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Nnug / aqalasie'w  kewonkeese...





Villeray: des craintes au sujet d'un centre d'hébergement pour Inuits
Le Devoir - Marco Bélair-Cirino  

2 juin 2010 

Le projet de l'Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal d'aménager un centre d'hébergement destiné aux Inuits 
au 7500, rue Saint-Denis suscite des craintes de la part de citoyens de l'arrondissement Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, 
notamment en matière de sécurité. Les élus ont fait face, hier soir, au conseil d'arrondissement, à un barrage de questions, 
auquel ils ont opposé très peu de réponses.

L'immeuble, sis à l'intersection des rues Saint-Denis et Faillon, qui abritait autrefois les patients de l'hôpital chinois 
hébergera, si le projet de l'Agence voit le jour, environ 150 Inuits — enfants et adultes — et leurs accompagnateurs pour 
une durée moyenne de cinq à 10 jours.

Il ne s'agit pas d'un centre de réadaptation d'alcooliques ou de toxicomanes inuits, a insisté la porte-parole de l'ASSS de 
Montréal Guylaine Chabot au Devoir, au fait des craintes des résidants de devoir affronter une montée des incivilités dans Villeray.

Les Inuits ayant des troubles de comportement dus à l'alcool ou à la toxicomanie sont dirigés vers des institutions établies 
au Nunavik ou dans des centres spécialisés ailleurs à Montréal, assure l'Agence.

Les patients qui séjourneront au 7500, rue Saint-Denis pourront recevoir des soins spécialisés au centre universitaire de 
santé McGill, notamment en gastroentérologie, pneumologie, neurologie, oto-rhino-laryngologie, et en cardiologie.

La mairesse d'arrondissement, Anie Samson, a remis en question le choix du site de l'ancien hôpital chinois pour le centre 
d'hébergement destiné exclusivement aux Inuits. «Est-ce que c'est la meilleure place? Nous, ça nous impose des responsabilités. 
On aimerait savoir à quoi s'attendre»
, a-t-elle dit, s'avouant du même souffle impuissante.

Une campagne de peur, qui a été menée au fil des derniers jours, a impulsé un souffle de méfiance autour du projet, et a, sans doute, 
contribué à ce que l'assemblée du conseil d'arrondissement fasse salle comble hier. «[Ce] refuge pour [...] plusieurs centaines de 
toxicomanes [...] menace de diminuer radicalement la qualité de vie de notre quartier, met sérieusement en péril votre sécurité 
ainsi que la sécurité de vos enfants et peux [sic] vous coûter des dizaines de milliers de dollars au niveau de la revente de vos 
propriétés»
, pouvait-on lire sur des tracts anonymes qui ont été largués autour du 7500, rue Saint-Denis. «J'ai eu peur quand j'ai reçu cette 
affaire-là. J'ai eu mal au coeur tellement c'est raciste», a lancé Geneviève Beaudet, une résidante de Villeray . «Je déplore cet acte de 
terrorisme. C'est inacceptable», a quant à elle déclaré la conseillère municipale du district de Parc-Extension, Mary Deros, qui est aussi 
responsable des communautés d'origines diverses au comité exécutif de la Ville de Montréal.

 


   

Voici un grafitti très négatif envers la Nation Mi'kmaq et par le fait même envres les Autochtones au sens large du terme.
Il peut être vu tout près de la réserve  Wekoqmaq First Nation
(Je vous rappel qu'il est inapproprié d'utiliser le mot «sqwa» pour désigner une femme,
peu importe la langue autochtone utilisée.  Ce mot écrit de cette façon est un mot vulgaire)


L'auteur du grafitti n'a pas osé laisser son nom.
Le commentaire ci-dessous est celui du webmestre de   www.mikmaq.com


 






Malpale'wit  Mailloux teluet /  Les propos du doc Mailloux




Radio-Canada Nouvelles
28 septembre 2005

Le «Doc Mailloux» persiste et signe
(Texte tiré de http://sympatico.msn.radio-canada.ca/nouvelles/Index/nouvelles/200509/28/001-MAILLOUXPLAINTES.shtml?prov=ms&ref=ms  )

Sujet:  Les propos du doc Mailoux

(le doc Mailloux)

Le psychiatre Pierre Mailloux, accusé d'avoir tenu des propos racistes dimanche dernier ( 25 septembre 2005) à l'émission Tout le monde en parle, a déclaré sur les ondes radiophoniques ne pas regretter ses propos et a refusé de s'excuser.

Le docteur Mailloux, qui réagissait à l'indignation soulevée par ses propos sur les Noirs et les Autochtones,
 a ajouté qu'il comprenait que des gens aient pu être insultés par ses paroles, mais que les études scientifiques qu'il a citées existaient bel et bien.

« La réaction émotive de plusieurs groupes qui essaient de me faire taire au lieu de me dire que Suzuki
et Gutkin (auteurs des études citées par M. Mailloux) ont tort... Ça, ne jouez pas cette carte-là, je ne
reculerai pas », a déclaré le psychiatre lors de son émission quotidienne à CKAC.

Le psychiatre Pierre Mailloux rejette également les plaintes de racisme déposées contre lui par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et la Ligue des Noirs du Québec.

Les deux organismes ont en effet annoncé mardi qu'ils porteront plainte devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et le Collège des médecins. Ils n'excluent pas également la possibilité d'intenter une poursuite devant les tribunaux.

Lors de son passage à Tout le monde en parle, le Doc Mailloux a déclaré que les Noirs et les Autochtones avaient un quotient intellectuel plus faible que la moyenne pour des raisons historiques, reprenant ainsi des propos tenus sur les ondes de CKAC, lors de l'une de ses émissions.

Jean Dorion, de la SSJB, quant à lui, a déclaré qu'il n'avait « jamais vu d'énoncé aussi proche du pur racisme. [...] Il n'existe pas de démonstration convaincante de ces prétendues inégalités ».


Cyberpresse
28 septembre 2005
(Texte tiré de http://www.cyberpresse.ca/arts/article/article_complet.php?path=/arts/article/28/2,333,5692,092005,1176325.shtml )

Sujet:  Les propos du doc Mailoux

Après avoir congédié Gilles Proulx la semaine dernière, TQS réfléchit en ce moment au cas du Dr Pierre Mailloux, qui intervient régulièrement au Grand Journal et qui retrouvera son siège de psy à Loft Story cet hiver.

Le Doc Mailloux est reconnu pour avoir des positions tranchées. Mais dimanche, à Tout le monde en parle, il nous a ramenés 50 ans en arrière en défendant une étude américaine qui veut que les Noirs et les Amérindiens aient un quotient intellectuel inférieur à la moyenne. On croyait s'être débarrassés de la ségrégation raciale, et le Doc Mailloux arrive avec ses thèses farfelues.

À raison, la Ligue des Noirs et la Société Saint-Jean-Baptiste ont dénoncé ces propos et porteront plainte au CRTC et au Collège des médecins. Le vice-président programmation et information de TQS, Luc Doyon, était visiblement embarrassé hier par le comportement du psychiatre. « J'ai étudié en histoire et je n'ai jamais appris ça. Je ne sais pas de quelle étude il parlait, mais je ne pense pas que ça ait une référence solide scientifiquement. »

La situation est d'autant plus gênante que l'équipe de Loft Story annonçait la semaine dernière qu'elle souhaitait avoir des candidats issus de communautés culturelles au cours de la prochaine saison. Le Doc Mailloux oserait-il poser le même jugement en présence de candidats noirs ? Aussi, c'est un animateur de race noire, Philippe Fehmiu, qui anime la quotidienne de Loft.

Luc Doyon, qui n'en était pas au point d'interdire ses ondes au psychiatre hier, affirme qu'il en aurait peut-être été autrement s'il avait tenu ces propos à TQS, même si Évasion n'a pas attendu que Gilles Proulx délire à son antenne pour le licencier. « Si le Doc Mailloux avait tenu ces propos chez nous, on aurait eu un inconfort certain. Je pense que ça ne se fait pas. »

Or, quelques heures plus tard, le psychiatre est allé s'expliquer chez Jean-Luc Mongrain à 18 h, à TQS-Montréal. Quand l'animateur lui a demandé s'il regrettait ses propos, le Doc Mailloux a répondu que non et qu'il n'avait à se défendre de rien. Au contraire, il a voulu défendre sa position. Il a aussi été très clair en affirmant qu'il adhérait à l'étude en question, et qu'il n'avait pas été piégé ni mal cité dimanche soir. Le psychiatre a aussi mentionné que ce n'était pas la première fois qu'il était questionné à ce sujet — il en avait parlé à Paul Arcand à la radio il y a deux ans.

Si vous n'avez pas vu le Doc Mailloux lundi et hier aux débats du Grand Journal, c'est en raison d'une directive du patron, qui souhaitait attendre que l'affaire se tasse. Par contre, CKAC a défendu son animateur hier. Le psychiatre rencontre la presse ce matin.


Communiqués de l'Opposition Officielle à l'Assemblée Nationale du Québec
28 septembre 2005
(Texte tiré de  http://www.pq.org/nv/index.php?pq=5&it=971 )

Sujet:  Le docteur Pierre Mailloux



Les propos racistes contre les Noirs et les Autochtones: L'opposition officielle déplore les propos racistes du docteur Mailloux.

Québec, le mercredi 28 septembre 2005 – La députée de Prévost et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles, Mme Lucie Papineau, se dit profondément choquée des propos racistes tenus par le docteur Pierre Mailloux lors de son passage à l’émission « Tout le monde en parle » dimanche dernier.

Rappelons que le psychiatre Pierre Mailloux a fait référence à deux études américaines qui affirment que le quotient intellectuel des Noirs et des Autochtones est inférieur dû à un processus de sélection artificielle. Notons d’abord que la méthodologie utilisée pour ces études fait l’objet de multiples contestations et que M. Mailloux a déjà tenu de tels propos antérieurement sur ces mêmes études.

« Peu importe l’étude à laquelle un psychiatre se réfère, il faut se souvenir que la société québécoise est basée sur un principe d’égalité où chaque individu bénéficie des mêmes chances. Les propos injurieux à l’endroit des communautés culturelles n’ont pas leur place ni au Québec ni ailleurs dans le monde. Nous avons le privilège de vivre dans une société démocratique, multiethnique et multiculturelle. Je crois sincèrement que M. Mailloux doit s’excuser d’avoir tenu de tels propos », a indiqué la députée.

« À l’instar de l’opposition officielle, j’invite la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Mme Lise Thériault, à déplorer également les propos discriminatoires du docteur Mailloux et à appuyer la dénonciation de la Ligue des Noirs du Québec », a conclu Mme Papineau.


Une autre plainte contre le Doc Mailloux
Réseau canoë – 13 octobre 2005
(Texte tiré de http://lcn.canoe.com/lcn/artsetspectacles/general/archives/2005/10/20051013-113650.html )

Après la Société Saint-Jean-Baptiste et la Ligue des Noirs du Québec, c'est au tour de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse de porter plainte au Collège des médecins contre le psychiatre Pierre Mailloux.

La commission qualifie de «racistes» les propos tenus par M. Mailloux lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, le 25 septembre dernier. Elle estime que les propos de M. Mailloux portent atteinte à la dignité et au droit à l'égalité des Noirs et des autochtones, mais aussi à l'ensemble de la population en se réclamant d'études qui ont souvent été contredites.

De son côté, Pierre Mailloux a répliqué aux nombreuses attaques qu'ont suscitées ses propos en portant plainte contre deux confrères au syndic du Collège des médecins du Québec.

Il s'agit de Nicolas Bergeron et Réjean Thomas, qui ont dénoncé le docteur Mailloux. Pierre Mailloux les soupçonne de diffamation: ils ont laissé entendre qu'il ternissait l'image de la psychiatrie.



Coupable selon de collège des médecins
Article tiré de http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/09/10/002-mailloux-college.shtml

Le psychiatre Pierre Mailloux a été reconnu coupable jeudi de cinq dérogations au code de déontologie de sa profession par le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec.

Ces dérogations concernaient des propos jugés offensants à l'endroit des Noirs qu'il avait tenus lors d'apparitions dans les médias.

Le jugement du conseil se réfère notamment au passage controversé du Dr Mailloux à l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada, en septembre 2005. D'autres dérogations déontologiques concernent des propos semblables tenus à la radio.

On reproche aussi au Dr Mailloux une apparition dans un épisode de la série télévisée Les Bougon.

Des recommandations sur la peine auront lieu d'ici quelques mois au conseil de discipline du Collège. Les sanctions imposées à Pierre Mailloux pourraient aller d'une simple réprimande à une radiation temporaire ou permanente, assortie d'une amende.

De son côté, le principal intéressé s'est dit surpris par la décision du conseil de discipline du Collège des médecins et a déjà laissé savoir qu'il avait l'intention de porter la décision en appel.


Apje'jitsaqmaw alusimgawit Mario Dumont teluet
Les propos du chef politique Mario Dumont



Mario Dumont - Chef de l'Action Démocratique du Québec (photo PC)


Article tiré de:  http://www.cyberpresse.ca/article/20071214/CPACTUALITES/712140907/1019/CPACTUALITES
Le vendredi 14 décembre 2007



Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a soulevé l'indignation d'autochtones en ridiculisant une de leurs légendes en pleine Assemblée nationale, dans le but de démontrer que le nouveau cours d'éthique et culture religieuse est déconnecté de la réalité québécoise.


«C'est vraiment se foutre de la gueule du monde», a réagi Réjean O'Bomsawin, historien abénakis, en prenant connaissance des déclarations du chef adéquiste sur Glouskap (Gluskap ou Gluskabi, selon les orthographes variables).

M. Dumont, qui semblait ignorer tout de cette légende micmac, aussi présente dans d'autres communautés, a affirmé avoir trouvé sur Google une seule mention concernant le «récit de Glouskap», un exemple des mythes fondateurs qui seront enseignés aux enfants du primaire dès septembre 2008, en remplacement des cours de morale et de religion.

«Le premier ministre, le récit de Glouskap, est-ce qu'il peut se lever à l'Assemblée nationale et nous en parler? On a réussi à trouver une chose sur Google, sur le récit de Glouskap, a lancé le chef de l'ADQ, en poursuivant: «Glouskap a tué son frère Malsum, l'Esprit du Mal, le fameux Winpé et d'autres sorciers encore. Enfin, il a tant humilié la sorcière Poujinkouesse qu'elle s'est changée en maringouin, et cela uniquement pour se venger, car elle est devenue, grâce à cette métamorphose, la mère d'une engeance persécutrice des hommes que protège son puissant ennemi.»

Pour M. O'Bomsawin, le chef adéquiste «n'est pas allé aux sources» pour comprendre le fondement de la légende et ainsi «il ridiculise les Premières Nations».

«C'est certain qu'en le présentant comme ça, c'est pas intéressant, c'est comme parler d'extraterrestres. Mais si c'est bien décrit aux enfants, c'est intéressant», a souligné ce professeur et conférencier, de la communauté d'Odanak, située au sud de Trois-Rivières.

Souvent associée aux nations autochtones de la famille linguistique algonquienne orientale (Malécites, Micmacs, Abénakis), la légende raconte que Glouskap (parfois aussi appelé Odzihozo dans certains contes abénakis), est né de la poussière causée par Tabaldak (le Créateur), qui «après avoir créé tous les êtres humains, secoua les mains». Mais Glouskap est surtout connu dans la mythologie autochtone pour avoir créé le vent, et parce qu'il a été chargé de veiller sur la Terre et les humains.

Pour le directeur général du conseil de bande des Abénakis de Wôlinak, Bernard Ross -qui lui est d'origine innue-, le comportement de M. Dumont en Chambre est inacceptable. «C'est très méprisant, M. Dumont est rendu très loin, a-t-il souligné. Il y a des légendes québécoises, abénakises, innues. Chacun ses légendes. Et on s'enrichit du partage des cultures.»

Autant pour M. Ross que pour M. O'Bomsawin, l'apprentissage de certaines traditions, mythes ou rituels autochtones est très important pour comprendre le Québec.

Au ministère de l'Éducation, on rétorque que «le récit de Glouskap» n'est qu'un exemple indicatif, et qu'il n'est pas certain qu'il se retrouvera dans l'enseignement donné aux enfants. Ainsi, un enseignant pourra adapter le cours selon la région où il se trouve, la présence ou non d'autochtones, d'autres religions, ou encore selon l'actualité. Le document critiqué par M. Dumont est d'ailleurs clair sur la priorisation des éléments de culture religieuse: d'abord le christianisme (catholicisme et protestantisme) au premier niveau d'importance, puis le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones, en deuxième. Au troisième rang d'importance arrive l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme, qui sont suivis «d'autres religions qui pourront être abordées au cours d'un cycle».

Joint tard en soirée par La Presse, Alexis Wawanoloath, député péquiste d'Abitibi-Est, métis abénakis-québécois, a affirmé avoir trouvé «triste et blessant» de voir sa mythologie ainsi «ridiculisée» par M. Dumont qui selon lui, «lance de telles choses sans vraiment connaître le sujet».

«Je me serais attendu à plus de rigueur. En plus il y a des Malécites dans sa région, a souligné M. Wawanoloath. Derrière toute mythologie, il y a des morales, des valeurs, des principes.»

Le ministère de l'Éducation a raison, selon lui, d'enseigner ces récits aux enfants. «Ça fait partie de l'histoire québécoise, ça fait partie de notre culture, qui devrait être mieux connue si on veut avoir de meilleures relations, a dit le député péquiste. On comprend qu'il doit y avoir une place prépondérante au christianisme dans ce cours, mais pourquoi ne pas ouvrir l'esprit des enfants.»

M. O'Bomsawin abonde dans son sens. «Dans les vieilles familles québécoises, très peu n'ont aucune racine autochtone. M. Dumont vient de Cacouna, je ne serais pas surpris qu'il ait du sang malécite ou abénakis», a dit l'historien.
«Le premier ministre, le récit de Glouskap, est-ce qu'il peut se lever à l'Assemblée nationale et nous en parler? On a réussi à trouver une chose sur Google, sur le récit de Glouskap, a lancé le chef de l'ADQ, en poursuivant: «Glouskap a tué son frère Malsum, l'Esprit du Mal, le fameux Winpé et d'autres sorciers encore. Enfin, il a tant humilié la sorcière Poujinkouesse qu'elle s'est changée en maringouin, et cela uniquement pour se venger, car elle est devenue, grâce à cette métamorphose, la mère d'une engeance persécutrice des hommes que protège son puissant ennemi.»


Pour M. O'Bomsawin, le chef adéquiste «n'est pas allé aux sources» pour comprendre le fondement de la légende et ainsi «il ridiculise les Premières Nations».

«C'est certain qu'en le présentant comme ça, c'est pas intéressant, c'est comme parler d'extraterrestres. Mais si c'est bien décrit aux enfants, c'est intéressant», a souligné ce professeur et conférencier, de la communauté d'Odanak, située au sud de Trois-Rivières.

Souvent associée aux nations autochtones de la famille linguistique algonquienne orientale (Malécites, Micmacs, Abénakis), la légende raconte que Glouskap (parfois aussi appelé Odzihozo dans certains contes abénakis), est né de la poussière causée par Tabaldak (le Créateur), qui «après avoir créé tous les êtres humains, secoua les mains». Mais Glouskap est surtout connu dans la mythologie autochtone pour avoir créé le vent, et parce qu'il a été chargé de veiller sur la Terre et les humains.

Pour le directeur général du conseil de bande des Abénakis de Wôlinak, Bernard Ross -qui lui est d'origine innue-, le comportement de M. Dumont en Chambre est inacceptable. «C'est très méprisant, M. Dumont est rendu très loin, a-t-il souligné. Il y a des légendes québécoises, abénakises, innues. Chacun ses légendes. Et on s'enrichit du partage des cultures.»

Autant pour M. Ross que pour M. O'Bomsawin, l'apprentissage de certaines traditions, mythes ou rituels autochtones est très important pour comprendre le Québec.

Au ministère de l'Éducation, on rétorque que «le récit de Glouskap» n'est qu'un exemple indicatif, et qu'il n'est pas certain qu'il se retrouvera dans l'enseignement donné aux enfants. Ainsi, un enseignant pourra adapter le cours selon la région où il se trouve, la présence ou non d'autochtones, d'autres religions, ou encore selon l'actualité. Le document critiqué par M. Dumont est d'ailleurs clair sur la priorisation des éléments de culture religieuse: d'abord le christianisme (catholicisme et protestantisme) au premier niveau d'importance, puis le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones, en deuxième. Au troisième rang d'importance arrive l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme, qui sont suivis «d'autres religions qui pourront être abordées au cours d'un cycle».

Joint tard en soirée par La Presse, Alexis Wawanoloath, député péquiste d'Abitibi-Est, métis abénakis-québécois, a affirmé avoir trouvé «triste et blessant» de voir sa mythologie ainsi «ridiculisée» par M. Dumont qui selon lui, «lance de telles choses sans vraiment connaître le sujet».

«Je me serais attendu à plus de rigueur. En plus il y a des Malécites dans sa région, a souligné M. Wawanoloath. Derrière toute mythologie, il y a des morales, des valeurs, des principes.»

Le ministère de l'Éducation a raison, selon lui, d'enseigner ces récits aux enfants. «Ça fait partie de l'histoire québécoise, ça fait partie de notre culture, qui devrait être mieux connue si on veut avoir de meilleures relations, a dit le député péquiste. On comprend qu'il doit y avoir une place prépondérante au christianisme dans ce cours, mais pourquoi ne pas ouvrir l'esprit des enfants.»

M. O'Bomsawin abonde dans son sens. «Dans les vieilles familles québécoises, très peu n'ont aucune racine autochtone. M. Dumont vient de Cacouna, je ne serais pas surpris qu'il ait du sang malécite ou abénakis», a dit l'historien.