre ministre de Louis XIII 
 faisait adopter l'ordonnance suivante:

Ce privilège accordé aux Sauuages (Indiens) était accordé de Nation à Nations.
Leurs droits de naissance étaient inaliénables et imprescriptibles.
 
Tous les «naturels françois» de la Nouvelle-France ainsi que leurs descendants peuvent légitimement 
revendiquer la reconnaissance de leur inaliénable nationalité française.


Qu'en est-il du Traité de 1763 ? 

Le Traité de 1763 n’avait pas de fondement juridique en droit français.
Sa Majesté ne détenait aucune compétence, selon le droit constitutionnel du royaume, 
pour céder légalement à un souverain étranger quelque partie que ce soit du domaine public de sa 
couronne ni aucun peuple de son royaume sans avoir préalablement obtenu de ce peuple son consentement par 
voie de consultation populaire.

Le Roi George III d'Angleterre réaffirmait le principe «Nation à Nations» le 7 octobre 1763.

Alors que les Autochtones du Canada devenaient Canadiens en 1920, aucune mention d'une perte 
de citoyenneté française n'était mentionnée dans la loi.

Se basant sur l'article 30-3 du Code de Nationalité Française, le gouvernement Français actuel
ne reconnaît pas ce statut pourtant accordé depuis Louis XIII.
 > Cependant, l'article 21-14 du Code de la Nationalité Française nous permet de
réclamer le «Droit à la réintégration dans la nationalité française».

Wenuj g'pnno'l tplutaqan  /  Droit constitutionnel français
(Texte tiré de http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=1974 )


Le 20 décembre 1526, après consultation d'une assemblée de notables, le Parlement de Paris cassa le traité de Madrid jugé contraire au droit public de la monarchie française. La guerre reprit immédiatement avec Charles-Quint, mais un principe fondamental du droit constitutionnel français avait été solennellement confirmé et porté à la connaissance de la communauté internationale. Ce principe, qui n'était pas propre au royaume de France, s'était étendu en Europe au point d'être reçu comme règle de droit international public.

Pour qu'une cession de territoire soit valable, il faut d'abord qu'elle soit déclarée telle par les habitants du territoire cédé qui sont en possession de leurs droits politiques. Cette reconnaissance ne peut, dans quelques circonstances que ce soit, être passée sous silence ni supprimée, car les populations ne sont une chose sans droits et sans volonté dont on puisse transmettre la propriété au premier venu.


Traité de Paris:

S.M. Très-Chrétienne céde & garantit à Sa Majesté britannique, en toute propriété, le Canada [...] & généralement tout ce qui dépend desdits pays, terres, îles et côtes, avec souveraineté, propriété, possession & tous droits [...] que le Roi Très-Chrétien & la Couronne de France ont eus jusqu'à présent sur lesdits pays, îles, terres, lieux, côtes & leurs habitants. (Article IV du traité de Paris, du 10 février 1763, conclu entre Sa Majesté britannique et Sa Majesté Très-Chrétienne du royaume de France).

Sa Majesté Très-Chrétienne savait fort bien qu'elle ne détenait aucune compétence légale pour céder ses propres sujets comme s'ils avaient été des choses ou du bétail. Pour sa part, Sa Majesté britannique, dont les ancêtres avaient connu dès la guerre de Cent Ans les lois fondamentales du royaume de France, savait d'expérience que son vis-à-vis français était inhabile en droit à céder légalement ses propres sujets sans obtenir au préalable leur consentement.

Les deux souverains étaient, sans nul doute, conscients qu'ils contrevenaient à une loi fondamentale et intangible du royaume de France ainsi qu'à l'ordre public international, en transigeant, tels des esclavagistes, sur la propriété d'êtres humains.

Ces seuls motifs suffisent à priver l'article IV du traité de Paris de toute valeur juridique et à le laisser sans effet quant à la dite transmission de la propriété des Canadiens à Sa Majesté britannique.  Et, conséquemment, la conclusion et la ratification du traité de Paris n'ont jamais privé les Canadiens de leur statut de sujets français ni de leur droit de naissance d'aller habiter en France, tels de vrais regnicoles et originaires françois, sans être tenus de prendre aucunes lettres de déclaration ni de naturalité. Et, qui plus est, l'article IV du traité de Paris est sans aucune valeur juridique et inopposable aux descendants des Canadiens pour un autre motif relevant spécifiquement du droit public français.


Demande de statut Français

Se basant souvent sur l'article 30-3 du code de nationalité Française, le gouvernement Français actuel
ne reconnaît pas facilement ce statut pourtant accordé depuis Louis XIII, sachant très bien qu'
aucun 
des articles de la loi Française ne s'appliquent aux Nations Autochtones,  que ce soit l'article 30-3, l'article 21-14, 

l'article 23-6 ou tout autre.  
Rappelez-vous que les Autochtones (Indiens, Métis,
Nunavimmiut et Inuit) ne sont devenus Canadien qu'en  1920.

N'hésitez pas à exiger votre statut Français et tous les privilèges qui s'y rattachent ! 


Si vous avez une ascendance française ...

Entendu que les Français ont amené relativement peu de leurs femmes en Amérique du Nord 
durant les premières années, et que l'inter mariage entre le Français et les Indiens 
( Mi'kmaq, Anishinaabe, Waban-Aki, Wolastoqiyik) était devenu chose commune... 
N'hésitez pas à exiger votre statut Français et tous les privilèges qui s'y rattachent ! 


Pour les personnes dont les ancêtres Français ont immigré après le Traité de Paris de 1763 (art. 21-14)

1)  Ces informations et cette procédure ne s'adressent pas aux descendants des Français nés 
et établis en Nouvelle-France avant le Traité de Paris de 1763, dont vous êtes pour la plupart.

2)  Il se pourrait que vos filiations se croisent i.e. un ancêtre d'avant 1763 et après 1763. 
Vous avez droit à la réintégration dans la nationalité française et vous pouvez faire votre demande.

3)  Les descendants de militaires, recrues et autres administrateurs qui accompagnaient 
le général Montcalm ont droit à la « réintégration dans la nationalité française », puisqu'ils étaient 
toujours Français. Ils n'étaient pas nés et établis en Nouvelle-France avant le Traité de Paris de 1763.


Article 21-14  ( L. no 93-933 du 22 juillet 1993 )
A) Les personnes qui ont perdu la nationalité française en application de l'article 23-6 
ou à qui a été opposée la fin de non-recevoir prévue par l'article 30-3
peuvent réclamer 
la nationalité française par déclaration souscrite conformément aux articles 26 et suivants.


Elles doivent avoir soit conservé ou acquis avec la France des liens manifestes d'ordre culturel, 
professionnel, économique ou familial, soit effectivement accompli des services militaires 
dans une unité de l'armée française ou combattu dans les armées françaises ou alliées en 
temps de guerre peuvent également bénéficier des dispositions du premier alinéa du présent article.

B)  Réglementation des autorités consulaires françaises extraite des sites des consulats français au Québec
 ( mise à jour le 18-06-2008)

1.) Il convient de rappeler que les personnes dont les ascendants ont perdu la nationalité française 
par suite dun traité ou dune cession de territoire, ne peuvent souscrire une déclaration de nationalité 
au titre de larticle 21-14 du code civil, qui concerne les pertes de nationalité de caractère individuel.

Par conséquent, les descendants des Français qui étaient établis sur les territoires cédés 
par le Traité de Paris du 10 février 1763 et ont, en vertu de ce traité, perdu la nationalité française, 
ne peuvent réclamer cette nationalité que par naturalisation, à la condition de résider en France.

Si la condition de résidence est obligatoire, la condition de stage de cinq ans, préalable au dépôt 
de la demande, nest en revanche pas requise des personnes ressortissantes des territoires 
ou Etats dont une des langues officielles est le Français (article 21-20 du code civil).

2) S’agissant des personnes dont les ascendants sont arrivés après 1763 sur des territoires 
cédés par le Traité de Paris, ils peuvent sous certaines conditions souscrire une déclaration 
de nationalité (en vertu de l’article 21-14 du code civil, introduit par la loi 93-933 du 22 juillet 1993).  
Ils doivent apporter, entre autre, la preuve qu’ils ont conservée ou acquis avec la France des liens 
manifestes d’ordre culturel, professionnel, économique ou familial.


C) Circonscriptions consulaires :
Bien vérifier la circonscription consulaire à laquelle vous appartenez pour adresser votre requête. 
Cliquer sur
 http://www.consulfrance-quebec.org/spip.php?article267
ou
http://www.consulfrance-montreal.org/spip.php?article255


Si vos filiations se croisent i.e. un ancêtre d'avant 1763 et après 1763. Vous avez droit à la 
réintégration dans la nationalité française et vous pouvez faire votre demande.

Les descendants de militaires, recrues et autres administrateurs qui accompagnaient le général 
Montcalm ont droit à la « réintégration dans la nationalité française », puisqu'ils étaient toujours Français. 
 
Ils n'étaient pas nés et établis en Nouvelle-France avant le Traité de Paris de 1763.
(Beaucoup d'Indiens se sont liés aux François de Nouvelle-France ou aux François de passage.  
Beaucoup de François de Nouvelle-France ont épousé des Indiennes.  
Le statut d'indien s'étant aussi transmis, 
leurs enfants étaient à la fois Indiens et François de Nouvelle-France.) 


Rappelez-vous que les guerriers Mi'kmaq, Anishinaabe, Waban-Aki, Wolastoqiyik s'étaient liés aux Français
pour combattre les Anglais.



Documents requis

1.  Demande de certificat de nationalité française (formulaire);
2.  Liste des pièces justificatives requises par le Service de la nationalité des Français résidant à l'étranger;
3.  Acte de naissance (un original et une photocopie);
4.  Acte de mariage;
5.  Jugement de divorce;
6.  Acte de naissance et décès (père);
7.  Acte de naissance et décès (mère);
8.  Acte de mariage et décès (père, mère);

Authentification des documents :
Dominic Villeneuve, généalogiste
Régis Guérin, archiviste
État civil du Québec;
10. Recherche : Suzanne Côté;
11.  Filiation paternelle à jusqu'à deux générations en France 
(pièces jointes : actes de naissance et de mariage);
12.  Filiation maternelle à jusqu'à deux générations en France
(pièces jointes : actes de naissance et de mariage);
13.  Copie de votre carte de citoyenneté ou de statut Indien;
14.  Authentification de l'identité. 
15. 
Adresse précise.


Soyez très rigoureux.

 Tout dossier incomplet serait retourné. 
S'il advenait que vous ne retrouviez pas aux Archives nationales 
certains documents (actes de naissance, de mariage),
 bien vouloir donner des explications valables.


Vous devrez dans un premier temps faire une demande de passeport 
et de confirmation de nationalité française en y joignant le formulaire 
et tous les documents requis par la Greffière.


Vous serez refusés en vertu de l'article 30-3*.
Mais ...

Si vous remettez tout de suite le formulaire et les documents requis, 
cela vous évitera un délai de plusieurs mois. 
Conservez des copies afin de vous éviter des frais.

Une fois refusés, vous devrez faire une nouvelle demande en vertu de l'article 21-14 
et fournir à nouveau tous les documents requis que vous avez 
gardés en copies, ainsi que le formulaire.

* Article 30-3 (L.no 61-1408 du 22 déc. 1961)  Lorsqu'un individu réside 
ou a résidé habituellement à l'étranger, où les ascendants dont il tient par filiation 
la nationalité sont demeurés fixés pendant plus d'un demi-siècle, cet individu ne sera 
pas admis à faire la preuve qu'il a, par filiation, la nationalité française si lui-même 
et celui de ses père et mère qui a été susceptible de la lui transmettre n'ont pas 
eu la possession d'état de Français.


Le tribunal devra dans ce cas constater la perte de la nationalité française 
dans les termes de l'article 23-6.




... malheureusement, la France refuse encore aujourd'hui de reconnaître un droit 
qui pourtant ne nous a jamais été enlevé.


Ta'n tujiw mimajuinu'g teplumtulti'tij aq mesaqan wi'gas'g wi'gatignigtug aq ugwisunmual 
ewi'gmi'tij na tujiw newgtejit ma gisi sa'se'wa'tug.  (
Lorsque deux personnes s'entendent sur un sujet et signe un pacte, 
personne ne peut le briser ou ajouter quoique ce soit à ce pacte)

Liberté, égalité, fraternité disent-ils ? 
Meluijoqo teliaq na?  Glosgapeoit !!!  Istuigit !!!  (Honnêtement c'est vrai ?  Menteur !!! Malhonnête !!! )









Question:  Saviez-vous que 91.1% des communautés Autochtones sont connecté à internet ?